Le Fil Dentaire n°159 mars 2020
Le Fil Dentaire n°159 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°159 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : COLEL

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 105 Mo

  • Dans ce numéro : pièges anatomiques en implantologie conduit par le CEIOP.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
FOcUS CLINIC L’artère sublinguale L'artère sublinguale est une branche terminale inférieure de l’artère linguale. Elle se distribue à la glande sublinguale et se termine par un rameau maxillaire et un rameau mentonnier. Certaines branches peuvent pénétrer dans la mandibule, à l’image de l’artère submentale, par des foramina linguaux. Les plus fréquents sont les canaux linguaux médians [16]. Ils peuvent être longs, et donc à risque en chirurgie  : d’une longueur moyenne de 6,2 mm, ils peuvent atteindre 12 mm. [17] Moins connus, il existe également fréquemment des canaux linguaux latéraux  : 74,6% dans la région incisivecanine, 19,7% dans la région prémolaire et 5,7% en molaire. Fig 6  : exemple de canaux linguaux latéraux, ici en position prémolaire. ÉTIOLOGIES DES COMPLICATIONS CHIRURGICALES A LA MANDIBULE Lors de la pose d’implants à la mandibule, elles seront principalement de deux ordres  : hémorragiques et/ou nerveuses. Nous nous limiterons ici aux complications directement liées à la pose des implants. LES COMPLICATIONS HEMORRAGIQUES C’est souvent à la mandibule que des cas de lésions hémorragiques potentiellement mortelles ont été rapportés dans la littérature lors de chirurgies implantaires. [18] dubois et coll. [19] ont rapporté 18 cas  : 8 ont nécessité une 20/LEFILDENTAIRE.COM intubation, 7 une trachéotomie et 3 une surveillance seule. dans la majorité des cas, ces complications interviennent lors de chirurgie dans la région antérieure, entre les canines, à cause d’une perforation de la corticale linguale. Elle entraîne une lésion des branches terminales de l’artère sublinguale ou submentale [20, 21]. Le risque de perforation est plus important si la fosse linguale est très marquée, et est augmenté dans les cas de chirurgie sans lambeau. dans la région postérieure, les perforations de la corticale linguale sont moins dangereuses  : à part la glande submandibulaire et les noeuds lymphatiques, il n’y a pas de risque de lésion de « structures vitales ». Une perforation peut malgré tout léser le nerf lingual. LES LESIONS NERVEUSES Les étiologies des lésions traumatiques du NaI ou du nerf lingual NL peuvent être multiples. Elles ont depuis longtemps été décrites en endodontie ou lors de l’avulsion des 3èmes molaires. Le nerf alvéolaire inférieur est le plus souvent touché (64,4%) , suivi du nerf lingual (28,8%). La différence est que les lésions du NaI par rapport au NL sont très souvent iatrogéniques, et ne se résolvent souvent pas dans les 8 semaines suivant la chirurgie. En chirurgie implantaire, plusieurs études montrent une prévalence variant de 0 à 13% [22], et même 44% de lésions du NaI [23]. alors que dans les autres types de chirurgies, les lésions sont souvent transitoires (80% environ), en chirurgie implantaire, elles sont principalement permanentes (dans 75% des cas). [24] Les conséquences nerveuses peuvent être de différents types  : allodynie, hypoesthésie, paresthésie, anesthésie ou dysesthésie. Classification des lésions nerveuses En 1943, Seddon [25] et Sunderland [26] ont décrit chacun une classification des lésions nerveuses traumatiques. Seddon distingue 3 catégories  : les neuropraxie, axonotmesis et neurotmesis, alors que Sunderland les classe en 5 degrés. Ces classifications se basent sur la durée et la récupération complète ou non de la sensibilité. l La neuropraxie (ou degré 1)  : il y a blocage de l’influx nerveux lié à un étirement, une manipulation ou une compression légère. Les conséquences sensorielles ou motrices sont transitoires, liées à un oedème intrafasciculaire. La résolution sensorielle ou motrice a lieu dans les 1 ou 2 jours suivant la disparition de l’œdème, c’est à dire dans la semaine suivant la lésion traumatique. Une compression peut aussi entraîner une démyélinisation locale, ou une rupture de la gaine de myéline. La résolution des signes est alors plus longue, dans les 1 à 2 mois. C’est la paresthésie. l L’axonotmesis (degré 2)  : un écrasement ou une section peuvent provoquer une ischémie sévère, un oedème intrafasciculaire, ou une démyélinisation. La partie distale à la lésion (c’est à dire la portion de l’axone séparée du corps cellulaire) va dégénérer (dégénérescence wallérienne). Mais les gaines de Schwannpersistant, il y
a une repousse des fibres nerveuses (Beirowski 2005). La récupération peut intervenir dans les 2 à 4 mois, mais cela peut prendre jusqu’à 1 an ou plus. Il faut savoir que même s’il y a des signes partiels d’améliorations dans les quelques mois, cela va continuer à s’améliorer. Les signes sont donc d’abord une anesthésie, qui se transforme en paresthésie au fur et à mesure de l’amélioration. (LaBanc 92) l Le Neurotmesis (degré 3 à 5) correspond à la rupture des différentes structures du tronc nerveux, avec une récupération sensitive et motrice compromise. degré 3  : les gaines de Schwannsont rompues. La régénération complète de l’axone est empêchée. Cela entraîne un déficit permanent. degré 4  : en plus de la section, il y a formation de fibrose, cicatrice ou neurome qui entrave la régénération. degré 5  : section complète des différentes structures nerveuses. Cela entraine une anesthésie complète, avec possibilité de douleurs neuropathiques. La régénération est peu probable. En odontologie en général, les lésions nerveuses le plus retrouvées sont une compression ou un étirement nerveux (neuropraxie ou degré 1), qui présentera des conséquences transitoires à résolution « rapide ». En implantologie, les lésions sont souvent plus graves  : Section partielle ou totale causée par un foret et/ou l’implant. Il en résulte une lésion de degré 2 à 5 de Sunderland. Sans surpréparation, il est peu probable que l’implant seul pénètre dans le canal et vienne comprimer le paquet vasculo-nerveux. Cela peut éventuellement arriver en cas d’os peu dense. [27] Compression nerveuse par l’implant ou par un hématome. La compression par un implant peut entraîner une paralysie. de plus, la sténose du plexus vasculaire peut entrainer une complication ischémique à distance avec démyélinisation nerveuse, perte de la conduction et possibilité d’apparition de douleurs neuropathiques. Etiologies Elles peuvent être d’étiologies multiples, directes ou indirectes, per ou post-opératoire  : lésion par les forets implantaires Basa et dilek [28] ont étudié les risques de perforation du canal mandibulaire par les forets implantaires en fonction de la densité et de de l’épaisseur. Ils ont conclu que les densité et épaisseur osseuses autour du canal mandibulaire ne sont pas suffisantes pour résister au forage. Les risques de lésion du NaI peuvent être évités en évaluant la densité autour du canal sur une radiographie, et en évitant toute pression excessive sur le foret à son approche. lésion chimique Une complication opératoire possible peut être le traumatisme chimique direct par le liquide d’irrigation. C’est pourquoi il est fortement déconseillé d’utiliser de l’hypochlorite de sodium. [29] lésions thermiques L’échauffement osseux au forage peut entraîner une nécrose de l’os péri-implantaire et des lésions nerveuses secondaires du NaI. Les tissus nerveux sont plus sensibles à la chaleur que l’os. Une augmentation de la température par une vitesse excessive de forage peut entraîner nécrose, fibrose, ostéolyse et augmentation de l’activité ostéoclasique. L’épaisseur de la zone nécrosée est directement proportionnelle à l’élévation de la température lors de la chirurgie. [30] ‘‘ Lors de la pose d’implants à la mandibule, les complications seront principalement de deux ordres  : hémorragiques et/ou nerveuses. 99 Eriksson et albrektsson ont défini 47°C comme la température limite avant apparition de nécrose. de plus, l’échauffement osseux à 47°C pendant cinq minutes peut produire jusqu’à 20% de résorption. [31] L’importance de l’irrigation est, elle, controversée. Il n’y aurait pas de différence d’efficacité entre une irrigation interne et externe [32]. Et elles ne seraient plus efficaces au-delà de 12 mm de profondeur de forage. [33] lésion par l’implant Elle peut se faire de façon mécanique directement, mais aussi de façon indirecte par une ischémie secondaire (complication traitée dans le chapitre des hémorragies) ou infection implantaire. [34] La densité osseuse change en fonction des zones mandibulaires. Elle sera moins dense et moins trabéculée en zone postérieure qu’antérieure (Lekholm et Zarb 1985). Si un os est particulièrement peu dense, un implant peut être alors placé plus profondément que prévu. [27] L’implant pourra alors comprimer, déchirer, ou sectionner le NaI. Si l’implant est placé dans le canal mandibulaire, la terminaison nerveuse va dégénérer de façon rétrograde dans la plupart des cas, en raison de son faible diamètre. [35] Sammartino et coll. [36] suggèrent une distance de sécurité de 1,5 mmentre l’apex implantaire et le canal mandibulaire pour éviter les contraintes biomécaniques entrainées par les surcharges occlusales. Un implant placé de façon trop proche du canal mandibulaire peut également envoyer des débris osseux dans le canal mandibulaire, qui pourront créer également une compression un hématome. [29] Enfin, une infection péri-implantaire post-opératoire peut entrainer des signes neurologiques au niveau du NaI. [37] DIAGNOSTIC ET CONDUITE À TENIR COMPLICATIONS HEMORRAGIQUES ‘‘ En cas de saignements abondants au niveau de l’alvéole de forage, pouvant indiquer une lésion d’une artériole ou veine alvéolaire inférieure, il est recommandé de ne pas placer l’implant, et d’attendre deux ou trois jours pour être sûr qu’il n’y ait pas de lésion nerveuse. Il est ensuite possible de placer l’implant dans le tissu de granulation. Il n’existe malgré tout pas d’évidence scientifique LE FIL DENTAIRE N°159/21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 1Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 2-3Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 4-5Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 6-7Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 8-9Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 10-11Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 12-13Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 14-15Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 16-17Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 18-19Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 20-21Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 22-23Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 24-25Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 26-27Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 28-29Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 30-31Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 32-33Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 34-35Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 36-37Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 38-39Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 40-41Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 42-43Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 44-45Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 46-47Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 48-49Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 50-51Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 52-53Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 54-55Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 56-57Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 58-59Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 60-61Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 62-63Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 64-65Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 66-67Le Fil Dentaire numéro 159 mars 2020 Page 68