Le Fil Dentaire n°150 mai 2019
Le Fil Dentaire n°150 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : COLEL

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : dentisterie esthétique contemporaine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
FOCUS CLINIC Dr. Wallid BOUJEMAA Assistant Hospitalo-Universitaire, Dentisterie Restauratrice – Endodontie, Bordeaux Pratique privée Membre du groupe Symbiose INTRODUCTION 18/LEFILDENTAIRE.COM Eclaircissement et stratification antérieure au composite  : QUELLE STRATÉGIE ADOPTER ? Dans un contexte sociétal où l’apparence revêt une importance croissante, les consultations pour motif esthétique représentent une part considérable de notre exercice quotidien [1,2]. Parmi celles-ci, les éclaircissements, interne comme externe, permettent de répondre à ces demandes, physiques comme psychologiques, tout en s’inscrivant dans les concepts actuels de préservation tissulaire [3]. En parallèle, les progrès dans le domaine des systèmes adhésifs comme des matériaux composites, de plus en plus performants notamment sur le plan mimétique, permettent d’obtenir des résultats très satisfaisants sur les plans esthétique et fonctionnel [4–7]. Si leur mise en œuvre est aisée, ces techniques restent néanmoins soumises à des règles et des procédures cliniques rigoureuses afin d’obtenir les résultats escomptés. L’objectif de cet article est de proposer, au travers d’un cas clinique, des solutions actuelles à notre disposition pour répondre de manière simple et raisonnée à des problématiques courantes. CONTEXTE Une patiente de 32 ans, en bonne santé générale, non fumeuse, se présente en consultation pour améliorer l’esthétique globale de son sourire, en particulier de la couleur et la forme de sa 21. Sa demande est essentiellement esthétique. D’autre part, elle se marie dans 6 mois et souhaite éclaircir ses dents, « trop jaunes » à son goût. La patiente rapporte un antécédent de traumatisme sur sa 21 lorsqu’elle avait 16 ans. Celle-ci a été traitée endodontiquement 2 ans auparavant. EXAMEN CLINIQUE Les examens cliniques et photographiques exo- et endobuccaux ont permis de déterminer les critères esthétiques et fonctionnels essentiels à prendre en considération avant de poursuivre (fig. 1 à 3) [9]  : - un découvrement modéré lors du sourire ; - un parallélisme entre la ligne incisive et la lèvre inférieure ; - une dysharmonie générale concernant la couleur des dents découvertes lors du sourire ; - un surplombet un recouvrement corrects ; - une hygiène bucco-dentaire adéquate, avec un parodonte intermédiaire, physiologique ; - une 21 fortement dyschromiée avec une fracture du bord libre, répondant négativement aux tests de sensibilité, percussion et palpation. Fig. 1  : sourire initial de la patiente. Fig. 2  : situation intrabuccale initiale. Fig. 3  : situation intrabuccale initiale avec contrasteur.
EXAMEN RADIOGRAPHIQUE La radiographie rétro-alvéolaire montre un traitement endodontique dense et homogène, sans image d’inflammation péri-radiculaire (fig. 4a). DÉMARCHE THÉRAPEUTIQUE Fig. 4a  : radiographie rétro-alvéolaire initiale centrée sur 21. Après recueil des doléances de la patiente et une analyse rigoureuse de la situation, il a été décidé de procéder à la réhabilitation de son sourire en respectant le gradient thérapeutique comme suit  : - réalisation d’un éclaircissement par voie interne de 21 ; - réalisation d’un éclaircissement externe de 15 à 25 et de 35 à 45 ; - restauration du bord libre de 21 par stratification de composite en technique simplifiée. Le plan de traitement est exposé à la patiente. Un consentement éclairé concernant les thérapeutiques d’éclaircissement est recueilli. La patiente est prévenue des réserves émises quant au succès de l’éclaircissement de sa 21 et des risques de récidive à moyen terme. La couleur initiale des dents est relevée et photographiée avec un teintier (3D Master Vita). Compte tenu de l’anamnèse, du silence clinique et de la qualité satisfaisante de l’obturation endodontique de 21, il a été décidé de ne pas retraiter celle-ci en amont. Un détartrage ainsi qu’un aéropolissage ont été réalisés au préalable. ECLAIRCISSEMENT INTERNE SUR 21 L’évolution de la réglementation européenne [10] a orienté notre choix vers une technique ambulatoire avec un gel de peroxyde de carbamide 16% (Opalescence PF Ultradent). Après création d’une cavité corono-radiculaire à 2 mm en deça de la jonction amélo-cémentaire et d’un bouchon étanche au CVI (Fuji IX GC) jusqu’à celle-ci, le gel est déposé dans la cavité camérale (fig. 4b, 4c, 4d). La cavité a été obturée à l’aide un matériau d’obturation provisoire (Cavit 3M). La procédure a été renouvelée plusieurs fois et à intervalles rapprochés compte tenu de la faible demi-vie du peroxyde d’hydrogène relargué. Fig. 4b  : création de la cavité coronoradiculaire à 2mm en deça de la JAC. Vérification radiographique. Fig. 4c  : une fois la création d’un bouchon au CVI (Fuji IX GC), un gel de peroxyde de carbamide à 16% est mis en place (Opalescence PF Ultradent). Fig. 4d  : le bouchon corono-radiculaire est le garant d’un éclaircissement interne réalisé en toute sécurité. Le risque de résorption cervicale externe est minoré en sa présence. ECLAIRCISSEMENT EXTERNE Après obtention du résultat escompté sur 21, et toujours en tenant compte de la législation européenne actuelle [11], notre choix s’est porté sur une technique ambulatoire avec port de gouttières thermoformées contenant un gel de peroxyde de carbamide 10% (Opalescence PF Ultradent) sur un temps prolongé. En effet, ce n’est pas tant la concentration que le temps de contact qui importe [12]. Après avoir réalisé une démonstration au fauteuil, prodigué les consignes d’usage et remis une fiche conseil sur la procédure à suivre, la patiente a porté ses gouttières maxillaire et mandibulaire pendant trois semaines, toutes les nuits durant 6 heures (fig. 5). Un contrôle au fauteuil a été effectué toutes les semaines. Fig. 5  : la solution retenue est l’éclaircissement ambulatoire (« Walking bleach technique »). La patiente porte toutes les nuits une gouttière qu’elle remplit d’un gel de peroxyde de carbamide à 10%. Une démonstration préalable au fauteuil est obligatoire d’un point de vue médico-légal. La patiente étant satisfaite du résultat après trois semaines de traitement, l’arrêt de l’éclaircissement a été décidé (fig. 6). Bien qu’aucune sensibilité n’ait été rapportée durant le traitement, une thérapeutique de reminéralisation à l’aide de phosphate de calcium amorphe- phosphopeptide de caséine (ACP-CPP ToothMousse GC) a été mise en place durant une semaine, une heure par jour [12]. Fig. 6a  : situation avant éclaircissement externe. Fig. 6b  : Ssituation après éclaircissement externe à trois semaines. RESTAURATION DU BORD LIBRE DE 21 Il est nécessaire d’attendre deux à trois semaines avant de réaliser les restaurations d’usage après éclaircissement [13]. En effet, l’oxygène libéré lors des réactions d’oxydoréduction peut être relargué jusqu’à deux semaines post-opératoires et nuire au collage. - Analyse de la forme La forme de la restauration est un critère essentiel pour l’intégration esthétique de celle-ci. Afin de réduire la marge d’erreur lors de la réalisation du mur palatin, la forme idéale LE FIL DENTAIRE N°150/19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :