Le Courrier de l'Unesco n°1974-8 septembre
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28 28 les moyens employés : l'estime entre les nations et la compréhension internationale ne pourraient qu'en pâtir. les moyens employés : l'estime entre les nations et la compréhension inter¬ nationale ne pourraient qu'en pâtir. Bien que les recherches faites à ce jour n'aient pas souvent abouti à des reconstitutions effectives, elles ont eu du moins l'avantage de jeter une vive lumière sur des chefs-d'oeuvre dont les fragments dispersés avaient évolué différemment dans les milieux où ils étaient conservés. Elles ont contribué à donner une meilleure connaissance de leur nature, de leur origine, de leur histoire et de leur disposition originale. En conséquence, la valeur de chaque fragment n'a fait qu'augmenter du fait que son affiliation à un ensemble célèbre lui a octroyé un mérite nouveau et insoupçonné. Plusieurs pays d'Europe ont réussi, grâce à la collaboration qui s'est établie entre conservateurs et restaurateurs, à reconstituer des oeuvres démembrées à partir d'éléments se trouvant dans leurs musées ou dans des collections privées sur leur territoire. Le problème de la reconstitution est Bien que les recherches faites à ce jour n'aient pas souvent abouti à des reconstitutions effectives, elles ont eu du moins l'avantage de jeter une vive lumière sur des chefs-d'dont les fragments dispersés avaient évolué différemment dans les milieux où ils étaient conservés. Elles ont contribué à donner une meilleure connaissance de leur nature, de leur origine, de leur histoire et de leur disposition origi¬ nale. En conséquence, la valeur de chaque fragment n'a fait qu'augmenter du fait que son affiliation à un ensem¬ ble célèbre lui a octroyé un mérite nouveau et insoupçonné. Plusieurs pays d'Europe ont réussi, grâce à la collaboration qui s'est éta¬ blie entre conservateurs et restaura¬ teurs, à reconstituer des dé¬ membrées à partir d'éléments se trou¬ vant dans leurs musées ou dans des collections privées sur leur territoire. Le problème de la reconstitution est Photo Almasy, Paris Photo Almasy, Paris UNE TETE RETROUVÉE UNE TÊTE RETROUVÉE En 1924, le Musée du Louvre, à Paris, fit l'acquisition d'une statuette sumérienne, portrait en pied d'un prince de Lagash, Ur Ningirsu, comme l'attestait l'inscription, qui vécut vers 2130 avant notre ère. Cette statuette qui provenait du site de Tello, en Iraq, était gravement mutilée, puisque le prince avait perdu la tête. Les pillards avaient sévi longtemps dans la région et n'hésitaient pas è dépecer leurs trouvailles. En 1934, on apprit que la tète était entrée dans une collection particulière, et en 1947, le Metropolitan Museum of Art de New York la racheta. Après entente avec la Direction des Musées de France, il fut décidé que le prince sumérien pourvu de sa tête retrouvée serait alternativement présenté par périodes de trois ans au Louvre, à Paris, et au Metropolitan Museum, à New York. En 1924, le Musée du Louvre, à Paris, fit l'acquisition d'une sta¬ tuette sumérienne, por¬ trait en pied d'un prince de Lagash, Ur Ningirsu, comme l'attestait l'ins¬ cription, qui vécut vers 2130 avant notre ère. Cette statuette qui pro¬ venait du site de Tello, en Iraq, était gravement mutilée.puisque le prince avait perdu la tête. Les pillards avaient sévi longtemps dans la région et n'hé¬ sitaient pas à dépecer leurs trouvailles. En 1934, on apprit que la tête était entrée dans une collection particu¬ lière, et en 1947, le Metropolitan Museum of Art de New York la racheta. Après entente avec la Direction des Musées de France, il fut décidé que le prince sumérien pourvu de sa tête retrouvée serait alternativement présen¬ té par périodes de trois ans au Louvre, à Paris, et au Metropolitan Mu¬ seum, à New York. plus délicat lorsque les fragments d'oeuvres universellement connues appartiennent à deux ou plusieurs musées de pays différents, et surtout lorsque chaque fragment se suffit à luimême et a fini par acquérir une certaine vie autonome. Ici, la solution exige dans chaque cas la coopération entre les nations intéressées. plus délicat lorsque les fragments d'universellement connues ap¬ partiennent à deux ou plusieurs mu¬ sées de pays différents, et surtout lors¬ que chaque fragment se suffit à luimême et a fini par acquérir une cer¬ taine vie autonome. Ici, la solution exige dans chaque cas la coopération entre les nations intéressées. Dans une réunion tenue à l'Unesco en 1966 ont été étudiés les échanges entre musées et la reconstitution des oeuvres démembrées sur le plan national et international, ainsi que le rôle des organisations internationales. Dans une réunion tenue à l'Unesco en 1966 ont été étudiés les échanges entre musées et la reconstitution des iuvres démembrées sur le plan na¬ tional et international, ainsi que le rôle des organisations internationales. En ce qui concerne les monuments architecturaux démembrés, les experts ont estimé que, dans la majorité des cas, il ne fallait pas envisager le recours à des opérations, d'ailleurs excessivement coûteuses, visant à la reconstitution des oeuvres d'architecture à partir des éléments ornementaux dispersés. Les sculptures, les peintures et les autres éléments décoratifs qui sont intégrés à ces oeuvres devraient évidemment être traités à part, comme des oeuvres devenues indépendantes,. et des solutions particulières devraient être apportées à chaque cas d'espèce. En ce qui concerne les monuments architecturaux démembrés, les experts ont estimé que, dans la majorité des cas, il ne fallait pas envisager le re¬ cours à des opérations, d'ailleurs ex¬ cessivement coûteuses, visant à la reconstitution des d'architec¬ ture à partir des éléments ornemen¬ taux dispersés. Les sculptures, les peintures et les autres éléments déco¬ ratifs qui sont intégrés à ces devraient évidemment être traités à part, comme des @uvres devenues in¬ dépendantes,. et des solutions parti¬ culières devraient être apportées à chaque cas d'espèce. Quant au problème de la reconstitution des oeuvres démembrées de la peinture, de la sculpture, de la gravure, etc., les spécialistes estiment qu'il devrait être traité par le moyen des échanges entre musées. Toute tentative de reconstitution devrait tenir compte, à leur avis, des mêmes facteurs juridiques et psychologiques que pose le problème des échanges. Quant au problème de la reconstitu¬ tion des démembrées de la peinture, de la sculpture, de la gravure, etc., les spécialistes estiment qu'il de¬ vrait être traité par le moyen des échanges entre musées. Toute tenta¬ tive de reconstitution devrait tenir compte, à leur avis, des mêmes fac¬ teurs juridiques et psychologiques que pose le problème des échanges. A la suite d'une enquête internationale effectuée par l'Unesco en 1967- 1968, trente-sept Etats et trois organisations intergouvernementales ont indiqué leur position sur le problème des échanges d'objets et de la reconstitution d'oeuvres démembrées. A la suite d'une enquête internatio¬ nale effectuée par l'Unesco en 1967- 1968, trente-sept Etats et trois organi¬ sations intergouvemementales ont in¬ diqué leur position sur le problème des échanges d'objets et de la recons¬ titutiond'démembrées. Plusieurs Etats ont estimé que les fragments d'oeuvres dispersées devraient être rassemblés afin qu'une reconstitution soit effectuée dans l'intérêt du pays qui en est le propriétaire réel, surtout si ces fragments font partie d'un monument d'architecture ou peuvent compléter une collection. Plusieurs Etats ont estimé que les fragments d'dispersées de¬ vraient être rassemblés afin qu'une re¬ constitution soit effectuée dans l'inté¬ rêt du pays qui en est le propriétaire réel, surtout si ces fragments font par¬ tie d'un monument d'architecture ou peuvent compléter une collection. A ce point de vue se sont opposées naturellement les revendications des acquéreurs légitimes. Afin de dépassionner le débat, plusieurs Etats ont recommandé la prudence ; ils ont estimé qu'il y aurait intérêt à n'envisager que des échanges librement consentis et ils ont estimé que la solution du problème doit dépendre des parties intéressées et ne doit jamais être conçue comme une restitution pure et simple. A ce point de vue se sont opposées naturellement les revendications des acquéreurs légitimes. Afin de « dépas¬ sionner » le débat, plusieurs Etats ont recommandé la prudence ; ils ont es¬ timé qu'il y aurait intérêt à n'envisager que des échanges librement consentis et ils ont estimé que la solution du problème doit dépendre des parties intéressées et ne doit jamais être con¬ çue comme une restitution pure et simple. La question de la contrepartie à fournir a été jugée d'une importance capitale. Comme elle fait intervenir des considérations d'ordre juridique ou psychologique, il a été estimé que cette question devrait être réglée par un accord entre les parties intéressées. La parité des objets proposés à l'échange est une condition essen- La question de la contrepartie à fournir a été jugée d'une importance capitale. Comme elle fait intervenir des considérations d'ordre juridique ou psychologique, il a été estimé que cette question devrait être réglée par un accord entre les parties intéres¬ sées. La parité des objets proposés à l'échange est une condition essen- LE BAIN 00 BETHSABÉE FUT SÉPARÉE DE SON ÉPOUX LE BAIN OU BETHSABÉE FUT SÉPARÉE DE SON ÉPOUX ^1 Au cours de quels avatars fut mutilé de son arrière-plan le tableau de Hans Memling (1433-1494) représentant le bain de Bethsabée (à droite), femme du roi David et mère de Salomon ? La cause relevaitelle de la pudibonderie, de l'exégèse, ou d'un enjolivement à la mode ? Toujours est-il qu'au coin supérieur gauche original (ci-dessus), où apparaissait le roi David en buste montrant son anneau à un adolescent, peut-être un messager, a été substituée vers le 17, siècle une perspective architecturale, galerie de palais où se tiennent un homme et un enfant. L'ceuvre du Maitre de Bruges pourvue de ce bizarre raccommodageest aujourd'hui à la Staatsgalerie de Stuttgart (Rép. féd. d'Allemagne), tandis que le fragment de panneau à l'image du roi David, qui a été retrouvé, est conservé à l'Art Institute of Chicago, aux Etats-Unis. tielle, surtout lorsqu'il s'agit d'échange portant sur des pièces uniques présentant une grande valeur. Un arbitrage à l'échelon national ou sur le plan régional ou international pourrait conduire aux résultats escomptés. Malgré ces réserves, les pays consultés ne se sont pas opposés à l'idée que le problème de la reconstitution pourrait être envisagé dans le cadre général d'une nouvelle réglementation internationale et résolu par la voie d'échanges entre musées, à la condition que le remembrement ait pour objectif de restituer aux oeuvres démembrées leur pleine valeur et que toutes les mesures nécessaires soient prises sur le plan scientifique, technique et administratif. Une autre initiative a été entreprise par l'Unesco : celle d'une exposition pilote d'oeuvres démembrées qui s'est tenue au siège de l'Unesco, du 17 au 22 juin 1968. L'Unesco a voulu ainsi donner l'exemple, dans l'espoir que cette initiative susciterait un mouvement d'idées de nature à permettre d'autres reconstitutions d'oeuvres d'art démembrées ; ces oeuvres étaient pré- l 1 * Au cours de quels avatars fut mutilé de son arrière-plan le tableau de Hans Meming (1433-1494) représentant le bain de Bethsabée (à droite), femme du roi David et mère de Salomon ? La cause relevaitelle de la pudibonderie, de l'exégèse, ou d'un enjolivement à la mode ? Toujours est-il qu'au coin supérieur gauche origina [ci-dessus), où apparaissait le roi Davic en buste montrant son anneau à un ado¬ lescent, peut-être un messager, a été substituée vers le 173 siècle une pers¬ pective architecturale, galerie de palais où se tiennent un homme et un enfant. L'vre du Maître de Bruges pourvue de ce) izarre raccommodage est aujourd'hui à a Staatsgalerie de Stuttgart (Rép. féd d'Allemagne), tandis que le fragment de panneau à l'image du roi David, qui a été retrouvé, est conservé à l'Art Institute ol Chicago, aux Etats-Unis. tielle, surtout lorsqu'il s'agit d'échange portant sur des pièces uniques pré¬ sentant une grande valeur. Un arbi¬ trage à l'échelon national du sur le plan régional ou international pourrait conduire aux résultats escomptés. Malgré ces réserves, les pays con¬ sultés ne se sont pas opposés à l'idée que le problème de la reconstitution pourrait être envisagé dans le cadre général d'une nouvelle réglementation internationale et résolu par la voie d'échanges entre musées, à la condi¬ tion que le remembrement ait pour objectif de restituer aux dé¬ membrées leur pleine valeur et que toutes les mesures nécessaires soient prises sur le plan scientifique, techni¬ que et administratif. Une autre initiative a été entreprise par l'Unesco : celle d'une exposition piloted'démembrées qui s'est tenue au siège de l'Unesco, du 17 au 22 juin 1968. L'Unesco a voulu ainsi donner l'exemple, dans l'espoir que cette initiative susciterait un mouve¬ ment d'idées de nature à permettre d'autres reconstitutions d'uvres d'art démembrées ; ces]uvres étaient prê- V) sa X CÛ -t o < « o o -C
tees volontairement par les musées tées volontairement par les musées qui les possédaient. qui les possédaient. Le Musée du Louvre, le Rijksmuseum Le Musée du Louvre, le Rijksmuseum d'Amsterdam, le Musée des arts décoratifs de Paris et le Musée du château d'Amsterdam, le Musée des arts déco¬ ratifs de Paris et le Musée du châteaur,oyal de Wawel Cracovie, ont prêté royal de Wawel à Cracovie, ont prêté l'Unesco trois oeuvres, dont deux à l'Unesco trois suvres, dont deux ont été définitivement reconstituées, ont été définitivement reconstituées, tandis que la troisième ne l'a été que tandis que la troisième ne l'a été que pour la durée de l'exposition. pour la durée de l'exposition. I ! s'agit, dans ce dernier cas, du Il s'agit, dans ce dernier cas, du tapis persan dit parisien-cracovien tapis persan dit - parisien-cracovien » dont les deux moitiés appartiennent dont les deux moitiés appartiennent respectivement au Musée des arts décoratifs de Paris et au Musée du châ- respectivement au Musée des arts dé¬ coratifs de Paris et au Musée du ch⬠teau royal de Wawel. Grâce l'Unesco teau royal de Wawel. Grâce à l'Unesco ces deux moitiés ont été réunies après ces deux moitiés ont été réunies après une longue séparation et présentées une longue séparation et présentées Cracovie du 27 avril au 13 mai 1968 à Cracovie du 27 avril au 13 mai 1968 avant d'être montrées l'exposition avant d'être montrées à l'exposition pilote de Paris. pilote de Paris. Ce tapis, d'une qualité unique au Ce tapis, d'une qualité unique au monde et qui date du deuxième quart monde et qui date du deuxième quart du 16e siècle, appartient l'école de du 16* siècle, appartient à l'école de Tabriz. Destiné recouvrir les marches de l'autel de la cathédrale de Tabriz. Destiné à recouvrir les mar¬ ches de l'autel de la cathédrale de Cracovie, il fut jugé trop grand et pour Cracovie, il fut jugé trop grand et pour cette raison coupé en deux. cette raison coupé en deux. Les historiens d'art ont pu, l'occasion de cette reconstitution provisoire, Les historiens d'art ont pu, à l'occa¬ sion de cette reconstitution provisoire, procéder des comparaisons et des procéder à des comparaisons et à des études scientifiques. études scientifiques. L'une des deux oeuvres reconstituées définitivement était le tableau L'une des deux tuvres reconsti¬ tuées définitivement était le tableau représentant la Bataille de Bergen représentant la Bataille de Bergen (1665) dû au peintre Willem Van de (1665) dû au peintre Willem Van de Velde le Vieux. Velde le Vieux. En 1877, le Nederlandse Museum de En 1877, le Nederlandse Museum de La Haye en acheta la partie droite ; La Haye en acheta la partie droite ; quant la partie gauche, elle fut acquise par le Maritime Museum de quant à la partie gauche, elle fut ac¬ quise par le Maritime Museum de Greenwich (Royaume-Uni). Greenwich (Royaume-Uni). Après l'exposition, le Musée de Après l'exposition, le Musée de Greenwich décida généreusement d'offrir leur partie du tableau aux Pays- Greenwich décida généreusement d'of¬ frir leur partie du tableau aux Pays- Bas, permettant ainsi la reconstitution Bas, permettant ainsi la reconstitution de l'oeuvre dans son unité originelle. de l'euvre dans son unité originelle. La troisième oeuvre exposée La troisième tuvre exposée à l'Unesco était le polyptyque de Paolo l'Unesco était : le polyptyque de Paolo Veneziano. Démembré lors de la dispersion de la collection Campana, il Veneziano. Démembré lors de la dis¬ persion de la collection Campana, il été entièrement reconstitué et se a été entièrement reconstitué et se trouve depuis 1956 au Musée du Louvre, à trouve depuis 1956 au Musée du Lou¬ Paris.vre, à Paris. Pour fournir la matière d'échanges Pour fournir la matière d'échanges systématiques d'information et de documentation sur les oeuvres démem- systématiques d'information et de do¬ cumentation sur les démem¬ brées dans les différents arts, l'Unesco brées dans les différents arts, l'Unesco entrepris partir de 1969 la préparation d'un inventaire. Etant donné que a entrepris à partir de 1969 la prépa¬ ration d'un inventaire. Etant donné que le démembrement des oeuvres constitue un fait très saillant dans l'histoire le démembrement des fuvres cons¬ titue un fait très saillant dans l'histoire de la peinture européenne, il été jugé de la peinture européenne, il a été jugé opportun de commencer par un inventaire destiné illustrer des oeuvres opportun de commencer par un inven¬ taire destiné à illustrer des éuvres d'art européennes et notamment la d'art européennes et notamment la peinture de la Renaissance nos jours. peinture de la Renaissance à nos jours. D'autres inventaires suivront couvrant D'autres inventaires suivront couvrant d'autres régions culturelles du monde. d'autres régions culturelles du monde. L'Unesco vient de publier le premier L'Unesco vient de publier le premier inventaire sous le titre Inventaire illustré d'oeuvres démembrées dans la pein- inventaire sous le titre Inventaire illus¬ tré d'ruvres démembrées dans la pein¬ ture européenne. Le volume comprend ture européenne. Le volume comprend des chapitres sur les oeuvres démembrées dans la peinture italienne, fla- des chapitres sur les démem¬ brées dans la peinture italienne, fla¬ mande, française, espagnole, allemande. Un chapitre spécial traite des mande, française, espagnole, alle¬ mande. Un chapitre spécial traite des manuscrits enluminés démembrés dans manuscrits enluminés démembrés dans l'art européen ; un autre se réfère aux l'art européen ; un autre se réfère aux tombeaux démembrés dans la sculpture tombeaux démembrés dans la sculpture française.française. Cet inventaire illustré offre une vision déconcertante des méthodes sui- Cet inventaire illustré offre une vi¬ sion déconcertante des méthodes sui¬ vies avec acharnement par des irresponsables, pour mutiler les oeuvres et vies avec acharnement par des irres¬ ponsables, pour mutiler les nuvres et les emblèmes et leur imposer des démembrements funestes. Les créations les emblèmes et leur imposer des dé¬ membrements funestes. Les créations des grands maîtres Giotto, Simone des grands maîtres Giotto, Simone Martini, Masaccio, Paolo Uccello, Andrea Mantegna, Roger Van der Wey- Martini, Masaccio, Paolo Uccello, An¬ drea Mantegna, Roger Van der Weyden, Hans Memling, Pieter Bruegel, den, Hans Memling, Pieter Bruegel, Hans Holbein le Vieux, Albrecht Durer, Hans Holbein le Vieux, Albrecht Dürer, Petrus Paulus Rubens, Antoine Van Petrus Paulus Rubens, Antoine Van Dyck, le Greco, Francisco de Zurbaran, Juan de Valdès Leal, Nicolas Pous- Dyck, le Greco, Francisco de Zurbarán, Juan de Valdès Leal, Nicolas Pous¬ sin, Antoine Coypel, Jean-François Millet, Henri de Toulouse-Lautrec et tant sin, Antoine Coypel, Jean-François Mil¬ let, Henri de Toulouse-Lautrec et tant d'autres ont payé de lourds tributs d'autres ont payé de lourds tributs à cette sorte de vandalisme délibéré. Par cette sorte de vandalisme délibéré. Par exemple : les trois grands panneaux exemple : les trois grands panneaux de Paolo Uccello évoquant la bataille de Paolo Uccello évoquant la bataille de San Romano remportée par les Florentins sur les Siennois en 1433 fai- de San Romano remportée par les Flo¬ rentins sur les Siennois en 1433 fai¬ saient partie avec trois autres de la saient partie avec trois autres de la décoration de ce que fut la chambre décoration de ce que fut la chambre de Laurent le Magnifique dans le Palais Médicis Florence. Ils furent dé- de Laurent le Magnifique dans le Pa¬ lais Médicis à Florence. Ils furent dé¬ placés dans une autre pièce du. palais placés dans une autre pièce du'palais au 16e siècle, et on perdit leur trace au 16e siècle, et on perdit leur trace jusqu'au 18° siècle. Le panneau représentant Bernardino della Garda tom- jusqu'au 18" siècle. Le panneau repré¬ sentant Bernardino délia Garda tom¬ bant de cheval fut acheté entre 1769 et bant de cheval fut acheté entre 1769 et 1784 pour être ensuite conservé dans 1784 pour être ensuite conservé dans la Galerie des Offices Florence, et la Galerie des Offices à Florence, et les deux autres furent trouvés au les deux autres furent trouvés au 19e siècle dans une collection privée. 19e siècle dans une collection privée. Celui qui montre Micheletto da Cotignola passant la contre-attaque fut Celui qui montre Micheletto da Cotignola passant à la contre-attaque fut acquis par la collection Campana pour acquis par la collection Campana pour se trouver actuellement au Louvre, et se trouver actuellement au Louvre, et celui où figure Nicolo da Tolentino celui où figure Nicolo da Tolentino montant l'assaut fait partie depuis montant à l'assaut fait partie depuis 1857 des collections de la National 1857 des collections de la National Gallery de Londres. Gallery de Londres. Non moins tragique est le sort du Non moins tragique est le sort du triptyque de l'Annonciation peint par triptyque de l'Annonciation peint par un maitre inconnu du 15° siècle pour un maître inconnu du 15* siècle pour la cathédrale du Saint-Sauveur d'Aixen-Provence (France). A la suite de la cathédrale du Saint-Sauveur d'Aixen-Provence (France). A la suite de la Révolution française, la composition la Révolution française, la composition centrale représentant la Vierge et centrale représentant la Vierge et l'Ange fut transférée l'église de La l'Ange fut transférée à l'église de La Madeleine de la même ville. Les deux Madeleine de la même ville. Les deux ailes passèrent entre plusieurs mains, ailes passèrent entre plusieurs mains,ie volet droit où apparaît le prophète le volet droit où apparaît le prophète Jérémie dans une niche été acquis Jérémie dans une niche a été acquis en 1923 par le Musée royal des beauxarts de Bruxelles et le volet gauche en 1923 par le Musée royal des beauxarts de Bruxelles et le volet gauche fut taillé en deux morceaux, la partie fut taillé en deux morceaux, la partie qui représente le prophète Isaïe'se qui représente le prophète Isaïe se trouve présent conservée au Musée trouve à présent conservée au Musée Van Beuningen aux Pays-Bas. L'autre Van Beuningen aux Pays-Bas. L'autre morceau — livres et objets peints en morceau livres et objets peints en trompe-l'oeil — devint une nature trompe-l'devint une nature morte, fut acquis par le Rijksmuseum morte, fut acquis par le Rijksmuseum d'Amsterdam et mis en dépôt provisoire au d'Amsterdam et mis en dépôt provi¬ Louvre. soire au Louvre. Le Christ de Van Dyck porte toujours les traces des préjudices subis Le Christ de Van Dyck porte tou¬ jours les traces des préjudices subis du fait du démembrement et de la du fait du démembrement et de la dispersion. L'origine de l'ceuvre est dispersion. L'origine de l'uuvre est inconnue. Elle se trouvait au début du inconnue. Elle se trouvait au début du 18e siècle au Palazzo Rosso Gênes 18e siècle au Palazzo Rosso à Gênes où est toujours conservée sa partie où est toujours conservée sa partie centrale représentant le Christ micorps tenant la croix de la main gau- centrale représentant le Christ à micorps tenant la croix de la main gau¬ che. Les douze apôtres avaient été che. Les douze apôtres avaient été détachés une époque inconnue et détachés à une époque inconnue et avaient disparu pendant longtemps avaient disparu pendant longtemps avant de se retrouver vers 1914 chez avant de se retrouver vers 1914 chez un marchand d'art Munich qui un marchand d'art à Munich qui les avait vendus séparément. l'époque actuelle, on connaît seulement les avait vendus séparément. A l'épo¬ que actuelle, on connaît seulement l'emplacement de six d'entre eux répartis dans divers musées aux Etats- l'emplacement de six d'entre eux ré¬ partis dans divers musées aux Etats- Unis (Sarasota), en Hongrie (Budapest), en Rép. féd. d'Allemagne (un pest), en Rép. féd. d'Allemagne (un à Unis (Sarasota), en Hongrie (Buda¬ Hanovre et deux Essen) et en Autriche Hanovre et deux à Essen) et en Autri¬ (Vienne). che (Vienne). Parmi les oeuvres espagnoles démembrées figure le retable exécuté Parmi les espagnoles dé¬ membrées figure le retable exécuté par Zurbaràn au sommet de sa carrière et qui se trouvait au couvent par Zurbarán au sommet de sa car¬ rière et qui se trouvait au couvent Saint-Joseph de l'Ordre de la Merci Saint-Joseph de l'Ordre de la Merci déchaussé, à Séville. Il est curieux déchaussé, à Seville. Il est curieux d'apprendre le sort des différents éléments de cet ensemble prodigieux la d'apprendre le sort des différents élé¬ ments de cet ensemble prodigieux à la suite de deux dispersions qu'ils ont suite de deux dispersions qu'ils ont subies subies en en 1810 1810 et et 1835. 1835. A présent, présent, différents éléments se trouvent au 29 90 différents éléments se trouvent au "- » ** Musée de Séville, au Louvre, au Musée de Chartres, en possession Musée de Seville, au Louvre, au Mu- ^ des sée de Chartres, en possession desr



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