Le Courrier de l'Unesco n°2011-1H mars
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NNf SC0 United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture International Women’s Day 2011 Journée internationale de la femme 2011 Courrier LE DE L’UNESCO HORS SÉRIE – MARS 2011 Le Courrier de l’UNESCO est publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture. 7, place de Fontenoy 75352, Paris 07 SP, France Abonnement gratuit à la version électronique : www.unesco.org/fr/courier Directeur de la publication : Eric Falt Rédactrice en chef : Jasmina Šopova j.sopova@unesco.org Secrétaire de rédaction : Katerina Markelova k.markelova@unesco.org Rédacteurs : Anglais : Cathy Nolan Français : Françoise Arnaud-Demir Photos : Ariane Bailey Maquette : Baseline Arts Ltd, Oxford Impression : UNESCO – CLD Renseignements et droits de reproduction : + 33 (0)1 45 68 15 64. k.markelova@unesco.org Remerciements à : Elisabeth Cloutier et Marie-Christine Pinault Desmoulins Les articles peuvent être reproduits à condition d’être accompagnés du nom de l’auteur et de la mention « Reproduit du Courrier de l’UNESCO », en précisant la date. Les articles expriment l’opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle de l’UNESCO. Les photos appartenant à l’UNESCO peuvent être reproduites avec la mention Unesco suivie du nom du photographe. Pour obtenir les hautes définitions, s’adresser à la photobanque : photobank@unesco.org Les frontières sur les cartes n’impliquent pas la reconnaissance officielle par l’UNESCO ou les Nations Unies, de même que les dénominations de pays ou de territoires mentionnés. Le numéro AVRIL-JUIN 2011sera consacré aux femmes à la conquête de nouveaux espaces de liberté. L « Ahi vamos » (C’est comme ça), acrylique sur toile. Œuvre de l'artiste colombienne Mercedes Uribe. M. Uribe LES PORTE-PAROLE DES SANS mi -VOIX Une question d’engagement – Michaëlle Jean (Canada) 3 Droits affichés, libertés confisquées – Sana Ben Achour (Tunisie) 5 Crime sans châtiment – Aminetou Mint El Moctar (Mauritanie) 7 Peur de rien – Sultana Kamal (Bangladesh) 10 Tenir tête à la tyrannie – Mónica González Mujica (Chili) 13 Égalité des genres : une priorité globale pour l’UNESCO Saniye Gülser Corat (UNESCO) 15 L’inégalité coûte cher Voilà cent ans, une poignée de pays européens célébraient la première Journée internationale de la femme. L’événement a, depuis lors, pris une dimension mondiale et de nombreuses avancées ont été réalisées. La Journée internationale de la femme 2011 est l’occasion de saluer les réalisations accomplies et de se mobiliser contre les défis qui restent à relever. La bataille est loin d’être gagnée. Moins de 40% des pays assurent aux filles et aux garçons un accès égal à l’éducation. Si nous avions atteint la parité des sexes dans l’enseignement primaire en 2008, il y aurait 3,6 millions de filles en plus dans les écoles. Ces dix dernières années en Afrique, les disparités dans l’enseignement secondaire se sont aggravées. Aujourd’hui, dans le monde, les femmes ne représentent que 29% des chercheurs. Les deux tiers des 796 millions d’adultes analphabètes dans le monde sont des femmes. Cette situation est lourde de conséquences. L’inégalité coûte cher : ce sont des vies perdues en termes de mortalité infantile, ce sont des vies brisées de par la pauvreté et la marginalisation, ce sont des vies gâchées au regard des possibilités de croissance et de développement. L’égalité entre les sexes est comme un fil rouge qui tisse la trame de toutes les activités conduites par l’UNESCO pour encourager la coopération internationale dans le domaine de l’éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l’information. Nous nous attachons à promouvoir les droits fondamentaux de la personne humaine dans le but de transformer nos sociétés et de jeter les fondements d’un développement humain équitable et durable. Cette année, la Journée internationale de la femme a pour thème « L’égalité d’accès à l’éducation, à la formation, et aux sciences et technologies : vers un travail décent pour les femmes ». Ce thème est au cœur de la mission de l’UNESCO. Extrait du message d’Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO à l’occasion de la Journée internationale de la femme 2011
J Scène d’une rue de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, un mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Une mère et ses enfants, « pomponnés, beaux, fiers », pour reprendre l’expression de Michaëlle Jean. UN Photo/Pasqual Gorriz Une question d’engagement Veiller à ce que l’on garde à l’esprit l’état d’urgence et de fragilité d’Haïti, telle est la mission première de Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada, désignée récemment Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti. Parcours d’une femme d’exception qui a hérité des femmes haïtiennes sa vaillance, sa persévérance, son pragmatisme et son sens de l’engagement. Michaëlle Jean répond aux questions de Katerina Markelova Comment une immigrée haïtienne devient-elle gouverneure générale du Canada ? Avec des responsabilités de chef d’État et de commandant en chef des Forces armées, en prime (rire) ! Je crois que c’est d’abord une question d’engagement. J’ai appris une chose précieuse, en Haïti : ne pas rester indifférente ! Dans un pays où l’indifférence fait des ravages, mes parents m’incitaient à voir, à me forger un point de vue et à agir. Des femmes haïtiennes, j’ai hérité ma vaillance, ma persévérance, mon pragmatisme et mon sens de l’engagement. Lorsqu’enfant, je suis arrivée au Canada, j’ai vite compris qu’intégration signifiait participation. Très tôt, j’ai commencé à m’impliquer dans les activités du mouvement des femmes au Québec, et notamment dans l’établissement d’un réseau de refuges d’urgence pour les femmes victimes de violence et pour leurs enfants. C’est cela qui a déterminé ma citoyenneté active et responsable. Cette expérience m’a amenée au journalisme : 18 ans à la télévision publique ! Il arrive souvent aux journalistes de télévision de se retrouver dans des émissions de variétés, lorsqu’ils ont un physique différent de la majorité. Quant à moi, j’ai été tout de suite affectée au service de l’information : dans une salle de rédaction, chef d’antenne, responsable d’émission avec une présence à l’écran. Le Canada est l’incarnation de la diversité. La diversité chez nous est réelle, ancrée dans le quotidien. Et plutôt que de la voir comme une menace, on la voit comme une richesse, malgré tous les défis que cela représente. Quand il m’est arrivé d’être victime de discrimination ou de racisme – parce qu’aucune société n’est à l’abri de telles dérives – j’ai toujours trouvé quantité de gens pour m’épauler, des ressources, des organisations pour dire collectivement : « Non ! Dans un pays comme le Canada, cela n’est pas acceptable ! ». Voilà pourquoi une femme noire, féministe militante de surcroît et ancienne réfugiée politique, a pu devenir gouverneure générale du Canada. Quelles sont vos priorités, en tant qu’Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti ? Avant tout, veiller à ce que l’on garde à l’esprit l’état d’urgence et de fragilité de ce pays. Haïti était à l’ordre du jour lors de toutes les missions que j’ai effectuées à travers le monde, en ma qualité de gouverneure générale. Aussi bien en Occident, qu’en Amérique latine ou en Afrique, j’ai senti le désir de mes interlocuteurs de participer à un pacte de solidarité pour Haïti. Je compte donc revenir sur ces terres déjà labourées pour obtenir des soutiens. Haïti ne pourra pas s’en sortir seule. C’est un drame, je le sais ! Et en même temps, Haïti doit aussi prendre sa part de responsabilité. Je crois que le monde entier est en train d’observer le cas haïtien. Comment la communauté internationale répondra ? Les Haïtiens, et notamment l’État haïtien, agiront-ils de façon responsable ? Nous devons réussir et envoyer un message d’espoir à l’humanité tout entière. Haïti est un pays de toutes les urgences, de toutes les misères. Mais c’est un pays où il est possible d’agir. À une seule condition : en incluant les citoyens et les citoyennes. J’ai pour coutume de dire qu’en Haïti le mode de vie et de survie repose sur l’espérance. Ce pays a toujours su se relever d’une épreuve à l’autre. Il a su triompher de la barbarie par la LE COURRIER DE L’UNESCO. HORS SÉRIE. MARS 2011. 3



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