Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 67,2 Mo

  • Dans ce numéro : DSK/Anne Sinclair... la rupture.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne Le compte à rebours atil commencé ? les bourses chutent, les agences de notation dégradent les États les uns derrière les autres, les gouvernements colmatent les brèches et s'endettent davantage. Est-ce la « crise finale » ? En dépit des propos rassurants des « experts », le système financier pl_anétaire touche-t-il à sa fin ? Existe-t-il une solution pour les Etats ? Oui, disent certains, une unique : reprendre le pouvoir de la monnaie. Explications. N ous vivons depuis trois ans la crise de la dette et on ne s'en sortira pas sans changer de système monétaire. Le système actuel de création monétaire fonctionne selon le principe de la monétarisation des actifs présents et futurs. Ce système qui enrichit les rentiers et les intermédiaires (banquiers, spéculateurs et traders), qui appauvrit les plus pauvres par différents processus (socialisation des pertes, rigueur budgétaire, taxes supplémentaires, loyer sur les prêts, répercussion des emprunts des entreprises sur le prix des produits) est totalement irrationnel. Largent est créé par la dette, mais l'argent pour payer l'intérêt lui n'est jamais créé. Pour pouvoir continuer à payer leurs annuités de dettes toujours plus élevées, il faut que les entreprises augmentent sans cesse 6 - Le Magazine leur production de marchandises et leur productivité en limitant les salaires. En fait, la somme d'argent que l'on doit aux banques (tous acteurs économiques confondus) est supérieure à la monnaie en circulation. Ce qui fait que si l'on actualisait les remboursements des annuités futures au temps « t »,aujourd'hui par exemple, il n'y aurait tout simplement pas assez d'argent pour couvrir les dettes. Donc pour pouvoir continuer à fonctionner, ce système a besoin d'une croissance infinie des PIB (Produit intérieur brut), sinon il s'écroule 1 Aussi dès que la croissance faiblit, les entreprises et les ménages réduisent leurs investissements et donc leurs emprunts, ce qui réduit la masse monétaire et accentue donc la récession. Pour éviter cela, les États facilitent alors les crédits, au besoin en renflouant les banques mises en difficulté par la faillite de leurs débiteurs. Les financiers sont les premiers bénéficiaires de cette stratégie. Mais le comble de l'absurdité c'est que l'État ne fait pas vraiment marcher la planche à billets parce qu'il se l'est interdit par l'article 104 du traité de Maastricht, alors il crée de l'argent en émettant des titres publics de dettes et donc en empruntant cet argent aux banques et autres financiers, souvent internationaux. Par exemple, les banques françaises ont des milliards d'euros de titres Grecs. Pour ne pas dévoiler le « pot aux roses » au grand public, on envoie des « experts » sur les plateaux TV, mais ces experts présentés comme neutres sont en réalité des banquiers, et on a inventé de nouveaux produits financiers comme les subprimes grâce à l'ingénierie de l'escroquerie : l'ingénierie financière -ce qui pour un ingénieur est un blasphème. Évidemment, les États ne pourront pas rembourser leurs dettes, parce que pour respecter les « lois » de l'orthodoxie libérale, il faut réduire les dépenses, imposer la rigueur ce qui a pour conséquence d'appauvrir les citoyens et de compromettre la sacrasainte croissance indispensable pour que les acteurs économiques continuent de payer leurs annuités afin que les banques ne fassent pas faillites et que tout le système ne s'écroule pas alors qu'il concentre une part de plus en plus importante des richesses entre quelques mains ! En clair le système se mord la queue, le ressort du profit est cassé. Alors pour repousser l'échéance de la crise finale du capitalisme, on fait marcher la planche à billets à plein régime (750 milliards d'euros pour l'Union européenne). Le contrôle des destinées des nations et de l'économie mondiale Parce que la « crise finale » cela veut dire que tout cet argent créé en échange de dettes incroyablement importantes perdrait sa valeur, ce qui ruinerait ceux qui le possèdent (les rentiers) et ceux qui le créent (les banques). Ceux qui détiennent
le moyen d'échange (les banques), les grands moyens de production (les multinationales) et les grands moyens de propagandes (la presse), seraient ruinés et perdraient toute légitimité à diriger, à dominer la société et, cela, il n'en est bien sûr pas question (pour eux ! ) Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la monnaie n'est pas simplement un moyen d'échange, c'est avant tout un outil, un symbole qui permet à une toute petite minorité de manipuler l'énergie, le travail humain. Marx a dénoncé à juste titre la captation de la plus-value par la classe bourgeoise, mais ce n'est que la pointe de 85% des Français ignorent la cause principale de la dette publique L e sondage Harris Interactive pour le Parisien/Aujourd'huien-France, d'août 2011 fait apparaître que « pour réduire la dette et les déficits publics, les français préfèrent largement une contraction forte des dépenses à une nette augmentation des impôts (85% contre 12%) ». Alors que la dette découle essentiellement du fait que « l'État a renoncé à plus de 100 milliards d'euros de recettes fiscales (annuelles) en dix ans JJ• comme récrivait l'Expansion en juillet 2010. Comment expliquer simplement aux Français la problématique de la dette ? Il faut certes expliquer le rôle pervers des agences de notation : caractère autoréalisateur de leurs annonces, conflits d'intérêt etc... Par contre les agences de notation n'ont qu'une responsabilité minime dans la montagne de dettes publiques et privées accumulées par les pays occidentaux. rabaissement des notes auquel elles procèdent est cohérent avec le fait que tout le monde s'accorde aujourd'hui pour dire que beaucoup de pays ne pourront jamais la rembourser l'intégralité de leur dette. Est-ce convaincant de muftiplier les arguments pour relativiser l'ampleur de la dette ? On peut comprendre l'utilité d'un défi cil budgétaire pendant quelques années, notamment s'il s'agit de booster les investissements utiles pour l'avenir (éducation, mutation écologique et énergétique...). Mais les gens de bon sens ont l'intuition qu'il est aberrant et dange reux que des pays riches pratiquent les déficits budgétaires sans discontinuer pendant des décennies. D'autant que quand on parle de 5% de déficit budgétaire (toujours exprimé en pourcentage du PIB), il faudrait parler d'un déficit de 25%. En effet il serait plus logique de rapporter le « trou dans le budget » au budget lui-même (environ 400 milliards d'euros en 2010), au lieu de le rapporter au PIB (environ 2 000 milliards d'euros). Pour expliquer l'escroquerie économique, sociale et intellectuelle de la dette publique, mieux vaudrait probablement se concentrer sur 4 ou 5 questions es sentielles. D'où vient l'accroissement continu de la dette publique ? Notamment des 100 milliards d'euros de recettes fiscales (annuelles) auxquelles l'État a renoncé. Ainsi que des différentes techniques d'évasion fiscale très bien décrites dans l'émission « Pièces à conviction JJ (les vidéos de l'émission : htt p : //www.retraites-enjeux-de bats) À qui profite la dette ? À ceux dont l'explosion des inégalités depuis 30 ans a permis d'accumuler des excédents très supérieurs à leurs besoins de consommation. Y-a-t-il une instrumentalisation politique de la dette publique ? Oui, la dette sert à justifier en permanence la réduction des prestations sociales, ainsi que le démantèlement des services publics au profit du secteur privé lucratif. N'y-a-t-il pas une solution de bon sens pour stopper l'accroissement continu de la dette publique découlant de déficits budgétaires systématiques depuis 1975 ? Pourquoi ne pas. tout simplement équilibrer les dépenses nécessaires par une fiscalité (sur les revenus, les patrimoines. les transmissions, les plusva lues...) aussi fortement progressive que nécessaire ? Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ceci est possible sans augmen ter les prélèvements sur les revenus modestes et moyens. Voir http://alternativeseconomiques.fr/... les propositions d'Alain Godard (exPDG de Rhône-Poulenc Agrochimie) qui permettraient de faire entrer chaque année environ 100 milliards supplémentaires dans les caisses de l'Etat sans augmenter ni la TVA, ni les impôts des contribuables qui gagnent moins de 60 000 euros par an. Une petite histoire très marrante circule actuellement et illustre parfaitement corn ment on en est arrivé à la situation actuelle. Voir « la crise... des ânes Jsur http://www.retraitesenjeux-debats... Nous n'arrivons pas à voir ce qui dans cette histoire ne serait pas conforme à la réalité que nous subissons. Quelqu'un peut-il nous éclairer ? • l'iceberg de l'escroquerie capitaliste. La seule richesse d'une société, d'une communauté, outre les richesses naturelles du sol et du sous-sol du territoire où cette communauté est installée, est sa capacité à mobiliser, à organiser le travail, l'activité productrice Pour mobiliser la création humaine à grande échelle, il y avait autrefois deux moyens : la coercition et la foi. Les guerriers vainqueurs font travailler les vaincus, c'est l'esclavage puis le servage. Certains peuvent promettre une vie au paradis et la foi s'exprime par l'envie de réaliser collecti vement de., grandes choses qui nous dépassent. i L:escroquerie repose sur une innovation : "'__,.. "" du capitalisme, la monnaie fidu ciaire puis la monnaie-dette, qui ont permis de mobiliser l'énergie humaine avec une efficacité sans précédent dans l'histoire de Le Magazine - 7



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