La Terrasse n°285 mars 2020
La Terrasse n°285 mars 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de mars 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : les talents européens du théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
théâtre 18 la terrasse 285 mars 2020 théâtres parisiens aSSOCIOS.COM entretien/Declan Donnellan La Tragédie du vengeur Les Gémeaux/De Thomas Middleton/MES Declan Donnellan/première en France Pour leur premier spectacle en langue italienne, le metteur en scène anglais Declan Donnellan et son complice scénographe Nick Ormerod créent La Tragédie du vengeur de Thomas Middleton. Intrigues, corruption, soif de pouvoir… Une plongée dans les affres du ressentiment et du besoin de vengeance. Avec La Tragédie du vengeur, vous dirigez pour la première fois des comédiennes et comédiens italiens. Diriez-vous que ces interprètes ont une culture de jeu différente des actrices et acteurs anglais ? Declan Donnellan  : Ayant eu l’occasion de travailler avec des comédiens français, anglais, russes, italiens, finlandais, j’ai pu observer que chaque acteur est encore plus différent d’un autre acteur, qu’une langue peut être différente d’une autre langue. Néanmoins, les défis auxquels les interprètes sont confrontés restent toujours les mêmes. Il n’y a pas de problème de frontière dans l’expression de la nature humaine, contrairement à l’expression de la culture et de la politique. Vérifier une fois de plus cet état de fait, en Italie, avec le Piccolo Teatro, a été une expérience merveilleuse. Si l’on est ouvert à la vie que révèle le moment présent, si l’on ne réduit pas son processus de travail à des codes de jeu rigides et précuits, on peut alors éprouver de nouvelles possibilités de relations et de sens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, au théâtre, l’art de l’acteur a toujours le premier et le dernier mot. Qu’est-ce qui vous semble le plus intéressant dans la pièce de Thomas Middleton ? D. D.  : En prenant sa revanche sur ceux qui lui ont fait du mal, Vindice, le personnage central DU 21 JANV. I1 AU 05 AVR. MAJORANA 370 LA DISPARITION ÉNIGMATIQUE D'UN GÉNIE VISIONNAIRE (MISE EN SCÈNE = Xavier Gallois) (TEXTE = Florient Azoulay + Élisabeth Bouchaud) (ASSISTANTE À LA MISE EN SCÈNE = Sandrine Delsaux) (JEU = Manon Clavel + Sylvain Debry + Méciane Ferrat + Benjamin Guillet + Jean- Baptiste Le Vaillant+ Marie-Christine Letort + Alexandre Manbon + Simon Rembado) (SCÉNO. = Luca Antonucci) (CRÉA. MUSICALE = Olivier Innocenti) (CRÉA. SONORE = Florent Dalmas) (CRÉA. LUMIÈRES = = Matthieu Ferry) (COSTUMES = Delphine Treanton) PROD. : RBID PRODUCTIONS & ANTISTHÈNE/ILLUSTRATION : Clément Vuillier de La Tragédie du vengeur, est emporté dans une suite d’événements chaotiques qui interrogent les fondements mêmes de son identité. Cette pièce semble parfois célébrer l’artificialité, la représentation et les fauxsemblants. Mais Middleton émet l’hypothèse que l’authenticité peut être, elle-même, un leurre. Bien sûr, il n’apporte aucune réponse définitive. Et moi non plus. Il est important de se rendre compte que chacun d’entre nous prend du plaisir à punir les autres, particulièrement lorsque nous pensons être du côté « du droit ». Au xvii e siècle, les auteurs n’avaient pas peur d’aborder des sujets subversifs. Bon nombre de ces thèmes ont été repris au siècle dernier, notamment par des écrivains comme Jarry et Artaud. Parmi ces thèmes, le besoin de vengeance, le besoin de haïr, font aujourd’hui encore partie des sentiments les plus puissants que nous pouvons ressentir. Il s’agit de l’autre visage de la nostalgie  : l’incapacité de se libérer de certaines situations, des tragédies, des événements qui nous submergent. Qu’est-ce qui rend, selon vous, La Tragédie du vengeur aussi proche de notre époque ? D. D.  : Les textes vraiment bons parlent toujours « de maintenant », car ils explorent les recoins de la condition humaine. Bien sûr, comme toutes les grandes pièces, La Tragédie Nous sommes dans le plaisir du théâtre. Une pièce passionnante autant que foisonnante, portée par une troupe de comédiens épatants. Un travail artistique remarquable. La Tragédie du vengeur. « Au théâtre, l’art de l’acteur a toujours le premier et le dernier mot. » du vengeur pose des questions à la fois hautement politiques et hautement intimes. Mais elle pose des questions différentes à chacun d’entre nous. Car il est dans notre nature de nous placer au centre de l’univers. Lorsque nous nous trouvons face à une pièce qui parle d’identité, de corruption, Penthésilée de consumérisme, de faillite morale, nous la trouvons forcément « tellement moderne ». Mais il suffit de regarder l’histoire du monde pour réaliser que les mêmes comportements se reproduisent encore et encore. Entretien réalisé et traduit de l’anglais par Manuel Piolat Soleymat Théâtre Les Gémeaux, Scène Nationale, 49 av. Georges-Clemenceau, 92330 Sceaux. Du 18 mars au 2 avril 2020, du mardi au samedi à 20h45, le dimanche à 17h. Tél. 01 46 61 36 67. www.lesgemeaux.com Théâtre de Sartrouville et des Yvelines/DE Heinrich von Kleist/traduction Eloi Recoing ET Ruth Orthmann/version scénique et mes Sylvain Maurice Après le succès du festival Odyssées en Yvelines, place à une autre création. Sylvain Maurice porte à la scène Penthésilée de Kleist, une pièce monstre avec l’immense Agnès Sourdillon, entourée de chanteuses et musiciens. « Redécouvrant Penthésilée, je m’émerveille d’une œuvre aussi profonde, aussi inspirée, aussi étonnante. » C’est au texte de Kleist que Sylvain Maurice se réfère, texte qui réinvente le mythe grec et complexifie le portrait de la Reine des Amazones, qui contrairement à la version initiale ne succombe pas sous les coups d’Achille mais le met en pièces dans un accès de fureur. Comme Phèdre ou Médée, Penthésilée est une amoureuse dévorée par sa passion, déchirée par ses conflits intérieurs. L’auteur romantique allemand éclaire en effet l’impasse tragique de la guerrière amazone, confrontée à une insoluble contradiction  : elle est tenue par la loi de son peuple exclusivement féminin, qui a survécu à la barbarie, loi qui interdit l’attachement amoureux et ne tolère l’accouplement qu’à des fins de reproduction, mais elle aime le héros grec Achille, qui l’aime en retour. Le metteur en scène a resserré l’intrigue autour du personnage central, et conçu la trame narrative afin de réaliser en un geste créatif original le portrait d’une femme et celui d’une actrice. Agnès Sourdillon est ainsi à la fois narratrice omnisciente et personnage qu’elle investit de toute la finesse psychologique de son jeu. Agnès Sourdillon, aède d’aujourd’hui « Agnès Sourdillon sera une sorte de rhapsode ou d’aède, comme on en trouve aux origines du théâtre grec, mais au fur et à mesure de la représentation elle deviendra Penthésilée. Ce déplacement, du récit à l’incarnation, Penthésilée, avec Agnès Sourdillon. constitue le projet du spectacle » précise Sylvain Maurice, qui modèle ici un matériau théâtral porté par une forte relation de confiance avec son interprète. Peut-on s’affranchir de son passé et de ses héritages ? La question se déploie dans une épure quasi archaïque, sans psychologisation. Et à nouveau, comme lors de précédentes mises en scène – Réparer les vivants d’après Maylis de Kerangal ou Œdipe d’après Sénèque –, le metteur en scène mobilise ensemble jeu théâtral et résonance musicale. Complice de longue date, le bassiste, contrebassiste et compositeur Dayan Korolic a imaginé une partition pour quatre chanteuses issues de musiques actuelles, entre beatbox soul, trip hop funk et world, soit une sorte de chœur dédoublant la figure de l’héroïne et structurant les étapes de la fable. Mathilde Rossignol, Janice in the Noise, Ophélie Joh et Julieta sont accompagnées par Dayan Korolic et par un second instrumentiste, Paul Vignes. Une redécouverte inédite du récit, à l’écoute de l’universalité du mythe. Agnès Santi Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, Centre Dramatique National, place Jacques-Brel, 78500 Sartrouville. Du 4 au 27 mars 2020, mercredi et vendredi à 20h30, jeudi à 19h30, samedi à 17h, relâche lundi, mardi et dimanche. Tél. 01 30 86 77 79. www.theatre-sartrouville.com Elisabeth Carecchio Masiar Pasquali
Pascale Cholette Un spectacle immersif. Le caractère très ambitieux de cette adaptation théâtrale, ne serait-ce qu’au regard de la complexité de l’intrigue romanesque, objet de surcroît il y a presque vingt ans d’une brillante adaptation cinématographique restée dans les esprits, pourrait faire douter. First Trip offre une nouvelle et belle occasion de se méfier des jugements a priori. Car le résultat est épatant. Katia Ferreira, qui a su s’agréger toutes les compétences nécessaires à la mise en œuvre de son ambition, maîtrise de bout en bout le récit et le déploie en ne sacrifiant rien aux différentes dimensions romanesques « pour décrire l’innocence déchue et les espoirs irrésolus d’une jeunesse désespérément en quête de sens ». Elle parvient à rendre sensible l’ensemble des variations narratives dans un spectacle immersif tour à tour onirique, romantique, mélancolique, comique, terrifiant. Pourquoi ces cinq sœurs, adolescentes, filles d’une famille puritaine de l’Amérique pavillonnaire des années 1970 ont-elles choisi de mettre fin à leurs jours alors que rien ne pouvait le laisser présager ? Un rythme soutenu Sur le plateau, vingt ans plus tard, les protagonistes, garçons proches des jeunes filles à l’heure des premiers vertiges érotiques, devenus hommes et pères de famille décidés à en finir avec l’obsession qui les taraude depuis le drame, insatisfaits des réponses données par les institutions, mènent l’enquête. Et les critique First Trip Le Monfort théâtre/d’après Jeffrey Eugenides/traduction Marc Cholodenko/adaptation Katia Ferreira ET Charly Breton/MES Katia Ferreira Cette adaptation théâtrale de Virgin Suicides, roman de Jeffrey Eugenides porté à l’écran par Sofia Coppola à la fin des années 90, est menée de main de maître par la metteuse en scène Katia Ferreira. Le public adolescent, particulièrement visé par ce tragique conte contemporain, est singulièrement touché. Les Plateaux Sauvages/conception, texte et jeu Amine Adjina, Gustave Akakpo ET Métie Navajo La Diversité La diversité est-elle une variable d’ajustement pour un nouveau langage théâtral non genré, multiple et unitaire ? Telle est la question dont débattent Amine Adjina, Gustave Akakpo et Métie Navajo sur la scène des Plateaux Sauvages. Baptiste Muzard enquêteurs, acteurs investis d’une parole performative, avec beaucoup de naturel, nous entraînent, entre souvenirs et fantasmes, réalité et imaginaire, dans les méandres du développement de l’intrigue. À leurs prestations, celles des cinq jeunes filles n’ont rien à envier. Pas plus que celles des autres comédiens. Il faut aussi souligner la dextérité avec laquelle la pièce incorpore dans des scènes choisies les acteurs amateurs, lycéens invités à monter sur le plateau à point nommé. La scénographie stylée, modulable et pleine de ressources, entre en parfaite cohérence avec la dramaturgie au rythme soutenu, et relevée par le recours à la vidéo. Un lieu emblématique de l’adolescence, le gymnase du lycée, sert de cadre au déploiement de l’intrigue. Côté jardin, une oldsmobile, qui ne fera pas que de la figuration, tient l’avantscène. En fond de plateau, la façade de la maison bleutée retient le mystère que la pièce éclaire avec sensibilité et sans ostentation. Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Le Monfort Théâtre, parc Georges-Brassens, 106 rue Brancion, 75015 Paris. Du jeudi 12 mars au dimanche 22 mars 2020. Du jeudi 12 au jeudi 19 mars 2020 à 20h30. Et dans le cadre du festival (des)illusions  : le vendredi 20, le samedi 21 à 20h30, le dimanche 22 à 18h. Durée  : 2h55 (avec entracte). Tél. 01 42 36 00 50. Spectacle vu au Théâtre- Sénart, Scène nationale. Amine Adjina, Métie Navajo et Gustave Akakpo, co-auteurs de La Diversité. « Nous sommes photogéniques ensemble, tout le monde nous le dit, lancent non sans humour Amine Adjina, Gustave Akakpo et Métie Navajo. Mais nos trois belles gueules sur l’affiche publicitaire multicolore et photoshopée de la société française suffisent-elles à masquer la persistance de tant de formes de discriminations sociales et raciales ? » Les trois auteurs et interprètes de la conférence participative sur la diversité présentée aux Plateaux Sauvages (un questionnaire est préalablement soumis aux publics) avouent ne pas être certains de pouvoir apporter une réponse définitive à cette question. Ils déclarent, surtout, ne pas forcément être d’accord entre eux. C’est donc pour essayer de démêler ce sujet qu’ils nous invitent à venir réfléchir avec eux. Ceci, en vue de faire émerger ensemble les outils de transformation de notre société. Tout en se demandant si le mot de diversité n’est pas, souvent, un piège… Manuel Piolat Soleymat Les Plateaux Sauvages, 5 rue des Plâtrières, 75020 Paris. Du 30 mars au 3 avril 2020 à 20h. Tél. 01 83 75 55 70. www.lesplateauxsauvages.fr également les 4 et 5 mai 2020 au Théâtre La Passerelle - Scène nationale des Alpes du Sud à Gap. 18/29 mars 2020 campana cirque trottola zaoum – Philippe Laurençon – Licences  : 1-1063253, 1-1063254, 1-1079463, 2-1063255, 3-1063256 virgile kevin keiss D 11111›.-%.4..) I. maëlle poésy r PÔLE I. NATIONAL CIRQUE à l'espace cirque antony theatrefirmingemier-lapiscine.fr ith Téléramil'F f jP.F1.ry Okriiit Opligt'd'ILI+ VilL4FSyri syli At. " Téléram'10f% ci:France nederance 1é PiE{iI.E F. théâtre 19 la terrasse 285 mars 2020



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 1La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 2-3La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 4-5La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 6-7La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 8-9La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 10-11La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 12-13La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 14-15La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 16-17La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 18-19La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 20-21La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 22-23La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 24-25La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 26-27La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 28-29La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 30-31La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 32-33La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 34-35La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 36-37La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 38-39La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 40-41La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 42-43La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 44-45La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 46-47La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 48-49La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 50-51La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 52-53La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 54-55La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 56-57La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 58-59La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 60-61La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 62-63La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 64-65La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 66-67La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 68-69La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 70-71La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 72-73La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 74-75La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 76-77La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 78-79La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 80-81La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 82-83La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 84-85La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 86-87La Terrasse numéro 285 mars 2020 Page 88