Le Fil Dentaire n°120 octobre 2016
Le Fil Dentaire n°120 octobre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°120 de octobre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : COLEL

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,0 Mo

  • Dans ce numéro : approche pluridisciplinaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CLINIC FOCUS Dr. EMMANUEL D’INCAU Maître de Conférences des Universités UFR des sciences odontologiques de Bordeaux Sous section Prothèse dentaire Praticien Hospitalier CHU de Bordeaux Dr. JEAN-MARIE MARTEAU Maître de Conférences des Universités – UFR des sciences odontologiques de Bordeaux Sous-section Chirurgie buccale-Pathologie et thérapeutique Praticien Hospitalier CHU de Bordeaux Dr. MARIE-JOSÉ BOILEAU Professeur des Universités UFR des sciences odontologiques de Bordeaux Sous-section Orthopédie dento-faciale Praticien Hospitalier CHU de Bordeaux 18/LEFILDENTAIRE.COM SYNERGIE thérapeutique  : orthodontique, parodontale et prothétique Certains traitements multidisciplinaires sont considérés comme complexes car ils nécessitent d’établir et de respecter une certaine chronologie thérapeutique tout en faisant appel à des actes techniques. Dans ce cas, une même démarche thérapeutique doit être suivie. L’anamnèse, l’observation clinique et les examens complémentaires doivent tout d’abord permettre de poser un diagnostic. A partir de celui-ci, différentes solutions thérapeutiques doivent être déterminées et clairement explicitées au patient pour aboutir avec son assentiment à une décision concertée. Le traitement retenu doit ensuite être conduit dans le respect d’un programme de travail parfaitement codifié. L’objectif principal de cet article est de mettre en application cette stratégie par le biais d’un cas clinique alliant orthodontie, parodontie et prothèse. Dans un but didactique, les trois temps de la démarche thérapeutique que nous avons retenue (i.e. information, réflexion et réalisation) seront successivement développés. Fig. 1  : examen clinique exobuccal ; la lèvre supérieure est fine et peu soutenue. INFORMATION ANAMNÈSE Une patiente âgée de 22 ans, présentant un bon état de santé général se présente en mars 2013 en consultation multidisciplinaire au Pôle d’Odontologie et de santé buccale du CHU de Bordeaux. Le motif de sa visite est d’apporter une solution à un important préjudice fonctionnel et esthétique acquis huit ans auparavant lors d’un accident de la voie publique. Examens cliniques L’examen exobuccal met en évidence un visage symétrique avec une hauteur de l’étage inférieur de la face légèrement réduite. La lèvre supérieure est fine et peu soutenue (fig. 1). Le sourire est délibérément contenu pour ne pas
mettre en évidence le secteur maxillaire antérieur, siège du préjudice. L’examen intra-buccal révèle en effet un volumineux défaut osseux et une absence des incisives centrales. Une contention collée compense partiellement cette situation alvéolo-dentaire depuis deux ans (fig. 2a à 2d). Examens complémentaires L’examen radiologique confirme l’importante perte osseuse au niveau des dents 11 et 21 ainsi qu’au niveau des faces mésiales des racines des dents 12 et 22. Quelques résidus osseux, vestiges d’anciennes greffes autogènes infructueuses sont également observables au niveau de la crête alvéolaire. Les examens occlusal et orthodontique initiaux permettent de diagnostiquer un important surplombantérieur (béance horizontale de 5 mm), une classe 2 canine à gauche, une quasi classe 1 canine à droite et un décalage des milieux inter-incisifs. L’espace disponible pour remplacer les deux incisives centrales maxillaires est par ailleurs fortement surdimensionné. L’examen parodontal met enfin en évidence une légère inflammation et une faible épaisseur des tissus gingivaux ainsi que des récessions au niveau des dents 31 et 41. L’examen de la crête maxillaire antérieure édentée révèle une muqueuse bourgeonnante, irrégulière et concave. Ceci est particulièrement appréciable après dépose de la contention collée (fig. 3a à 3d). Les incisives latérales sont également mobiles. RÉFLEXION DIAGNOSTIC Le recueil des données issues de l’anamnèse, de l’interrogatoire et des différents examens permet de mettre en évidence un important déficit fonctionnel (en terme de mastication, de phonation et de déglutition) et esthétique (majoration de l’espace disponible pour les incisives centrales, large défaut osseux). Ce tableau clinique s’inscrit dans le cadre d’une déglutition atypique avec interposition linguale, un biotype parodontal fin et une fragilité psychologique entretenue par les précédents échecs thérapeutiques. La patiente semble assez peu motivée pour s’inscrire dans un nouveau plan de traitement long et compliqué. Elle refuse en particulier toute solution implantaire nécessitant un apport osseux préalable. OBJECTIFS Les objectifs thérapeutiques visent à rétablir l’esthétique et la fonction en remplaçant les deux incisives centrales maxillaires. Des aménagements dentaires (orthodontiques) et tissulaires (greffes muco-gingivales) sont des prérequis indispensables aux phases prothétiques. SOLUTIONS THÉRAPEUTIQUES Différentes solutions thérapeutiques sont envisageables pour soigner cette jeune patiente. Elles doivent lui être expliquées de façon simple mais complète pour que l’éventuel consentement soit libre et éclairé. Leurs avantages et inconvénients en terme de qualité de vie, de temps d’exécution et de coût doivent également être énoncés. Compte tenu de sa Fig. 2  : mise en évidence du préjudice esthétique et fonctionnel partiellement compensé par une contention provisoire collée mise en place deux ans auparavant. Fig. 3  : examen de la crête antérieure édentée après dépose de la contention. La gencive est irrégulière et inesthétique et la béance horizontale est facilement objectivable. réticence pour la solution implantaire qui nécessite une nouvelle greffe osseuse, seules trois solutions paraissent envisageables  : l une solution faisant appel à une prothèse amovible partielle. Elle permet de rétablir une certaine esthétique en compensant le volume alvéolaire absent mais elle n’est pas agréable en terme de qualité de vie. Elle ne résout pas par ailleurs le problème de largeur des incisives centrales. Son coût est en revanche modeste. l une solution faisant appel à une contention collée du même type que celle placée deux ans auparavant. C’est une solution permettant une importante économie tissulaire mais elle ne peut pas à elle seule compenser l’important surplombhorizontal. Elle nécessite un traitement orthodontique préalable. Un aménagement gingival est également requis. Compte tenu de la mobilité des incisives latérales, des descellements intempestifs ne sont cependant pas à exclure. l une solution faisant appel à un bridge conventionnel après préparation des incisives latérales et des canines maxillaires. Cette solution est esthétique mais elle est plus mutilante que'LE FIL DENTAIRE N°120/19



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