La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 6 la terrasse 284 février 2020 DES FLEURS POUR ALGERNON D’APRÈS L’ŒUVRE DE DANIEL KEYES CAROLINE SILHOL-LIVI ET LE THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN PRÉSENTENT GRÉGORY GADEBOIS ADAPTATION GÉRALD SIBLEYRAS DÉCORS GUY ZILBERSTEIN LUMIÈRES ARNAUD JUNG - SON MICHEL WINOGRADOFF LOCATION  : 01 42 08 00 32 p etitstmartin.com MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L'APPLI TICK&LIVE D'APRÈS LE CONTE DE SERGE GAINSBOURG INTERPRÉTÉ PAR JEAN-OUENTIN CHÂTELAIN ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE CHARLOTTE LÉVY-MARKOVITCH CRÉATION LUMIÈRES ERIC SOYER LOCATION  : 01 42 08 00 32 p etitstmartin.com MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L'APPLI TICK&LIVE MISE EN SCÈNE ANNE KESSLER SOCIÉTAIRE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE "ON EST HAPPÉ, SUBJUGUÉ, BOULEVERSÉ" FIGAROSCOPE "SENSIBLE, ÉMOUVANT, PRODIGIEUX" TELERAMA TTT "TERRIBLEMENT HUMAIN… ET TRÈS DRÔLE" PARIS MATCH "GRÉGORY GADEBOIS  : LE NOUVEAU RAIMU" L'OBS critique Clinamen Show Le Monfort/tournée/Conception Groupe Bekkrell C’est d’abord un pari scénographique qui a guidé le groupe Bekkrell vers cette nouvelle création. Un environnement que les artistes parviennent à habiter tout en renouvelant leur approche de l’agrès et en créant un univers troublant. Des perches qui occupent habituellement le ciel des cages de scène, Fanny Alvarez, Sarah Cosset, Océane Pelpel et Fanny Sintès en ont fait les instruments privilégiés de leur imaginaire galopant. Occupant tous les niveaux de l’espace au fil du spectacle, elles constituent un barreaudage horizontal prompt à soutenir leurs courses, supporter leurs suspensions, emporter leurs corps vers des soulèvements étonnants, jusqu’à parfois les renverser vers des territoires instables. Fini les spécialités de chacune des acrobates ; ici, elles diluent leurs identités techniques dans un « show » qui porte bien son nom, faisant d’elles des actrices autant que des circassiennes au profit d’un spectacle total. Le spectacle est justement au cœur du propos, puisque c’est dans une mise en abyme qu’elles nous plongent  : leurs personnages sont eux-mêmes les acrobates du Clinamen Show, sorte de cabaret qui sert de décor à un vrai polar, sur fond de disparitions inquiétantes pour lesquelles une enquêtrice et une journaliste s’affairent. Et le mystère de s’épaissir dans une atmosphère de plus en plus dense, sombre, propice au trouble… Un jeu de piste mené par des femmes puissantes Le choix de la narration aurait pu paraître périlleux dans une telle proposition qui mêle les langages artistiques. En dépit d’une histoire qui se déroule de A à Z, la linéarité réserve de belles surprises  : des personnages énigmatiques qui rompent le récit, des fausses pistes qui nous embarquent, des changements de décor à vue… La métamorphose est au cœur de ce qui se joue sous nos yeux. De ça, nous sommes prévenus dès le début  : « D’autres voix se font entendre, sur d’autres chemins », nous dit-on, alors qu’on nous encourage à « gratter le vernis des certitudes ». Car au final, qui sont ces femmes et quel jeu jouent-elles ? Dans ce gynécée à paillettes, on découvre une étrange communauté qui semble vouloir échapper à quelque chose. S’échapper du guet-apens de la société pour en proposer un autre… À la fois saintes et gorgones, elles proposent de « voir l’invisible et entendre l’inaudible ». Ce sera chose faite, critique Les femmes haut perchées du Clinamen Show. autant avec des scènes glaçantes qu’avec cette séquence qui restera dans les mémoires, où la nudité est affichée de la façon la plus frontale et simple possible, brillamment assumée, avec humour et engagement. La drôlerie qui caractérisait déjà leur première pièce se décale ici, moins légère, mais jamais loin d’une volonté de s’émanciper d’un poids du monde trop lourd pour leurs corps et leurs esprits. Que faire alors de ces catastrophes subies qui changent les trajectoires et nous modifient ? La réponse est dans leur liberté de faire, dans leur euphorie, jamais hystérique, mais au contraire puissamment déliée vers d’autres échappées. Nathalie Yokel Le Monfort, 106 rue Brancion, 75015 Paris. Du 25 février au 7 mars 2020 à 20h30. Tél. 01 56 08 33 88. Scène nationale de Dieppe, quai Bérigny, 76374 Dieppe. Le 12 mars 2020 à 20h dans le cadre du Festival Spring. Tél. 02 35 82 04 43. L’Hexagone, 24 rue des Aiguinards, 38240 Meylan. Les 13 et 14 mai 2020 à 20h. Tél. 04 76 90 00 45. Spectacle vu au festival CIRCa à Auch. La Mégère apprivoisée Artistic Théâtre/DE William Shakespeare/adaptation et mes Frédérique Lazarini Avec des comédiens de grand talent, Frédérique Lazarini met en scène cette œuvre de jeunesse de Shakespeare, et éclaire brillamment ses enjeux en renouvelant le regard sur l’insoumission de la Mégère. Dans Padoue la superbe, Catarina la rebelle tempête contre son entourage. Sa langue grondeuse rebute tous ceux qui la côtoient. Comment pourrait-elle trouver un époux ? Son père affirme qu’il n’accordera à personne la main de la cadette, la douce et courtisée Bianca, avant que Catarina la méchante ne soit mariée. La tigresse rencontrera bientôt son dompteur, Petruchio, motivé par… la dot. La célèbre intrigue, immortalisée à l’écran en 1967 par le duel titanesque entre Elisabeth Taylor et Richard Burton, plutôt rarement portée à la scène, traverse évidemment la question des relations de domination entre les sexes, et c’est cet aspect qui le plus souvent préoccupe les mises en scène contemporaines. Evitant le piège d’une actualisation ostentatoire comme celui d’une comédie caricaturale, Frédérique Lazarini et les siens éclairent avec finesse, humour et habileté la fable et ses enjeux. Resserrée et épurée, l’adaptation orchestre à merveille le déploiement et les tumultes du sentiment amoureux, la guerre des sexes marquée par la violence du mâle, mais aussi la question du rôle et ses ambiguïtés  : celui qu’on joue sur scène, celui qu’on joue dans la vie. L’un reflétant l’autre, avec comme témoin actif le public. Le spectacle reprend un procédé cher au grand Will, une mise en abyme alerte qui mêle les époques, jusqu’à l’atmosphère des merveilleuses comédies italiennes des années 50-60, si pleines de tendresse, de férocité, de drôlerie, mettant en lumière les fanfarons et souvent les petites gens. Nous sommes sur la place d’un village accueillant un cinéma ambulant. Les gradins du théâtre Massao Macaro
D. R. Marion Duhamel Un drôle de Concours européen de la chanson philosophique. critique Concours européen de la chanson philosophique MC93/conception Massimo Furlan ET Claire de Ribaupierre/MES Massimo Furlan Un concours de chansons philosophiques qui rapproche intellos et culture pop, c’est le pari réussi de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre. Il avait proposé une reconstitution du concours de l’Eurovision 1973, dans 1973, et rejoué le mythique match de football France-Allemagne de 1982 à lui tout seul (Le cauchemar de Séville). Massimo Furlan n’en est pas à sa première idée saugrenue et ce crochet en mode concours de prime time télévisuel, nourri de chansons écrites par des philosophes, historiens et autres sociologues européens n’est pas, tant s’en faut, la moins intéressante. Sur scène, tout y est du show télé. Le couple de présentateurs glamour – Furlan himself en smoking, aux formules hilarantes, accompagné de la grande Claire de Ribaupierre, robe en strass fuselée, dos nu et sourire inaltérable –, le groupe de musiciens live, les panneaux vidéo mobiles, mais aussi les spots multicolores aux effets plus que soulignés, les costumes des interprètes outrageusement kitsch, l’applaudimètre du public et le jury même, composé de quatre quatre universitaires recrutés sur place, en verve ce soir-là à Bordeaux lors du dernier Festival International des Arts. Une alchimie inédite C’est gentiment que Furlan et ses comparses moquent ces émissions de concours de chansons qui ont fleuri ces dernières années sur nos La Mégère apprivoisée. prolongent les bancs installés sur le plateau, tandis qu’entre la scène et l’écran s’articule une relation finement équilibrée, depuis des intermèdes savoureux jusqu’au dialogue ému entre personnages – l’un filmé et l’autre joué. Mariage à l’italienne Inscrits dans cet ancrage italien joyeux et exubérant, les comédiens interprètent avec assurance et précision la partition. Sarah Biasini est une superbe, sensible et touchante Catarina, Cédric Colas est un Petruchio impérieux, énergique et méchant à souhait, Guillaume Veyre interprète excellemment le valet Tranio, en cousin jumeau du mythique Totò, Maxime Lombard est un père truculent, et Pierre Enaudi écrans. Ce n’est pas là le sujet. Non, le spectacle préfère tenter l’expérience d’investir les codes de la culture pop à coups d’ingrédients inédits  : ceux de la langue et de la pensée des chercheurs qui ont été conviés en amont à écrire des chansons philosophiques. À Bordeaux, c’est l’Italie qui l’emporte dans un duo bien balancé qui envoie en couplet « la dialectique ne nous aide pas », « la réalité est un obstacle » ou encore en refrain (en v.o. cette fois) « non basta volere per potere » (il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir). Après chaque chanson, en quatre minutes chrono, les quatre membres du jury décortiquent, expliquent et déploient leurs interprétations personnelles à moitié improvisées sur ce qu’ils viennent de voir et d’entendre, avant d’attribuer leurs notes via des pancartes tout droit sorties de l’Ecole des Fans. C’est un savant dosage auquel sont ainsi parvenus Furlan et Claire de Ribaupierre en concevant ce spectacle. Un dosage comme une alchimie qui tente de réhausser sans abaisser, de casser les codes pour mieux les mélanger, de les mélanger pour mieux les révéler. On entend, parfaitement interprétées, des chansons sur l’Être et le non-Être, le paradoxe de Zénon ou encore une tonitruante interrogation lituanienne  : « Est-ce que la plasticité peut remplacer la déconstruction ? ». On y découvre la capacité de la musique à faire chanson de tout, et celle d’une langue de la pensée universitaire, réputée absconse ou réservée aux happy few, à se glisser dans des mélodies grand public. Les préoccupations écologiques, la volonté d’ouvrir de nouveaux possibles y affleurent régulièrement. Et jamais nos intellos, sans qu’on les trahisse, n’auront été si rigolos. éric Demey MC 93, 9 bd Lénine, 93000 Bobigny. Les 27 et 28 février 2020 à 20h, le 29 à 18h. Tél. 01 41 60 72 72. À Bayonne les 19 et 20 mars. Spectacle vu dans le cadre du FAB, Festival International des Arts de Bordeaux Métropole. Durée  : 2h30 environ. un amoureux provisoirement transi. Quant à Bianca, Charlotte Durand-Raucher lui donne vie dans de piquantes scènes filmées. En ceignant le plateau de linge blanc, la scénographie de François Cabanat fait écho à l’enfermement et l’infinie routine que constitue l’espace domestique pour les femmes. Alors qu’on se plaît souvent à accorder des intentions vertueuses et en phase avec notre modernité au génie de Shakespeare – génie certes incomparable ! –, force est de constater que la chute de la pièce consacre la défaite de la mégère. Victoire par KO de la soumission, et adieu à l’émancipation. Mais ici peut-être que cette soumission n’est qu’apparence… Pour finir, s’invite par la voix de Catarina une autre parole particulièrement forte et belle  : celle de Virginia Woolf dans Une Chambre à soi, évoquant la « sœur merveilleuse de Shakespeare ». On se souvient de la remarquable mise en scène de ce texte par Anne-Marie Lazarini, avec Edith Scob. Si actuel, si important, cet appel à prendre « l’habitude de la liberté et le courage d’écrire exactement ce que nous pensons » résonne magnifiquement. Agnès Santi Artistic Théâtre, 45 bis rue Richard-Lenoir, 75011 Paris. à partir du 14 janvier 2020, mardi 20h30 ; mercredi, jeudi 19h ; vendredi 20h30 ; samedi 17h et 20h30 ; dimanche 17h ; relâche lundi. Tél. 01 43 56 38 32. Durée  : 1h40. (UN ARRAU o 25 FÉV › 1 ER MARS THÉÂTRE D’APRÈS JEAN-LUC LAGARCE CHRISTOPHE RAUCK EN 18 8 > › 26 MARS CRÉATION THÉÂTRE DE JACQUES JOUET, RÉMI DE VOS & GEORGES PEREC ANNE-LAURE LIÉGEOIS PÉRIPHÉRIQUE PORTE BRANCION – PARKING INDIGO RUE GABRIEL CRIÉL.14.1.kreff ulégirit la terrasse Mai THEATRE71.COM SCÈNE NATIONALE MALAKOFF M MALAKOFF-PLATEAU DE VANVES 01 55 48 91 00 théâtre 7 la terrasse 284 février 2020



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