Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 67,2 Mo

  • Dans ce numéro : DSK/Anne Sinclair... la rupture.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Biographie ne gerbe de fleurs et le visage tuméfié : la photo de Louis Renault sur son lit de mort en octobre 1944, illustre les années noires de l'une des plus emblématiques entreprises françaises. L'industriel fondateur de Renault disparaît sous les huées à 77 ans. Benjamin d'une fratrie de 5 enfants, Louis Renault naît le 12 février 1877 dans une famille typique de la grande bourgeoisie de la Illème République. Unie, travailleuse et discrète, la famille vit aisément. Alfred Renault, le père, a fait sa fortune dans le négoce de matière pour les vêtements, en investissant dans des entreprises en difficulté afin de les redresser. Louis Renault arrive donc dans un environnement aisé où l'argent ne manque pas. Choyé par sa mère, le jeune Louis est cependant mauvais élève. Il est « faible » au mieux, souvent « médiocre ». Mauvais en orthographe, sa diction est assez désastreuse. Il est raillé par ses petits camarades car il est roux et a les oreilles décollées. Peu porté par le travail intellectuel, le cancre se Entouré par ses deux frères, Marcel et Fernand. 68 - Le Magazine montre particulièrement doué pour les travaux manuels. Ainsi, très jeune, Louis fabrique tour à tour un appareil photo ou une boîte à musique. Passionné de mécanique, il voit déferler les grandes inventions comme le phonographe d'Edison. Dans la maison familiale de Billancourt, il aménage un atelier où il invente, bricole, construit. « Le Gigolo » est le premier bateau qu'il bâtit. Propulsé par une machine à vapeur, l'engin est rudimentaire mais agréé. Si les premiers pas de Louis Renault dans la mécanique laissent entrevoir une carrière pleine de promesses, la famille Renault connaît de nombreux drames. Le frère aîné, Joseph, meurt dès 1886, la sœur Marie-Berthe décède en 1889. Et lorsque la figure paternelle disparaît en 1892, Louis Renault n'a que 15 ans. A la suite de ce décès, Marcel et Fernand prennent l'éducation de leur jeune frère en main. Mais toujours réfractaire à l'école, il a fait son choix : « Vers l'âge de seize ans, j'ai dit à mes frères que le commerce ne m'intéressait pas et que j'avais décidé de me lancer dans la mécanique », dit-il. Une idée fixe trotte dans sa tête : faire carrière dans l'automobile. Cette passion date de sa rencontre avec Léon Serpollet, l'inventeur de la chaudière à vaporisation instantanée pour les tramways, qui l'a amené dans une de ses expéditions automobiles dans Paris. Après son service militaire, il revient à son projet de construction d'une voiturette automobile. Avec l'aide financière de ses frères, il travaille jour et nuit. Commencée en octobre 1898, imaginée à l'armée, elle est terminée trois mois plus tard avec une innovation de taille. Les chaînes et courroies sont remplacées par un arbre de transmission articulé par un cadrant reliant directement la boite de vitesse au pont arrière. Il s'agit de la « prise directe ». L'engin roule à 50 km/h, possède un système de double freinage moderne, les passagers bénéficient d'une suspension intégrale et le véhicule dispose d'une marche arrière. Le 24 décembre 1898, soir de réveillon, Louis Renault fait tester à un groupe d'amis sa nouvelle invention et emprunte la côte de la rue Lepic d'un dénivelé de 13%. Épatés, ses amis lui commandent douze engins. Le pari est gagné, le brevet déposé. En quelques semaines, Louis Renault a conçu une automobile révolutionnaire. La société Renault Frères est fondée en 1899 avec un capital de 60 000 francs. Cependant, Louis est le grand absent de l'entreprise et par un tour de passe-passe juridique, la première voiture n'appartient pas à son inventeur mais à Fernand et Marcel, ses frères, qui ne croient pas tellement au projet de Louis. Ils refusent de miser toutes les économies familiales. Malgré ce scepticisme, le cadet n'est pas avare d'efforts. En moins de six mois, il construit vingt-neuf voiturettes qui coûtent environ 3 500 francs. Georges Prade, journaliste à l'hebdomadaire « La Vie au grand air », encourage Louis Renault à par-
ticiper à des courses automobiles. En août 1899, deux voiturettes participent au Paris-Trouville avec au volant les frères Renault, qui remportent cette course. Suivront des succès lors de Paris-Bordeaux ou Paris­ Vienne. Véritables coups de publicité, ces performances permettent de remplir les carnets de commande. Dès la première année, Renault Frères fabrique 71 voitures, emploie 60 ouvriers et présente un bénéfice de plus de 35% du chiffre d'affaires. Au fil des mois, l'activité, le nombre de salariés, la taille des usines et les bénéfices explosent. Un nouveau drame vient frapper la famille. Lors du Paris-Madrid, Marcel perd la vie à 31 ans après un accident de voiture. Le « p'tit Louis » grandit pour devenir Monsieur Renault : il quitte le monde des courses en tant que pilote et engage des coureurs professionnels. Louis Renault est persuadé que l'avenir de l'automobile se trouve dans le transport de marchandises et les transports en commun. En 1905, la Compagnie Française des Automobiles de Place commande 250 taxis. Un cap est franchi. D'abord artisanale, la production devient industrielle. De 1905 à 1909, 2 800 taxis sont produits. Il décide de toujours élargir sa gamme : camionnettes, autobus, véhicules sanitaires... Sur le plan des affaires, tout va pour le mieux, à l'exception de quelques grèves. Mais la santé de Fernand se dégrade. Il se retire de l'entreprise en 1908. La société Renault Frères est dissoute et laisse place à « Automobiles Renault. Louis Renault constructeur ». Fernand décède en mars 1909. Louis Renault est seul maître à bord. Si des prémices de contestations avaient été remarquées en 1906, Louis Renault doit affronter une grande grève en 1913. En cause, les méthodes de travail inspirées par l'américain Frederick W. Taylor, célèbre pour le taylorisme définissant la Renault au volant de sa première voiturette en 1898. meilleure façon de produire. Louis Renault mesure précisément le temps de production afin de le réduire de manière significative. Des chronométreurs sont installés. La colère monte et les ouvriers commencent à gronder car les temps demandés ne sont pas réalistes. Le patron réagit de manière laconique. « Vous pouvez vous mettre en grève, j'ai de l'argent, je prendrai trois mois de vacances que je passerai sur la Côte d'Azur », déclare-t-il, repris par « L'Humanité ». Si la grève se durcit, l'usine continue de tourner grâce à de la main-d'œuvre recrutée. Après cinq semaines de conflit, tout rentre dans l'ordre, la grève est terminée. À la veille de la Première guerre mondiale, Louis Renault est à la tête d'une entreprise comptant près de 5 000 personnes, qui fait jeu égal avec Peugeot, autre mastodonte de l'automobile. Les sirènes de la guerre retentissent et l'heure de la mobilisation générale sonne. Les usines Renault se vident. Sur 4 900 ouvriers, seuls 20 restent pour assurer la fabrication des moteurs d'avion. En ce mois d'août 1914, les sourires sont affichés, les mobilisés partent la fleur au fusil à l'occasion de ce qui est présenté comme la revanche de 1870. Mais voilà, l'armée française débordée et Le Magazine - 69



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