Le Foot n°148 août 2004
Le Foot n°148 août 2004
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°148 de août 2004

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (265 x 350) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 16,3 Mo

  • Dans ce numéro : Cheyrou... « L'OM, mieux que Liverpool. »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le vendredi c’est le jour du poisson. A partir du 6 août, ce sera aussi celui de la Ligue 2 ! La Ligue de football professionnel a en effet décidé de programmer la 2e Division un autre jour que la L1 afin de la valoriser. Une décision qui ne plaît pas du tout aux supporters… 24 Le Foot n°148 - Août 2004 LIGUE 2 La L2 fait sa révolution Faut-il jouer le vendre Rui Pataca (Créteil) Grax (Troyes) NATIONAL Cédric Mionnet a décidé de résilier son contrat avec Nice où il n’a jamais vraiment eu sa chance pour s’engager avec Rouen. A 30 ans, l’ancien chouchou de Dugauguez compte bien prouver qu’il n’est pas fini. ensemble». Tel est le thème de la campagne d’abonnement du «Rebondir FC Rouen pour la saison 2004- 2005. Bons derniers de Ligue 2 la saison passée, les Diables Rouges auront à cœur de briller cette saison. Cédric Mionnet aussi ! Sous contrat pour encore deux saisons avec l’OGC Nice, l’ancien attaquant de Sedan a préféré quitter la Côte d’Azur et parapher un contrat de deux ans avec Rouen. «J’étais en contact depuis un moment avec Jean-Guy Wallemme que j’avais connu à Lens, explique le nouveau Diable Rouge. Le projet m’a intéressé. Rouen, qui est une ville de foot, veut remonter en Ligue 2 et s’en donne les moyens. En plus, c’est un club très famille. C’est vraiment ce dont j’avais besoin. Ça me rappelle un peu le début de l’aventure à Sedan…» S’il ne regrette pas d’avoir rallié la Normandie, Cédric Mionnet (155 matches et 46 buts) s’étonne cependant du manque d’intérêt des clubs professionnels à son égard. «C’est vexant de ne pas avoir eu beaucoup d’offres. Pas mal de clubs m’ont fermé la porte car je n’avais pas été souvent titulaire ces derniers temps. Pourtant, j’ai retrouvé mon meilleur niveau. J’ai simplement besoin de rythme et de confiance.» L’intéressé aurait pu patienter mais avec une famille à charge Le 11 juin dernier, le Conseil d’Administration de la Ligue de football professionnel a décidé à l’unanimité (15 clubs sur 20, les 5 autres étaient pour un statu quo) que les matches de Ligue 2 se joueraient cette saison le vendredi soir ! «Le vendredi c’est Ligue 2, le samedi Ligue 1». Une décision étonnante alors que la fréquentation des stades de L2 est en hausse (2,5 millions de spectateurs soit une moyenne de 6562 spectateurs avant la dernière journée contre 6118 la saison précédente) et que les audiences télé ont augmenté (+20% avec 140 000 téléspectateurs de moyenne). La présence de Saint-Etienne dans l’antichambre de l’élite n’y est pas étranger… «On avait quelque chose qui fonctionnait bien le samedi. Je ne vois donc pas pourquoi on est allé chercher une solution alors qu’on n’avait pas de problème» estime le président de Sedan Pascal Urano. En choisissant le vendredi (quatre journées auront lieu le mardi), la Ligue espère donner une vraie place à la Ligue 2 et du même coup la valoriser. Pour se faire une idée plus précise sur la question, cette dernière a réalisé une étude auprès du grand public et des abonnés, des entreprises et des entraîneurs. Il en ressort que 71% étaient favorables à ce que la L2 joue un autre jour que la L1. Fallait-il encore choisir entre le vendredi et le dimanche… Si l’on en croit la LFP, pour 80% des spectateurs, 88% des clubs et 75% des sponsors, le vendredi était le meilleur jour. En ce qui concerne l’UNECATEF qui a interrogé 55 entraîneurs 88% étaient pour le vendredi, 8% pour le samedi et 4% pour le dimanche. Un plébiscite pour le vendredi ! «Les entreprises vont être contentes car elles vont avoir leur weekend de libre» note amusé Pascal Urano. Les supporters eux n’ont pas le même humour. Selon un sondage du site footnational.com 65% souhaitaient un statu quo et seulement 10% le passage au vendredi. Le slogan de la LFP «Vous êtes supporter, nous aussi» a donc du mal à passer. Les groupes et associations de supporters de L2 se sont d’ailleurs regroupés dans un collectif «SOS Ligue 2» afin de faire entendre leur voix. «POUR UN FOOTBALL POPULAIRE, NON AUX MATCHES LE VENDREDI» Ces derniers qui estiment que cette décision va vider les stades, les empêcher de préparer des animations ou de se déplacer se sont ainsi rendus le 30 juin dernier à l’AG de la Ligue pour manifester leur mécontentement  : «SOS Ligue 2», «Non aux matches le vendredi» pouvait-on lire sur leurs banderoles. Ils ont été reçus pendant une demi-heure par le président Thiriez qui leur a indiqué que le passage de la L2 le vendredi était testé de façon expérimentale sur une année. «Dans cette histoire, on n’a pas tenu compte de l’avis des supporters, estime Olivier Degrange des Ultras de Gueugnon. Le foot, c’est le samedi, pas le vendredi ! A Gueugnon, il n’y a que ça comme loisir. Les gens viennent de (deux enfants en bas âge), il a préféré «ne pas gamberger» et accepter la proposition rouennaise. «JE NE SUIS PAS FINI» En optant pour Rouen, Cédric Mionnet espère retrouver ce plaisir qu’il a perdu ces derniers mois que ce soit à Nice ou à Sedan. «Les six premiers mois à Nice se sont bien passés. Ensuite, on m’a loin pour assister aux matches.» «Avec les RTT, il y a peut-être moyen de se déplacer, note Pascal Urano. Mais c’est sûr que ça va être beaucoup plus compliqué d’organiser les déplacements le vendredi soir que le samedi soir.» «Quand on aime le football, il y a toujours un moyen» relève l’entraîneur de Grenoble Thierry Goudet. «Je comprends leur frustration lâche pour sa part le capitaine niortais Franck Azzopardi. Mais je ne pense pas pour autant qu’on va jouer devant des stades vides.» La menace est pourtant bien réelle. «Pour l’instant, avec les vacances, ce n’est pas évident de mobiliser les supporters, explique Olivier Degrange. Mais on a d’ores et déjà envoyé une lettre à tous les présidents de L2 et aux journaux pour expliquer notre démarche. Une pétition a également été lancée. D’autres actions pourraient être menées, peut-être même le boycott de certains matches...» Les supporters n’avaient déjà pas apprécié que la Ligue décale la saison passée un deuxième match le lundi soir sur Eurosport… La chaîne qui retransmet deux matches décalés par journée (la LFP en souhaitait même un 3e le vendredi soir !) va néanmoins proposer à partir de cette année un magazine sur la Ligue 2, comme le faisait Canal+ à l’époque. «Les équipes qui vont jouer le lundi et ensuite le vendredi, ça va leur faire quatre matches en dix jours, remarque Franck Azzopardi. On se dirige vers des matches tous les jours comme en Angleterre» rajoute le Niortais qui constate que les joueurs n’ont pas été consultés sur cette question. «On ne décide pas de grand chose. C’est plus la télé ! Mais bon, il aurait fallu jouer le dimanche on l’aurait fait ! » Un temps évoqué, le dimanche Mionnet, un Diable Rouge toujours vert FC Rouen fait comprendre que la concurrence allait être rude. Lorient et Sedan voulaient obtenir mon prêt. Avec Sedan j’ai fait le choix du cœur. Ça ne s’est pas très bien passé… Je restais sur le banc alors que l’équipe faisait des nuls. Ça a été dur à vivre…» Si la pilule a du mal à passer pour celui qui avait quitté Sedan - où il pensait terminer sa carrière - pour Nice les larmes aux yeux, elle est encore plus indigeste à l’évocation de son aventure au Gym où il avait pourtant signé un contrat de trois ans et demi. «Nice restera comme un échec. Je me demande encore pourquoi ils m’ont engagé ? Je me suis retrouvé écarté du groupe pro cet été alors que je n’avais pas mérité ça. Je vivais très mal cette situation.» Même s’il passe avec Rouen d’un club de L1 à un de National, il n’y voit pas là une régression. «Ce n’est pas facile de faire le deuil de la L1 et de la L2. On m’aurait d’ailleurs dit il y a six ou sept ans que j’aurais évolué en National j’aurais rigolé… Je reviens à la case départ mais pourquoi ne pas remonter de suite comme avec Sedan ? Et puis, je préfère jouer la montée avec Rouen que la descente en L2.» Une chose est sûre, Jean-Guy Wallemme attend beaucoup de l’ancien lensois. «Je sais que le club attend beaucoup de moi. Je vais me défoncer et me battre pour lui. Je vais tout donner comme j’avais tout donné quand j’étais à Sedan. J’ai envie de redonner à Rouen la confiance qu’il m’a accordée.» Si l’on en juge par les résultats des Diables Rouges en matches de préparation (incapables de trouver le chemin des filets lors de leurs trois premières rencontres), ces derniers vont avoir besoin d’un Mionnet à 100%. «Les matches amicaux, ça ne veut pas dire grand chose. On ne se connaît pas
di ? après-midi - en Italie c’est le jour du football - n’a pas fait un tabac, loin de là… «Ça aurait été une grosse bêtise, estime le président de Sedan. Les trois quarts des licenciés jouent le dimanche après-midi. Ça aurait été dramatique ! » A l’image de Franck Azzopardi les joueurs prennent la chose avec philosophie  : «On va pouvoir passer notre dimanche en famille et aller voir des matches de L1 le samedi soir». Les entraîneurs aussi voient le bon côté des choses. «Les semaines seront un peu plus courtes. On redémarrera ainsi le lundi mais c’est ce que je faisais déjà» souligne Thierry Goudet qui ajoute  : «Les joueurs qui ne jouent pas en L2 pourront jouer le samedi en réserve. Ça nous permettra aussi d’aller superviser des matches de L1 ou de National.» Si l’objectif de valoriser la Ligue 2 est louable, n’y avait-il pas d’autres moyens ? «J’aimais bien la formule à deux groupes. Ça permettait d’avoir plus d’équipes.» (Goudet) «Quand des clubs comme Sedan, Le Havre, Saint-Etienne ou Montpellier descendent ça valorise la L2.» (Azzopardi). «La saison passée, on avait dans les cinq dernières journées cinq équipes qui pouvaient encore monter en L1. C’est surtout ça qui est intéressant. De toute façon, toutes les 2e Division européennes sont dans l’ombre des 1ère Division. La L2 n’aura jamais l’éclat de la L1.» (Urano) C’est bien pour ça que pour les dirigeants du Havre «la meilleure solution reste la remontée en L1 le plus vite possible.» Ça calmera peut-être les supporters havrais mais quid des autres… ■ encore très bien. Il faut que l’on trouve les automatismes. Le point positif, c’est que l’on est solide défensivement.» Avec un groupe fortement modifié (16 arrivées pour 19 départs), la tâche de l’entraîneur normand ne sera pas aisée. «Jean-Guy Wallemme était arrivé en cours d’exercice la saison passée. Là, il a eu carte blanche et il a choisi de renouveler au maximum son effectif. C’est un groupe tout neuf.» Un groupe tout neuf mais dont les ambitions sont claires. «L’objectif, c’est la remontée immédiate en L2, reconnaît Mionnet.On va être attendu au tournant mais il ne faut pas se cacher. Rouen ne peut pas rester en National. Il y a un potentiel énorme ici.» Cédric Mionnet, qui fut victime le 17 mars 2001 d’un tacle terrible du Nantais Gillet (rupture des ligaments du genou droit), a pour sa part à cœur de prouver qu’il n’est pas encore fini. «Sans doute que certains le pensent. J’ai envie de leur montrer que je suis encore là et que j’ai de beaux restes (sourire). Je suis encore jeune. En plus, je suis arrivé tard dans le milieu (à 23 ans). J’ai encore trois ou quatre belles saisons à faire. J’ai pris une bonne claque. Je vais désormais m’attacher à prouver que je suis encore capable de marquer quelques buts…» C’est un Diable Rouge toujours vert que vont retrouver les défenseurs de National ! Ces derniers sont prévenus. ■ Cédric Mionnet 25 Le Foot n°148 - Août 2004 ARNAUD BERTRANDE ARNAUD BERTRANDE Né le 8 juillet 1974 à Montreuil sur Mer 1m71 - 70 kg - Attaquant Clubs successifs  : Le Touquet, Lens, Sedan (1997-janvier 2003), Nice (janvier-août 2003), Sedan (août 2003-juin 2004), Rouen (depuis juillet 2004) Palmarès  : Finaliste de la Coupe de France (1999) Prêté à Guingamp Mais où s’est fourré Fauré ? A la surprise générale, Cédric Fauré a pris le chemin de Guingamp, où il a été prêté pour une saison. Un choix curieux mais que le joueur assume pleinement. L’action se déroule lors du stage de préparation du TFC. Cédric Fauré se juge quelque peu «refoulé».Il sent qu’il n’est plus à sa place au sein de ce groupe, qu’il côtoyait pourtant déjà il y a trois ans en National. Il sait alors que ses heures sont comptées dans sa région natale. Dans le même temps, il est en contact très avancé avec Yvon Pouliquen qui souhaite le faire venir à Guingamp. «J’ai quitté le club sans chercher à me prendre la tête. C’est un crève cœur, mais il valait mieux que cela se passe ainsi.» Visiblement l’envie n’y était plus. Cédric Fauré ne voyait plus la vie en rose à Toulouse. Sans chercher à incriminer ou à accuser qui que ce soit, certains évènements l’ont incontestablement poussé à mettre les voiles. «J’avais besoin de changer d’air. Cela ne se passait plus trop bien avec le staff et le public toulousains. J’ai préféré découvrir un nouveau club, une autre région.Vivre une nouvelle vie. J’avais peu de contacts en France car certaines personnes dont je préfère taire le nom ont propagé une image peu flatteuse et fausse de ma personne. Je vais leur prouver qu’elles ont eu tort. Guingamp, au contraire, s’est moqué de tout cela. Mon esprit est désormais totalement concentré sur l’avenir de mon nouveau club. Et puis ma femme est avec moi. C’est le plus important. Ma petite fille va également arriver…» «JE VAIS ÊTRE ATTENDU AU TOURNANT» Les épisodes s’enchaînent à vitesse V pour Cédric Fauré. Le début des hostilités approche et l’attaquant a hâte de retrouver la compétition avec sa nouvelle équipe  : «Erick Mombaerts a effectué des choix sportifs. L’avenir lui donnera raison ou tort. Peut-être m’a-t-il rendu service. Je vais être attendu au tournant. J’espère réaliser une grande saison. Je n’ai pas tiré un trait définitif sur Toulouse. Je vais continuer à les suivre. Mais si Guingamp monte et que Toulouse souhaite me lâcher, je continuerai avec l’En Avant. On verra. En tout cas, Guingamp est un très bon club qui a les moyens de retrouver l’élite immédiatement. Je le savais déjà avant de venir ici. Mes pensées initiales se confirment.» A entendre Cédric Fauré, pas une seule zone d’ombre semble venir ternir son quotidien. Pour autant, comment ne pas songer à une régression de sa part lorsque buteur à 10 reprises pour sa première saison de L1, il va désormais connaître l’étage inférieur ? «Je saurai dans quelques mois si ma décision m’a porté préjudice. Mais je pense avoir fait le bon choix. On peut croire que je suis en situation d’échec. Je ne vois pas les choses comme cela.Au contraire ! Je préfère disputer tous mes matches en L2 plutôt que d’en jouer un sur cinq en L1 et me retrouver en CFA le reste du temps. Mon bonheur c’est de jouer. En ce moment je suis heureux. Je veux prouver que je suis un joueur digne de confiance. Si je suis à Guingamp, c’est pour retrouver la L1 la saison prochaine ! » Attention ! Celui que l’on a surnommé le «Van Nistelrooy de L2» est dans les starting block. Il a soif de revanche… ■ Cédric Fauré JEAN-MARC AZZOLA Né le 14 février 1979 à Toulouse 1m87 - 83 kg - Attaquant Clubs successifs  : Muret,Luzenac,Balma,Toulouse (2001-2004), Guingamp (depuis juillet 2004) Palmarès  : Champion de L2 (2003) AMATEUR Le nouvel élan d’Orléans Promu en CFA cette saison après avoir été relégué en DH en 1992 suite à un dépôt de bilan, Orléans se veut ambitieux. Son objectif  : retrouver la L2 qu’il fréquenta pendant quatorze ans ! Lemée. Ce nom évoque pour les supporters orléanais de merveilleux souvenirs. Joueur, puis entraîneur, Jacky Lemée a en effet hissé, en 1978, l’Union Sportive Orléans en 2e Division. Deux ans plus tard, le club atteindra même la finale de la Coupe de France, seulement battu par Monaco (3-1). Fils de son père,Yozip Lemée, le bien nommé, aujourd’hui capitaine de l’USO 45 Football n’avait à l’époque que six ans. «Mon père était alors entraîneur-joueur de l’équipe. Je n’ai pas oublié. Les gens n’ont plus qui n’attendent qu’une chose  : revivre de tels moments ! » Ils étaient ainsi 1800 le 12 juin dernier pour le match de la montée contre Sainte- Geneviève (victoire 7-2). Quart de finaliste de la Coupe de France en 1989 - une nouvelle fois battu par Monaco après avoir sorti le PSG au tour précédent - Orléans sombra trois ans plus tard après quatorze années de présence en 2e Division. Confronté à des difficultés financières (dette d’1 M € ), le club déposa le bilan le 5 mars 1992 et repartit en DH. «Si la ville avait vraiment soutenu le foot, le club serait sans doute encore en L2 et peut-être même aux portes de la L1» estime le capitaine de l’USO. «LA PLACE D’ORLÉANS EST EN L2» Si Yozip Lemée, qui a joué en D2 à Créteil et Sochaux et est monté de CFA en National avec Cherbourg est revenu à Orléans en 2003 ce n’est pas seulement pour les charmes de la ville... «Orléans, c’est le club de mon cœur. Redescendre en CFA2 n’était pas une punition car je suis sûr qu’il y a quelque chose à faire ici. Le club a des ambitions à la hauteur de la dimension de la ville. Je suis parti car le club avait des difficultés autrement je ne serais jamais parti. Jouer en National avec Orléans, c’est mon rêve ! Le National, c’est le minimum. La place d’Orléans, c’est en L2 comme ça a été le cas pendant quatorze ans ! » Président de l’USO depuis 2000, Jean-Louis Turpin est sur la même longueur d’onde. «Une ville comme Orléans doit avoir comme objectif de monter en L2, estime ce dernier. On y a joué. Il n’y a pas de raison qu’on n’y retourne pas ! La L2 dans cinq ans, ce serait bien. Ce n’est pas un rêve. Il y a un potentiel énorme ici. En 2010, Orléans devrait compter, avec sa banlieue, entre 350 000 et 400 000 habitants.» Avant de penser à la L2, l’USO a dû batailler ferme pour sortir du CFA2 où il évoluait depuis deux saisons. Deuxièmes du groupe G derrière Carquefou, les coéquipiers de Yozip Lemée n’ont en effet gagné leur billet pour le CFA qu’au terme des barrages. «On est allé chercher cette qualification après six premiers mois difficiles. A un moment, on a même compté douze points de retard. On y croyait presque plus. On a ensuite enchaîné les victoires.» Une saison de trop pour l’entraîneur Joël Germain aux commandes de l’USO depuis 2000. «Il en avait marre. Il a choisi d’arrêter d’entraîner», indique Yozip Lemée. Nommé entraîneur alors que l’équipe ne savait pas si elle jouerait en CFA2 ou en CFA, l’ancien nantais Bruno Steck, champion de France en 1977 avec les Canaris, ne débarque pas en terrain inconnu… «Je me souviens d’avoir joué au stade de la Source avec Niort. On avait gagné 1 à 0 et en fin de saison on était monté en 1ère Division…» L’ancien entraîneur de Dijon, qui s’est engagé pour deux ans, est de l’avis de beaucoup l’homme de la situation. «Il a connu le très haut niveau et a fait monter Dijon et Gap. C’est l’entraîneur qu’il nous fallait» se félicite le président Turpin. «Ce n’est pas un entraîneur de passage. Il arrive avec un projet» apprécie Yozip Lemée. Bruno Steck entend en effet structurer le club dans tous les domaines  : «1) Améliorer la formation des jeunes car le vivier est important. 2) Développer la qualité du recrutement au niveau local. Paris n’est finalement qu’à une heure ! 3) Améliorer la qualité de l’effectif de l’équipe première. 4) Développer les relations avec les partenaires et les sponsors. 5) Réaménager les infrastructures.» Un projet qui n’est pas sans rappeler celui qu’il avait entrepris à Dijon… «Je veux travailler dans la continuité en amenant chaque année deux ou trois joueurs. C’est ce que j’avais fait à Dijon et on avait failli monter en D2…» Pour ce faire, cet adepte du 4-4- 2 et du jeu à la nantaise a recruté six joueurs pour compenser les six départs  : deux joueurs du centre de formation niortais, Brillault (défenseur) et Dohin (milieu), un gardien formé à Nantes Guy (Cherbourg), un milieu de terrain formé à Cannes Bouyarmani (Gap), un stagiaire du TFC Delavier et un attaquant Abizi (Thouars). «On est un peu juste (le budget est passé de 650 000 à 800 000 euros, Ndlr) mais le groupe est jeune et son enthousiasme peut faire la différence» est convaincu Bruno Steck. Orléans aura pourtant fort à faire dans un groupe D où évolueront également Bordeaux, Nantes, Rennes et Guingamp. «Si l’on termine autour de la 8e place, ce sera une bonne saison», note l’entraîneur de l’USO avant de rajouter  : «La saison suivante, on prendra les deux ou trois joueurs supplémentaires pour viser le trio de tête.» «Le CFA est une étape, renchérit Jean-Louis Turpin. Orléans mérite beaucoup mieux.» L’USO espère continuer sur sa lancée  : deux montées en trois ans ! «Quand je vois Guingamp, je me dis que la Ligue 1, c’est jouable. Mais avant ça il y a pas mal de caps à passer» reconnaît Yozip Lemée. Et le premier, c’est de monter en National ! ■ ARNAUD BERTRANDE USO



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