La Terrasse n°285 mars 2020
La Terrasse n°285 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : les talents européens du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 8 la terrasse 285 mars 2020 points communs Nouvelle scène nationale a[r]t Cergy-Pontoise/Val d'Oise Julian Hetzel Mallika Taneja Ligia Lewis Elsa Jocson Fatoumata Diawara Spectacles internationaux Rencontres Débats 12 — 25 mars 01. 34 20 14 £4 points-communs.com M Cergy-Pontoise nora chipaumir Silvia Costa Frédéric Ferre Silke Huysra Hannes De4eere gr.. 2,ermdizge emERs,-,eizreERsiTÉ La Carpe et le Lapin. La Reine et le Fou. Martha et Georges. Georges et Martha. Et bien d’autres personnages pétillants et extravagants, qui jouent de leurs différences tout en cultivant leur complicité, qui s’asticotent puis s’embrassent, qui saisissent quelques bribes de l’air du temps, quelques éclats de poésie, laissent voir aussi en filigrane quelques traits de la personne qui les incarne… Toujours avec humour. Avec une fantaisie réjouissante. Comme le suggère le titre, le mariage censément improbable entre Catherine Frot, comédienne toujours juste, éminemment populaire, et Vincent Dedienne, comédien talentueux à l’aise notamment dans le seulen-scène, s’avère… très heureux. Alors qu’il se connaissent depuis peu, ils orchestrent avec finesse et précision les modalités de leur alliance et nous emportent sur le mode de l’absurde dans une très belle ballade critique La Carpe et le lapin Théâtre de la Porte Saint-Martin/De Catherine Frot ET Vincent Dedienne/mes Catherine Frot, Vincent Dedienne, Julie-Anne Roth/regard extérieur Serge Bagdassarian Catherine Frot et Vincent Dedienne font alliance et composent un joli périple théâtral, absurde à la manière des surréalistes, mais aussi drôlement touchant. à voir ! critique théâtrale. Comme le stipule le prologue (un peu long) lors duquel Vincent Dedienne explique qu’il aurait dû y avoir un prologue, nous sommes conviés à une représentation en forme de jeu sans cartes, sans dés, sans logique  : un cadavre exquis à la manière des surréalistes, procédant par associations aléatoires. Ou presque, car si les associations se révèlent souvent farfelues et inattendues, elles sont aussi librement choisies, et dessinent une sorte de fresque bigarrée, enchaînant de multiples épisodes sans lien de cause à effet. Un préalable  : s’abandonner au plaisir confortable du spectateur, tranquillement assis dans l’obscurité, muet (à l’exception des rires), et admiratif devant le pari de cette exposition si risquée, qui ne se fonde sur aucune intrigue, qui repose uniquement sur l’écriture aventureuse et le jeu maîtrisé du duo. Quel métier en effet que celui de comédien, face à « tous ces Illusions perdues Théâtre de la Bastille/d’après Honoré de Balzac/adaptation et mes Pauline Bayle Pauline Bayle adapte et met en scène la deuxième partie d’Illusions perdues avec une maestria époustouflante, qui l’installe définitivement parmi les meilleurs. Un chef-d’œuvre, à voir absolument ! En octobre 1917, Proust disait, dans une lettre à René Boylesve, son « admiration infinie » pour Illusions perdues. Un siècle plus tard, Pauline Bayle signe une version théâtrale de ce roman qui provoque le même enthousiasme ! Après avoir déjà très largement prouvé son intelligence de l’adaptation et sa maîtrise de la mise en scène en portant la geste homérique au plateau, Pauline Bayle récidive avec le récit de l’ascension, du triomphe et des déboires de Lucien de Rubempré. Elle réussit un spectacle d’une force, d’une beauté, d’une tenue et d’une qualité dramaturgique exceptionnelles. Voilà une pièce qui mériterait des spectateurs très nombreux tant elle réussit à lier une insolente audace artistique à une accessibilité totale. L’excellence à la portée de tous  : peu d’artistes méritent une telle estampille ! Charlotte Van Bervesselès, Hélène Chevallier, Guillaume Compiano et Alex Fondja se partagent les seconds rôles autour de Jenna Thiam, qui joue Lucien, sur un vaste plateau nu où il suffit de quelques chaises pour faire surgir la conférence de rédaction de Finot, et d’une petite estrade pour faire renaître la scène du Panorama-Dramatique où Coralie séduit Lucien. Le théâtre, « trône de l’illusion », disait Balzac  : rarement plus brillants princes l’ont occupé que les cinq complices de cette exploration des heurs et malheurs d’un poète de province monté à Paris pour y conquérir la gloire et se brûler les ailes… Jenna Thiam en Lucien dans Illusions perdues. Le meilleur de Balzac, et plus encore ! Alex Fondja, poignant dans la vertu adamantine de Daniel d’Arthez, Guillaume Compiano, bouleversant et inquiétant en Camusot blessé, Charlotte Van Bervesselès, déchirante dans la scène où Coralie tombe sous les quolibets, Hélène Chevallier, géniale en Bargeton prétentieuse, sont tous également éblouissants dans le passage d’un rôle à l’autre, pendant que Jenna Thiam, en marathonienne de l’émotion, campe un Lucien dont la naïveté oscille entre veulerie et sensualité, hardiesse et arrogance. « Balzac, grand, terrible, complexe aussi, figure le monstre d’une civilisation et toutes ses luttes, ses ambitions et ses fureurs. » disait Baudelaire. L’ascension et la chute de Rubempré se passe sous la Restauration. Serait-ce parce que cette période se termina par les Trois Glorieuses ou seulement parce qu’elle se caractérisa par le règne des petits esprits, étriqués, mesquins, égoïstes et médiocres  : toujours est-il que ce que décrit Balzac résonne étonnamment à notre époque. Compromission de la presse, règne des courtisanes, gabegie politique et mise à l’encan de la culture  : l’actualité du propos est stupéfiante et le choix des costumes, du phrasé et de la gestuelle contemporaines renforcent cette évidence. « C’est l’œuvre capitale dans l’œuvre » disait Balzac à Madame Hanska à propos d’Illusions perdues. De cette œuvre capitale, Pauline Bayle et les siens font un chef-d’œuvre ! Catherine Robert Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, 75011 Paris. Du 11 mars au 10 avril 2020. Du 11 mars au 4 avril à 21h et du 6 au 10 avril à 20h ; relâche le dimanche et les 27 et 28 mars. Spectacle vu à l’Espace 1789 de Saint-Ouen. Durée  : 2h30. Simon Gosselin
Christophe Raynaud de Lage Jean-Pierre Estournet Catherine Frot et Vincent Dedienne. yeux qui vous regardent » ! Comme le souligne Catherine Frot en citant Louis Jouvet, « on en est transformé » … Exquis duo Fabriquant une sorte de music-hall festif, parfois teinté de mélancolie et de nostalgie, mais très vite rattrapé par le rire, tous deux chantent aussi (surtout Catherine Frot), et fort bien. « Ça va mal aller pour l’humanité, vite, une petite chanson ! » clament-ils avec entrain lors d’une scène particulièrement réussie, à la fois comique et touchante, avant d’égrener une longue liste d’espèces disparues, qui recèle certains intrus. Tous deux manient joliment l’ironie, s’amusent d’oxymores, mêlent de grandes considérations existentielles et des moments d’enfance, convoquent quelques chers disparus, mais aussi Marie-Claude et son python chéri, ou un épisode culte du Dîner mima& Hervé Pierre et Pierre Meunier dans L’Homme de plein vent. de cons… Avec au creux de la tête l’idée que le temps nous est toujours compté, qu’il faut essayer encore et encore comme nous le dit le grand Samuel Beckett, ils composent aussi une belle partition de citations, par Léopold Sédar Senghor, Walter Benjamin, Frédéric Dard, ou Christiane Taubira  : « Pourquoi est-il devenu si facile de moquer et de haïr ? » Comme un laboratoire ou un cabinet de curiosités, la cage de scène nue révèle ses secrets mais garde son mystère. Surtout lors d’une silencieuse et superbe pluie d’étoiles… Agnès Santi Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18 bd Saint-Martin, 75010 Paris. Du 14 février au 15 mars 2020, du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 17h et 20h30, le dimanche à 16h. Tél. 01 42 08 00 32. L’Homme de plein vent re-création/Nouveau Théâtre de Montreuil/DE Pierre Meunier/spectacle de Pierre Meunier ET Hervé Pierre Vingt-quatre ans après avoir donné naissance à L’Homme de plein vent, Pierre Meunier et Hervé Pierre imaginent, sous le regard de Marguerite Bordat, une nouvelle version de ce combat tragicoburlesque contre la loi de la gravité. Un spectacle pour tous publics à partir de 10 ans. Avec L’Homme de plein vent, Pierre Meunier signait, en 1996, le premier spectacle de sa compagnie (La Belle Meunière), manifeste d’un théâtre, comme l’explique l’auteur-comédien-metteur en scène, « inspiré par une rêverie active donnant lieu à une confrontation brute et joyeuse avec les lois physiques qui régissent ce bas monde ». écrit en Lorraine, sur le carreau d’une mine désaffectée, cet acte de révolte contre la dictature de l’inertie et la pensée terre-à-terre met en scène deux figures drolatiques inspirées de Don Quichotte et Sancho Panza, personnages qui « se battent à mains nues contre la Pesanteur ». Il y a Léopold (Pierre Meunier), qui croit dur comme fer en la prochaine victoire de l’envol. Il y a Kutsch (Hervé Pierre), un ancien Vérificateur des Poids et Mesures. Beaucoup plus réservé sur leurs chances de réussite, ce dernier se joint cependant au combat de son acolyte. Avec lui, il se suspend, teste, vérifie, hisse, sue, affronte toutes les embûches lancées par l’agent de l’ordre pondéral qui leur fait face (Frédéric Kunze, en alternance avec Jeff Perlicius). Une lutte contre la réduction normée des imaginaires Dans un décor de poulies, de cordes, de barres horizontales, de contrepoids, l’engagement physique de Léopold et de Kutsch révèle « la métaphore vivante d’une lutte contre le nivellement, contre la réduction normée des imaginaires, contre l’asservissement de la pensée ». « On ne peut pas dire que depuis 1996 la menace ait faibli, fait remarquer Pierre meunier. Les comportements grégaires se multiplient. La pensée est suspecte, attaquée. Dès l’enfance, la norme affecte et limite tous les champs de l’activité humaine. On peut même dire que le renoncement progresse face à l’ampleur des défis à relever dans le politique, l’écologique, l’éducation… L’esprit humain peine à rebondir, l’horizon ne fait plus assez envie, le court terme triomphe à tous les étages, les bras nous en tombent. » En recréant cette saison L’Homme de plein vent, le fondateur de La Belle Meunière repense pour aujourd’hui un spectacle qui incarne poétiquement « la dialectique du lourd et du léger, du révolutionnaire et du conformiste, de l’utopie et de la raison ». Manuel Piolat Soleymat Nouveau Théâtre de Montreuil – Centre dramatique national, 10 place Jean-Jaurès, 93100 Montreuil. Du 18 mars au 9 avril 2020. Du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 18h. Tél. 01 48 70 48 90. www.nouveau-theatre-montreuil.com également le 28 avril 2020 à l’ABC — Scène nationale de Bar-le-Duc ; le 19 mai à la Scène nationale de Châteauvallon. La Tragédie du Vengeur De Thomas Middleton Mise en scène Declan Donnellan/Londres Scénographie Nick Ormerod Première en France Du mercredi 18 mars au jeudi 2 avril Avec : Les comédiens du Piccolo Teatro/Milan Production : Piccolo Teatro di Milano – Teatro d’Europa et ERT – Emilia Romagna Teatro Fondazione en association avec Cheek by Jowl Spectacle en italien surtitré Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie Masiar Pasquali théâtre 9 la terrasse 285 mars 2020



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