La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
théâtre 26 la terrasse 284 février 2020 propos recueillis/Christine Letailleur L’Eden Cinéma Théâtre National de Strasbourg/DE Marguerite Duras/MES Christine Letailleur Alain Fromager, Annie Mercier, Hiroshi Ota et Caroline Proust interprètent L’Eden Cinéma, réécriture théâtrale d’Un barrage contre le Pacifique dont s’empare Christine Letailleur comme un voyage mémoriel et sensible. « Habituellement, je n’emporte pas de littérature lorsque je suis en tournée, pour être vraiment toute aux acteurs et au plateau, mais lors de celle des Liaisons dangereuses, j’ai voyagé en compagnie de ce texte. Duras est une écrivaine qui aide à traverser les chagrins, et à ce moment-là de ma vie, ma mère était mourante. L’Eden Cinéma me fait penser à elle, comme il me fait penser à Claude Régy, qui l’a monté. On a, avec certains auteurs, des histoires particulières et secrètes. Duras est de ceux-là pour moi  : j’entretiens avec son œuvre une relation viscérale. Ce qui m’a marqué dans L’Eden Cinéma, c’est l’épure de la langue. À l’époque où elle l’écrit, Duras a trouvé son style, audacieux, à la frontière entre le cinéma, le théâtre et la littérature et particulièrement efficace pour dire la douleur de l’enfance et, mieux encore, le passage entre les âges. Une œuvre commune Cette écriture, cette langue m’inspirent des images, du sensible. Il s’agit ensuite de les traduire sur scène en compagnie de toute l’équipe, comédiens et techniciens dont tous les gestes s’imbriquent  : dans ce travail, tout le monde est acteur. Duras entremêlent les temporalités dans son texte et j’ai jugé important que les comédiens jouent tous les âges, ce qui offre une dimension presque psychanalytique à leur interprétation, comme si, devenus adultes, les personnages rejouaient les scènes de l’enfance. Mais, encore une fois, les comédiens ne sont pas seuls à faire le spectacle. La scénographie d’Emmanuel Clolus crée un Marie Lamachère. Denise Oliver Fierro Christine Letailleur met en scène Marguerite Duras. propos recueillis/Marie Lamachère espace mental, Manu Léonard crée un espace sonore, Grégoire de Lafond fait surgir du décor, par la lumière, des espaces différents. C’est ce travail de création conjoint au service d’une épure essentielle qui permet que l’on entende le texte. » Propos recueillis par Catherine Robert Théâtre National de Strasbourg, 1 av. de la Marseillaise, 67000 Strasbourg. Du 4 au 20 février 2020 à 20h sauf le 8 à 16h ; relâche le dimanche. Tél. 03 88 24 88 24. Tournée à suivre (Grenoble et Aix-en- Provence à l’automne 2020 et en décembre au théâtre des Abbesses à Paris). De quoi hier sera fait Théâtre de la Commune/théâtre de Brives/DE Barbara Métais-Chastanier/mes Marie Lamachère Quel avenir pour les villes d’un monde qui peine à s’inventer un futur ? De quoi hier sera fait tente d’y répondre. « Est-on aujourd’hui en mesure de se projeter dans le futur ? Au milieu des perspectives catastrophistes, arrive-t-on à se penser un avenir en termes d’étapes ? Après un premier spectacle sur les campagnes, toute l’équipe a enquêté pour imaginer un futur à nos villes. On a questionné des urbanistes, des architectes, des politiques. Mais aussi cherché des expériences qui dès aujourd’hui transforment la ville. Les friches, les jardins partagés, le concept de bio-régions. En cours de route, on a aussi croisé le travail de Charles Fourier, qui il y a plus d’un siècle a porté des propositions conciliant modèle individuel et collectif. Pas tant pour s’en inspirer que pour sa capacité à sortir de l’état des lieux et à imaginer un futur. Au départ, il y avait l’effondrement Le spectacle se déroulera en trois parties chronologiques  : 2019, 2027, 2047. Y coexisteront plusieurs registres d’écriture  : une fable d’anticipation avec sept personnages, des conteursnarrateurs qui encadrent l’action et un travail choral, quasi musical. On passe d’un registre qui joue avec le réalisme à une perspective plus onirique et prospectiviste. Des vidéos feront le lien entre la fiction et le travail documentaire réalisé. Parce que l’effondrement ne sert qu’à justifier des décisions politiques, celui-ci constituera notre point de départ, mais certainement pas notre point d’arrivée. » Propos recueillis par éric Demey Théâtre de la Commune, 2 rue édouard- Poisson, 93300 Aubervilliers. Du 30 janvier au 9 février, mardi, mercredi, jeudi à 19h30, vendredi à 20h30, samedi à 18h, dimanche à 16h, jeudi 6 à 14h. Tél. 01 48 33 16 16. Théâtre de Brive, place Aristide-Briand, 19100 Brive-la-Gaillarde. Les 20 et 21 février 2020, le 20 à 20h30, le 21 à 19h. Tél. 05 55 22 15 22. Jean-Louis Fernandez Atelier de Paris/Chor. Lotus Eddé-Khouri ET Christophe Macé Structure-couple  : Fatch et Boomerang Structure-couple est le nom de l’association entre Lotus Eddé-Khouri, danseuse, et Christophe Macé, sculpteur et performeur, à l’origine d’un monde visuel, chorégraphique et musical très singulier. Plusieurs miniatures mettant en scène le duo constituent déjà le répertoire de Structurecouple  : Cosy (2014), Porque (2016), Boomerang (2017), Orgaback (2018) et Fatch (2019). Cette double soirée à l’Atelier de Paris rassemble la toute dernière, nouvellement créée en novembre, avec Boomerang, dont le titre fait une référence directe à la chanson qui a inspiré l’incroyable bande-son du spectacle. Le mixage entêtant de Jean-Luc Guionnet est pour beaucoup dans la réussite de ce duo. La danse, minimaliste, existe dans la posture et danse critique Magma Le Moulin du Roc/Théâtre National de Chaillot/Comédie de Clermont/Théâtre de Suresnes/Théâtre de l’Olivier/Chor. Marie-Agnès Gillot ET Andrés Marin De retour du Festival de danse de Cannes, Magma a commencé sa tournée 2020. On vient pour l’affiche d’un spectacle qui ne tient pas forcément ses promesses, mais on voit à l’œuvre deux monstres sacrés de la danse. Il est vrai que réunir, dans un même spectacle, l’étoile Marie-Agnès Gillot avec le grand danseur de flamenco Andrés Marin a de quoi alimenter bien des fantasmes. Chacun dans leur domaine de prédilection, ils représentent le must des interprètes, lorsque, dépositaires d’un langage, de codes, ils en subliment l’histoire par leur virtuosité, leur engagement total dans leur geste, et leur façon toute personnelle d’en actualiser la portée. C’est bien ce qui arrive dans Magma  : on reconnaît le style ardent du sévillan Andrés Marin, ses frappes de pied précises et intenses, sa présence éblouissante même dans les silences les plus fins, dans les mouvements les plus minimalistes. Marie-Agnès Gillot n’a pas chaussé ses pointes, mais c’est la danseuse renommée pour être la plus grande interprète des chorégraphes contemporains invités à l’Opéra de Paris que l’on retrouve ici. Un dos, un geste de bras et c’est un monde d’une grande beauté qu’elle ouvre. Christian Rizzo au centre du dispositif Magma offre une rencontre qui pourtant peine à sortir de ce premier constat. Les corps se cherchent, apparaissent, disparaissent, se tournent autour… Se trouvent-ils pour autant ? Leurs moments d’union tournent court. Chacun cultive son solo, mais leur façon d’arpenter le plateau témoigne d’une chorégraphie sans originalité, qui s’arrête au vocabulaire déjà connu d’infinis déploiements de bras. Il faut dire que l’environnement scénographique, lumineux et musical conçu par Christian Rizzo et son équipe a de quoi occuper l’espace et notre imaginaire  : une haute sculpture de blocs monolithiques devient l’élément central, mouvant au fil des éclairages, mystérieux. À côté, les deux musiciens Didier Ambact et Bruno Chevillon font vibrer la contrebasse et résonner la batterie, construisant un espace sonore magnifié une seconde fois par Vanessa Court. On s’y Andrés Marin et Marie-Agnès Gillot, deux danseurs en quête de chorégraphie. attache, auprès d’une belle danse qui ne fait pas pour autant chorégraphie. Nathalie Yokel Le Moulin du Roc, 9 bd Main, 79000 Niort. Le 1er février à 20h30. Tél. 05 49 77 32 32. Théâtre National de Chaillot, 1 place du Trocadéro, 75016 Paris. Les 6, 8, 11 et 13 février à 20h30, les 7 et 12 février à 19h45, et le 9 février à 15h30. Tél. 01 53 65 30 00. La Comédie de Clermont, 88 bd François- Mitterrand, 63000 Clermont-Ferrand. Du 18 au 20 mars 2020 à 20h30. Tél. 04 73 29 08 14. Théâtre de Suresnes, 16 place Stalingrad, 92150 Suresnes. Le 24 avril 2020 à 21h. Tél. 01 46 97 98 10. Théâtre de l’Olivier, bd Léon-Blum, 13800 Istres. Le 5 juin 2020 à 20h30. Tél. 04 42 56 48 48. Spectacle vu à la Maison de la Danse de Lyon. +*. , Lotus Eddé-Khouri et Christophe Macé forment le duo singulier de Structure-couple. la tentative de marche induites par le port de drôles de cothurnes en bois. Même procédé pour Fatch  : une musique prompte à faire écho en nous, Sometimes I feel like a motherless child (adaptée par Fats Waller), passée sous les mains expertes du compositeur, et, sous les pieds des performeurs, une structure scénographique en forme de socle dentelé. Nathalie Yokel Atelier de Paris, route du Champ-de- Manœuvre, 75012 Paris. Les 6 et 7 février 2020 à 20h30. Tél. 01 417 417 07. La Terrasse, premier média arts vivants en France Julien Benhamou Rémi Illig
dyod Festival/Faits d’Hiver/Théâtre de la Cité internationale/Chor. Daniel Linehan Photo  : Yoshikazu Inoue sspeciess En prenant le contrepied des discours écologiques en cours, Daniel Linehan estompe la frontière entre humains et non-humains. sspeciess de Daniel Linehan. Daniel Linehan remet l’homme à sa place dans un univers sans hiérarchie d’espèces, et tente de nous reconnecter avec le vivant. Avec cinq danseurs et un créateur de sons. Timothy Morton est un intellectuel d’une originalité au fond très britannique, qui dynamite les pensées en cours pour les faire apparaître sous un jour nouveau. L’idée centrale de Morton est que nous sommes interconnectés. Que nous fassions des gestes lourds de conséquences ou anodins, nous participons donc tous au changement climatique, à la disparition des espèces, à l’accumulation pour des siècles et des siècles des gaz à effet de serre. Dans sspeciess, Daniel Linehan s’inspire de ses écrits et surtout de l’une de ses idées centrales, à savoir qu’il n’est rien dont nous nous débarrassons réellement. La chorégraphie est donc guidée par les notions de coexistence et de symbiose. Les différents éléments de Liu Chen-hsiang cette création sont reliés, simultanés et perméables, laissant apparaître et disparaître des vies d’espèces cachées comme autant de surprises. Quand ce qui était passé inaperçu et ignoré dans notre environnement devient soudainement la chose à laquelle nous aurions dû prêter attention depuis le début. Agnès Izrine Festival Faits D’Hiver - Théâtre de la Cité internationale, 17 bd Jourdan, 75014 Paris. Les 6 et 7 février à 20h30. Tél. 01 43 13 50 50. Durée 1h10. Région/Bonlieu-Scène nationale Annecy/Chor. Cheng Tsung-lung%. 13 Tongues L’excellent Cloud Gate Dance Theatre de Taïwan revient en France avec 13 Tongues, un nouvel opus enchanteur. r 13 Tongues par le Cloud Gate Dance Theatre. Fondé en 1973, le Cloud Dance Theater a su par son excellence acquérir une renommée internationale. Dirigé depuis sa création par Lin Hwai-min, dont on a pu admirer en France Rice en 2016 et Formosa en 2018, il accueille Quand la chorégraphie rencontre les arts plastiques. - en 2020 à sa tête Cheng Tsung-lung. Avec 13 Tongues celui-ci s’inscrit dans les pas de son prédécesseur et maître, puisant dans les danses et légendes traditionnelles de son pays pour créer une œuvre onirique et raffinée. S’inspirant de Thirteen Tongues (Treize Langues), un conteur iconique de Taipei qui savait endosser tous les rôles, il fait revivre entre rites taoïstes et exubérance les rues du vieux quartier de Bangka dont l’artiste était issu. Treize interprètes virtuoses, formés à la danse mais aussi au Qi Kong, offrent un spectacle fascinant. Delphine Baffour Bonlieu-Scène nationale, 1 rue Jean-Jaurès, 74000 Annecy. Les 7 et 8 février à 20h30. Tél. 04 50 33 44 11. Durée  : 1h. Également les 4 et 5 février à Malraux, Chambéry ; du 12 au 15 février au Théâtre national de la danse de Chaillot ; les 19 et 20 février à La Comédie, Clermont-Ferrand. Théâtre de la Ville à l’Espace Pierre Cardin/Chor. Anne Teresa De Keersmaeker Fase, Four Movements to the Music of SteveReich Créée en 1982, cette chorégraphie en trois duos et un solo sur quatre partitions majeures de SteveReich n’a pas pris une ride en presque quarante ans ! Anne Teresa De Keersmaeker avait vingt ans quand elle créa Fase, Four movement to the music of SteveReich. Et cette chorégraphie Anne Van Aerschot Fase, Four Movements to the Music of SteveReich d’Anne Teresa De Keersmaeker. immuable, demandant une concentration inouïe, tient merveilleusement bien la route au fil des années. Les quatre compositions de SteveReich, qui s’échelonnent entre 1966 et 1972, ont toutes pour point commun le processus du « phasing » (ou déphasage en français) qu’il découvre par hasard en 1965, alors qu’un dysfonctionnement de deux magnétophones qu’il utilisait démarrèrent à l’unisson, mais perdirent peu à peu leur synchronisme en créant un déphasage graduel. Bien entendu, Anne Teresa De Keersmaeker, se sert de ce processus dans sa chorégraphie. Chacune des deux danseuses joue les deux lignes qui se décalent et se recalent dans une danse vertigineuse, hypnotisante, et surtout absorbante. Et si la danse semble se calquer sur la musique, de fait, elles ne se superposent jamais. Fase n’est pas une incarnation de la musique mais une véritable interprétation de la partition par un instrument original et fondamental  : le corps. Agnès Izrine Théâtre de la Ville à l’Espace Cardin, 1 av. Gabriel, 75008 Paris. Du 12 au 22 février 2020, tous les jours à 20h, sauf dim. 16 à 15h. Relâche lundi. Tél. 01 42 74 22 77. Durée  : 1h10. Damien Jalet Artiste associé Kohei Nawa Vessel 6 – 13 mars 2020 1 place du Trocadéro, Paris www.theatre-chaillot.fr danse 27 la terrasse 284 février 2020



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :