Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 67,2 Mo

  • Dans ce numéro : DSK/Anne Sinclair... la rupture.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Biographie les fameux "Taxis de la Marne", fabriqués par les usines Renault, lors de la guerre 1914-1918. acculée par la puissance allemande, doit reculer. Le 6 septembre, le général Joffre lance une contre-offensive afin de protéger Paris. Il fallait envoyer au front près de 12 000 hommes. Tous les taxis en circulation, soit 1 200 véhicules, sont regroupés sur l'esplanade des Invalides. Près de 6 000 hommes sont amenés sur le front lors de la bataille de la Marne. La légende se créée. Les « taxis de la Marne », en majorité des Renault type AG, ont sauvé la France du désastre. Après cet épisode glorieux, les usines Renault se reconvertissent et produisent du matériel militaire. Des millions d'obus sont fabriqués. Camions et voiturettes sortent des usines et l'entreprise devient le premier producteur de moteurs d'avion.,...J,.. 70 - Le Magazine 1lle participe amplement à l'effort de guerre. Puis en 1917, l'innovation, qui va faire gagner le conflit, quitte les ateliers : il s'agit du Renault FT-17 connu pour être le premier char de combat léger puisqu'il ne pèse que 6,5 tonnes. Le FT-17 pivote sur 360°. 3 000 chars légers sont commandés. Perçant les lignes allemandes, le char Renault contribue à la victoire dans une guerre qui aura duré plus de 4 ans. Le chef de l'état-major allemand Eric Ludendorff loue le rôle de Louis Renault : « Les Français ont eu cette rare fortune de trouver un grand général ; ce général s'appelait Louis Renault ». Après l'effort de la guerre, place aux récompenses et aux honneurs. Georges Clémenceau le félicite, son concurrent numéro un, Robert Peugeot, le congratule et le 28 décembre 1918, il est fait officier de la Légion d'honneur. La fin de la guerre marque sa réussite professionnelle, mais également personnelle. En septembre 1918, il se marie en effet avec Christiane Boullaire, de 18 ans sa cadette, et devient père en 1920 d'un petit Jean-Louis. À la sortie de la guerre, le statut juridique de l'entreprise change. La Société des Automobiles Renault disparaît au profit de la Société Anonyme des Usines Renault (SAUR) dont Louis Renault est le principal actionnaire. Il décide de diversifier son empire industriel en rachetant des forges et aciéries en Moselle. Il bâtit une usine hydroélectrique en Savoie afin d'alimenter en électricité son usine métallurgique de Saint-Michel-de-Maurienne ou investit dans diverses sociétés mécaniques. Avec cette présence tous azimuts, Renault réduit sa dépendance. Autre changement : le logotype devient le losange, en 1925, afin de répondre au « double chevron » de Citroën, et s'affiche désormais sur les A gauche, Frederick Taylor, le théoricien du travail à la chaîne, dont Renault utilisa les méthodes. capots de chaque véhicule. Louis Renault n'apprécie guère les méthodes d'André Citroën qui vend plus de véhicules que lui- 12 000 contre moins de 10 000. Les deux industriels se livrent une âpre et constante bataille. Citroën a souvent un coup d'avance en développant le crédit à la vente et la publicité, deux concepts empruntés aux États-Unis. La rivalité s'achève avec la vente de l'entreprise Citroën à Michelin après que Louis Renault ait refusé de racheter la société de son meilleur ennemi. Alors que les Années Folles se terminent par le krach de 1929, Renault doit procéder à des réductions d'effectifs et de salaires. Pour résister à cette crise, Louis Renault continue à se diversifier en s'appuyant sur les commandes pour l'armement et rachète la Société des Avions Caudron et entre dans le capital d'Air France. Si la grande usine Renault s'est installée sur l'Ile Seguin, à Billancourt, à la fin des années 1920 pour des questions de place, la colère se fait entendre. Les commandes ont diminué, la semaine de travail est ramenée à 30 heures et Louis Renault est peu emprunt au
dialogue. La victoire du Front Populaire de Léon Blum en 1936 dynamite la situation. Des grèves sont menées par les communistes de l'entreprise. Renault devient le symbole de la lutte sociale jusqu'en 1938. Arrestations et licenciements seront les réponses apportés par le patron. ecouée, l'entreprise est en difficulté à la veille de la Seconde guerre mondiale. S'ajoutent aux tensions sociales ou à la crise politique et internationale ambiante, les ventes décevantes de la Juvaquatre, premier modèle de la « petite voiture » à caisse monocoque. A l'occasion du Salon de l'automobile de Berlin en 1937, où est présenté ce nouveau modèle, Louis Renault s'affiche avec Adolf Hitler. C'est ici que la légende noire de Louis Renault débute. Une photo a été prise lors de cette rencontre. Elle sera utilisée comme preuve de la collaboration de l'industriel français. Alors que la guerre a débuté le 1er septembre, la France n'est pas préparée. Désarmée et déboussolée : la débâcle ne peut-être évitée. Louis Renault est convoqué le 24 mai par Paul Raynaud, Président du Conseil, qui lui propose de l'envoyer aux Etats-Unis afin d'obtenir des industriels américains, la construction de chars d'assaut pour éviter une défaite pourtant inexorable. Renault accepte. Le 14 juin, un télégramme lui apprend que son usine de Billancourt a été évacuée puis, un autre le 17 juin, lui signifie que Pétain, arrivé au pouvoir, a demandé l'armistice. Revenu en France, il constate que son entreprise a été saisie par les Allemands. Convoqué par les autorités allemandes qui l'enjoignent de réparer des chars sous peu de voir son usine vidée, Louis Renault refuse à plusieurs reprises. À partir de ce moment précis, le flou entoure la conduite du patron. Les Allemands prétendent qu'il a enfin accepté alors que Renault réplique qu'il n'a rien signé. Les nazis convoquent finalement François Lehidieu, neveu et adjoint de Renault, l'accusent de « résistance passive » et lui annoncent que l'industriel a finalement donné son accord. Malade depuis quelques années, l'état de santé de Louis Renault se dégrade au fur et à mesure. La guerre prend un nouveau départ. Le 3 mars 1941, vers 21 heures, commence le premier bombardement par la Royal Air De Gaulle nationalisa Renault en 1944. Force. 450 tonnes de bombes tombent sur l'usine Renault de Billancourt. « Les usines Renault travaillaient pour l'armée allemande, les usines Renault ont été frappées », justifient les alliés britanniques. Cependant, certains historiens contredisent les chiffres invoqués par les Alliés. Renault n'a fabriqué qu'en très peu de quantité des chars et des camions pour les Allemands. En tout cas, Louis Renault décide de reconstruire l'usine et lors de chaque bombardement, il voudra reconstruire... toujours. Ne pas voir l'œuvre de sa vie être détruite sera son leitmotiv. Raison de plus pour prouver un comportement douteux. Alors que certains de ses collaborateurs l'encouragent à envoyer son fils à Londres près de De Gaulle, il refuse. Louis Renault sent qu'il devra rendre des comptes sur son comportement durant la guerre. Paris est libérée et les journaux réapparus, demandent la tête des « traîtres et (des) profiteurs de la trahison », Louis Renault en tête. Parti dans sa maison de campagne, Louis Renault décide de revenir sur Paris et se présente le 22 septembre 1944 au juge d'instruction qui se charge de son dossier. Une lettre de dénonciation accuse Renault d'avoir fabriqué des avions pour les nazis. La filiale Caudron-Renault a en effet travaillé en étroite collaboration avec la firme allemande Siebel qui était placée sous la direction de Goering. Placé en détention, Renault rejoint la prison de Fresnes. Examiné par des experts, il est à bout de souffle et tient des propos incohérents. Lors d'une entrevue avec sa femme, il lâche : « Ils m'auront tué avant, c'est la nuit qu'ils viennent ». Selon elle, ces hommes seraient membres des francs-tireurs partisans (FTP), proches du Parti Communiste. Après des jours troubles où son état de santé ne fait que se dégrader, il est transféré à la clinique Saint-Jean-de­ Dieu. Le 23 octobre, il prononce ses derniers mots : « l'Usine ». Il décède le 24 octobre 1944 à 6 heures 45. Mort naturelle ou victime de l'épuration qui règne à cette époque ? Le gouvernement provisoire, dirigé par De Gaulle, nationalise l'entreprise qui devient la Régie Nationale des Usines Renault. L'enquête sur la collaboration continue après la mort de Louis Renault. Si des fautes ont été commises, on est loin de l'image d'Epinal du collaborateur soumis aux ordres de l'occupant. Pour certains, il paie son attitude envers les communistes lors des grèves de 1938. Aujourd'hui encore, les héritiers de Louis Renault tentent de le réhabiliter. Même décédé, Renault fera un dernier pied de nez à l'Histoire. Sa dernière création, la 4 CV, élaborée en 1941, sera présentée en 1946 et produite en 194 7. Elle connaîtra un succès commercial planétaire et sera l'emblème de toute une époque. « Le nom grandit quand l'homme tombe », disait Victor Hugo. Un nom sans prénom, mais toujours symbole du génie français. F.B Le Magazine - 71



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