La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 4 la terrasse 284 février 2020 catherine FROT THÉÂTRE DE LA PORTE MARTIN A PARTI DU 14 FÉVRIER2020 R D f61 la terrasse Rrockupt 1.11ICIR11011 bheabres parisiens USSOCIeS C0111 VINCENT DEDIENNE LA CARPE LAPIN ET LE UN CADAVRE EXQUIS DE CATHERINE FROT ET VINCENT DEDIENNE 01 42 08 00 32 PORTE MARTIN.COM MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L’APPLI TICK&LIVE f ance-tv critique Contes et légendes Nanterre-Amandiers/Conception, texte et mes Joël Pommerat Après Ça ira (1) Fin de Louis (2015), Joël Pommerat revient à l’intime de manière magistrale. Au sein de familles où humains et robots coexistent, l’artifice du théâtre se fait miroir saisissant de notre humanité. Quelle science du théâtre, maîtrisée, subtile, originale, prodigieuse ! Joël Pommerat impressionne, trouble, et interroge profondément, en ouvrant de multiples perspectives, sans jamais suivre une piste établie. Son théâtre développe un art du questionnement, un art de la relation nourri d’une foule de révélateurs, éclairant la complexité de la nature humaine. Un théâtre aussi sensible et singulier, éloigné de tout parti pris idéologique, de tout surplomb, de toute simplification, fait un bien fou ! Après Ça ira (1) Fin de Louis (2015), fresque captivante inspirée par la Révolution française, Joël Pommerat revient à l’intime, à la famille, et en particulier au moment transitoire de l’adolescence. Le spectacle est ancré dans un futur plus ou moins proche où les familles s’adjoignent volontiers les services d’un robot, afin d’aider les enfants dans l’apprentissage scolaire, entre autres possibles missions. Un robot, ou plutôt une « personne artificielle », tant elle ressemble à l’humain, y compris dans sa dimension affective. Qu’est-ce que ces compagnons androïdes provoquent et transforment dans les comportements humains ? L’humain se rapproche-t-il propos recueillis/Julie Duclos parfois de la machine ? La machine s’humaniset-elle ou semble-t-elle s’humaniser ? Quelles frontières entre fausses relations et vraies relations, entre le vrai et le faux, entre le naturel et l’acquis ? Comment se construisent nos identités, nos regards sur l’autre ? Le théâtre, lieu d’artifice et du mentir-vrai, est sans doute un bon endroit pour poser ces questions sur notre humanité, surtout lorsqu’elles sont si brillamment traduites sur le plateau. Le sens aigu des mots et des gestes Une dizaine de brefs récits théâtraux mettent en scène diverses interactions entre adultes, adolescents et robots, lors desquelles la forme, la langue et le jeu s’approprient ces débats métaphysiques de manière géniale, en jouant sur plusieurs tableaux. Si la ressemblance est frappante entre humains et androïdes, il s’avère néanmoins aisé de les différencier  : insultes plus vulgaires les unes que les autres pour des ados énervés, langues et gestes mesurés de manière métronomique pour les robots aux perruques soignées, conçus pour se conformer à des règles strictes en évitant Pelléas et Mélisande Théâtre de l’Odéon/DE Maurice Maeterlinck/MES Julie Duclos Créée l’été dernier au Festival d’Avignon, la mise en scène de Julie Duclos s’installe aux Ateliers Berthier. Un travail qui souligne le mystère de la pièce de Maeterlinck sans jamais l’épuiser, en recourant notamment à la vidéo et aux effets cinématographiques. « J’ai découvert la pièce très jeune, quand j’ai passé le concours du Conservatoire national de Paris comme comédienne avec une scène de Mélisande. Plus tard, j’ai lu d’autres œuvres de Maeterlinck et à un moment, avec plus de maturité aussi, Pelléas et Mélisande est devenu une vraie rencontre. La pièce est réputée immontable, et on pourrait presque dire que ce défi fait partie du désir de la mettre en scène. J’ai décidé de me lancer en faisant confiance à cette rencontre, c’està-dire aux premières sensations de lecture. Comme il s’agit d’une œuvre très profonde et très poétique, elle appelle des images. Au début, c’est comme un nuage, ces visions ne sont pas forcément précises mais le texte propose un monde, tout de suite. Quand on parle d’écriture poétique, on peut penser à quelque chose de flottant, qui ne serait pas dans le réel, alors que la pièce parle des situations de la vie, mais avec un mystère permanent puisque tout est un peu métaphore. C’est ce qui est frappant  : ce mélange entre des éléments très concrets et une spiritualité, une élévation. On est entre ciel et terre. Une écriture de l’invisible J’ai tout de suite senti que la vidéo s’imposait à moi. Par exemple pour la première scène dans la forêt  : une jeune femme en exil se retrouve en larmes dans la forêt face à un homme armé d’un fusil. C’est une situation très concrète. Le cinéma permet d’ancrer l’histoire et les personnages dans le réel. Mais si la vidéo est importante, il y a aussi une scénographie en mouvement, qui vient produire des effets cinématographiques. C’est l’ensemble du spectacle qui regarde le cinéma. L’écriture de Maeterlinck est une écriture de l’invisible, elle ne cesse de dire des choses en dehors de ce qui est écrit. C’est à cela que tient le mystère. Cette écriture nous invite à travailler sur ou La Terrasse, premier média arts vivants en France Julie Duclos. sous les interstices. Par exemple pour essayer de comprendre le rapport entre Pelléas et Mélisande. C’est tout le sujet de la pièce  : cela rend Golaud fou de ne pas arriver à attraper la nature de ce rapport. » Propos recueillis par Isabelle Stibbe Odéon, Théâtre de l’Europe - Ateliers Berthier, 1 rue André-Suarès, 75017 Paris. Du 25 février au 21 mars 2020. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h. Tél. 01 44 85 40 40. Durée estimée  : 1h45. D. R.
D. R. Louise Quignon Elisabeth Carecchio tout conflit. À travers cette différenciation, et à travers des relations familiales plutôt mal en point, la pièce met en jeu avec une rare acuité le sens du langage – outil conformiste, caisse de résonance du mal-être de l’humain contemporain, éruption de rage… Miroirs implacables inscrits entre volonté programmée de perfection, d’efficacité, et désordres avérés, les robots révèlent ce qui constitue l’humain, ce qui dysfonctionne, éclairant les assignations des rôles dans notre société en explorant notamment la question du genre. Avec de jeunes garçons et un coach visant à glorifier le masculin, l’un des récits est consacré à la guerre des sexes. Il est frappant de découvrir que les adolescents et robots sont tous interprétés par des comédiennes, plutôt de petite taille. Une chose est sûre, ce sont vraiment des bonhommes, ces filles ! Drôle, bouleversant et saisissant, le geste artistique fait ici sens à la fois par sa forme aboutie, par l’écriture subtile et par le jeu percutant. Agnès Santi Phia Ménard en Athéna punk. propos recueillis/Phia Ménard De remarquables interprètes  : Prescillia Amany Kouamé, Jean-Edouard Bodziak, Elsa Bouchain, Lena Dia, Angélique Flaugère, Lucie Grunstein, Lucie Guien, Marion Levesque, Angeline Pelandakis, Mélanie Prezelin. Nanterre-Amandiers, Centre dramatique national, 7 av. Pablo-Picasso, 92000 Nanterre. Du 9 janvier au 14 février 2020, jeudi 11 janvier, mardi, mercredi et vendredi à 20h30, jeudi à 19h30, samedi à 18h, dimanche à 16h, relâche lundi. Tél. 01 46 14 70 00. Durée  : 1h50. En tournée  : du 3 au 7 mars 2020 au Théâtre Olympia – CDN de Tours ; du 13 au 20 mars 2020 au Théâtre de la Cité – CDN Toulouse- Occitanie ; les 26-27 mars 2020 à l’Espace Jean Legendre – Compiègne ; les 2-3 avril 2020 au CDN Orléans ; du 8 au 10 avril 2020 à La Comédie – scène nationale de Clermont Ferrand ; les 28-29 avril 2020 à Le Phénix – scène nationale de Valenciennes ; les 5-6 mai 2020 à L’Estive – scène nationale de Foix et de l’Ariège ; du 13 au 17 mai 2020 à La Criée – Théâtre national de Marseille ; du 27 au 29 mai 2020 à la Scène nationale de Chateauvallon ; du 9 au 13 juin 2020 à la MC2 – scène nationale de Grenoble. Contes immoraux Partie 1  : Maison mère Théâtre des Bouffes du Nord/DE ET MES Phia Ménard ET Jean-Luc Beaujault Phia Ménard livre le premier conte d’une trilogie née d’une commande de la Documenta 14, quinquennale d’art contemporain de Cassel en 2017, autour de deux thématiques  : « Apprendre d’Athènes » et « Pour un parlement des corps ». « Quand je suis retournée en 2017 à Athènes, ville que je connaissais un peu, deux éléments flagrants ont donné naissance à ces Contes immoraux  : d’abord, j’ai vu partout des migrants pris en charge par les Grecs alors que l’Europe était dans des difficultés économiques énormes. Ensuite, j’étais présente quand Jan Fabre, nommé directeur du festival d’Athènes et d’Épidaure, a annoncé qu’il ne programmerait que des artistes flamands. J’ai pensé que si j’étais une artiste grecque, je me serais sentie plus que vexée et découragée. Et que j’aurais fait sauter le Parthénon ! Il faudrait que les Grecs se débarrassent de leur symbole historique pour qu’on comprenne qu’ils ne sont pas que cela. Dans ma performance, je représente Athéna. Je façonne une immense feuille de carton jusqu’à réaliser une maison. Le spectateur comprend qu’il s’agit du Parthénon, un Parthénon en carton. Un Parthénon en carton Au moment où je l’ai enfin assemblé, il se met à pleuvoir. Autrement dit, quand on est soulagé que le calvaire de la fabrication prenne fin, la maison de l’Europe subit l’assaut du climat, un assaut que rien ne peut arrêter. L’univers qui se crée à cet endroit-là – qui est aussi l’espace théâtral – donne à voir l’effondrement du monde et montre surtout que la civilisation qui a mis tant de temps à se créer pourrait se détruire si facilement. Les deux parties suivantes ne sont pas plus optimistes mais je laisse toujours une place à la possibilité que l’être humain reste vivant. Avec la possibilité de gagner en humilité et de retrouver de l’empathie. » Propos recueillis par Isabelle Stibbe Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis bd de La Chapelle, 75010 Paris. Du 24 février au 1er mars 2020, du lundi au samedi à 20h30, le dimanche 1er mars à 20h. Tél. 01 46 07 34 50. Durée  : 1h30. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr Photo Maria Letizia Piantoni - Création graphique L'œil carré - Licence 2-1122889 Écrit & mis en scène par Musique originale Pierre Richard est Mathilda May Ibrahim Maalouf Assistante mise en scène Anne Poirier-Busson//Scénographie Tim Northam//Vidéo Mathias Delfau//Son Guillaume Duguet//Lumières Laurent Béal//Effets spéciaux Arthur Chavaudret et Allan Sartori//Costumes Valérie Adda//Accessoires Amina Rezig, Jean Teske et Antoine Milian//Avec la participation de Niseema Production déléguée Théâtre de l’Atelier//Production Arts Live Entertainment, Horatio Productions, Yoannde Birague et associés, Temal Productions//Coproduction Théâtre de Carouge, Romans Scène, Anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes, Célestins-Théâtre de Lyon, Le Radiant-Bellevue/Caluire, Compagnie 2M//Avec le soutien de l’Espace Carpeaux - Courbevoie place Charles Dullin 75018 Paris Théâtre de lJ-‘'At eller Scénographie Edouard Laug Costumes Régine Marangé Assistante à la mise en scène Sylvie Paupardin Production Théâtre de l’Atelier/François Volard, Acte 2/Serge Paumier Productions Coproduction Le Radiant Bellevue Caluire - Lyon PLACE ste CHARLES DULLIN 75018 PARIS.4%* e À PARTIR DU 10 DEC C) 1 9 [DIMANCHE 15H.] 01 46 06 49 24 THEATRE-ATELIER.COM 8 ABBESSES/ANVERS Philippe MAGNAN Cyrille ELDIN LOBS L C I Licence 2-1122889 - Affiche : 103.9'L’OPPOSITION Mitterrand rocard Théâtre de l'Atelier Direction Marc Lesage place Charles Dullin 75018 Paris À partir du 14 jANV. 21h. [Dimanche 17h.] [DU Mardi au Samedi] 01 46 06 49 24 theatre-atelier.com ABBESSES/Anvers 01 46 06 49 24 theatre-atelier.com ABBESSES/Anvers de Georges Naudy mise en scène Éric Civanyan 40x60_TA_MITT_VS_ROC_DEF2.indd 1 20/11/2019 11:00 théâtre 5 la terrasse 284 février 2020



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