Le Magazine n°3 jun/jui/aoû 2009
Le Magazine n°3 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : 3,95 €

  • Parution : n°3 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 62,2 Mo

  • Dans ce numéro : Dati, une femme secète.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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6 - Le Magazine VIE QUOTIDIENNE Qu'est-ce que le « SEL » ? Ça pourrait s'appeler troc, mais ça s'appelle SEl, pour système d'échanges local. Ce n'est pas une invention française, même s'il y a en France 312 associations locales de ce type, regroupant environ 20 000 personnes. Explications. P our éviter tout malentendu, précisons d'entrée de jeu que le système d'échanges local n'est pas une œuvre de bienfaisance ou une association d'insertion, même s'il a permis et permet encore à certaines personnes marginalisées pour des tas de raisons de retrouver une place dans la société Une fois ce postulat posé, voyons les particularités de ces organisations non lucratives, basées sur l'entraide, en général créées dans le cadre d'une association loi 190 1. Elles sont nées dans les années 1980, à l'initiative de Michael Linton, Écossais qui vivait sur l'île de Vancouver (Canada), sous le vocable Lixal Exchange Trading Systems, ce qui a donné en français systèmes d'échanges locaux. Le mot trade signifiant commerce a été supprimé parce que les aides que les sélistes s'apportent ne peuvent être assimilées à du commerce. L:initiateur a tout simplement eu l'idée de rationaliser le troc local et de tirer parti des savoir-faire sous-employés de sa région pour permettre aux exclus des circuits économiques classiques d'accéder à des services, et ce malgré leurs faibles finances, et de renforcer le lien social. La valeur d'échange du système parallèle qu'il a mis en place a été nommée green dollar ou « dollar vert)), sorte de clin d'œil au dollar canadien. Il ne s'agit pas de troc Depuis, bien d'autres SELs ont été mis sur pied, aux États-Unis, en Belgique, en Australie, en Nouvelle­ Zélande, aux Pays-Bas, en Grande­ Bretagne, en Irlande, ou en France. En fait, rien n'a été vraiment inventé puisque déjà au XJXe siècle il y avait eu les bons de travail de Fourier, de Proudhon ou d'Owen, comme il y avait eu la « monnaie franche) ) à intérêt négatif imaginée dans les années 1930 par Sylvio Gesell. De quoi parle-t-on quand on parle de SEL ? Tout bêtement d'une organisation souple, conviviale, volontaire, solidaire, concrète et transparente, qui permet d'échanger des biens, des services, des compétences et des savoirs, sans bourse déliée En effet ceux-ci sont acquis ou cédés par réciprocité, par les membres qui composent l'association. il ne s'agit pas de troc, qui ne concerne que deux protagonistes, mais d'échanges multilatéraux. Chaque organisation possède son propre catalogue qui regroupe les offres et les besoins de ses adhérents, dans des domaines très variés : travaux administratifs, travaux agricoles, bâtiment, transport, mécanique, ménage, éducation, culture.. De ce fait, les différents SELs ne proposent pas exactement les mêmes prestations, tout dépend de leur situation géographique, de leurs spécificités régionales, de leurs ressources, selon qu'ils sont urbains ou ruraux. Certains d'entre eux sont davantage axés sur le militantisme. d'autres privilégient plus J'aspect intellectuel en réfléchissant sur les conséquences du système économique dominant et les moyens de le contourner, mais tous favorisent une économie de proximité, et une solidarité forte de leurs membres par des rencontres régulières, notamment par les « blés) ), bourses locales d'échanges organisées régulièrement Un système d'échanges alternatif au système traditionnel Autre particularité très forte, le SEL ne repose absolument pas sur le système monétaire classique, mais sur une valeur « fictive » (noix, grain de sel, truffe, châtaigne, fleur, épi, pavé, walou), qui sert à donner une valeur symbolique à l'échange Cette monnaie « de singe)) pourrait-on dire, n'est ni convertible, ni exigible Ce qui signifie que le SEL est un système d'échanges alternatif au système traditionnel. Il est totalement anticapitaliste puisque la thésaurisation et la spéculation sont impossibles. Autrement dit, le seul moyen pour les détenteurs de bons de valeur de•.. LES SELS•.• EXONÉRÉS DE 1VA ET D'IMPÔTS ! 1 S ur le plan légal les SEL sont exonérés de TVA et d'impôts lorsqu'il s'agit de transactions ponctuelles, donc non répétitives, et sortant du cadre d'une profession. En effet. l'entraide est considérée comme légale.•
bénéficier à leur tour de biens ou de services est de les réinsérer dans le circuit C'est d'ailleurs ce qui séduit une partie de la gauche alternative, des anti-libéraux, et même certains économistes C'est aussi ce qui inquiète certains artisans qui s'estiment lésés par une concurrence déloyale, par le travail clandestin ! Un bon d'échange, encore appelé bon de « richesse » Comment ça marche ? D'abord, il faut adhérer à ce système, moyennant une contribution financière d'un montant variable, et ce afin de couvrir différents frais d'édition et de distribution de catalogues et de bulletins. Notons au passage que les SELs utilisent aussi l'Internet pour communiquer et pour développer leurs propositions Ensuite, c'est assez simple En général, pour chaque transaction fixée de gré à gré, les deux parties remplissent un bon d'échange, encore appelé bon de « richesse », sur lequel est noté le nombre d'unités devant être créditées ou débitées. Le plus souvent, les échanges sont comptés au temps passé, une minute représentant telle unité de monnaie virtuelle. La valeur acquise par l'un, par exemple un walou correspondant à une heure de ménage, pourra être utilisée par celui-ci pour obtenir une heure de jardinage qu'il demandera à un troisième larron. U Régulièrement, les documents sont transmis aux animateurs du SEL, ou « compteurs)), afin que les comptes des uns et des autres soient tenus à jour Le plus souvent, cette comptabilité interne est portée à la connaissance de tous. Des mandats pour un semestre ou une année Toutes les entités SEL étant indépendantes les unes des autres, elles n'ont pas les mêmes règles de fonctionnement Certaines se sont dotées d'un conseil d'administration élu, d'autres d'un conseil d'animation Il y en a qui donnent des mandats pour un semestre ou une année. Dans la plupart des cas tout est fait pour que les membres, dont le nombre varie d'une petite dizaine à quelques centaines, puissent participer à la vie de l'organisation, dans un climat de totale démocratie. Il y a aujourd'hui, en France, 3 J 2 SELS référencvés représentant environ 20 000 sélistes (estimation, le nombre d'adhérents n'est pas collecté) Enfin, il est important de savoir que les activités développées au sein de ces rassemblements sont compatibles avec les revenus monétaires. La participation à un SEL ne remet en cause ni la perception de minima sociaux, ni celle d'indemnités de chômage• Plus d'information : www.selidaire.org ou Sel'idaire, BP 60034, 80081 Amiens cedex 2. IL N'Y A PAS QUE LE SEL DANS LA VIE ! n peu partout dans le monde des systèmes plus humains, moins mercantiles, sont mis en place. Petit tour, non exhaustif, de structures parallèles qui, contraire ment à l'économie de marché classique, n'excluent pas. Parmi elles on trouve les AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), qui militent pour une agriculture durable et une alimentation de qualité. Dans un autre domaine, il y a les RERS (Réseaux d'échanges réciproques de savoirs), dont le libellé n'a guère besoin d'explications. Existent aussi les lthaca Hours, du nom d'une ville de l'État de New York. Dans cette communauté, environ 1500 commerces et entreprises acceptent cette monnaie d'échanges, basée sur une monnaie temps, de biens et de services produits localement. pour la plus grande satisfaction des quelque 30 000 habitants et des milliers d'étudiants de l'université proche. Il y a encore le lime-dollar, monnaie destinée à enregistrer, conserver et récompenser des coups de main gracieux que les uns et les autres s'apportent mutuellement. Citons aussi les « banques temps », banques associatives créées à l'initiative de communes pour centraliser les offres et les demandes de services. Les « dépôts » correspondent au nombre d'heures de ser vices mis à la disposition des autres membres et les « retraits » au nombre d'heures que ces derniers consomment. N'oublions pas le JEU, jardin d'échange universel. Les partenaires du réseau, libre et gratuit. échangent des biens, des services ou des connaissances, grâce à une monnaie dont l'unité de valeur est universelle puisqu'il s'agit du temps ! • E rance n 1994 en France, Richard Knights, représentant du LETS (local exchanqe trading systermde Tolnes, petite ville du Devon (Grande-Bretagne), donne une conférence lors des journées d'été du Ciepad (Carrefour d'échanges et de pratiques appliquées au développement). li explique le par cours de ce type d'association depuis la création de la première d'entre elles, fondée à Norwich en 1985 sur le sol britannique. Parmi le public, trois Ariégeois, trois pionniers qui vont très vite, dès oc tobre 1994, fonder le premier SEL de France, el assurer la traduction et la diffusion de l'lnfopackan glais, qui devient « SEL, mode d'emploi ». Ses membres adoptent alors le « grain de sel » comme monnaie locale. El chacun y a trouvé son compte : les agriculteurs ont écoulé leur production sur place, les personnes démunies ont pu acquérir des produits de qualité contre des services rendus, celles qui étaient plus ou moins marginalisées ont pu valoriser leurs compétences et ainsi retrouver une vie sociale. Grâce à la création de ce SEL ariégeois, un véritable réseau de solidarité est né dans le département. qui a permis de générer ou re-générer les relations entre les habitants. El il a es saimé puisque, un an plus tard, le premier SEL urbain naissait à SaintOuenlinenYvelines (à l'ouest de Versailles, Yvelines). Depuis, on compte 312 SELs dans l'Hexagone, rassemblant près de 20 000 sélistes.• Le Magazine - 7 1 S E l Ü usinettes



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