La Terrasse n°285 mars 2020
La Terrasse n°285 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : les talents européens du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 4 la terrasse 285 mars 2020 catherine FROT THÉÂTRE DE LA PORTE MARTIN 14 FÉVRIERD U2020 bheabres bhéabres panSlenS parisiens VINCENT DEDIENNE LA CARPE LAPIN ET LE UN CADAVRE EXQUIS DE CATHERINE FROT ET VINCENT DEDIENNE 01 42 08 00 32 PORTE MARTIN.COM MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L’APPLI TICK&LIVE FIMALAC la terrasse rirocicupt rirockupt francetv francety critique L’éveil du printemps Théâtre de la Tempête/DE Frank Wedekind/adaptation et mes Armel Roussel Attention ! Chef-d’œuvre ! Armel Roussel met en scène L’éveil du printemps avec une jubilation, une ardeur, une intelligence et un talent à couper le souffle. Des comédiens irradiants pour un spectacle exceptionnel. Dans l’Allemagne pudibonde et conservatrice de la fin du xix e siècle, un groupe d’adolescents découvre la sexualité et toutes les modalités de la jouissance. Une pièce sulfureuse, tellement scandaleuse en son temps que la censure s’acharna contre elle, au point qu’elle ne fut montée en intégralité que dix ans après la mort de son auteur. Masturbation, sadisme, amour du fouet, viol  : la pièce passe en revue fantasmes et tabous et choisit une forme foisonnante pour exposer les vertiges de l’âge des possibles en proie à la découverte des secrets de la sensualité, des abysses de la métaphysique et des contradictions de la morale. On pourrait s’attendre à ce que notre époque, qui flirte allégrement avec les interdits et se vautre dans le fossé de la pornographie, n’ait rien à découvrir chez Wedekind… Mais c’est sans compter avec Armel critique Deal Roussel et la troupe de comédiens éblouissants qu’il réunit pour actualiser la pièce, son message, son insolence frénétique et son iconoclaste audace. Le texte original est adapté sans être trahi et son lexique est modernisé sans démagogie. La gestuelle des comédiens est celle des enfants de notre siècle. Toutes ces hardiesses offrent l’occasion de pépites de drôlerie à la pertinence et à la justesse sidérantes. Wedekind écrit dans l’hiver de la frigidité bismarckienne  : Armel Roussel transpose son texte avec brio et le fait éclater comme une bombe dans l’ordre compassé du pudibond aujourd’hui. Hymne flamboyant à la jeunesse Les onze comédiens et les deux musicienneschanteuses du groupe Juicy (en alternance avec Elbi) impriment un rythme endiablé à ce Le Centquatre-Paris/Conception et jeu Jean-Baptiste André ET Dimitri Jourde Pour questionner les notions de rencontre, d’altérité, Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde mobilisent leur langage hybride, entre danse et cirque. Ils s’emparent aussi d’un texte incontournable sur le sujet  : Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès. Leur Deal est un échange merveilleux entre disciplines. Pour assister au spectacle Deal, il faut commencer par se délester de ses effets personnels. Imaginé par les danseurs et circassiens Jean- Baptiste André et Dimitri Jourde, puis conçu par le scénographe/constructeur Vincent Gadras et construit par Les Ateliers du Grand T, Scène nationale de Nantes, le dispositif qui nous accueille est trop étroit pour accueillir nos sacs et nos fourrures. Derrière une paroi de tôle ondulée et de plaques translucides, on s’assoit sur des gradins installés autour d’une scène carrée. Nous sommes déjà loin de l’agitation du monde lorsque Jean-Baptiste André entre en piste, et qu’il commence à en faire le tour au pas de course, l’air occupé par une urgence. Assez proches de lui pour tenter de lire un sentiment derrière son expression entêtée, pour entendre son souffle, nous voilà à l’écoute de son langage physique, vite perturbé par l’irruption de Dimitri Jourde. Riches de leurs deux pratiques, ils entament une danse acrobatique où la violence le dispute à une douceur étrange. Deal. Un combat de mots et de gestes Ils ouvrent un bal dont ils ne sont qu’en apparence les seuls participants car nous, spectateurs légèrement penchés sur eux, tentons de trouver le sens et la valeur de leurs gestes. Non comme des arbitres, mais comme des témoins curieux, concernés, que les mots de Bernard-Marie Koltès viennent bientôt guider. « Un deal est une transition commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se définit dans des espaces neutres, indéfinis, et non prévus à cet usage », prononce Jean-Baptiste André entre deux empoignades aussi brutes que gracieuses. Ce sont d’ailleurs elles qui semblent avoir précipité dans la bouche de l’artiste les premiers mots de Dans la solitude des champs de coton  : une didascalie que les deux complices présentent comme l’une de leurs sources d’inspiration principales pour le spectacle. C’est là la belle singularité de ce Deal, dans un paysage circassien qui peine encore souvent à trouver des endroits de dialogue subtils avec le théâtre. Les phrases du client, portées par Jean-Baptiste André, et celles du dealer prises en charge par Dimitri Jourde, n’illustrent jamais la relation complexe, changeante, qui se déploie au plateau. Elles font partie d’une même partition, comme la lumière de Jérémie Cusenier qui passe par toutes les nuances du glauque, et la musique de Jefferson Lembeye dont les stridulations laissent parfois place à des sons inattendus. À un air de country ou un morceau hip hop. La danse très finement écrite à laquelle se livrent les deux hommes est à l’image de toute rencontre, de toute altérité  : elle est pleine d’imprévus qui font rire ou frissonner. Elle bouleverse, et suscite la pensée. Anaïs Heluin Le Centquatre-Paris, 5 rue Curial, 75019 Paris. Du 17 au 19 mars 2020 à 19h30. Tél. 01 53 35 50 94. www.104.fr Benoît Thibaut
Hubert Amiel Gilles Le Mao L’éveil du printemps. texte sans concessions, dont la crudité est infiniment moins indécente que l’hypocrisie des tartuffards, des trouillards, des menteurs et des salauds que sont tous les adultes, au premier rang desquels les parents, qui font assassiner leur fille par une avorteuse plutôt que de subir l’opprobre d’une rejeton né hors mariage, et les enseignants, qui organisent des conseils de discipline pour faire porter la responsabilité du suicide d’un élève à un de ses camarades plutôt que d’assumer leur veulerie coupable. La jeunesse, sa beauté, Hamlet. critique Hamlet ses excès, sa folie jubilatoire, ses espoirs et ses désirs, son sens aigu de la camaraderie et son goût potache de la provocation  : toutes ces extraordinaires vertus, que le renoncement fait oublier à ceux qui n’ont plus l’âge d’en avoir la force, balaient le plateau et y font souffler un grand vent vivifiant et allègre. De la fumée, dans laquelle les lumières d’Amélie Géhin font apparaître des tableaux magnifiques, de la terre qui offre un terrain de jeu protéiforme, quelques bottes de paille et une occupation optimisée de l’espace scénique  : tout est simple et tout est beau. Quant à l’interprétation des comédiens, elle est absolument éblouissante. Ils s’emparent de la quarantaine de rôles que compte la pièce avec une puissance renouvelée à chaque personnage. La sincérité de l’engagement n’a d’égale que la vérité de l’incarnation. Ce spectacle offre la joie incommensurable d’être tour à tour ébloui, bouleversé, scandalisé et hilare. Grâce à Armel Roussel et à tous les artistes fascinants qu’il réunit, on se souvient que castrateurs et barbons sont détestables et, surtout – et qu’il est bon de pouvoir l’éprouver et l’affirmer – que la jeunesse est une promesse admirable ! Catherine Robert Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 27 février au 29 mars 2020. Du mardi au samedi à 20h ; le dimanche à 16h. Tél. 01 43 28 36 36. Durée  : 2h30. La Scène Watteau/d’après William Shakespeare/création collective/adaptation Clément Camar-Mercier/MES Thibault Perrenoud Après Le Misanthrope (2014) et La Mouette (2017), Thibault Perrenoud et les siens portent à la scène Hamlet dans une adaptation profondément vivante, énergique et jubilatoire. Une réussite ! Concentrée, cruellement drôle, profondément tragique, quoique teintée de traits burlesques, voire graveleux  : cette version d’Hamlet menée tambour battant est une franche réussite. Une réussite qui démontre avec éclat grâce au talent de ses protagonistes le génie du grand Will, sa manière unique et éblouissante de mêler toutes les facettes que recèle le dur métier de vivre. En particulier lorsqu’on est le fils d’un père monarque assassiné par son propre frère, et d’une mère qui a prestement épousé ce frère devenu roi. Comment vivre lorsqu’on passe ainsi sans transition du buffet des funérailles à celui des noces, et que le spectre du défunt père réclame justice ? Les mots seront l’arme vengeresse du jeune Hamlet, la folie son masque, et le théâtre son moyen pour découvrir le coupable et saisir la vérité. Avec des dommages collatéraux importants, dont la mort de la douce Ophélie. Orchestrant l’équilibre entre le sublime, le poétique et le trivial, la partition caracole et emporte dans un tourbillon haletant et captivant. Thibault Perrenoud et les siens ont atteint leur but  : « adapter à notre époque une condition jouissive de spectateur qui était propre à l’époque élisabéthaine. » L’adaptation et la traduction de Clément-Camar Mercier, qui a déjà signé celles de La Mouette en 2017, puis celle de Richard II dans lequel Thibault Perrenoud tenait le rôle-titre, participent pleinement à la vivacité et à la force de frappe de l’ensemble. Vitalité et précision La scénographie et son dispositif tri-frontal rappellent la circularité et le goût du jeu qui caractérisent les théâtres de l’époque élisabéthaine, dont le fameux Théâtre du Globe. D’abord témoins voire pour certains convives attablés lors du banquet de noces, les spectateurs rejoignent ensuite les gradins lorsque la mise en abyme du théâtre l’exige. Jouant de l’équilibre entre distanciation complice et plongée au cœur de situations poignantes, la partition emporte l’adhésion. Un quintet de très bons comédiens endosse tous les rôles, entretenant une savoureuse et pertinente - voire freudienne - association entre la mère et l’amante (Aurore Paris dans les rôles de Gertrude et Ophélie), le père défunt et l’oncle usurpateur (Pierre-Stefan Montagnier dans ceux du spectre et de Claudius), le père et le fils (Guillaume Motte dans ceux de Laërte et Polonius). Mathieu Boisliveau interprète Horatio, et Thibault Perrenoud Hamlet, pivot central et omniprésent, coincé entre ses pensées obsédantes et son désir de vengeance. Une mise en scène où la tragédie se laisse guider par le plaisir du jeu. Agnès Santi La Scène Watteau, place du Théâtre, 94130 Nogent-sur-Marne. Du mercredi 11 au samedi 21 mars à 20h30, sauf le dimanche à 16h, relâche le lundi. Tél. 01 48 72 94 94. Spetacle vu au Théâtre de la Bastille. Durée  : 2h10. Puis les 21 et 22 avril 2020 au Théâtre Firmin Gémier-La Piscine, Chatenay-Malabry. Le 30 avril 2020 à la Scène des Trois Ponts, Castelnaudary. Le 19 mai 2020 au Théâtre Paul éluard, Choisy-le-Roi. Théâtre DIRECTION de la Ville ESPACE R CARDIN LES SORCIÈRES DE SALEM ARTHUR MILLER EMMANUEL DEMARCY-MOTA 10 MARS - 4 AVRIL 2020 REPRISE Un ballet diabolique porté par des acteurs tranchants. Télérama Une conviction si ferme qu’elle emporte l’adhésion. Le Monde Une complète réussite ! La Terrasse AVEC LA TROUPE DU THÉÂTRE DE LA VILLE ÉLODIE BOUCHEZ, SERGE MAGGIANI, SARAH KARBASNIKOFF PHILIPPE DEMARLE, SANDRA FAURE, JAURIS CASANOVA LUCIE GALLO, JACKEE TOTO, MARIE-FRANCE ALVAREZ STÉPHANE KRÄHENBÜHL, ÉLÉONORE LENNE, GÉRALD MAILLET GRACE SERI, CHARLES-ROGER BOUR ÉMILIE PAILLOT GRAPHISTE JEAN-LOUIS FERNANDEZ – LICENCES 1-1096564/1-1056307/2-1051017/3-1051015 théâtre 5 la terrasse 285 mars 2020



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