Le Courrier de l'Unesco n°1974-8 septembre
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24 24 ron) ne s'y installe pas en étrangère., ron} ne s'y installe pas en étrangère. C'est en 1969 que Georges Pompidou, Président de la République française, annonce la fondation de ce centre, dont, après sa mort, il a été décidé qu'il perpétuerait son nom. Dans une déclaration qu'il fait en 1972, l'ancien Président précise ses vues : - Je voudrais, passionnément, que Paris possède un centre culturel qui soit à la fois musée et centre de création, et où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audio-visuelle. Et, évidemment, la création ne saurait être que d'art moderne et évoluerait sans cesse.. C'est en 1969 que Georges Pompi¬ dou, Président de la République fran¬ çaise, annonce la fondation de ce cen¬ tre, dont, après sa mort, il a été décidé qu'il perpétuerait son nom. Dans une déclaration qu'il fait en 1972, l'ancien Président précise ses vues : « Je vou¬ drais, passionnément, que Paris pos¬ sède un centre culturel qui soit à la fois musée et centre de création, et où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audio-visuelle. Et, évi¬ demment, la création ne saurait être que d'art moderne et évoluerait sans cesse. » Ainsi, l'idée initiale d'un simple musée où seraient transférées et enrichies les collections d'art moderne s'est-elle élargie aux dimensions d'un concept de culture vivante. Donc, pour la construction, l'ampleur d'une cathédrale, assurément, mais surtout l'animation constante d'un navire, ainsi que le précise l'un des maitres d'oeuvre, l'architecte Renzo Piano : - L'analogie du navire est juste sur plusieurs plans : celui de la structure, celui de l'échelle et surtout celui des relations de cet objet avec un environnement mouvant. Ainsi, l'idée initiale d'un simple mu¬ sée où seraient transférées et enri¬ chies les collections d'art moderne s'est-elle élargie aux dimensions d'un concept de culture vivante. Donc, pour la construction, l'ampleur d'une cathé¬ drale, assurément, mais surtout l'ani¬ mation constante d'un navire, ainsi que le précise l'un des maîtres d'euvre, l'architecte Renzo Piano : « L'analogie du navire est juste sur plusieurs plans : celui de la structure, celui de l'échelle et surtout celui des relations de cet objet avec un environnement mouvant. » Dès 1970, un concours est lancé qui, pour la première fois en France dans une opération de ce genre. s'adresse aux architectes du monde entier, afin de bien marquer le caractère international de l'entreprise. 681 projets sont reçus, dont 491 issus d'équipes étrangères. Dès 1970, un concours est lancé qui, pour la première fois en France dans une opération de ce genre, s'adresse aux architectes du monde entier, afin de bien marquer le carac¬ tère international de l'entreprise. 681 projets sont reçus, dont 491 issus d'équipes étrangères. Un jury, semblablement international et dont font partie notamment Oscar Niemeyer (Brésil) et Philip Johnson (Etats-Unis), en retient 31, puis finit par porter son choix définitif sur celui des architectes Renzo Piano et Gianfranco Franchini (Italie) et Richard Rogers (Grande-Bretagne), assistés par les ingénieurs-conseils d'Ove Arup and Partners (Grande- Bretagne), projet d'une grande audace technique en même temps que simple et pur dans ses formes. Un jury, semblablement internatio¬ nal et dont font partie notamment Os¬ car Niemeyer (Brésil) et Philip John¬ son (Etats-Unis), en retient 31, puis finit par porter son choix définitif sur celui des architectes Renzo Piano et Gianfranco Franchini (Italie) et Ri¬ chard Rogers (Grande-Bretagne), as¬ sistés par les ingénieurs-conseils d'Ove Arup and Partners (Grande- Bretagne), projet d'une grande audace technique en même temps que simple et pur dans ses formes. Haut de 42 mètres, large de 60, long de 166, il s'agit d'une immense cage de lumière : l'édifice sera en effet constitué d'une ossature métallique Haut de 42 mètres, large de 60, long de 166, il s'agit d'une immense cage de lumière : l'édifice sera en ef¬ fet constitué d'une ossature métallique CANYON DANS LA VILLE CANYON DANS LA VILLE A droite, scène de type - western - tournée dans le cratère du chantier d'aménagement des anciennes Halles, au coeur de Paris, pour le film - Touchez pas à la femme blanche du cinéaste italien Marco Ferreri. Page suivante, vue d'ensemble de ce cratère profond sur lequel s'élèvera un ensemble commercial et culturel. On peut voir, à l'arrière, la fontaine des Innocents (photos ci-dessus) dans son coffre protecteur monté sur piliers. A droite, scène de type « western » tournée dans le cratère du chan¬ tier d'aménagement des anciennes Halles, au c de Paris, pour le film « Touchez pas à la femme blanche », du cinéaste italien Marco Ferrer !. Page suivante, vue d'en¬ semble de ce cratère profond sur lequel s'élèvera un ensemble com¬ mercial et culturel. On peut voir, à l'arrière, la fontaine des Innocents (photos ci-dessus) dans son coffre protecteur monté sur piliers. Photo I. Quideau r t supportant de larges vitrages partagés en treize travées. Cinq étages, chaque niveau offrant une superficie de 7 500 mètres carrés - de quoi installer deux terrains de football par étage notent avec humour les architectes. Et, là-dedans, nul cloisonnement, pas le moindre pilier ou poteau : la machinerie (air conditionné, électricité, etc.) sera placée au sommet du bâtiment. supportant de larges vitrages partagés en treize travées. Cinq étages, cha¬ que niveau offrant une superficie de 7 500 mètres carrés « de quoi instal¬ ler deux terrains de football par étage », notent avec humour les ar¬ chitectes. Et, là-dedans, nul cloison¬ nement, pas le moindre pilier ou po¬ teau : la machinerie (air conditionné, électricité, etc.) sera placée au som¬ met du bâtiment. Dégageant donc de toute servitude l'espace intérieur, la circulation sera rejetée sur les façades, par des escaliers roulants couverts aux parois transparentes : un chemin ascendant en diagonale, qui invitera à une promenade éblouie, car, au fur et à mesure de l'élévation, et tout en découvrant sur un côté l'animation intérieure du bâtiment, le visiteur verra, sur l'autre côté, toute l'étendue de Paris se révéler à ses yeux : les tours de Notre-Dame, la Seine, le dôme du Panthéon, jusqu'au blanc et vert des plaines lointaines. Montant, descendant, tout le mouvement d'une marée, et déjà, pour le plaisir des yeux, le lent tangage de la nef transparente. Dégageant donc de toute servitude l'espace intérieur, la circulation sera rejetée sur les façades, par des esca¬ liers roulants couverts aux parois transparentes : un chemin ascendant en diagonale, qui invitera à une pro¬ menade éblouie, car, au fur et à me¬ sure de l'élévation, et tout en décou¬ vrant sur un côté l'animation intérieure du bâtiment, le visiteur verra, sur l'autre côté, toute l'étendue de Paris se révéler à ses yeux : les tours de Notre-Dame, la Seine, le dôme du Panthéon, jusqu'au blanc et vert des plaines lointaines. Montant, des¬ cendant, tout le mouvement d'une ma¬ rée, et déjà, pour le plaisir des yeux, le lent tangage de la nef transparente. A l'intérieur, en réplique à ce décor, il y a tout d'abord le vaste domaine des arts plastiques, raison d'être initiale du Centre Beaubourg, domaine considérable puisqu'il réunira deux organismes qui existaient déjà ailleurs à Paris : le Musée d'Art Moderne de Paris, dont les collections seront installées sur trois étages de ce palais de verre, et le Centre National de l'art contemporain, créé'pour favoriser la création la plus avancée et la plus libre d'inspiration. S'y ajouteront des locaux d'exploitations temporaires et un grand service de documentation. A l'intérieur, en réplique à ce décor, il y a tout d'abord le vaste domaine des arts plastiques, raison d'être ini¬ tiale du Centre Beaubourg, domaine considérable puisqu'il réunira deux organismes qui existaient déjà ailleurs à Paris : le Musée d'Art Moderne de Paris, dont les collections seront ins¬ tallées sur trois étages de ce palais de verre, et le Centre National de l'art contemporain, créé pour favori¬ ser la création la plus avancée et la plus libre d'inspiration. S'y ajouteront des locaux d'exploitations temporaires et un grand service de documentation. C'est au muséologue suédois Pontus Hulten qu'à été confiée, pour cinq ans, la responsabilité de ce département. Hulten, créateur, en 1956, du Moderna Museet de Stockholm, s'est acquis une renommée mondiale par sa rupture avec la muséologie traditionnelle — c'est-à-dire avec l'exposition pure et simple d'oeuvres célèbres — et par sa conception d'un - art en mouvement•. C'est au muséologue suédois Pontus Hulten qu'à été confiée, pour cinq ans, la responsabilité de ce départe¬ ment. Hulten, créateur, en 1956, du Moderna Museet de Stockholm, s'est acquis une renommée mondiale par sa rupture avec la muséologie tradition¬ nelle c'est-à-dire avec l'exposition pure et simple d'euvres célèbres et par sa conception d'un « art en mouvement ». En effet, présenter un tableau ou toute l'oeuvre d'un artiste souvent dif- J En effet, présenter un tableau ou toutel'd'un artiste souvent dif- Gamma. Paris Photo J. Quideau Gamma, Pans•.• !.a71 ! - T a../■■ I1 SAUVEGARDE DES INNOCENTS SAUVEGARDE DES INNOCENTS La fontaine des Innocents (16e siècle), oeuvre du célèbre sculpteur français Jean Goujon, se dresse à l'endroit même où se déroulent les travaux d'aménagement de l'ancien quartier des Halles, au centre de Paris. La fontaine (ci-dessus) telle qu'on pouvait la voir avant le début des travaux et, photo du haut, placée dans un coffre de métal sur piliers d'acier, afin qu'elle soit protégée pendant toute la durée des travaux (voir aussi photos page suivante). La fontaine des Innocents (16e siècle), du célèbre sculpteur français Jean Goujon, se dresse à l'endroit même où se déroulent les travaux d'aménagement de l'ancien quartier des Halles, au centre de Paris. La fontaine (ci-dessus) telle qu'on pouvait la voir avant le début des travaux et, photo du haut, placée dans un coffre de métal sur piliers d'acier, afin qu'elle soit protégée pendant toute la durée des travaux (voir aussi photos page suivante)..,. `+ +•- A 41111t—..b - -4.400011 7 — `4ryr•, wt_.. : , P►r..',A., : - (XV : +..
ficile d'accès, un Chirico, comme un Picasso, ou un Hartung, n'est pas tout : encore faut-il aider le public à saisir des formes d'art qui ne lui sont pas encore familières — technique, pensée, sensibilité. Les conditions sociales ou historiques qui entouraient l'artiste, mais aussi les harmoniques de sa création par exemple musicales, littéraires, cinématographiques sont également indispensables à la compréhension d'une oeuvre. Ainsi, en partant d'une nature morte cubiste de Picasso, découvrir par exemple un masque africain sur fond de paysage espagnol, dans une ambiance créée par des poèmes de Guillaume Apollinaire et par une musique d'Erik Satie portée à la scène par les Ballets russes. ficile d'accès, un Chirico, comme un Picasso, ou un Härtung, n'est pas tout : encore faut-il aider le public à saisir des formes d'art qui ne lui sont pas encore familières technique, pen¬ sée, sensibilité. Les conditions sociales ou historiques qui entouraient l'artiste, mais aussi les harmoniques de sa création par exemple musicales, litté¬ raires, cinématographiques sont éga¬ lement indispensables à la compréhen¬ sion d'une nuvre. Ainsi, en partant d'une nature morte cubiste de Picasso, découvrir par exemple un masque africain sur fond de paysage espagnol, dans une ambiance créée par des poè¬ mes de Guillaume Apollinaire et par une musique d'Erik Satie portée à la scène par les Ballets russes. Il faut que les gens aient l'occasion d'être surpris, aime à dire Pontus Hulten, il faut leur laisser la possibilité de réagir, d'aimer ou de refuser. Des livres, des films ou des microfilms, des enregistrements ou des manuscrits, seront disponibles dans un Centre de documentation. Il y aura en outre des salles d'expositions et des galeries expérimentales ; des ateliers pourront être dévolus aux artistes, où il leur sera possible de créer sur place leurs oeuvres. « Il faut que les gens aient l'occa¬ sion d'être surpris, aime à dire Pontus Hulten, il faut leur laisser la possibi¬ lité de réagir, d'aimer ou de refuser. » Des livres, des films ou des micro¬ films, des enregistrements ou des ma¬ nuscrits, seront disponibles dans un Centre de documentation. Il y aura en outre des salles d'expositions et des galeries expérimentales ; des ateliers pourront être dévolus aux artistes, où il leur sera possible de créer sur place leurs tuvres. Autre section importante du Centre Beaubourg : le Centre de création industrielle, qui rendra compte de tout ce qui, depuis l'objet, donc le design, jusqu'à l'urbanisme à large échelle, contribue à former ou à transformer l'environnement ; sur 2000 mètres carrés, prendront place un fichier sur ordinateur qui répondra aux questions du public et des professionnels, des expositions temporaires, une galerie rétrospective consacrée à l'évolution historique de la création industrielle dans le monde entier. Autre section importante du Centre Beaubourg : le Centre de création industrielle, qui rendra compte de tout ce qui, depuis l'objet, donc le design, jusqu'à l'urbanisme à large échelle, contribue à former ou à transformer l'environnement ; sur 2000 mètres car¬ rés, prendront place un fichier sur or¬ dinateur qui répondra aux questions du public et des professionnels, des expositions temporaires, une galerie rétrospective consacrée à l'évolution historique de la création industrielle dans le monde entier. Mais la culture est aussi et d'abord lecture : c'est pourquoi l'on trouvera, au Centre Beaubourg, une grande et singulière Bibliothèque, puisqu'on compte y héberger non moins d'un million de documents, auxquels les visiteurs auront accès libre et immédiat. Il s'agira d'une bibliothèque centrée sur l'actualité, avec une animation d'un type nouveau, sorte d'université sans murs, où une section importante Mais la culture est aussi et d'abord lecture : c'est pourquoi l'on trouvera, au Centre Beaubourg, une grande et singulière Bibliothèque, puisqu'on compte y héberger non moins d'un million de documents, auxquels les visiteurs auront accès libre et immé¬ diat. Il s'agira d'une bibliothèque cen¬ trée sur l'actualité, avec une animation d'un type nouveau, sorte d'université sans murs, où une section importante sera destinée aux enfants. Cette bibliothèque s'étagera sur trois niveaux avec une superficie totale de 15.000 mètres carrés. sera destinée aux enfants. Cette bibliothèque s'étagera sur trois ni¬ veaux avec une superficie totale de 15.000 mètres carrés. L'audio-visuel aura sa place au Centre Beaubourg. Musée de l'image d'abord grâce à une Cinémathèque, émanation de la Cinémathèque française dont on sait le rayonnement à travers le monde : elle sera d'ailleurs placée sous la direction de son fondateur Henri Langlois. L'audio-visuel aura sa place au Centre Beaubourg. Musée de l'image d'abord grâce à une Cinémathèque, émanation de la Cinémathèque fran¬ çaise dont on sait le rayonnement à travers le monde : elle sera d'ailleurs placée sous la direction de son fonda¬ teur Henri Langlois. Autour de cette salle privilégiée, un équipement perfectionné, d'un étage à• l'autre, introduit dans tout le palais de verre les moyens de l'audio-visuel. Un réseau intérieur de TV susceptible d'entrer en liaison avec l'extérieur, des studios d'enregistrement, des salles d'audition, de projection (sept salles de cinéma de 40 à 800 personnes), des théâtres, des salles de musique, un réseau général de télévision diffusant des programmes en tous points du Centre, constituent l'essentiel de l'équipement du spectacle. On trouvera aussi des ateliers de cinéma avec salles de montage, des ateliers de télévision permettant, entre autres, de faire de la vidéo légère (voir article page 8). Autour de cette salle privilégiée, un équipement perfectionné, d'un étage à- l'autre, introduit dans tout le palais de verre les moyens de l'audio-visuel. Un réseau intérieur de TV susceptible d'entrer en liaison avec l'extérieur, des studios d'enregistrement, des salles d'audition, de projection (sept salles de cinéma de 40 à 800 personnes), des théâtres, des salles de musique, un réseau général de télévision diffu¬ sant des programmes en tous points du Centre, constituent l'essentiel de l'équipement du spectacle. On trou¬ vera aussi des ateliers de cinéma avec salles de montage, des ateliers de té¬ lévision permettant, entre autres, de faire de la vidéo légère (voir article page 8). Enfin, autre création de ce vaste ensemble, la• Médiathèque ■ où viendront s'intégrer tous les moyens de communication, les diapositives comme l'imprimé, les vidéo-cassettes comme les vidéo-disques, les films petit format comme les magnétoscopes. Enfin, autre création de ce vaste en¬ semble, la « Médiathèque » où vien¬ dront s'intégrer tous les moyens de communication, les diapositives com¬ me l'imprimé, les vidéo-cassettes com¬ me les vidéo-disques, les films petit format comme les magnétoscopes. Au pied de la façade principale du Centre Beaubourg, une• Piazza d'une surface équivalente à celle occupée par le bâtiment (environ 10000 mètres carrés) sera un lieu de détente, de promenade et de jeu. Des activités pourront s'y improviser autour de dômes gonflables ou de chapiteaux dans le climat retrouvé de la verdure et des arbres. Au pied de la façade principale du Centre Beaubourg, une « Piazza » d'une surface équivalente à celle oc¬ cupée par le bâtiment (environ 10 000 mètres carrés) sera un lieu de dé¬ tente, de promenade et de jeu. Des activités pourront s'y improviser au¬ tour de dômes gonflables ou de cha¬ piteaux dans le climat retrouvé de la verdure et des arbres. Par cette• Piazza•, on accédera à une annexe importante du Centre, construction en profondeur, sur cinq étages, qui hébergera un• institut de recherche et de coordination acoustique/musique•. Assurément, ce ne sera pas là la moindre des attractions du Centre. Par cette « Piazza », on accédera à une annexe importante du Centre, construction en profondeur, sur cinq étages, qui hébergera un « institut de recherche et de coordination acous¬ tique/musique ». Assurément, ce ne sera pas là la moindre des attractions du Centre. D'une conception toute nouvelle, cet institut sera un véritable laboratoire pour la musique de demain, animé par le célèbre compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez. Créateurs et expérimentateurs, en collaboration avec des spécialistes des sciences de l'acoustique et de l'informatique, procéderont à de nouvelles recherches dans le domaine de la musique et des sons. Et — qui sait ? — une révolution de la musique pourrait naître un jour en ce lieu qui ne sera pas du tout un rendez-vous pour initiés : en dehors même des concerts, le grand public y sera accueilli et aura loisir de surprendre sur des écrans de téléviseurs musiciens et scientifiques au travail dans leurs studios. D'une conception toute nouvelle, cet institut sera un véritable labora¬ toire pour la musique de demain, ani¬ mé par le célèbre compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez. Créateurs et expérimentateurs, en col¬ laboration avec des spécialistes des sciences de l'acoustique et de l'infor¬ matique, procéderont à de nouvelles recherches dans le domaine de la mu¬ sique et des sons. Et qui sait ? une révolution de la musique pourrait naître un jour en ce lieu qui ne sera pas du tout un rendez-vous pour ini¬ tiés : en dehors même des concerts, le grand public y sera accueilli et au¬ ra loisir de surprendre sur des écrans de téléviseurs musiciens et scientifi¬ ques au travail dans leurs studios. Tout cela s'apprête à sortir de terre. Mais une première réalisation du Centre Beaubourg est déjà visible à une extrémité du terrain. C'est une école, dite• Ecole Saint-Merri•, d'après l'admirable église voisine ; une école pilote, première du genre en milieu urbain, vouée à la liberté d'invention. Point de cloisonnement dans les aires d'enseignement, pas plus que dans l'enseignement lui-même : l'école est ouverte dans la journée à quelque mille enfants, le soir aux adultes. Six ateliers, dans cette école, seront animés par des spécialistes : ateliers de modelage, de peinture, de cinéma, de photo, de vidéo légère, de bandes dessinées. Tout cela s'apprête à sortir de terre. Mais une première réalisation du Centre Beaubourg est déjà visible à une extrémité du terrain. C'est une école, dite « Ecole Saint-Merri », d'après l'admirable église voisine ; une école pilote, première du genre en mi¬ lieu urbain, vouée à la liberté d'inven¬ tion. Point de cloisonnement dans les aires d'enseignement, pas plus que dans l'enseignement lui-même : l'école est ouverte dans la journée à quelque mille enfants, le soir aux adultes. Six ateliers, dans cette école, seront ani¬ més par des spécialistes : ateliers de modelage, de peinture, de cinéma, de photo, de vidéo légère, de bandes dessinées. Dans cette• Ecole sans murs., le décloisonnement architectural est à l'image du Centre Beaubourg luimême : il matérialise la même volonté de décloisonnement culturel. En effet, ce Centre tout entier n'est pas conçu comme une simple juxtaposition d'activités autonomes, mais comme un espace où circulent librement, entre les différents points d'intérêts les courants divers de la curiosité humaine, un carrefour ouvert au brassage des idées et des hommes. Dans cette « Ecole sans murs », le décloisonnement architectural est à l'image du Centre Beaubourg luimême : il matérialise la même volonté de décloisonnement culturel. En effet, ce Centre tout entier n'est pas conçu comme une simple juxtaposition d'ac¬ tivités autonomes, mais comme un es¬ pace où circulent librement, entre les différents points d'intérêts les cou¬ rants divers de la curiosité humaine, un carrefour ouvert au brassage des idées et des hommes. Ce vaste ensemble qui s'édifie au coeur de Paris accueillera, prévoit-on déjà, jusqu'à dix mille visiteurs par jour, une bonne partie d'entre eux venant de tous les continents du monde. Ce vaste ensemble qui s'édifie au c de Paris accueillera, prévoit-on déjà, jusqu'à dix mille visiteurs par jour, une bonne partie d'entre eux ve¬ nant de tous les continents du monde. Nino Frank Nino Frank Photos Laurent Rousseau, Paris Photos Laurent Rousseau, Pans



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