La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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classique/opéra 30 la terrasse 284 février 2020 focu En direct de la saison musicale des Invalides Célébration du 350 e anniversaire de la fondation Invalides En 1670, Louis XIV ordonnait la fondation de l’Hôtel des Invalides, destiné à soigner et loger les soldats blessés, malades ou âgés. À cette vocation toujours actuelle s’ajoute un Panthéon militaire, dont témoignent les récents hommages nationaux, mais aussi un pan artistique qui s’exprime, chaque année, par une saison musicale de qualité. En 2020, trois concerts célèbrent le 350 e anniversaire de la fondation des Invalides, trois concerts rendant hommage au siècle de Louis XIV. MUSIQUE BAROQUE Triomphe de l’Amour de la Paix Sous la direction de Jérôme Correas, les chanteurs Amel Brahim Djelloul et Jean-François Lombard revisitent Lully à travers ses plus beaux airs d’opéra. La soprano Amel Brahim Djelloul. Qui mieux que Lully symbolise la musique au siècle de Louis XIV ? Cet Italien talentueux et habile, devenu surintendant de la musique du roi et le directeur de l’Académie royale de musique, a non seulement marqué la musique de son temps en créant avec Molière la comédie-ballet ou avec son librettiste Philippe Quinault de l’opéra français, mais il témoigne aussi de la proximité entre musique et politique. Ainsi son Idylle sur la paix, composée en 1685 sur un livret de Racine après la trêve de Ratisbonne, qui exalte la grandeur de Louis XIV. Aux côtés d’extraits de cette partition, la soprano Amel Brahm Djelloul et le haute-contre Jean- François Lombard interprètent des airs des plus grands opéras de Lully  : Armide, Atys, Amadis ou Phaéton. Une plongée dans le faste du Grand Siècle par un familier de l’œuvre du compositeur  : Jérôme Correas à la tête de son ensemble Les Paladins. Isabelle Stibbe Jeudi 5 mars à 20h. Cathédrale Saint-Louis. MUSIQUE SACRÉE Te Deum de Charpentier Hervé Niquet et le Concert Spirituel interprètent le Te Deum de Charpentier qui célèbre les conquêtes militaires de Louis XIV. Le Concert Spirituel. Comme Lully, son illustre rival, Marc-Antoine Charpentier a été apprécié de Louis XIV, mais Ashraf Kessaãssia D. R. Guy Vivien sans doute moins à l’aise que lui avec les jeux de pouvoir, il a évolué loin de la cour. Cela ne l’a pas empêché d’exprimer le faste et la puissance de Louis XIV, à travers notamment six Te Deum. Le plus connu, écrit quand le compositeur était maître de musique à l’église Saint- Louis des Jésuites à Paris, salue les conquêtes militaires du roi entre 1690 et 1693. Dès l’introduction, qui sert d’indicatif pour l’Eurovision, éclatent les rythmes martiaux et la puissance de cette partition non dénuée d’intériorité malgré sa puissance. À la tête de son Concert Spirituel, Hervé Niquet dirige cette œuvre qu’il connaît bien. Il y ajoute des motets et cantiques plus rarement interprétés mais qui témoignent de cet art de la louange indissociable de la musique du Grand Siècle. Isabelle Stibbe Mardi 10 mars à 20h. Cathédrale Saint-Louis. CONCERT-LECTURE Si les Invalides m’étaient contés Le claveciniste Olivier Baumont a conçu un concert-lecture retraçant les grandes heures des Invalides, à travers des œuvres musicales et des textes lus par Didier Sandre. Le comédien Didier Sandre. L’histoire des Invalides ne peut être évoquée sans mentionner Louis XIV qui a voulu la création de cet hôtel pour que « tous les officiers et soldats estropiés, vieux et caducs de nos troupes y soient logés, nourris et vêtus leur vie durant ». Pour illustrer sa création en 1670 et son rôle sous l’Empire où Napoléon en fait une nécropole, Olivier Beaumont a choisi d’associer à une lecture de grands textes historiques tels que l’édit royal de fondation ou le Testament de Louis XIV, des pièces musicales de Couperin, Lully, Marais, Philidor, Grétry, Gossec… À la voix de Didier Sandre, sociétaire de la Comédie-Française, qui lira également des textes de Montesquieu, Voltaire ou Chateaubriand, s’ajoutent le clavecin d’Olivier Beaumont et le violon de Julien Chauvin qui dirige les solistes du Concert de la Loge. Isabelle Stibbe Lundi 16 mars à 20h. Grand salon. Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides, 129, rue de Grenelle, 75007 Paris. Tél. 01 44 42 54 66. classique/opéra Îlot « For the Planet » LA SEINE MUSICALE/CONCERT SCÉNIQUE L’urgence climatique s’invite au concert. En ouverture d’un weekend consacré au regard des compositeurs sur la nature, Laurence Equilbey et La Fura dels Baus créent une Pastorale pour la planète. La Seine musicale accueillait, il y a un peu plus de deux ans, le « One Planet Summit », censé ouvrir la voie à une transition écologique. C’est désormais à la musique qu’il revient de dire la beauté menacée du monde. Sauvage ou domestiquée, la nature est pour la musique une inspiration – espérons-le – inépuisable. Le très inventif B’rock Orchestra (le 28 février) joue Bach, Rameau, Rebel (Les Éléments) et Haendel (Water Music) avant de s’offrir une « battle » face à Gli Incogniti autour des Quatre saisons de Vivaldi (le 29), précédées d’une évocation des oiseaux dans l’art musical par l’ensemble Artifices. Autour de Beethoven On attend surtout avec impatience la Symphonie n°6 dite « Pastorale », véritable hymne à la nature, revisitée par Insula Orchestra et mise en scène par la Fura dels Baus, dans un dis- Au féminin du baroque région/LYON/ENSEMBLE BAROQUE Formation baroque majeure de la scène française depuis 20 ans, l’ensemble lyonnais Le Concert de l’Hostel Dieu de Franck-Emmanuel Comte est à l’initiative d’un ambitieux projet consacré aux femmes compositrices de l’ère baroque. Cycle de concerts, web-série, formation d’une chorale solidaire, tables rondes, recherches musicologiques (avec le Centre de musique baroque de Versailles) et même création d’une œuvre contemporaine constituent le cœur du cycle « Baroque au féminin », qui interroge plus largement sur la place des femmes dans le monde de la musique. En vous intéressant aux compositrices baroques italiennes et françaises, avez-vous eu l’impression de découvrir un continent musical jusqu’alors inconnu ? Franck-Emmanuel Comte  : Certaines des compositrices que nous abordons sont déjà pleinement reconnues, telles Barbara Strozzi ou Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre. Ce n’est pas le cas d’autres créatrices telles que Julie Pinel, Hélène-Louise Demars ou Mademoiselle Duval. Dans ce cas, le travail de découverte que nous avons mené avec le Centre de musique baroque de Versailles est passionnant, car nous entrons sur une terra incognita. Comprendre l’univers historique et musical de ces artistes oubliées est à la fois excitant et émouvant. Aller au-devant de leurs sensibilités, comprendre leurs inspirations et s’approprier leurs musiques constitue une démarche stimulante qui nourrit notre approche interprétative du style baroque. Dans le programme Le Parnasse au féminin, vous associez à des œuvres de musiciennes baroques, une œuvre commandée à une compositrice vivante, Émilie Girard-Charest. Pourquoi ? F.-E.C.  : Valoriser le travail des créatrices des siècles baroques est une démarche à la fois palpitante sur le plan musical et importante sur le plan historique et sociétale. Faire une commande à Émilie Girard-Charest, jeune compositrice québécoise, répond à plusieurs envies personnelles  : soutenir le travail d’une créatrice du xxi e siècle dont le talent, comme celui de toutes ses consœurs, me semble insuffisamment valorisé, proposer un contrepoint contemporain au travail des compositrices baroques, mettre en valeur le talent de l’une des musiciennes pivot de l’ensemble, la violoncelliste Aude Walker-Viry, et enfin créer une œuvre en soliste pour la basse de violon, un instrument pour lequel aucune œuvre contemporaine n’a jamais été créée. Vous êtes aussi à l’origine de deux initiatives originales  : une chorale féminine solidaire, et une web-série présentant neuf compositrices baroques. Quel sens donnez-vous à ces initiatives qui sortent un peu du champ d’action habituel d’un ensemble spécialisé ? Franck-Emmanuel Comte, fondateur et directeur de l’ensemble Le Concert de l’Hostel Dieu. « Comprendre l’univers historique et musical de ces artistes oubliées est à la fois excitant et émouvant. » F.-E.C.  : Le Concert de l’Hostel Dieu associe systématiquement à ses projets de création des parcours de sensibilisation, lesquels visent à faire partager notre passion à un public le plus large possible. Apporter des éléments didactiques, des clés d’écoute, et proposer des actions inclusives et solidaires font partie de notre ADN, voire même de notre raison d’être. Pour les musiciens de l’ensemble, c’est l’occasion de nouer des liens humains inspirants au-delà du seul microcosme professionnel et de réfléchir plus globalement à notre place d’artiste interprète et de créateur dans la société. Propos recueillis par Jean Lukas Programme Le Parnasse au féminin, musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon, 34 rue de la Charité 69002 Lyon. Les 11 et 12 février. Tél. 04 78 38 42 00. Et aussi le 26 mars à l’Institut Français de Londres (Royaume Uni). Jean Combier
Julien Benhamou Jeanne Brost Insula Orchestra revisite Beethoven et quelques autres dans un concert mis en scène. positif participatif et des projections à 360°. Autour de Beethoven, quelques autres romantiques seront aussi au programme  : Anton Reicha, Julius Rietz, Fanny Hensel- Mendelssohn et CarlMaria von Weber. Avec la soprano Sophie Karthäuser, en soliste. Ce concert s’inscrit dans le périple beethovénien en cours de la formation de Laurence Equilbey, après la sortie récente de deux disques consacrés, fin 2018, aux Concertos pour piano n°4 et 5 Hortense Cartier-Bresson THéâTRE DU RANELAGH/PIANO La pianiste française présente en concert le programme de son nouvel enregistrement chez Aparté  : les tardifs Opus 116 (7 Fantaisies), 117 (3 Intermezzi) et 118 (7 Fantaisies) de Brahms. Dès qu’Hortense Cartier-Bresson pose ses mains sur le clavier, l’auditeur est saisi par la splendeur d’une sonorité orchestrale dont la densité ne s’accompagne d’aucune lourdeur mais s’élève dans l’air. Son jeu est campé sur une main gauche agile dirigée par une oreille qui entend tout et fait comprendre les tensions et détentes harmoniques – fugacement quasi debussystes ! – d’une musique saisie dans sa rythmique complexe et son mystère. Cartier-Bresson fait chanter tout l’instrument, passe d’un climat à un autre, d’une couleur Hortense Cartier-Bresson, grande et discrète figure du piano en France. FONDATION LOUIS VUITTON/PIANO Daniel Kharitonov Invité de la série « Piano Nouvelle Génération » de la Fondation Louis- Vuitton, le jeune pianiste russe défend un programme partagé entre Beethoven, Tchaïkovski, Rachmaninov et Chopin. Né en 1998, Daniel Kharitonov a déjà une légende derrière lui, à la façon de quelques pianistes russes dont la carrière commence quand les bambins de leur âge jouent encore avec leurs legos. Les leurs sont les notes de musique qu’ils font tenir ensemble  : à 11 ans, il enregistrait le Premier Concerto de Rachmaninov ! Troisième prix au Concours Tchaïkovski en 2015, devant Lucas Debargue, voici Kharitonov à Paris pour un programme ambitieux qui, de l’Opus 2 n°3 de Beethoven en passant par le « Scherzo » de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski arrangé pour piano par Feinberg, D. R. avec Angelich puis, en mars 2019, au Triple Concerto et à la Fantaisie chorale chez Warner Classics – Erato. Jean-Guillaume Lebrun La Seine musicale, Île Seguin, 92100 Boulogne-Billancourt. Les 27 et 28 février à 20h30, le 29 février à 19h et 20h30. Tél. 01 74 34 53 53. à une autre, du quasi silence de pianissimos colorés aux fortissimos qui peuvent zébrer certaines pièces des Opus 116, 117 et 118 avec un naturel, une évidence qui donnent la sensation qu’elle improvise pour elle seule, dans le secret de son studio. Son disque admirable vient tout juste d’être publié par Aparté. Brahms admirablement joué C’est justement ce programme Brahms que Cartier-Bresson va donner en récital, le 25 février, dans le boisé et intime Théâtre du Ranelagh, à Paris, tout près de la Maison de la Radio. Si cette pianiste fait moins parler d’elle que d’autres, ses commensaux tiennent en haute estime cette disciple de Gyorgy Sebok pendant trois ans aux Etats-Unis à l’Indiana University de Bloomington, là où les meilleurs musiciens de la planète vivent et enseignent. Elle-même est aujourd’hui l’un des grands professeurs du Conservatoire national supérieur de musique de Paris  : son élève Théo Fouchenneret a remporté le 1er Prix du Concours de Genève-2018. Alain Lompech Théâtre du Ranelagh, 5 rue des Vignes, 75016 Paris. Mardi 25 février à 20h30. Tél. 01 42 88 64 44. Daniel Kharitonov a remporté en 2015, à 16 ans, le 3 e prix du Concours Tchaïkovski. montre l’étendue du talent de musicien et de virtuose de ce tout jeune pianiste. Alain Lompech Auditorium de la Fondation Louis Vuitton, 8 av. du Mahatma-Gandhi, 75116 Paris. Jeudi 6 février à 20h30. Tél. 01 40 69 96 00. Places  : 15 et 25  € . châ -te- Let THÉÂTRE MUSICAL DE PARIS Déjeunersconcerts avec l’Orchestre de chambre de Paris dans la Grande Salle du Châtelet Dans un même concert, nous vous proposons une œuvre contemporaine présentée par son compositeur ou interprète et en regard de cette œuvre un standard de la musique classique. Derniers concerts de la série  : Vendredi 13 mars  : ELDAR/BEETHOVEN Jeudi 26 mars  : MAN/MAHLER Concert à 12 h 30, durée 1 heure, placement libre Tarif 15  € Menu complet sur chatelet.com Photo  : Pierre Morales classique/opéra 31 la terrasse 284 février 2020



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