La Terrasse n°285 mars 2020
La Terrasse n°285 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : les talents européens du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 6 la terrasse 285 mars 2020 VILLE DE PARIS PIS_18_12778_VILLE_DE_PARIS_LOGO_VERTICAL_POS_CMJN 27/11/2018 24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE Tél.  : +33 (0)1 57 32 87 00/Fax  : +33 (0)1 57 32 87 87 Web  : www.carrenoir.com Ce fichier est un document d’exécution créé sur Illustrator version CS6. 0..-7 - limee 1 ; di-'ii7 r'r'Le Mon fort fort théâtre DE V'LLE rEMEI un'événement PARIS @t=Telerama 31.0 d r Philosoft MoTireeRt la terrasse jntri ÉQUIVALENCE QUADRI PARIS @t=Telerama 31.0 d r Philosoft MoTireeRt la terrasse jntri CYAN 100% MAGENTA 40% NOIR 80% KATIA FERREIRA KAORI ITO OLIVIER DUBOIS PHILIPPE MINYANA & MARCIAL DI FONZO BO THIERRY MICOUIN OLIVIER DEBELHOIR ANNA TAUBER, FRAGAN GEHLKER, VIIVI ROIHA CIE L’UNANIME ARNAUD SAURY MMFF SYLVAIN JULIEN & CÉCILE BROSSARD ENSEMBLE CAIRN JOHANNE HUMBLET JUAN IGNACIO TULA TUMBLEWEED ARTHUR SIDOROFF FESTIVAL (DES)ILLUSIONS 20 MARS > 5 AVRIL 2020 THÉÂTRE DANSE CIRQUE 106 RUE BRANCION 75015 PARIS 01 56 08 33 88 4 critique Chagrin d’école Théâtre de Paris/d’après Daniel Pennac/MES Christèle Wurmser L’ex-sociétaire de la Comédie-Française Laurent Natrella incarne le texte savoureux de Daniel Pennac où l’auteur, puisant dans son passé de cancre et ses souvenirs de professeur, invite à réfléchir sur la transmission et la pédagogie. On aurait tous aimé avoir un professeur de français comme Daniel Pennac. On aurait même tous rêvé d’être cancre, pour connaître, grâce à lui, le bonheur de conjurer ce qu’il appelle « la pensée magique », ces affirmations définitives comme  : « je n’y arriverai jamais » ou « j’ai toujours eu zéro en dictée ». Mais quelle est donc la recette de ce thaumaturge pour que la dictée n’effraie plus ses élèves au point qu’ils deviennent les correcteurs de camarades plus âgés qu’eux ? ou pour que le par cœur les enchante, au point qu’ils décident de réciter Le Pont Mirabeau à l’envers ? Le préalable, et il est d’importance, c’est que Daniel Pennac a été cancre lui-même. Sa méthode critique Kadoc Théâtre du Rond-Point/DE Rémi de Vos/MES Jean-Michel Ribes suit en quelque sorte le principe de l’homéopathie  : combattre le mal par le mal, la grammaire par la grammaire, l’orthographe par l’orthographe, la peur de ne pas comprendre les grands textes par une plongée quotidienne dans les grands textes. Prix de camaraderie plutôt que prix d’excellence Une pédagogie qui incarne l’enfant dans le présent, reprend toutes les règles à la base et réhabilite la mémoire, non pour la muscler, mais pour s’approprier la littérature. À force, les verrous sautent, le cancre, délivré de ses inhibitions, comprend non seulement qu’il y Jean-Michel Ribes met en scène Kadoc de Rémi de Vos, une comédie sur le travail qui fait vibrer toutes les cordes du genre. L’impression d’avoir déjà vu tout cela mais certainement jamais comme ça, c’est un peu ce qu’on ressent à l’issue de Kadoc. Car l’histoire commence avec une couche d’absurde façon Gogol  : un homme voit assis à sa place à son bureau un petit homme singe que personne mis à part lui ne voit. Se poursuit avec une louche de boulevard  : trois couples façon xx e siècle s’entrecroisent – l’homme travaille, la femme fait les courses, la cuisine, et parfois déprime. Et débouche sur un quiproquo au goût de risotto  : une invitation à dîner qui n’atterrit pas dans le bon caddie. Le tout sur fond de fascinante scénographie conçue par Sophie Perez, mélangeant passerelle et riches escaliers mordorés façon palace, avec des couleurs minérales de coquillages-grottes préhistoriques  : quelque chose du monde du travail en mode Tati et un doigt de surréalisme version Dali. Cette pièce écrite par l’incasable Rémi de Vos, dont de nombreux textes ont déjà été montés au Rond-Point, Jean-Michel Ribes la voit comme une « mosaïque de bizarreries », une « polyphonie des ego ». Quelques échanges mémorables Et c’est vrai qu’à partir d’une intrigue somme toute assez simple se déploie au plateau un mille-feuilles de tonalités qui permet à Kadoc d’échapper sans cesse à l’attendu. Sur le thème des relations de travail, dans ce qu’elles peuvent avoir d’angoissant et de révélateur des bassesses humaines, Kadoc navigue entre satire, vaudeville et franche déconnade avec un certain bonheur. En orchestrant avec fluidité Kadoc au Rond-Point. l’enchaînement des face-à-face sur son grand plateau en open space, Jean-Michel Ribes fait respirer l’écriture composite de l’auteur. L’ensemble est porté par une belle distribution. Le poète Jacques Bonnaffé dans son camaïeu de rouges, chaussures framboise et veste écossaise, incarne subtilement un Wurtz fantasmé par ses collègues comme chef tyrannique, qui, à domicile, se métamorphose en « tout petit amour » d’une épouse franchement barrée (irrésistible Marie-Armelle Deguy). Gilles-Gaston Dreyfus est excellent en lâche carriériste, mâle oméga si con qu’il traite tout le monde de con, hors sa femme ni pute ni soumise, mais pas loin (malicieuse Anne-Lise Heimburger). Les époux Schmertz, enfin, (fragiles et émouvants Caroline Arrouas et Yannick Landrein) incarnent la génération xxi e siècle, plus sensible, plus humaine, qui peine à se faire une place dans ce monde cruel. La pièce gagnera certainement à s’accélérer dans sa première partie, ponctuée de quelques échanges mémorables, et progresse sur un mode crescendo vers une fin très drôle. C’est dans la cruauté, la noirceur, que Kadoc éclate, qu’on éclate de rire, quand il ne reste plus rien à sauver de l’ordinaire sociabilité. Clic-clac Kadoc. On peut retirer les masques. Nos portraits sont tirés. éric Demey Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- Delano-Roosevelt, 75008 Paris. Du 26 février au 5 avril à 21h, le dimanche à 15h. Relâche le lundi et les 1 er, 3 et 29 mars. Durée  : 1h30. Giovanni Cittadini Cesi
Simon Gosselin Vincent Pontet Laurent Natrella en double de Daniel Pennac. arrive mais qu’il peut même se livrer à une parfaite analyse grammaticale de ce pronom adverbial autrefois si hermétique. Si le texte de Chagrin d’école est savoureux et les anecdotes piquantes, le titre rappelle aussi à quel point une enfance peut être blessée par critique l’institution. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le roman a trouvé un écho chez Laurent Natrella, l’ancien sociétaire de la Comédie-Française avouant dans sa note d’intention qu’il fut un « gentil cancre » glanant plutôt les prix de camaraderie que les prix d’excellence. Enseignant par ailleurs le théâtre, il partage aussi avec l’auteur des Malaussène cette expérience de la pédagogie. Mais même sans cette communauté de parcours, Laurent Natrella est un acteur suffisamment aigu pour incarner avec finesse et humour Chagrin d’école, dans l’adaptation et la mise en scène rythmée de Christèle Wurmser. Habits sombres et baskets blanches  : tel se présente le pédagogue devant sa classe matérialisée par un bureau et des chaises en bois. Aux élèves présents en voix off, et devant un tableau où s’affichent en direct de charmants dessins et d’énormes fautes d’orthographe, Laurent Natrella apporte sa bienveillance, sa tendresse parfois teintée de mélancolie, et son humanité. Une plongée dans l’enfance doublée d’une belle réflexion sur la transmission et la pédagogie. Isabelle Stibbe Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, 75009 Paris. Du 25 février au 11 avril 2020. Du mercredi au samedi à 19h. Tél. 01 42 80 01 81. Pelléas et Mélisande Odéon – Les Ateliers Berthier/De Maurice Maeterlinck/MES Julie Duclos Pour aborder Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck, Julie Duclos continue de déployer son langage à la lisière du théâtre et du cinéma. Subtilement, elle fait cohabiter le concret de la pièce et son inquiétante étrangeté. Elle donne à voir et à entendre tous les silences, tous les secrets qui se logent derrière ses mots. En s’emparant de Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck, Julie Duclos met à l’épreuve l’approche de la scène qu’elle développe depuis Fragments d’un discours amoureux d’après Roland Barthes (2010) avec un même noyau d’acteurs issus comme elle du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Créée lors de la dernière édition du Festival d’Avignon, cette pièce est sa première excursion hors des chemins de l’écriture de plateau, dont Pelléas et Mélisande. relevait pleinement Masculin/Féminin (2012), où elle juxtaposait interviews, vidéos, performances dansées, voix ou encore textes joués. Un mode de création qui a aussi largement nourri Nos Serments (2016) et MayDay (2017), adaptations de La Maman et la putain de Jean Eustache et du roman éponyme de Dorothée Zumstein. En s’emparant pour la première fois d’une pièce déjà existante, et rendue célèbre par certaines mises en scène – Claude Régy l’a par exemple montée, de même que plusieurs autres pièces de Maeterlinck, chez qui il trouvait tous les espaces nécessaires à son cher silence –, c’est à l’histoire de sa discipline que se confronte Julie Duclos. Grâce à un tissage très subtil entre images filmées et théâtre, une scénographie remarquable d’Hélène Jourdan et une distribution de la même qualité, la jeune metteure en scène est à la hauteur de la poésie singulière de Pelleas et Mélisande. Elle en remue toutes les ombres et les lumières, toutes les évidences et tous les secrets. Un amour invisible Dès le film qui ouvre le spectacle, Julie Duclos affirme sa maîtrise de l’image, et surtout sa capacité à la mettre au service d’une écriture en évitant l’écueil du spectaculaire, de la séduction. La rencontre en forêt de Mélisande (Alix Riemer, que l’on retrouve dans toutes les pièces de la metteure en scène), échappée d’on ne sait où pour une raison tout aussi obscure, et Golaud (Vincent Dissez), petit-fils du roi Arkël (Philippe Duclos) y apparaît comme une énigme. Comme une légende que l’étrangeté place au-delà des époques. L’écran de tulle se relève, et c’est tout naturellement que les comédiens prennent le relai de l’image. Dans une partie de l’esquisse de château qui sert de décor à toutes les scènes jouées, l’annonce du mariage de Golaud et de Mélisande apparaît comme une chose lointaine. Matérialisés par une fenêtre où s’engouffre le regard de Philippe Duclos, l’extérieur, la nature semblent soumettre les humains à des lois qui les dépassent. L’amour qui naît bientôt entre l’étrangère et Pelléas (Matthieu Sampeur), demifrère de Golaud, est traité avec la même distance qui, loin de désincarner les personnages, les charge d’une profondeur métaphysique que le spectateur a loisir d’interpréter à sa guise. De même que les signes quasi-apocalyptiques qui participent de la « tragédie quotidienne » et intemporelle de Maeterlinck. Anaïs Heluin Odéon – Les Ateliers Berthier, 1 rue André- Suarès, 75017 Paris. Du 25 février au 21 mars 2020, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h. Tél. 01 44 85 40 40. www.theatre-odeon.eu Également du 25 au 29 mars aux Célestins, théâtre de Lyon, et les 2 et 3 avril au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale. Spectacle vu lors du Festival d’Avignon 2019. 10 — 28 MARS 2020 GWENAËL MORIN/ANTONIN ARTAUD LE THÉÂTRE ET SON DOUBLE 1 ER – 4 AVR. 2020 ESZTER SALAMON MONUMENT 0.6  : HÉTÉROCHRONIE/PALERMO 1599 – 1920 23 — 30 AVR. 2020 THOMAS SCIMECA ANNE-ÉLODIE SORLIN MAXENCE TUAL JAMAIS LABOUR N’EST TROP PROFOND 24 – 30 AVR. 2020 CHRISTOPH MARTHALER DAS WEINEN (DAS WÄHNEN) 10  € POUR TOUS AVEC LA CARTE ! RÉSERVATIONS/INFORMATIONS PRATIQUES nanterre-amandiers.com +33 (0)1 46 14 70 00 théâtre 7 la terrasse 285 mars 2020



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