Le Magazine n°11 jan/fév/mar 2014
Le Magazine n°11 jan/fév/mar 2014
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°11 de jan/fév/mar 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 110 Mo

  • Dans ce numéro : amour, argent, interdits... les secrets des people.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Anne-Sophie Lapix a un grain de foli POUR MIEUX CERNER LE PHÉNOMÈNE LAPIX, NOUS AVONS INTERROGÉ EVA ROQUE, CHEF DES INFORMATIONS À TÉLÉ 7 JOURS, AFIN DE DÉCRYPTER ET ANALYSER SON PARCOURS ET SON AMBITION. C à vous, C à elle ! Le Magazine : Que pensez-vous de la nouvelle physionomie de l’émission C à vous avec Anne- Sophie Lapix à la place d’Alessandra Sublet ? Eva Roque : C’est assez intelligent et bien fait car ils conservent le concept de l’émission sans bouleversement flagrant. Lorsque vous voyez le plateau apparaître à l’écran, le spectateur n’est pas déstabilisé par le rendez-vous. Ils ont réussi à s’adapter au profil d’Anne-Sophie Lapix et à l’arrivée de Maxime Switek pour la partie actu. En modifiant deux ou trois petites choses, on sent quand même un renouveau et une réflexion autour de la nouvelle équipe, d’autant qu’un nouveau rédacteur en chef officie en coulisses. Sur cette émission en particulier, c’est important. Ce sont autant d’atouts pour rebondir. C’était ma grande interrogation : je trouvais plutôt intelligent d’avoir sollicité Anne-Sophie Lapix mais si c’était remplacer pour remplacer, cela me semblait un peu compliqué. Connaissant le producteur, Pierre-Antoine Capton, j’avais assez peu d’inquiétudes et je savais qu’il allait adapter l’émission à Anne-Sophie Lapix. Par ailleurs, je trouve qu’elle s’est très bien emparée du produit qu’on lui a confié. Il faut savoir que sur les deux dernières années, il est souvent arrivé que l’émission soit présentée par une autre personne qu’Alessandra Sublet : Michel Cymès qui est venu plusieurs fois, Églantine Eméyé ou encore Daphné Burki. Jamais l’audience n’a baissé lorsque ce n’était pas Alessandra aux commandes. Le concept est assez fort pour qu’il y ait fidélisation des téléspectateurs et des personnes qui viennent régulièrement pour honorer ce rendez-vous quotidien. Il y avait un risque, car Alessandra Sublet incarnait parfaitement le style de l’émission. Il est vrai qu’Alessandra avait sa propre personnalité et rayonnait en portant l’émission. Cependant, la chaîne était rassurée car les audiences étaient aussi bonnes lors des tentatives avec d’autres présentateurs Mais les remplacements étaient de courte durée, sur une semaine, voire quinze jours, c’est donc très différent que lorsque vous confiez définitivement le bébé à quelqu’un d’autre. Pensez-vous que la progression de l’audience va continuer ? Je pense qu’ils ont trouvé le bon ton qui convient à la chaîne mais contrairement à d’autres talk show tel que Touche pas à mon poste, j’ai le sentiment que la marge de progression pour C à vous est plus mince. Le potentiel à venir est peut-être moins important, j’ai en effet du mal à voir l’émission atteindre les 1,5 millions de téléspectateurs. Si cela stagne autour de 800 000 – 1000 000, cela sera un succès pour la chaîne et pour l’équipe. France 5 a eu l’intelligence de laisser l’émission s’installer progressivement. Les premiers mois, c’était très complexe, Pierre-Antoine Capton et Alessandra Sublet m’on raconté qu’ils n’avaient pas d’invités. L’émission était un peu un ovni, on ne comprenait pas pourquoi France 5 se lançait sur ce créneau et personne ne connaissait Alessandra Sublet. Le projet était audacieux et on n’avait pas l’habitude que France 5 se lance sur une quotidienne. Les six premiers mois ont été très compliqués, ils me racontaient que parfois ils appelaient des invités à la dernière seconde, des copains à eux qui revenaient pour la deux ou troisième fois 58 - Le Magazine
e qui se s’est jamais fait ressentir » pour remplir le plateau. Puis, peu à peu, la mayonnaise a pris, les médias télé et en particulier les magazines télé ont commencé à s’intéresser à l’émission et on a commencé à lire des papiers. Le démarrage a été long si l’on se place au niveau de la télé où l’on zappe, cependant, sur une chaîne du service public, vous avez généralement plus de temps qu’ailleurs. C’est un véritable virage dans la carrière d’Anne- Sophie Lapix qui découvre le métier de chef d’orchestre et d’animatrice de talk show, loin du métier d’intervieweuse politique. A-t-elle la personnalité pour dynamiser l’émission et lui insuffler le punch nécessaire ? J’en suis persuadée depuis le départ, car la connaissant à l’extérieur et l’ayant déjà vu dans des manifestations, Anne-Sophie Lapix a un grain de folie qui ne s’est jamais fait ressentir à travers les émissions qu’elle a présentées jusqu’alors, car ce n’était ni le lieu, ni le moment. Elle était très cadrée et évoluait dans l’univers sérieux et institutionnel de la politique. Elle a ce petit truc qui fait que si vous lui confiez une émission où elle peut se dévoiler, montrer sa capacité à déconner et à être amusante, c’est du pain bénit pour elle. Je pense qu’elle en avait besoin pour se renouveler. Le meilleur exemple étant la façon incroyable dont elle a remplacé Michel Denisot au Grand journal. Elle a pris les choses en main avec aisance, on sentait clairement qu’elle était faite pour cela. Je pense qu’elle savait déjà qu’elle partait à C à vous. Elle est très marquée par les sujets politiques. On l’a vu récemment lorsqu’elle a reçu Jean-Luc Mélenchon. On ressent bien qu’il s’agit de son domaine de prédilection et qu’elle est passionnée par le sujet. Comment voyez-vous l’avenir du binôme avec Patrick Cohen ? C’était une de mes grandes interrogations car les rôles étaient très clairement distribués l’an dernier avec Alessandra Sublet qui reconnaissait ne rien y connaître en politique, ce qui laissait à Cohen le champ libre en la matière. J’ai trouvé que la première semaine s’était plutôt bien passée entre eux, je n’ai pas senti d’animosité ou de concurrence l’un à l’égard de l’autre. Je crois qu’ils se connaissent depuis un moment, et qu’a priori, ils éprouvent de la sympathie l’un pour l’autre. Je ne fais que répéter ce que j’ai entendu car je n’en sais pas plus à ce sujet mais je pense que c’est le rôle du producteur et du rédacteur en chef de bien délimiter les rôles et prêter attention à ce qu’ils ne se marchent pas les uns sur les autres. Je comprends qu’elle ait envie de parler de politique car elle encore dans cet univers mais cela risque de vite se tasser lorsqu’elle va avoir des invités de l’ordre du divertissement. Elle devra se concentrer sur ces nouveaux profils sachant qu’elle peut se reposer sur Cohen pour l’invité politique. J’ai été surprise par Cohen, je l’ai vu dans une émission au printemps dernier, il a une forte connaissance de l’actualité mais il est tout à fait capable de mener des interviews plus légères sur des sujets médias ou plus divertissants. Ils peuvent former un beau duo et compter l’un sur l’autre. A-t-elle les coudées franches dans le choix de ses invités ? La décision relève en priorité du rédacteur en chef et de Pierre-Antoine Capton le producteur. Je pense qu’elle a un important travail en amont mais je n’imagine pas qu’elle ne prenne pas part à la décision. De même, je ne vois pas Patrick Cohen se faire imposer des invités. Il existe une guerre drastique entre Le Grand journal, TPMP (c’est un peu moins vrai pour les invités politiques), C à vous et le JT pour courtiser les invités, cela guerroye violement dans les coulisses. Quel est le principal atout de C à vous ? C’est d’avoir reconstitué le moment du dîner, moment de convivialité, dans la lignée du concept du « Je vous * Interview d'Anne-Sophie Lapix à TV magazine du 8 septembre 2013. invite chez moi ». L’émission a surfé sur les tendances de la mode du « made in self », du « je prête attention à mon intérieur pour accueillir mes invités ». C’est à mon sens le point d’accroche de C à vous, on a le sentiment de diner avec eux. Au fil des années, ils ont modifié le décor tout en conservant le côté chaleureux, les lumières, etc... C’est drôle, car lorsque vous allez à l’émission, c’est un loft qui change complètement des autres plateaux télé où généralement les équipes de réalisation et de production sont dans des bureaux séparés tandis que l’émission se joue sur un plateau froid avec des lumières blanches à proximité. Lorsque vous arrivez à l’émission C à vous, vous êtes imprégnés par l’ambiance, les gens y vivent comme dans un appartement et je pense que cela se ressent à l’écran. Sur quoi va se jouer le succès ou l’insuccès d’Anne- Sophie Lapix ? Le succès viendra de cette capacité à flasher, à donner « Inviter Delon à la première était un vrai coup. » un peu d’elle et avoir le petit grain de folie que l’on attend d’elle sur ce type d’émission sans pour autant surjouer. Cela dépendra également des invités mais sur ce point, je pense que c’est bien engagé, le terrain a été bien préparé en amont par Alessandra Sublet. L’alchimie doit se faire avec son équipe mais je ne me fais pas trop de souci à ce sujet, je ne vois pas de remaniement de l’équipe ou de bouleversement à moins d’une dispute peu probable. Le fait que l’émission soit animée par une femme unique entourée d’homme est-il le fait du hasard ? Au tout début de l’émission, il y a eu Nathalie Levy mais cela n’a pas fonctionné avec Alessandra qui est très bande de mecs et aime être entouré de garçons. Je pense qu’Anne-Sophie Lapix fonctionne également ainsi, c’est un trait de personnalité qui leur semble commun. On a souvent reproché à Alexandra Sublet de manquer de bagage intellectuel et de consistance sur certains sujets, Anne-Sophie est bardée de diplômes et œuvrait dans les sphères intellectuelles et politiques. Aura-t-elle le même art pour créer un lien dans l’équipe et créer un capital sympathie ? Je ne crois pas qu’elle fut le premier choix de la chaîne qui avait très envie de récupérer Maïtena Biraben qui avait laissé un bon souvenir aux Maternelles. C’est, je pense, le premier choix de Pierre-Antoine Capton qui est assez convaincu.de sa pertinence en termes de fond, de sa capacité à faire des interviews différentes et de son adaptabilité. Elle est plutôt bonne camarade et c’est essentiel pour l’équipe. Il a tenté le pari de la faire découvrir sous un angle encore inconnu. On la percevait un peu rigide, un peu « Chazal », comparaison dont elle a souffert. Lors d’une interview passée, lorsque Sublet était partie de M6, Nicolas de Tavernost m’avait confié qu’il regrettait une seule personne sur M6 qu’il souhaiterait faire revenir à l’antenne, c’est Anne-Sophie Lapix. Il l’avait d’ailleurs contacté au moment de lancer le 19h45. La philosophie de M6 est de dire que le concept est plus fort que les animateurs, on se moque de savoir qui présente. En l’occurrence, c’est un bon calcul. Anne-Sophie a fait le choix de partir de Canal + où sa dernière saison ne fut pas très drôle voire même chaotique. Le Grand Journal lui a-t-il été proposé ? Les bruits circulent mais je ne suis pas convaincue. Quel temps lui accordera-t-on pour faire ses preuves face à un environnement concurrentiel très fort (Le grand Journal, Touche pas à mon Poste) ? Je suis assez confiante, je pense que l’on va lui laisser le temps nécessaire, on est sur France 5 et la pression est donc moins grande. Il faudrait vraiment une catastrophe et que l’émission descende à 400 000 téléspectateurs avant que l’on ne commence à s’inquiéter. Inviter Delon à la première était un vrai coup, il lui fallait un invité très fort pour le lancement. Ses propos homophobes ont plombé la première mais cela a fait du buzz, je ne suis pas sûre qu’elle ait eu besoin de cela. Propos recueillis par Isabelle Jouanneau Le Magazine - 59



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