Le Magazine n°2 aoû/sep 2011
Le Magazine n°2 aoû/sep 2011
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°2 de aoû/sep 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 58,3 Mo

  • Dans ce numéro : DSK candidat ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MITTERRAND ET JARNAC C'est dans la petite ville de Jarnac, au cœur de la Charente, que François Mitterrand vit le jour, le 26 octobre 1916. Et plus précisément dans la maison de famille, située au 22 rue Abel-Guy. Cinquième enfant de Joseph et Yvonne Mitterrand (qui auront 4 fils et 4 filles), Mitterrand a évoqué son « enfance qui fut heureuse et a illuminé ma vie » dans « Mémoires à deux voix », publié chez Odile Jacob en 1985. Son père Joseph, qui dirige la vinaigrerie familiale, est un homme de caractère, fervent catholique et conservateur. Les années de jeunesse de Mitterrand se passent dans cette région charentaise où les grandes tablées avec les frères, sœurs et cousins laissent la place aux virées dans la campagne, la pratique du sport (ping pong, football, pelote basque) et la lecture d'auteurs comme Claudel, Montherlant, Bernanos ou Chardonne. Inscrit comme interne au collège Saint-Paul d'Angoulême où enseignent des prêtres séculiers, François Mitterrand manifeste déjà des dons pour l'expression orale et remporte un concours d'éloquence à 15 ans. Son bac en poche, il débarque à Paris, en 1934, pour suivre des cours à la faculté de droit et à Sciences-Po. Son adresse : le 104, rue de Vaugirard, un foyer pour étudiants tenu par les frères maristes. 64 - Le Magazine MITTERRAND ET LA GUERRE Durant ses années d'étudiant, François Mitterrand découvre la capitale et s'intéresse à la vie politique. Inscrit quelque temps aux Volontaires nationaux, une organisation de jeunesse des Croix-de-Feu (un mouvement de droite catholique, mais anti-allemand), il organise de nombreuses manifestations estudiantines. En janvier 1938, il tombe amoureux de Catherine Langeais, future speakerine à la télévision. Fiancés en 1940, ils se séparent un an plus tard. Envoyé sur le front quand la Seconde guerre mondiale éclate, Mitterrand, blessé au dos le 14 juin 1940, se retrouve prisonnier dans un stalag allemand. Il y rencontre quelques uns de ses grands amis comme Roger-Patrice Pelat, Jean Munier ou Bernard Finifter, un juif d'origine russe, découvrant ainsi la vie de groupe, l'esprit de solidarité et aussi la mesquinerie humaine. Après deux tentatives avortées, le futur homme politique parvient à s'évader en décembre 1941. Il se rend chez une cousine en Bourgogne, fait un détour par Saint­ Tropez avant de retourner à Jarnac : « J'avais 25 ans, je ne savais à quoi me destiner et cette liberté m'était précieuse... », (dans « Un dessein, un destin » d'Hubert Védrine, paru chez Gallimard). Sans profession ni projet, il décide alors de partir pour Vichy où siège le gouvernement collaborationniste du Maréchal Pétain et de Pierre Laval.
MITTERRAND ET VICHY « J'avais des amis à Vichy, généralement des officiers... On m'a dit : venez, on tâchera de vous trouver quelque chose. J'ai donc débarqué à Vichy. Peut-être aussi pour retrouver des copains prisonniers et aider à libérer des amis captifs... », a expliqué François Mitterrand au journaliste Georges- Marc Benamou. Recruté par le Commissariat de reclassement des prisonniers de guerre, dirigé par Maurice Pinot, un anti-collaborationniste qui sera brutalement révoqué en 1943, François Mitterrand profite de cette « couverture » pour nouer des contacts avec de nombreux groupes de résistants. Jusqu'à son départ pour Londres dans la nuit du 15 au 16 novembre 1943 afin de rencontrer De Gaulle, Mitterrand se prête ainsi à un double jeu : résistance (sous le nom du « Capitaine Morland ») et travail au sein de l'administration de Vichy. C'est ainsi qu'il est reçu par le Maréchal Pétain, le 22 octobre 1942 avec trois autres représentants d'un centre d'entraide aux anciens prisonniers de l'Allier, et accepte aussi de recevoir la francisque, une décoration du régime de Vichy, afin de ne pas éveiller les soupçons sur ses activités de résistant. Présent à l'Hôtel de Ville, le 25 juin 1944 quand De Gaulle proclame « Paris libérée », Mitterrand refusera le poste de secrétaire général du ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés du nouveau gouvernement. MITTERRAND ET DANIELLE En avril 1944, François Mitterrand croise la route de Danielle Gouze, sœur cadette de Christine Gouze, une amie dans la Résistance et qui deviendra, plus tard, l'épouse de Roger Hanin. Mitterrand tombe sous le charme de cette jolie jeune fille, âgée de 19 ans. La famille de Danielle est à gauche et prône des valeurs de patriotisme et de laïcité, loin des convictions catholiques et nationalistes du clan Mitterrand. Antoine, le père de Danielle, affiche ses idées de libre-penseur et son adhésion à la franc-maçonnerie tout en s'impliquant dans la lutte contre l'occupant nazi. Quand à Roger Gouze, frère de Danielle, il fera découvrir à François Mitterrand la roche de Solutré où le Président montera chaque année à Pâques ou à la Pentecôte. François et Danielle se marient le 28 octobre 1944 à la mairie du VI ème arrondissement de Paris et à l'église Saint-Séverin. Ensemble, ils auront 2 enfants, Jean-Christophe et Gilbert. Jusqu'à la mort de Mitterrand en 1996, Danielle demeurera à ses côtés, du moins officiellement, en dépit de ses infidélités conjugales ou de sa double vie. Comme elle l'écrit joliment dans son livre « En toutes libertés » : « Je ne me suis jamais ennuyée en partageant sa vie, ni dans la joie, ni dans la peine. Je n'ai jamais eu besoin de mentir et les non-dits de part et d'autre étaient suffisamment révélateurs pour ne pas être trompeurs... Pour tous ceux qui nous aiment, François et Danielle sont inséparables, indissociables ». Le Magazine - 65



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