La Terrasse n°285 mars 2020
La Terrasse n°285 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : les talents européens du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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hors-série – visages de la danse 2020 XX la terrasse 285 mars 2020 CHORÈGEc... entretien/Hofesh Shechter Political Mother Unplugged Théâtre de la Ville/Les Abbesses/Chor. Hofesh Shechter Pour marquer le 10 e anniversaire de sa création, le chorégraphe britannique d’origine israélienne crée une nouvelle version de sa pièce iconique  : Political Mother Unplugged. Political Mother a été créé en 2010, et vous en donnez une nouvelle version. Comment considérez-vous cette œuvre au miroir du temps ? Hofesh Shechter  : Malheureusement, il y a dans Political Mother des thèmes que je trouve toujours extrêmement pertinents. La pièce évoque un contexte de pression sociale, un certain rapport aux dirigeants, une fascination pour les rock stars ou les meneurs de tous bords, et en particulier les manières dont les gens vivent à l’ombre du pouvoir. Elle suscite des questionnements sur le totalitarisme, le nationalisme, etc. C’est terriblement actuel ! Pour moi, c’est formidable de ramener cette pièce sur le devant de la scène, surtout avec des interprètes très jeunes. Et c’est bien d’avoir à confier Political Mother à ces jeunes gens avec de nouveaux éléments, par exemple, d’avoir des animations qui projettent un paysage virtuel. Cela donne un tout nouveau point de vue qui me semble plus connecté aux générations actuelles et aux médias de notre temps. Tous ces écrans qui ne sont pas la vraie vie mais qui y ressemblent sont très représentatifs de notre société. Donc je suis très enthousiaste à l’idée de réinventer la pièce. Vous êtes également le compositeur de Political Mother. Quels sont les changements musicaux que vous avez opérés pour cette nouvelle version de votre partition ? H. F.  : Les premières versions de Political Mother da Développement..n.L Ch.rédjaPh"My. National F Falaise 1),04 E pt s 18 e festival 12 19 mai 2020 à Falaise faisaient appel à des musiciens sur le plateau, notamment pour Political Mother Choreographer’s cut avec vingt-quatre musiciens et seize danseurs. Pour la version « Unplugged » j’ai enregistré les musiciens en studio. Donc le son est toujours là, mais cette nouvelle opportunité de le mixer me permet de le peaufiner et me donne plus de contrôle sur la musique pendant le spectacle. C’est peut-être un peu moins sauvage mais j’ai la possibilité de créer une partition sur mesure pour le spectacle. Avez-vous également modifié la chorégraphie ? H. F.  : Je l’ai revue pour mieux s’accorder avec notre époque et des danseurs plus jeunes. Et les vidéo projections des animations impliquent un flux différent. Donc forcément j’ai effectué des modifications. Pensez-vous que les choses sont pires, politiquement parlant, que lors de la création initiale ? H. F.  : Ce n’était déjà pas très engageant à l’époque ! Pour être honnête, l’humanité n’a pas vraiment trouvé sa place depuis 2000 ou 3000 ans. Nous sommes dans une phase de transition je pense… ou plutôt j’espère. Nous sommes coincés quelque part entre une sorte de singe très primitif et un progrès très avancé. Nous réagissons toujours à une forme d’instinct profond dont il est difficile de dire qu’il ut SOS avril Political Mother d’Hofesh Shechter. « Nous sommes coincés quelque part entre une sorte de singe très primitif et un progrès très avancé. » peut nous aider. Donc la différence entre il y a dix ans et maintenant… Peut-être sommesnous plus conscients au niveau écologique, plus avertis d’un désastre qui s’annonce. Mais j’ai peu d’espoir que les humains deviennent plus intelligents, par exemple en arrêtant de entretien/Alan Lucien Øyen se tuer les uns les autres. J’ai l’impression que ce n’est pas pour tout de suite... L’optimisme reste quoi qu’il en soit une donnée subjective. On n’a toujours pas trouvé le bon chemin, mais il reste de l’espoir  : on peut toujours essayer ! Propos recueillis par Agnès Izrine Théâtre de la Ville/Les Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. Du 3 au 25 avril. Du 3 au 24 à 20h. Les 5 et 25 à 15h. Relâche les lundis 6 et 13. Durée  : 1h. Tél. 01 42 74 22 77. Paris l’été. Lycée Jacques Decour. Du 22 au 25 juillet 2020. Alan Lucien Øyen crée pour le Ballet de l’Opéra de Paris Palais Garnier Artiste en résidence au Ballet national de Norvège et chef de file d’une nouvelle génération de chorégraphes scandinaves, Alan Lucien Øyen crée ce printemps pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Vous allez travailler pour la première fois avec le Ballet de l’Opéra de Paris. Que ressentez-vous à l’idée de cette collaboration ? Alan Lucien Øyen  : C’est en effet ma première fois et j’en suis très excité. Cette compagnie est l’une des meilleures au monde. Je sens une grande ouverture d’esprit de la part des danseurs et une intense curiosité à l’idée d’expérimenter quelque chose de nouveau. C’est à la fois inspirant et motivant. Travailler avec les danseurs du Tanztheater Wuppertal et maintenant avec ceux du l’Opéra est-il différent d’une création pour votre compagnie ? A.L. Ø.  : Oui et non. J’approche chaque compagnie que je rencontre et chaque processus de création de la même façon  : « starting over », recommencer avec les personnes qui sont en face de moi. La pièce que nous finirons par créer sera le résultat de notre rencontre. Cela dit, j’utilise autant, voire plus, le théâtre que la danse, je suis donc sûr que travailler avec moi sera une expérience différente pour les danseurs de l’Opéra. Mais c’était également le cas pour les danseurs légendaires du Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch. Vos pièces sont en effet très théâtrales. Y-aura-t-il beaucoup de texte dans celle-ci ? A.L. Ø.  : J’aspire à écrire pour les danseurs de l’Opéra et Helena Pikon, du Tanztheater Wuppertal, se joindra à nous dans ce processus. Il y aura dans cette création une étroite fusion entre les mots et les mouvements. Peut-être n’y-aura-til pas vraiment beaucoup de texte, qui sait ? Je suis constamment préoccupé par l’idée de mise en scène dans la vie de tous les jours. Y a-t-il une différence entre réalité et fiction ? Je trouve que c’est très souvent une question de perception. La construction de cette pièce viendra du travail en studio avec les danseurs, de nos explorations collectives. Je vais créer pour un assez large groupe de danseurs, mais m’efforcerai de créer quelque chose qui, je l’espère, donnera un sentiment d’intimité. Alan Lucien Øyen. « Il y aura dans cette création une étroite fusion entre les mots et les mouvements. » Pouvez-vous nous parler de la scénographie ? A.L. Ø.  : Je travaille avec Alex Eales et Stine Sjøgren qui s’occupe des costumes. Nous nous inspirons des dioramas et de leur dualité. Ceux des musées d’histoire naturelle en sont de bons exemples. Ce sont des faux évidents  : une peinture sur un mur nu, mais l’animal placé devant est réel, mais mort. Si vous choisissez de croire ce que vous voyez, l’image est saisissante. Mais en même temps, ces tableaux mis en scène sont souvent des réalités qui se mentent à ellesmêmes. Comme nous, qui ne parlons jamais vraiment de ce que nous ressentons. Propos recueillis et traduits par Delphine Baffour Palais Garnier, place de l’Opéra, 75009 Paris. Du 11 avril au 18 mai. Tél. 08 92 89 90 90. www.operadeparis.fr. Durée  : 2h avec 1 entracte. Massimo Leardini Boshua
Olivier Genty/Pascale Cholette temps fort Les Rendez-vous chorégraphiques de Sceaux les gémeaux Point commun des quatre compagnies invitées lors du temps fort danse de la scène nationale  : une technicité hors du commun, un sens du geste jusqu’au bout des muscles, dans une adéquation avec un univers artistique extrêmement léché. Un voyage en haute chorégraphie. C’est Thierry Malandain qui ouvre ces Rendezvous, avec sa toute dernière création pour 22 danseurs. À peine sorti d’une Marie-Antoinette où les interprètes du Ballet Biarritz ont pu s’exercer aux élans du baroque, le chorégraphe montre une nouvelle fois la maîtrise de son écriture et la force de sa troupe à travers un projet plus atemporel, voire abstrait. Et toujours dans une virtuosité puissamment mesurée, par celui qui n’a jamais eu besoin de mettre ses danseuses sur pointes pour prouver quoi que ce soit. Ici, c’est en appui sur la musique de Beethoven qu’ils trouveront l’harmonie d’une Pastorale* montée en hommage au compositeur. Du côté d’Angelin Preljocaj, on remarque que la pièce programmée fait également partie de sa veine plus conceptuelle  : Gravité est en effet une exploration de la force qui nous contraint toutes et tous, que les danseurs ont toujours eu à cœur de défier dans le déséquilibre constant qu’est leur art. C’est presque un retour aux fondamentaux qui s’exerce chez le chorégraphe, engageant ses treize danseurs dans une variation lumineuse sur l’apesanteur. Le ballet des drôles d’oiseaux d’XY Le Ballet de Lyon fait aussi figure d’invité de marque, d’autant qu’il nous réserve un programme signé d’un des plus grands chorégraphes du siècle. Avec des danseurs arrivés au Points Communs Scène nationale de Cergy Pontoise et du Val d’Oise/Escale Danse/Chor. Marcela Santander Corvalán Quietos Marcela Santander Corvalán nous entraîne vers une contrée imaginaire en créant des espaces de dialogue entre les corps, entre les mots, par-delà les époques, pour inventer une danse de l’écoute. « Je chanterai ce que je n’aurai pas voulu chanter ». C’est au creux d’une phrase, tirée de l’unique chanson en occitan du xii e siècle de la trobairitz Beatriz de Dia, qu’est né Quietos. Cette voix lointaine, qui cherche ses mots dans le silence des corps, est la matière première de cette pièce mystérieuse, qui se déroule comme dans un suspens du temps. Marcela Santander Corvalán développe autour de ce premier vers lacunaire, les plis et replis d’un duo, débordant de rêves et de paroles ébauchées, de chants d’oiseaux et de souffles divers, pour créer un espace d’écoute inopiné. C’est le calme après la tempête que suggère Locus Leett4,4tot D. R. Une nuée d’acrobates échappés de la compagnie XY. top d’une haute technicité, l’écriture de Jirí Kylián pourra déployer toute sa complexité, sa sensualité, son humanité. Il nous invite à un voyage entre Mahler, SteveReich et Mozart. Si tout cela est déjà visible dans le duo 14’20», qu’il faut attraper au vol, on se régalera de l’implacable et percutante virtuosité des Falling Angels et de la Petite Mort en forme de combats amoureux. Le projet Möbius s’impose quant à lui par sa singularité. Initiée par les acrobates de haut vol de la compagnie XY, cette création engage la collaboration du chorégraphe Rachid Ouramdane. Ensemble, ils élargissent les contours du langage acrobatique et d’une écriture tendue entre la force et la suspension, osant la délicatesse dans la puissance. Le chorégraphe s’est projeté en eux comme dans une nuée d’oiseaux, pour mieux balayer l’espace de renversantes fulgurances. Nathalie Yokel *Lire notre critique dans ce numéro. La Pastorale, de Thierry Malandain, du 24 au 26 avril 2020. Möbius, de la Cie XY avec Rachid Ouramdane, du 5 au 7 mai 2020. Gravité, d’Angelin Preljocaj, du 15 au 17 mai 2020. 14’20»/Falling Angels/Petite Mort, de Jirí Kylián, du 27 au 29 mai. Quietos de Marcela Santander Corvalán. en espagnol le mot « Quieto », celui qui fait taire aussi les bruits intempestifs. Ici au pluriel, Quietos réverbère l’écho de nos sensations, convoque terre et ciel mêlés et nous invite à tendre l’oreille pour une rencontre imprévue entre la poétesse du Moyen Age et la jeune rappeuse anglaise Kate Tempest. Et si tout avait déjà été dit et qu’il fallait seulement écouter ? Agnès Izrine Points Communs Scène nationale de Cergy Pontoise et du Val d’Oise, Théâtre 95, allée des Platanes, 95000 Cergy. Dans le cadre d’Escale danse. Le 2 avril à 19h30 et le 3 avril à 20h30. Tél. 01 34 20 14 14. Durée  : 1h. 19 20 9-11 MARS BIG SISTERS THÉO MERCIER/STEVEN MICHEL CRÉATION DANSE/ARTS VISUELS BONLIEU-ANNECY.COM Photo Erwan Fichou hors-série – visages de la danse 2020 XXI la terrasse 285 mars 2020



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