La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 8 la terrasse 284 février 2020 théâtres parisiens aSSOCIOS.COM L—v—) w I o z < _1 co w z <.1 VENDREDI 7 FÉVRIER À 20H30 SAMEDI 8 FÉVRIER À 18H30 MAISON DE LA MUSIQUE THÉÂTRE/CIRQUE/DANSE DEAL Jean-Baptiste André Dimitri Jourde 19-20 Maison de la MUSIQUE de nanterre www.maisondelamusique.eu *AP LA TERRASSE 187x121(DEAL).indd 1 10/01/2020 13:33 DU 21 JANV. 1-1 AU 05 AVR, MAJORANA 370 LA DISPARITION ÉNIGMATIQUE D’UN GÉNIE VISIONNAIRE (MISE EN SCÈNE = Xavier Gallois) (TEXTE = Florient Azoulay + Élisabeth Bouchaud) (ASSISTANTE À LA MISE EN SCÈNE = Sandrine Delsaux) ()EU = Manon Clavel + Sylvain Debry + Mégane Ferrat + Benjamin Guillet + Jean-Baptiste Levaillant + Marie-Christine Letort + Alexandre Manbon + Simon Rembado) (SCÉNOGRAPHIE = Luca Antonucci) (CRÉATION MUSICALE = Olivier Innocenti) (CRÉATION SONORE = Florent Dalmas) (CRÉATION LUMIÈRES = Matthieu Ferry) (COSTUMES = Delphine Treanton) Production : RBID Productions/ILLUSTRATION  : Clément Vuil lier LA REINE BLANCHE, 2 bis passage Ruelle — PARIS/reineblanche.com critique Toute nue Théâtre Paris-Villette/d’après Georges Feydeau ET Lars Norén/MES émilie Anna Maillet à la croisée des écritures de Georges Feydeau et Lars Norén, la metteuse en scène émilie Anna Maillet réinvente Mais n’te promène donc pas toute nue ! en questionnant les rapports de domination qu’exercent les hommes sur les femmes et, plus spécialement, les maris sur leurs épouses. Une réussite qui déploie toute l’intelligence de la comédie. Voici une création qui ne se laisse aller à aucune longueur. Aucune forme de retenue ou d’atermoiement. Une création menée tambour battant qui, néanmoins, creuse Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Georges Feydeau par le biais de nombreuses récurrences et répétitions. Dans cette comédie d’une heure et dix minutes mise en scène par la talentueuse émilie Anna Maillet, Madame Ventroux, épouse d’un député qui pourrait bien sous peu devenir ministre de la Marine (et peut-être même un jour, qui sait, président de la République…), ne cesse de se voir reproché par son mari ses tenues trop légères. Car Romain de Jaival, un journaliste du Figaro souhaitant interviewer l’homme politique, est présent chez le couple. Ainsi que le maire de critique La Lune en plein jour Théâtre de la Huchette/de et avec Marina Tomé/MES Anouche Setbon Dans un seul-en-scène qu’elle a écrit et interprète, Marina Tomé affronte ses blessures identitaires. Elle livre un spectacle incisif et drôle à la portée aussi universelle que stimulante. Cela commence par un dialogue entre une mère et sa fille. La petite a six ans et réclame que lui soit racontée l’histoire maintes fois entendue des femmes de leur lignée. Une histoire qui remonte à la Pologne des pogroms, point de départ d’un exil en Argentine luimême fui pendant la dictature militaire par les parents de Marina Tomé. L’enfant avait alors quatre ans et demi et bien qu’intégrée en France, elle s’aperçoit, une fois adulte, qu’après chaque voyage dans son pays natal, le retour dans son pays d’accueil est suivi d’une profonde dépression. Or, le moins que l’on puisse dire de la personnalité de Marina Tomé, est qu’elle est constituée par un besoin viscéral de comprendre. Comprendre pourquoi elle se sent arrachée à l’Argentine même 50 ans après, comprendre ce qu’elle apporte à sa lignée – étant entendu que chaque femme de la famille a apporté quelque chose devenu pour les autres un acquis (avoir un toit, pouvoir faire des études sans numerus clausus, vivre dans un pays libre) –, comprendre pourquoi, lorsqu’elle s’est fait renverser à 17 ans par un camion, elle s’est écriée « ce n’est pas ma faute », comprendre pourquoi cette expression revient si souvent dans la bouche de sa fille… L’histoire se répète et se répare De visites chez les psys en expériences quasimystiques, Marina Tomé cherche, se cherche, et finit, à coup d’explorations incessantes et de reconstitutions symboliques, par recoller les morceaux du puzzle. Si l’histoire se répète, elle se répare aussi, tel pourrait être le message de ce spectacle incisif, fin, drôle et profondément humain. Ce n’est pas un hasard si après son accident et l’expérience de mort imminente (NDE) qui a suivi, Marina Tomé a été surnommée par l’équipe médicale « la môme quand même », façon de rendre hommage à sa formidable capacité de résilience. Par son propre parcours, l’autrice et comédienne nous invite à nous relever, toujours. Et à communiquer. Car si la femme a été tellement meurtrie par son exil argentin, c’est que les adultes n’avaient pas suffisamment expliqué à l’enfant qu’elle était les raisons de ce départ forcé. Que ceux qui craindraient un spectacle trop autocentré ou uniquement thérapeutique soient rassurés  : la générosité de l’artiste est telle qu’elle n’oublie jamais le spectateur à qui elle s’adresse directement, sans tomber dans le pathos. La mise en scène d’Anouche Setbon Marina Tomé interprète son propre texte. est délicate également  : quelques malles et un miroir suffisent à suggérer l’exil et l’introspection, tout comme la musique qui s’invite à pas feutrés, suggérant la mélancolie de l’enfance plutôt que de marteler des tangos ou autres clichés argentins. Dans ce spectacle intime, marqué par la quête de sens et la capacité de résilience, Marina Tomé réussit à atteindre l’universel. Isabelle Stibbe Théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette, 75005 Paris. Du 13 janvier au 6 avril 2020, tous les lundis à 20h. Tél. 91 43 26 38 99. Durée  : 1h20. Texte publié aux Éditions Dacres dans la collection Les quinquets. Moussillon-les-Indrets, Monsieur Hochepaix, adversaire politique venu faire amende honorable et solliciter l’aide du maître des lieux pour sa ville. Voici pour le cadre narratif tiré de l’œuvre de Georges Feydeau que viennent enrichir, çà et là, des extraits de pièces de l’auteur suédois Lars Norén (issus de La Veillée, Détails, Démons et Munich-Athènes). Quand une femme revendique le droit de vivre sa propre vie Au centre du plateau, une batterie dont joue François Merville (le percussionniste interprète également le rôle de Victor, domestique des Ventroux) participe à donner à cette représentation syncopée une stature de partition rythmique. Adepte d’un théâtre Ludo Leleu
Giovanni Cittadini Cesi Maxime Lethelier. Toute nue, de la metteuse en scène Emilie Anna Maillet. au sein duquel viennent s’agréger différentes disciplines artistiques, émilie Anna Maillet use également ici de la vidéo en direct. Elle dirige, dans cette suite volcanique de controverses qui voit une femme se rebeller contre son époux afin que celui-ci cesse de l’objetiser pour servir sa carrière politique, cinq formidables interprètes. Sébastien Lalanne, Denis Lejeune*, Marion Suzanne et Simon Terrenoire (en alternance avec Mathieu Perotto) se joignent à François Melville dans l’élégante scénographie de Benjamin Gabrié. Tous font preuve d’une enthousiasmante énergie de jeu. Des hors champs de l’intime aux espaces ouverts de la sociabilité bourgeoise, Clarisse Ventroux brandit ses dénudements comme de véritables actes de résistance. Femen de la Troisième République, elle porte en elle critique Le Banquet Théâtre de Paris/écriture et mes Mathilda May Spectacle clownesque dont onomatopées et gestes constituent le seul langage, Le Banquet, couronné par le Molière 2019 de la mise en scène attribué à Mathilda May, reprend du service au Théâtre de Paris après sa création au Rond-Point. Une dose d’absurde, une pincée de décalé et une maîtrise technique parfaite  : les artistes réunis par Mathilda May ne parlent pas, mais parviennent à se faire aisément comprendre, grâce à l’inventivité de leur jeu et de leurs trouvailles créatives, en un savant dosage entre clown traditionnel, commedia dell’arte et esthétique du désastre. Sébastien Almar, Anna Mihalcea, Bernie Collins, Jérémie Covillault, Lee Delong, Stéphanie Djoudi-Guiraudon, Arnaud Maillard, Françoise Miquelis, Brigitte Faure, Tristan Robin et Ariane Mourier (Molière de la révélation féminine) s’en donnent à cœur joie et dansent allègrement sur le volcan qui va les engloutir ! L’argument est simple et prête d’autant mieux à sourire que chacun y reconnaîtra aisément ses propres souvenirs  : pas de cadre plus favorable au fou rire qu’un enterrement, pas de meilleur terreau du drame qu’un mariage ! La catastrophe au bras du rire Mathilda May réunit en une seule cérémonie toutes les catastrophes imaginables  : robe de la mariée tâchée par la mousse au chocolat indigeste et le vomi des convives, nourrisson régurgitant sur son épaule, chien écrasé sous ses fesses, discours soporifiques et baisers échangés hors des stricts cadres de la La troupe du Banquet au complet. bienséance ou de la légitimité maritale… Les convives titubent et s’étalent allègrement entre les tables, les belles-mères sont adeptes du strip-tease ou du cannabis, les cousines et les sœurs sont plus farfelues les unes que les autres, les invités sont gaillardement déjantés et la soubrette est hallucinée et survoltée. Le cadre dans lequel évolue cette collection de doux dingues est particulièrement propice à la glissade et si les gosiers sont en pente, le plancher l’est aussi  : tout est organisé de manière à accueillir le tourbillon trépidant qui transforme la fête en carnage. La bande sonore imaginée par Guillaume Duguet, particulièrement inventive, soutient très efficacement les pirouettes et les pitreries des convives de cette fête délirante qui égratigne les conventions sociales en épargnant ce qui compte évidemment le plus et qui est sauvé in extremis  : l’amour, qui survit dans les ruines du massacre à l’occasion d’un joli final romantique. Catherine Robert Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, 75009 Paris. À partir du 14 janvier 2020. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30. Tél. 01 48 74 25 37. Durée  : 1h25. la liberté et l’exigence d’une comédie qui dénonce avec brio les déséquilibres des relations hommes/femmes. Manuel Piolat Soleymat * Comédiens issus de l’école de la Comédie de Saint-étienne. Théâtre Paris-Villette, 211 av. Jean-Jaurès, 75019 Paris. Du 27 février au 21 mars 2020. Les mardis, mercredis, jeudis et samedis à 20h, les vendredis à 19h, les dimanches à 15h30. Spectacle vu le 16 janvier 2020 à la Comédie de Saint-étienne. Durée de la représentation  : 1h10. Tél. 01 40 03 72 23. www.theatre-paris-villette.fr. également le 31 janvier 2020 à la Salle Pablo- Picasso de La Norville. Tél. 01 46 61 36 67 La petite fille de Monsieur Linh De Philippe Claudel Mise en scène Guy Cassiers Dramaturgie Erwin Jans Du mercredi 4 au dimanche 8 mars Avec : Jérôme Kircher Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie DR théâtre 9 la terrasse 284 février 2020



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