Le Fil Dentaire n°150 mai 2019
Le Fil Dentaire n°150 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : COLEL

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : dentisterie esthétique contemporaine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FOCUS CLINIC Dr Yannis GÉNIQUE Interne en Médecine Bucco-Dentaire MBD 3 ème année Faculté de Bordeaux Membre du groupe Symbiose Dr Emmanuel d’INCAU MCU-PH Département de Prothèses Université de Bordeaux CHU de Bordeaux Dr Jean-Francois LASSERRE MCU-PH Département de Prothèses Université de Bordeaux CHU de Bordeaux Pratique privée Fondateur du groupe Symbiose 30/LEFILDENTAIRE.COM RESTAURATIONS ADHÉSIVES CÉRAMIQUES/COMPOSITES au service de l’usure  : A PROPOS D’UN CAS CLINIQUE GLSPMBTASGML L’usure dentaire est la détérioration produite par l’usage. Elle peut être d’origine mécanique (attrition, abrasion, abfraction) et/ou chimique (érosion). Dans la grande majorité des cas, elle est considérée comme physiologique. Dans certaines circonstances, actuellement de plus en plus fréquentes, elle prend cependant une forme pathologique lorsqu’elle engendre de la douleur, modifie la fonction, altère l’esthétique et/ou lorsqu’elle n’est pas corrélée à l’âge des individus (1). Des mesures de prévention et éventuellement de restauration sont alors requises. Ces dernières doivent être à la fois peu invasives et assorties d’un bon pronostic (2). Ceci est rendu possible par l’amélioration des propriétés des matériaux cosmétiques (composite, céramique), l’optimisation des systèmes de collage et la mise en application de techniques adaptées telle que la 3-Step Technique développée par Vailati et Bulser (3). L’objectif principal de cet article est d’illustrer ces avancées en faisant le rapport d’un cas de restauration étendue liée à une importante usure tribo-chimique. PRÉSENTATION DU CAS ET DES DIFFÉRENTES PHASES DU PLAN DE TRAITEMENT Un patient âgé de 46 ans se présente en consultation au CHU de Bordeaux (Hopital Pellegrin) pour améliorer ses fonctions manducatrices et l’esthétique de son sourire. Il nous dit être complexé depuis plusieurs années. Lors de l’interrogatoire, nous mettons en évidence une consommation passée excessive de soda, qui ne semble plus active. Nous décidons, après validation avec le patient, de réaliser une réhabilitation étendue au niveau maxillaire, alliant la prothèse et l’orthodontie. Cette dernière doit permettre  : l de lever la supraclusion. l de mettre en place des cales de composites au niveau des canines par l’orthodontiste vers la fin du traitement pour maintenir le nouveau calage. Ces cales sont aussi placées, en concertation avec l’équipe de prothèse, pour valider une augmentation de Dimension Verticale d’Occlusion (DVO). En effet, tout le maxillaire sera réhabilité suite à des soins défaillants et une usure pathologique. l en fin de traitement orthodontique, (juste après débaguage) de réaliser empreintes et montage sur articulateur. La dimension verticale est guidée par les cales de composites. Un Wax-up postérieur est demandé ainsi que des facettes palatines composites de 12 à 22. l la mise en place des facettes composites et provisoires postérieures issues du waxup. l la réalisation des Restaurations adhésives céramiques postérieures. l la réalisation des facettes vestibulaires antérieures. Fig. 1  : situation initiale avant traitement orthodontique.
RÉHABILITATION PROTHÉTIQUE Fig. 2 et 3  : fin de traitement orthodontique  : vue occlusale multi-attaches en place, cales de composites (flèches bleues selon modèle ci-après) sur les canines et mise en évidence des plages d’usures et des nombreuses restaurations. - Etape 1  : prise d’empreinte pour facettes palatines de 12 à 22. La préparation est très sommaire. En effet, lors de l’érosion, un bandeau amélaire est souvent présent au niveau cervical lié à un effet tampon du fluide sulculaire et de la pellicule exogène acquise. Nous retrouvons donc un congé naturel dont les irrégularités ont été lissées à l’aide d’instruments ultrasonores (Perfect Margin, Acteon). Nous demandons au laboratoire de rallonger le bord libre des 4 incisives. Une fois les facettes collées, nous pouvons dans un premier temps supprimer les tiges de préhension avec une fraise bague rouge puis orienter le « bord libre provisoire » en fonction des lignes du visage, directement sur le patient. En effet, durant cette période les patients ne se plaignent pas du joint visible entre le composite et la dent  : Ils sont, au contraire, contents de retrouver une longueur physiologique de leurs dents. (4) Fig. 4  : Waxup postérieur maxillaire et facettes composites palatines de 12 a 22. Nous remarquons les tiges de préhension au niveau des bords libres permettant une meilleure précision lors du collage. - Etape 2  : la prochaine étape clinique est le collage des facettes palatines. Dans cette séance, la dépose des anciennes restaurations postérieures est réalisée avec une première phase de préparation, suivie par la mise en place d’un « mockup » ou masque issu du waxup. Une deuxième séquence clinique a été consacrée à la préparation finale des secteurs postérieurs et mise en place ici de deux provisoires jumelés (toujours issues du Waxup), facilitant la prise d’empreinte et le transfert du rapport inter arcade. Fig. 5 et 6  : Facettes palatines en place, première préparation secteurs postérieurs et mise en place de deux provisoires jumelées assurant la nouvelle DVO et le nouveau calage. - Etape 3  : grâce aux deux provisoires postérieures, l’enregistrement du Rapport Inter Arcade (RIA) peut être réalisé à l’aide de clés sectorielles postérieures faites en résine (Duralay, Reliance), simplifiant de manière évidente cette étape. Des RAC en vitrocéramiques renforcées au disilicate de lithium (Emax, Ivoclar) ont été demandées (les facettes composites palatines 13 et 23)  : les anciennes restaurations nous ont orientées a la fois vers des couronnes périphériques, des overlays et des veneerlays. Le collage du secteur 1 a été réalisé dans un premier temps, puis celui du secteur 2, sous champ opératoire. Les réglages occlusaux statiques et dynamiques ont été réalisés. Fig. 7  : Vue vestibulaire des facettes palatines composites qui « rallongent » les incisives. Collage du secteur 1 réalisé. Clef sectorielle en résine secteur 2. Fig. 8,9,10 et 11  : collage des pièces sous champ opératoire. Mise en évidence de la précision de l’ajustage des RAC. Utilisation du Téflon pour ne pas « solidariser » les dents adjacentes. Vue occlusale du biomimétisme de la morphologie occlusale. - Etape 4  : une fois les restaurations postérieures terminées, nous réalisons la préparation des 6 facettes vestibulaires, de 13 à 23. Des clefs de pénétrations contrôlées nous permettent de guider ces préparations et de rester dans l’émail, afin d’optimiser le collage (5). Nous optons pour une finition ad vestibulum ou « buttmargin » dans le but de rallonger les dents. Un retour palatin aurait aussi pu être réalisé. (6) Lors des préparations, afin d’avoir une limite sous-gingivale sans traumatiser les tissus mous lors du fraisage, il est nécessaire d’utiliser les cordonnets rétracteurs (7). Nous avons réalisé les préparations dans un premier temps en juxtagingival. Ensuite, en fonction de la profondeur sulculaire, un LE FIL DENTAIRE N°150/31



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