Le Magazine n°3 oct/nov 2011
Le Magazine n°3 oct/nov 2011
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°3 de oct/nov 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 266) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23 Mo

  • Dans ce numéro : la remontée de Ségolène Royal... et si c'était elle ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne Àl’heuredelatechnologiedepointedecedébutduXXI e siècle, pourquoi n’est-on pas capable de fabriquer des appareils qui durent ? La réponse à cette question se cache derrière le terme barbare de : obsolescence programmée, aussi appelée « désuétude planifiée ». Explications. 10 - Le Magazine Pourquoi les appareils ne durent pas ? D.R. programmée est une stratégie qui vise à planifier la durée de vie des produits courants. Avant le L’obsolescence bas nylon était quasi indestructible, une ampoule pouvait durer 2 500 heures, la machine à coudre de nos grands-mères était garantie à vie. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui, les fabricants, en toute légalité, ont trouvé le moyen de limiter la durée de vie d’un produit : appareil indémontable, pièces détachées indisponibles, incompatibilités ou même puce intégrée pour rendre volontairement le matériel obsolète et la liste est loin d’être exhaustive. Pourquoi un appareil tombe en panne juste après la fin de la garantie ? Pourquoi ne répond-il pas àl’évolutiontechnologiquedesesproduits dérivés ? L’obsolescence est par définition le fait pour un produit d’être dépassé en raison de l’évolution technologique ou attractive même si l’appareil en question est en parfait état de fonctionnement. Mais cette stratégie peut aller audelà, et les industriels peuvent décider de fabriquer des produits à « vieillissement programmé », ou bien non réparables, soit parce que d’autres produits de substitution sont à l’étude ou tout simplement parce qu’ils estiment que la réparation coûterait plus cher qu’un remplacement. Il s’est alors lancé dans une enquête digne des plus grands détectives Le type d’obsolescence programmée le plus courant concerne les téléphones mobiles. Ainsi, un téléphone en parfait état devient inutilisable lorsque sa pile ou son chargeur ne sont plus disponibles sur le marché. Dans le marché de l’informatique, les concepteurs de logiciels ne sont pas en reste non plus avec les problèmes de compatibilités dans le cas d’un logiciel ou encore le changement de format de fichier entre deux versions successives d’un même programme (exemple Word de Microsoft). Des petites évolutions techniques qui suffisent à rendre les anciennes versions obsolètes, puisque non compatibles avec le nouveau standard. La sortie de l’iPad2 (tablette électronique), le dernier gadget d’Apple, ou encore le passage au numérique des chaînes de télévision françaises, sont des exemples parmi d’autres de cette course à l’innovation qui entraîne un renouvellement des équipements des ménages et un accroissement des déchets. Il y a aussi l’effet de mode ou ce qu’il est convenu d’appeler l’obsolescence programmée psychologique : du nouveau téléphone portable ou Ipad. Le cas le plus connu de cette stratégie de marketing est celui de l’imprimante « jet d’encre Epson » dont l’équipe de journalistes de la chaîne de télévision Arte dans son documentaire « Prêt à jeter » a largement fait écho. L’histoire somme toute banale d’une imprimante qui tombe en panne à l’issue de la garantie qui serait passée totalement inaperçue si son propriétaire, informaticien de formation, ne s’était pas entêté à comprendre la raison de la panne et surtout pourquoi les devis de réparation de son imprimante dépassait largement le prix d’achat de sa machine. Il s’est alors lancé dans une enquête digne des plus grands détectives auprès des internautes du monde entier. Il a finalement trouvé une réponse à cette panne sous le nom de : EEPROM (Elec-
trically-Erasable Programmable Read- Only Memory ou mémoire morte effaçable électriquement et programmable). Une petite puce intégrée dans la machine chargée de mémoriser le nombre de pages imprimées (en l’occurrence 18 000, pour son imprimante). Une fois ce nombre dépassé, l’imprimante se bloque automatiquement et affiche le message « une pièce de l’imprimante doit être changée ». C’est en Russie qu’il a trouvé la solution àsonproblèmeauprèsd’uningénieurchercheur, victime de ce même type de problème. Ce dernier lui a procuré un logiciel lui permettant de remettre le compteur à zéro. Une fois l’opération exécutée, la machine s’est remise à fonctionner sans problème. Une pratique somme toute assez courante, et qui ne se limite pas aux D.R. D.R. imprimantes. Certains propriétaires d’Ipod (baladeur numérique d’Apple) en ont fait eux aussi la douloureuse expérience. Cette fois il s’agit de la batterie programmée pour une durée de vie de 18 mois. Une stratégie bien orchestrée puisque partout dans le monde les services techniques d’Apple apportaient la même réponse aux consommateurs « leremplacement des batteries est impossible. Nous vous conseillons de remplacer votre appareil ».Cen’est qu’à l’issue d’un procès contre le géant de la téléphonie que la société a mis en place un service spécialisé dans le remplacement des batteries et a été condamnée à indemniser les plaignants. Les fabricants conçoivent des objets à durée de vie technique délibérément courte Quoi qu’il en soit, Apple est tout de même sorti gagnant de cette affaire puisque les batteries ont toujours cette même durée de vie et que leur remplacement est facturé aux consommateurs. Mais ce ne sont là que quelques exemples parmi tant Le saviez-vous ? ÀlacasernedespompiersdeLivermoreenCalifornie, une ampoule construite en 1901 brille depuis 110 ans. À l’époque, on construisait des ampoules de 2500 heures. Ce produit simple est devenu, fin 1924, la première victime de l’obsolescence programmée, par le cartel Phoebus (oligopole composé notamment de Philips, Osram et General Electric). Ce dernier ayant décidé que désormais la durée de vie d’une ampoule ne devra pas dépasser 1000 heures. ■ D.R. Vie quotidienne d’autres. On peut citer les cartes SD (carte mémoire amovible de stockage de données numériques) dans les appareils photo qui mémorisent le nombre de photos prises et qui tombent en panne une fois le quota dépassé ou encore ces nouvelles ampoules d’éclairage LED (diode électroluminescente) dont le calcul de durée de vie est basé sur le composant qui éclaire, les LED, et pas sur le système électronique beaucoup plus fragile qui l’accompagne. Par ce procédé, des fabricants conçoivent des objets dont la durée de vie commerciale (mais pas nécessairement la durée de vie technique) est délibérément courte. Une méthode de « surconsommation » quin’estpassans risque pour l’environnement et pour la planète en raison des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) qu’elle produit. Ces déchets ont une empreinte écologique très élevée en raison des importantes quantités de ressources en eau, métaux, et énergies mobilisées par la conception, la fabrication, le transport, l’utilisation et le recyclage des composants. Ces déchets électriques et électroniques entraînent une modification radicale de l’environnement. Alors peut-on fabriquer des produits qui durent ? La réponse est oui, sans conteste. L’industrie du XXI e siècle sait produire des objets ayant une forte durée de vie mais préfère créer intentionnellement du matériel qui lâchera plus vite. Reste à savoir si les consommateurs seraient prêts aujourd’hui à acheter leur nouveau téléphone portable ou leur ordinateur trois fois plus cher pour une garantie d’une durée de vie beaucoup plus longue ? ■ Le Magazine - 11



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