Le Magazine n°3 jun/jui/aoû 2009
Le Magazine n°3 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : 3,95 €

  • Parution : n°3 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 62,2 Mo

  • Dans ce numéro : Dati, une femme secète.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« ENQUÊTE 26 - Le Magazine « La bonne bouffe coûte plus cher mais est plus rentable » Directeur commercial pendant près de quinze années et aujourd'hui directeur de la communication proche de la retraite, Georges Grunenwlad fait partie de la société Picard depuis vingt-trois ans. Souvent critiqués et étiquetés « malbouffes », les produits surgelés tiennent apparemment leur revanche. Comment réagissez-vous quand les surgelés sont associés à la « malbouffe » ? tvidemment mal ! La surgélation est une technologie. On peut surgeler le meilleur comme le pire. 0'ici à associer les surgelés à la ma/bouffe certainement pas ! Le produit frais est censé être un produit fraÎchement cueilli ou pêché qui n'a pas été conservé. Le surgelé n'est donc pas un produit frais. Pourtant, les surgelés sont bien souvent plus frais que les frais ! En mode surgelé, les haricots verts sont conservés à -2ooc 3 à 4 heures après leur récolte et gardent bien plus de vitamines et nutriments que ceux du marché qui ont traÎné entre le moment de la récolte, le transport, l'achat par le détaillant, l'étalage, l'arrivée du consommateur... Donc le mot frais n'est pas forcément bien attribué et le mot surgelé pas étudié à sa juste valeur. Présente depuis une douzaine d'années, la gamme bio s'agrandit encore avec trois nouveaux produits. Pourquoi ne pas en proposer davantage ? Tout simplement parce que l'offre ne peut suivre la demande, qui est largement supérieure. Aujourd'hui, il y a peu de producteurs surtout en France. Il est donc difficile de trouver des bons produits bio en quantité suffisante. Cela demande des pratiques plus contraignantes, une réglementation stricte pour un rendement inférieur, d'où le prix de ces produits, plus chers que les autres. Aujourd'hui, chez Picard, nous avons 25 produits bio sur un total de 1. 100. Le bio reste une gamme marginale. Mais cela ne l'empêche pas de se vendre très bien.. Pensez-vous que le besoin de profits d'une entreprise justifie parfois une tendance à un laisser-aller concernant la composition des produits ? Je ne sais pas si c'est pour le profit ou pour maintenir une marge sachant qu'il y a une pression énorme des consommateurs sur le prix. Car il y a une erreur fondamentale que l'on fait en France : croire que se nourrir est bon marché, que la qualité ne se paye pas. C'est faux ! Quel que soit le produit, il y a différentes qualités et la qualité a un prix ! Le problème, avec la crise du pouvoir d'achat, est qu'il y a une énorme pression sur le prix de l'alimentaire. Ou coup, chacun essaie de préserver ses marges- distributeurs, grossistes, producteurs, industriels- et on arrive à la tentation de maintenir le prix de vente avec des ingrédients moins chers. Car c'est vrai : on peut tout mettre dans la composition d'un produit. Pour arriver à un prix très bas, on rogne sur tout, c'est obligatoire. La marque Picard a-t-elle déjà présenté à ses clients des produits ne répondant pas aux besoins nutritionnels stricts ? Peut -être dans le passé, mais nous avons toujours été très attentifs à la qualité et nous avons progressé. 0'autant que la surgélation permet d'éviter beaucoup de dérives. Ni conservateurs ni exhausteurs de goût, telle est notre charte. A l'inverse de tous les restaurants asiatiques qui en abusent, Picard n'ajamais eu recours aux glutamates, flatteurs au palais. Quant aux colorants que nous utilisons, ils sont tous naturels et nous interdisons même le rouge cochenille, naturel mais allergène. Côté sel, que fait Picard ? Enlever le sel est moins évident que le reste. Mais nous nous sommes rendus compte que nous en mettions trop. Donc nous essayons de réduire et les industriels aussi. Mais le lobbying du sel en France, comme celui du sucre et du vin, est très puissant. Or, il faut que tout le mondes y mette pour que cela marche. Nous ne sommes pas les seuls décideurs. En attendant de trouver comment le remplacer de façon saine, il faut savoir doser et faire un effort de transparence via l'étiquetage. Et concernant les huiles hydrogénées ? Nous sommes justement au bout de notre chantier : celui de les supprimer totalement. Derrière, il y a aussi les contraintes des processindustriels. Ce n'est pas parce que Picard veut remplacer de l'huile de palme par celle de tournesol que cela se fait si facilement. Toutes les matières grasses n'ont pas les mêmes comportements en fabrication. Il faut du temps. Mais nous avons réussi : aujourd'hui, nous n'avons plus d'huile de graisse végétale hydrogénée dans nos produits. Nous nous interdisons aussi d'ajouter du sucre. Existe-t-il encore des entreprises qui favorisent le goût au détriment du bien-être du consommateur ? Evidemment. Pendant longtemps on a accusé la restauration rapide. Depuis, ils ont fait beaucoup d'effort pour se dépêtrer de cette image d'empoisonneur. Maintenant, il est vrai qu'un Big Mac avec frites et soda n'est pas ce que l'on fait de mieux en termes d'équilibre alimentaire. Mais la restauration rapide n'est pas la seule en cause. Coca-Cola fait boire l'équivalent de 7 morceaux de sucre en un seul verre et cela de façon cachée. Pourtant, la boisson est un succès mondial ! Maintenant, en boire de temps en temps n'est pas préjudiciable à la santé. Le consommateur est aussi un peu en tort. D'ailleurs, si Coca a sorti ses version light et zéro, Mac Do ses salades, fruits, carottes et tomates, c'est qu'ils ont conscience que leurs produits ne sont pas sains et qu'ils n'ontpas le choix : ils ne peuvent pas rester en dehors du mouvement de santé publique actuel. Reste à savoir si ses ajouts en sel, sucre, gras sont v% ntairesou non..
Les distributeurs agroalimentaires ne se « contentent plus de proposer les produits des autres, mais produisent les leurs. C'est notamment le cas de Leclerc avec sa Marque Repère. Jean-Pierre Gontier, président de la Scamark, société du groupe Leclerc élaborant et mettant en marché tous les produits de la marque distributeur et propriétaire de 2 Leclerc à Orléans, a accepté de répondre à nos questions. Le produit Marque Repère (1 sur 3 acheté à Leclerc) est 30 à 35% moins cher qu'un produit de marque nationale. Comment réussissez-vous à cumuler sur la quantité ven due certes, mais estce la bonne solution ? À l'inverse, les industries agroalimentaires prennent donc la voie de la sagesse... ou essaient. « Leclerc est qualitativement meilleur que les autres tout en étant moins cher » petits prix et qualité ? C'est simplet Depuis environ cinq ans, nous sommes de plus en plus attentifs à limiter les ajouts de sucre, sel, gras et acides gras. Nos produits sont donc de qualité et bien sûr la qualité à un prix. Dans un produit quel qu'il soit, ce ne sont pas ses « composants » qui coûtent le plus cher mais sa communication, sa commercialisation. A partir du moment où l'on fait son propre produit, nous n'avons ni frais de commercialisation ni frais de marketing. C'est pourquoi notre gamme Bio Village de Marque Repère reste moins onéreuse que les autres marques bio. D'ailleurs, grâce aux Des efforts... économies réalisées par l'absence de coût de commercialisation et de marketing, nous nous sommes fixé pour objectif d'arriver à vendre les produits bio Marque Repère pas plus » La Marque Repère a déjà réussi à réduire 800 t de sucres cher que les marques sur très peu de conventionnelles non bio produits. C'est nationales. bien, mais ce n'estpas Dans le cadre du PNNS, suffisant. De Scamarck s'est engagée à ce point de réduire le gras, le sucre, le sel et les acides trans. Il est exemplaire. donc encore possible d'améliorer la qualité des produits ? Nous n'avons pas attendu le PNNS pour le faire ! Nous ne signons pas à la légère un contrat avec l'administration sur 1.200 produits sans avoir travaillé en amont. C'est plutôt la finalité écrite d'une démarche entamée depuis cinq ans. Rien que sur l'année 2007, nous avons réduit de 800 t le sucre utilisé dans une soixantaine de recettes (jus de fruits, gâteaux petits déjeuners, biscuits...). Maintenant, le PNNS nous demande d'aller encore plus loin. Et côté lobbyings, aucun souci majeur car l'avantage d'être distributeur est d'être aussi fort qu'eux ! D'ailleurs, par rapport aux 10 signatures de cette charte, la nôtre est très importante car elle met en cause plus de 1. 100 produits et donc 500 ou 600 industriels, ce qui est énorme par rapport à nos collègues puisque Da none est uniquement inscrit pour sa gamme Taillefine et d'autres juste pour de la margarine. Même Casino, une des premières entreprises à avoir « Faire la politique de l'autruche n'est pas une solution. Surtout pas aujourd'hui où l'alimentation redevient Étant donné toutes les améliorations qui peuvent encore être apportées aux produits, la malbouffe estelle encore dans les rayons ? Si on voulait interdire tous les produits considérés comme de la ma/bouffe, cela représenterait un nombre considérable de référence. Dans la mesure où, pour le moment, il n'y a que 10 entreprises qui se sont engagées en signant le PNNS, cela veut dire qu'il y en a plein qui ne sont pas prêtes à faire d'efforts. Heureusement, certaines n'ont pas besoin de signer pour progresser. Par exemple, Leclerc n'avait pas encore signé lorsque nous avons décidé de suppléer les friandises trop sucrées aux caisses par des fruits, des compotes... Une façon de remplacer positivement même si économiquement la décision n'était pas facile à prendre. La Marque Repère apportet-elle une marge plus une préoccupation prépondérante pour la société ». Édouard Malbois image bien la situation. Il est temps que les entreprises alimentaires prennent leur responsabil ité et rectifient le tir. Pour les produits d'autres marques ? Tout dépend des produits. tconomiquement c'est viable sachant qu'à partir du moment où l'on vend un produit moins cher, si on raisonne en pourcentage, la marge valeur pour payer nos frais généraux et le personnel est moins élevée. Donc, le distributeur ne fait pas de la marge distributeur pout gagner plus d'argent. En réalité, si Leclerc propose sa propre gamme, c'est surtout pour conserver un leadership en positionnement puisque l'engagement Leclerc c'est d'être moins cher - et notre Marque Repère est toujours moins chère que les marques distributeurs de la concurrence. En outre, les centres Leclerc sont indépendants, ils n'ont pas à rendre des comptes à leurs actionnaires ou à la Bourse comme c'est le cas pour Carrefour par exemple. Cela explique aussi notre positionnement moins cher. Le Magazine - 27



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