La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 28 la terrasse 284 février 2020 région/Brest/Festival DañsFabrik à Brest Première Scène nationale de France pour sa fréquentation publique, Le Quartz de Brest a su faire de son festival, DañsFabrik, le fer de lance de la création chorégraphique. Depuis neuf éditions, le festival DañsFabrik du Quartz de Brest, dirigé par Matthieu Banvillet, propose des œuvres très originales, à l’écriture souvent radicale, qui ont une place à part dans la création contemporaine. Souvent, il fait la part belle à un pays ou une zone géographique, comme un petit festival au sein du grand, et confie cette part de la programmation à des artistes. Cette année, c’est l’occasion de faire le point sur quarante ans de danse belge, en confiant à Lisbeth Gruwez et Maarten Van Cauwenberg le soin de répondre à la question « que nous disent les chorégraphes belges aujourd’hui ? ». L’explosion de la danse contemporaine y a toujours été très en prise avec les mouvements «corporels» des courants issus des arts plastiques et de la performance des années 60-70. C’est donc avec un regard engagé et performatif qu’ils auscultent notre époque. à tout seigneur, tout honneur, c’est Lisbeth Gruwez qui ouvre ce focus belge avec, en avant-première, sa création Piano Works Debussy, un duo qui l’unit à la pianiste Claire Chevallier. région/Avignon/festival La chorégraphe Lisbeth Gruwez est coresponsable du Focus sur la création belge, au sein du Festival Dansfabrik 2020. À corps et à cris Pour le reste, seront convoqués Tumbleweed (Angla Rabglio et Micaël Florentz) avec leur premier spectacle, The Gyre, où se danse une infinie rotation pour explorer le mouvement perpétuel. Force(s) physique(s) encore pour Gwendoline Robin et Gravitation 6899, une performance inédite, un jeu de corps en mouvement, terrestres ou célestes… Louis Vanhaverbeke, jeune bricoleur, performeur et slammeur belge, sonde, dans sa troisième création, Mikado Remix, les limites de la normalité ou de l’anormalité, tandis que I-Clit de Mercedes Dassy est un spectacle manifeste du corps, où l’objet sexuel devient sujet. Enfin, Hanna de Meyer interroge les liens entre condition féminine, écologie et décolonisation en faisant fusionner texte et mouvement. On pourra aussi entendre Pénélope Antena, chanteuse multi instrumentiste et le DJ Benny Bang, puis tout finira en apothéose avec A Love Supreme d’Anne Teresa De Keersmaeker et Salva Sanchis ! Côté français, on découvrira la création d’Ainsi sois moi d’Olivier de Sagazan, une forme de réponse aussi laconique qu’ironique au célèbre « Connais-toi toi-même », et celle de Betty Tchomanga intitulée Mascarades, construite à partir d’un seul mouvement  : un saut vertical ! Même inspiration pour Pulse de la compagnie Kiaï, un ballet aérien dans lequel sont propulsés six acrobates à partir d’un espace rebondissant. Ce sera aussi l’occasion de voir des spectacles rares, comme Eighteen de Thierry Micouin, Entropie de Léo Lérus, Lou de Mickaël Phelippeau et White Dog de Latifa Laâbissi. Tout ça en six jours ! Agnès Izrine DañsFabrik, Festival de Brest, Le Quartz, 60 rue du Château, 29210 Brest. Du 2 au 7 mars. Tél. 02 98 33 70 70. Les Hivernales Une 42 e édition qui marque l’assise du Centre de Développement Chorégraphique en son propre lieu, pour mieux lui permettre d’infuser son festival dans tous les autres espaces du territoire où la danse peut s’immiscer. Clap de fin aux dernières années d’incertitude qui auraient fait des Hivernales un projet sans domicile fixe ? L’aberration d’un centre sans lieu s’éloigne et l’espoir de conserver le théâtre de la rue Guillaume Puy semble devenir une réalité. La dimension partenariale et hors les murs n’est pas abandonnée pour autant ; au contraire, l’assurance d’une maison accueillante donne des ailes à la danse  : les différents espaces de la Collection Lambert deviennent l’écrin d’une série de solos signés Cindy Van Acker, tout comme le Palais des Papes qui vibrera aux sons du DJ d’Arthur Pérole, qui construit avec Fool un exutoire ouvert à tous. Sous le signe de la découverte À côté, le festival se déploie dans une ribambelle de lieux (Théâtre Benoît XII, Théâtre des Doms, Opéra Confluence, Théâtre Golovine, des Carmes, des Halles, Maison Jean Vilar), et de villes (Vedène, Cavaillon, Chateaurenard, Villeneuve lez Avignon). Pointons dans ce voyage au long cours quelques nouveautés pas ou peu vues  : Oüm, la création de Fouad Boussouf qui fait suite à Näss – dont les spectateurs de l’Eté des Hivernales se souviennent Silver, une des découvertes à faire aux Hivernales. encore ! –, Silver, le nouveau dialogue iconoclaste entre Paola Stella Minni et Konstantinos Rizos, le premier solo Notte signé et dansé par Anna Massoni, ou les premières en France de deux projets de la trapéziste Elodie Doñaque. Nathalie Yokel Les Hivernales – CDCN, 18 rue Guillaume-Puy, 84000 Avignon. Du 5 au 22 février 2020. Tél. 04 28 70 43 43. Marc Coudrais Luc Depreitere Maps de Liz Santoro et Pierre Godard Danse à la Bastille Théâtre de la Bastille/Sofia Dias ET Vitor Roriz, Olivia Grandville, Madeleine Fournier, Liz Santoro ET Pierre Godard Pour la troisième année consécutive, l’Atelier de Paris et le Théâtre de la Bastille s’associent pour un dense programme danse. Les portugais Sofia Dias et Vitor Roriz, que l’on a pu voir chez Tiago Rodrigues, ouvrent fin février le bal de ce programme danse à la Bastille. Dans Ce qui n’a pas lieu, ils brisent les mots et les gestes, explorent leurs rythmiques pour mieux en révéler les pouvoirs allégoriques. Plus tard, Olivia Grandville entre en scène accompagnée de quatre complices. Ensemble, elles questionnent avec À l’ouest la place de la danse dans les cultures amérindiennes. Au rythme envoûtant d’un tambour, les danses de pow-wow se mêlent à l’écriture de la chorégraphe. Corps organiques et cultivés Tout début mars, c’est Madeleine Fournier qui entame la soirée. Dans son solo Labourer, elle exécute un archétypal pas de bourrée, critique Ils n’ont rien vu Chaillot-Théâtre National de la Danse/Chor. Thomas Lebrun Dans les pas de Marguerite Duras et Alain Resnais, Thomas Lebrun témoigne de sa vision d’Hiroshima et livre une pièce remarquable. critique Ballroom Chaillot Théâtre national de la Danse/Chor. Arthur Perole Arthur Perole signe une pièce audacieuse, haute en couleurs, portée par un vent de révolte dans l’atmosphère d’un zénith carnavalesque et tonitruant. Ballroom est une danse physique, éruptive, une danse de l’excès et de la démesure, de la dépense et de l’épuisement, comme celle de nos ressources, irrépressible et évolutive. Une danse ou le carnaval et le voguing se croisent pour engendrer une liberté des mœurs, une mue fondamentale qui nous dépouille de tous préjugés, qu’ils soient de genre, de classe, ou de société. Et d’une certaine façon, sous la joie évidente de la pièce d’Arthur Perole, se niche une peinture au vitriol de notre époque, qu’elle exorcise par cette danse qui s’autorise tout à travers une transe où les corps sont possédés par un mouvement qui délite leur ordonnancement initial. Tout commence par l’élaboration de costumes invraisemblables à partir de chiffons bariolés, et d’un maquillage façon peinturlure, destinés à égarer le regard et travestir les corps, au sens premier du terme. De ces peintures tribales, surgissent de nouveaux « sauvages », qui renvoient étrangement à la surcharge baroque et à un exotisme rêvé, D’abord le temps se dilate. Agenouillés en bord de scène, neuf danseurs et danseuses avec lenteur et minutie plient chacun une feuille de papier. La délicatesse et la précision de l’origami se déploient dans leurs gestes. Puis surgissent les voix, inoubliables, d’Eiji Okada et Emmanuelle Riva  : « Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien. » « J’ai tout vu. Tout… Ainsi l’hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ? » La beauté des dialogues d’Hiroshima mon amour, poème d’amour et de mort réalisé par Alain Resnais sur un scénario de Marguerite Duras, envahit le plateau, soulignée par la finesse des mouvements. Plus tard le temps se fige. En un souffle, qui s’expose au ralenti, l’horreur explose et détruit tout. Les bouches se tordent d’effroi, les corps se disloquent, se consument, chutent. De l’importance de la mémoire Comment témoigner de l’indicible ? Comment voir et donner à voir ? Pour Ils n’ont rien vu, Thomas Lebrun et son équipe se sont rendus à Hiroshima. Ils ont rencontré des survivants évoque le travail de la terre autant que celui de celle qui va devenir mère, croise corps organique et cultivé. Liz Santoro et Pierre Godard présentent quant à eux deux programmes. Maps, d’abord, déploie sur scène à travers les mouvements de ses six interprètes une cartographie du langage. Stereo, enfin, voit Liz Santoro danser tandis qu’à distance, Cynthia Koppe écrit en temps réel un texte qui vient influer sur la représentation. Delphine Baffour Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, 75011 Paris. Du 24 février au 7 mars. Tél. 01 43 57 42 14. www.theatre-bastille.com En collaboration avec l’Atelier de Paris, CDCN. Patrick Berger
Elina Giounanli Frédéric Lovino Nina Flore Hernandez Ballroom d’Arthur Perole. convoquant des personnages extraordinaires aux frontières de la réalité et de la fiction. Quel est votre exutoire ? Ces personnages surgis d’une histoire imaginaire, accoutrés comme des « Incroyables » et des « Merveilleuses » d’un nouveau temps, ou d’arrogantes drag-queens, sont vite pris par le rythme obsédant, contractant buste et bassin Ils n’ont rien vu de Thomas Lebrun. de la bombe atomique, une amie de la petite fille aux mille grues, ont collaboré avec le Mémorial de la paix. Ce voyage a été également l’occasion d’apprendre d’un maître de kagura quelques bases de cette danse théâtrale shintoïste et de mêler au raffinement qui caractérise l’écriture du chorégraphe celui du Japon. Sur scène, pour seul décor se déploie un immense boro cousu par la plasticienne Théâtre des Abbesses/Chor. Christos Papadopoulos Elvedon & Ion Surfant sur la vague du succès public de Christos Papadopoulos, le Théâtre de la Ville multiplie les occasions de voir son travail. Séance de rattrapage en février ! Ion, de Christos Papadopoulos. Voici donc une série de représentations pour mieux se plonger dans une partie de l’univers du chorégraphe grec. Elvedon a largement contribué à le révéler en France  : en s’inspirant du roman de Virginia Woolf Les Vagues, il mettait en scène six danseurs en quête d’une forme de communauté, que la notion de temps vient faire évoluer, transformer, dans une forme de lien avec l’éternel. Avec Ion, il creuse encore la notion d’être ensemble avec un groupe plus conséquent. Ici, la danse révèle les corps comme autant d’atomes liés entre eux, ou comme autant d’oiseaux dans une nuée folle. L’unisson, le synchronisme, la précision, prennent tout leur sens dans le parti pris d’une gestuelle contraignant le bas en cadence, dans une atmosphère de fête décadente fin de règne. Associant à la danse provocante de l’underground homosexuel new yorkais, les tempi d’une tarentelle totalement réinventée par le compositeur Giani Caserotto, la danse devient aussi inexorable que fatale. Ainsi, le « quel est votre exutoire ? » qui sous-tend cette création, selon les mots mêmes d’Arthur Perole, prend une dimension beaucoup plus politique qu’elle n’en avait l’air. Au fond, dans ce Ballroom, le chorégraphe cible le climat insurrectionnel du moment, qui a pour nom Hong Kong, Chili, Brésil et même gilets jaunes, et qui, couplé avec la crise environnementale, correspond bien à l’atmosphère crépusculaire de Ballroom et à son irruption libératrice. Agnès Izrine Chaillot Théâtre national de la Danse, 1 place du Trocadéro, 75116 Paris. Salle Firmin Gémier. Du 26 au 29 février. Mer. 26, ven. 28 à 19h45, jeu. 27 et sam. 29 à 20h30. Tél. 01 53 65 30 00. Durée 1h. Rieko Koga. Tantôt paysage, tantôt vague, la multitude de tissus anciens et actuels qui le composent disent la permanence de la tradition, l’importance de la culture. Dans un style que n’aurait pas renié le mangaka Hokusai, la dernière scène du spectacle quant à elle nous avertit  : partout le monde a grondé et gronde encore. Ils n’ont rien vu est une pièce forte, importante, d’une grande élégance malgré l’âpreté de son propos. Elle imprime durablement les mémoires. Delphine Baffour Chaillot-Théâtre National de la Danse, 1 place du Trocadéro, 75016 Paris. Les 5, 7 et 10 mars à 20h30, les 6 et 11 mars à 19h45, le 8 mars à 15h30. Tél. 01 53 65 30 00. Durée  : 1h20. Spectacle vu au Théâtre Olympia, Tours, dans le cadre du festival Tours d’Horizons. Également le 17 mars à L’Onde, Vélizy- Villacoublay ; le 24 mars à la Scène nationale d’Orléans ; le 26 mars à L’Hectare, Vendôme ; le 5 mai au Merlan, Marseille ; et le 7 mai à La Passerelle, Gap. du corps pour mieux faire se déployer les bras dans une fascinante chorégraphie. Nathalie Yokel Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. Elvedon, du 17 au 24 février 2020, à 17h et 20h selon les jours ; Ion, du 20 au 22 février 2020 à 20h. Tél. 01 42 74 22 77. Théâtre de la Ville Les Abbesses/Chor. Martine Pisani Undated Accompagnée de ses fidèles interprètes, Martine Pisani revisite plus de 25 ans de création dans un opus une fois encore irrésistible. Une pièce de Martine Pisani est la promesse d’un moment de bonheur. Undated, qui réunit dix de ses fidèles interprètes et revisite un répertoire de plus de 25 ans, ne fait pas exception. Dans une dizaine d’opus de ce théâtre dansé dépouillé d’artifices et de mouvements virtuoses, où l’absurde le dispute à la tendresse, la chorégraphe a sélectionné les attitudes, les états récurrents, toujours pertinents aujourd’hui. Gestes incontrôlés, empêchés, chutes inexpliquées s’enchaînent et dessinent une petite humanité dissonante, incongrue, aussi touchante qu’hilarante. Delphine Baffour Théâtre de la Ville Les Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. Du 27 au 29 février. Tél. 01 42 74 22 77. Durée  : 1h. Photographie  : Didier Olivré/Communication  : Ewen Prigent www.laboitegraphique.fr - LE CARREAU DU TEMPLE DU VENDREDI 7 AU DIMANCHE 9 FÉVRIER 2020 SECOND SQUARE FORAIN CONTEMPORAIN SPECTACLES, MANÈGE, ATELIERS ENTRÉE LIBRE**Hors certains spectacles WWW.CARREAUDUTEMPLE.EU - 01 83 81 93 30 AVEC MATHURIN BOLZE, JUAN IGNACIO TULA, ANNA WEBER, CIE O.P.U.S. CIE LUNATIC... 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