Le Courrier de l'Unesco n°1974-8 septembre
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30 SEVILLE (Espagne) SEVILLE (Espagne) Le Père Éternel, du retable principal du couvent Le Père Éternel, du retable principal du couvent de Saint-Joseph. Au musée de Séville. de Saint-Joseph. Au musée de Seville. TOLEDE TOLÈDE (Espagne) (Espagne) Martyr. Au musée de le Casa del Greco. Martyr. Au musée de la Casa del Grecohéritiers du maréchal Soult, au Musée L héritiers du maréchal Soult, au Musée de l'Ermitage, dans la collection Valdès (Bilbao), la Galerie Munt (New de l'Ermitage, dans la collection Val¬ dès (Bilbao), à la Galerie Munt (New York), dans la collection Hamilton York), dans la collection Hamilton (New York) et entre les mains des (New York) et entre les mains des héritiers du marquis de Valdeterrazo héritiers du marquis de Valdeterrazo (Madrid). (Madrid). Le destin ne fut pas plus clément Le destin ne fut pas plus clément pour les Très Belles Heures de Notrepour les Très Belles Heures de Notre- Dame, du duc Jean de Berry. Ecrit Dame, du duc Jean de Berry. Ecrit vers 1380 et décoré partiellement au vers 1380 et décoré partiellement au début du 15e siècle, ce manuscrit n'a début du 15e siècle, ce manuscrit n'a pas tardé être fragmenté. La première partie, illustrée par le duc de pas tardé à être fragmenté. La pre¬ mière partie, illustrée par le duc de Berry, fut possédée successivement Berry, fut possédée successivement par de nombreux propriétaires pour par de nombreux propriétaires pour parvenir parvenir au au 19° 19* siècle siècle à la la Bibliothèque Bibliothèque Nationale de Paris. La seconde dont la Nationale de Paris. La seconde dont la décoration avait été confiée plusieurs maîtres, dont les frères Jan et sieurs maîtres, dont les frères Jan et décoration avait été confiée à plu¬ Hubrecht Van Eyck, fut séparée en Hubrecht Van Eyck, fut séparée en deux tomes. Après avoir fait partie deux tomes. Après avoir fait partie des collections des ducs de Savoie, des collections des ducs de Savoie, le premier tome passa la Bibliothèque Royale de Turin (devenue Biblio- le premier tome passa à la Bibliothè¬ que Royale de Turin (devenue Biblio¬ thèque Nationale), sous l'appellation thèque Nationale), sous l'appellation Heures de Turin, avant d'être détruit par un incendie au début du des Heures de Turin, avant d'être dé¬ truit par un incendie au début du 20e siècle. Quatre feuillets préalable- 20e siècle. Quatre feuillets préalable CHARTRES (France) CHARTRES (France) Sainte Lucie, du retable principal de Saint- Sainte Lucie, du retable principal de Saint- Joseph. Au musée de Chartres. Joseph. Au musée de Chartres. ment détachés de ce tome sont parvenus, la suite de plusieurs péripéties, ment détachés de ce tome sont parve¬ nus, à la suite de plusieurs péripéties, au Musée du Louvre. Enfin le second au Musée du Louvre. Enfin le second tome fut acquis après avoir appartenu tome fut acquis après avoir appartenu aux comtes d'Aglié du Piémont, puis aux comtes d'Aglié du Piémont, puis aux comtes Trivulzio de Milan, par le aux comtes Trivulzio de Milan, par le Museo Civico de Turin, sous le titre Museo Civico de Turin, sous le titre des Heures de Milan. des Heures de Milan. Il est affligeant de constater que Il est affligeant de constater que dans ces œuvres ainsi que dans beaucoup d'autres œuvres démembrées, de dans ces duvres ainsi que dans beau¬ coup d'autres auvres démembrées, de nombreux fragments ont disparu sans nombreux fragments ont disparu sans laisser de trace ou sont perdus laisser de trace ou sont perdus à jamais. Par contre, il est encourageant jamais. Par contre, il est encourageant de voir se réaliser certains remembrements spectaculaires. de voir se réaliser certains remembre¬ ments spectaculaires. Les différentes figures du Retable du Les différentes figures du Retable du Jugement dernier peint par Stephan Jugement dernier peint par Stephan Lochner au 15e siècle pour l'église paroissiale de Saint-Laurent-de-Cologne, Lochner au 15e siècle pour l'église pa¬ roissiale de Saint-Laurent-de-Cologne, furent dispersées Francfort, Cologne et Munich et reconstituées ensuite furent dispersées à Francfort, Colo¬ gne et Munich et reconstituées ensuite dans leur disposition d'origine au Musée Wallraf-Richartz de Cologne en dans leur disposition d'origine au Mu¬ sée Wallraf-Richartz de Cologne en 1936, l'occasion d'une exposition 1936, à l'occasion d'une exposition consacrée au peintre. consacrée au peintre. Le Traité de Versailles (1919) assura Le Traité de Versailles (1919) assura le retour en Belgique des volets du le retour en Belgique des volets du polyptyque de l'Agneau mystique de polyptyque de l'Agneau mystique de HARTFORD (Etats-Unis) HARTFORD (États-Unis) Saint Sérapion. Au Wadsworth Atheneum, Saint Sérapion. Au Wadsworth Atheneum, Hartford, Connecticut. Hartford, Connecticut. LENINGRAD (U.R.S.S.) LENINGRAD (U.R. S.S.) Saint-Laurent, du retable du transept de Saint- Laurent, du retable du transept de Saint-Joseph. Au musée de l'Ermitage. Saint-Joseph. Au musée de l'Ermitage. De Séville Seville aux quatre coins du monde du monde LES ZURBARAN EXILÉS Van Eyck peint pour la cathédrale de Van Eyck peint pour la cathédrale de Gand (Belgique). Ils figuraient dans Gand (Belgique). Ils figuraient dans la collection du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume Ill, qui les avait don- la collection du roi de Prusse, Fré¬ déric-Guillaume III, qui les avait don¬ nés au Musée de Berlin. cette occasion, les Musées royaux des beaux- nés au Musée de Berlin. A cette occa¬ sion, les Musées royaux des beauxarts de Bruxelles restituèrent les pan¬ arts de Bruxelles restituèrent les panneaux représentant Adam et Eve du neaux représentant Adam et Eve du même polyptyque qui se trouvaient en même polyptyque qui se trouvaient en leur possession. Ainsi le fameux polyptyque put être magnifiquement recons- leur possession. Ainsi le fameux polyp¬ tyque put être magnifiquement recons¬ titué pour redevenir la gloire de la chapelle Vydt de la cathédrale de Gand. titué pour redevenir la gloire de la cha¬ pelle Vydt de la cathédrale de Gand. Les deux vastes toiles l'huile de Les deux vastes toiles à l'huile de Toulouse-Lautrec représentant respectivement la Goulue et Valentin le Dé- Toulouse-Lautrec représentant respec¬ tivement la Goulue et Valentin le Dé¬ sossé au Moulin-Rouge et la Goulue sossé au Moulin-Rouge et la Goulue dansant dans sa baraque la danse de dansant dans sa baraque la danse de l'Almée, furent acquises et dépecées l'Aimée, furent acquises et dépecées par un collectionneur en 1926 en dix par un collectionneur en 1926 en dix morceaux de tous formats. Grâce morceaux de tous formats. Grâce à des photographies antérieures au démembrement, la direction des Musées des photographies antérieures au dé¬ membrement, la direction des Musées de France les dépistés et recousus de France les a dépistés et recousus savamment ensemble. On peut voir ces savamment ensemble. On peut voir ces deux tableaux actuellement au Musée deux tableaux actuellement au Musée du Louvre. du Louvre. Enfin les expériences effectuées par Enfin les expériences effectuées par les Musées de Moscou, Leningrad et les Musées de Moscou, Leningrad et
S Si Si eu au cours cours des des siècles, siècles, et etsous soustoutes toutesles les latitudes, latitudes, des desoeuvres Juvresd'art d'artfurent démembrées pour les tes plus divers motifs, c'est c'est peut-être à Francisco de de Zurbaran que que reviennent reviennent les les tristes tristes lauriers lauriers de de la la dispersion. dispersion. Ce Ce grand grand peintre peintre espagnol espagnol (1598-1664) (1598-1664) exécuta exécuta entre entre 1628 1628 et et 1640 1640 une une œuvre dont dont l'ampleur l'ampleur n'a n'a d'égal d'égal que que la la qualité. qualité. A cette cette époque, époque, les lesgrands ordres ordres religieux religieux entreprennent entreprennent de de faire faire exécuter exécuter des cycles cyclesde depeinture peinturepour pourillustrer Illustrer leur leur histoire. Parmi les les fabuleux ensembles réalisés réalisés par par Zurbaran, Zurbaran, retenons retenons ceux ceux qu'il qu'il a peints peints pour pour le le couvent couvent de de Saint-Josephde-la-Merci-déchaussé, a à Seville Seville : ils ils furent furent dispersés dispersés aux aux quatres quatres vents, vents, à la la suite suite Saint-Josephde-la-Merci-déchaussé, des des lois lois de desécularisation promulguées promulguées en en 1810 1810 par par Joseph Joseph Bonaparte. Bonaparte. Ces Ces méfaits méfaits eurent du du moins quelque chose chose de bon presque presque inconnu hors d'Espagne su au 18'18e siècle, siècle, Zurbaran Zurbaran ne ne cessa cessa depuis depuis d'être d'être découvert découvert et et redécouvert redécouvert à cause cause de la la mutilation même même de de ses ses compositions originales dont les les fragments sont abrités abrites dans les musées, a à travers le le monde, d'Aix-la-Chapelle à Boston, de de Gênes à Londres, Londres, de de Barcelone Barcelone à a Leningrad Leningrad et et à à Paris. Paris. Nous Nous présentons presentons dans dans ces ces pages, pages, avec avec l'indication l'indication de de leur leur actuelle actuelle localisation, localisation, quelques-uns quelques-uns des des tableaux tableaux que que Zur- Zur¬ baran peignit pour le couvent couvent Saint-Joseph-de-la-Merci-déchaussé. Saint-Joseph-de-la-Merci-déchaussé, àâ Seville. Séville. On ignore aujourd'hui lete nombre nombre exact exact des des toiles toiles qui qui ornaient ornaient ce ce couvent : outre de grands grands tableaux, tableaux, la la seule seule série série des desmartyrs martyrscomptait plus plus d'une d'une cinquantaine cinquantaine de de toiles dont certaines ont ont disparu. Kiev pour la la reconstitution d'oeuvres d'Buvres d'art russes ont montré dernièrement que ces opérations sont toujours ap- ap¬ propriées et donnent de bons résul- résul¬ tats même s'il manque des éléments principaux. Ainsi a été vraiment saisis- saisis¬ sant l'effet obtenu à la suite du remem- remem¬ brement effectué par la Galerie Tretiakov de Moscou des portes royales de l'école de Tver et de l'Iconostase de- de• l'Ordre des Fêtes de l'école de Novgorod, tous deux du 15° 15* siècle. L'adoption par l'Unesco, en 1970, de la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et et empêcher l'importation, l'exportation et le trans- trans¬ fert de propriétés illicites des biens culturels, marque un net progrès dans la lutte engagée parla la communauté internationale pour garantir à chaque peuple la possession des œuvres représentatives de son génie ou créées sur son territoire. sur son territoire. Parmi les biens culturels visés par la nouvelle Convention internationale figurent en effet les éléments prove- prove¬ nant du démembrement des monu- monu¬ ments artistiques ou historiques et des sites archéologiques. Les Etats par- ties, reconnaissant qu'une collabora- collabora¬ tion internationale Internationale constitue l'un des moyens les plus efficaces de protéger ces biens contre tous les dangers ré- ré¬ sultant des pratiques illicites qui les menacent, s'engagent à combattre ces pratiques en supprimant leurs causes et en aidant à effectuer les réparations qui s'imposent. La convention de l'Unesco de 1970 précise que rien n'empêche les Etats qui y sont parties de conclure entre eux des accords particuliers ou de poursuivre la mise en exécution des accords déjà conclus concernant la restitution de biens culturels sortis de leur territoire d'origine, pour quelque raison que ce soit, avant l'entrée en vigueur de la convention. La partie en faveur de laquelle s'effectuerait la re- re¬ constitution d'une oeuvre iuvre devrait en principe fournir une contrepartie d'une valeur scientifique ou artistique égale à la valeur des fragments qui lui sont remis. remis. Ces accords pourraient prévoir un éventail de solutions valables pour la reconstitution des oeuvres éuvres tout en assurant le respect des intérêts des PARIS PARIS (France) (France) Sainte Apolline, du retable retable principal principal de de Saint-Joseph. Saint-Joseph. Au Au Musée du Louvre. Rho[oe 0 Mas, Barcelona MADRID (Espagne) Martyr. Martyr. Collection Adenero. Adanero. parties concernées : expositions, prêts à long terme, cession à titre définitif, cession alternative pour une période déterminée. déterminée. A ce sujet, l'achat tout récent en commun par la Direction des musées de France et le Metropolitan Museum de New York d'un peigne d'ivoire du 13e siècle, et et leur décision d'en dispo- dispo¬ ser ensuite chacun leur tour par pério- pério¬ des de cinq ans, présente un cas d'usage et de jouissance d'une copro- copro¬ priété artistique sur le plan interna- interna¬ tional. Par l'exercice d'une telle copro- copro¬ priété, une oeuvre est susceptible d'appartenir à la fois à deux ou à plu- plu¬ sieurs institutions, en leur permettant de bénéficier de l'ensemble de l'oeuvre par périodicité. Dans cette perspective, il semble possible d'envisager le remembrement de certains ensembles ou oeuvres à présent dépecés ou séparés, tandis qu'ils pourraient recouvrer toute leur puissance d'expression s'ils étaient réunis. réunis. Selim Abdul Hak 31



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