La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 22 la terrasse 284 février 2020 J’ai rêvé la Révolution de Catherine Anne Éditions Actes Sud-Papiers — 2018 Librement inspiré par la vie et les écrits d’Olympe de Gouges o texte et mise en scène Catherine Anne co-mise en scène Françoise Fouquet avec Catherine Anne, Luce Mouchel, Morgane Real, Pol Tronco du 27 février au 8 mars Théâtre de l’Épée de Bois jeudi et vendredi à 20h30 samedi à 17h et 20h30 dimanche à 17h de 22 € à 10 € infos du lundi au vendredi de 14h à 19h  : 01 48 08 39 74 réservations via le site du Théâtre Théâtre de l'Épée de bois Cartoucherie, route du Champ de Manœuvre, Paris 12e catherine anne à brûle—pourpoint. www.catherineanne.info utie. h>.e 1.111..17.15.Le erama sort es igt Production  : À Brûle-pourpoint, Co-production  : MC2 : Grenoble, Scène Nationale Le Château Rouge Annemasse, Scène Conventionnée. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et de l’ENSATT. Aide à la création de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Soutien de l’Adami et du TQI-CDN Val de Marne. THÉÂTRE AM STRAM GRAM/ROUTE DE FRONTENEX, 56/1207 GENÈVE/AMSTRAMGRAM.CH NORMALITO PAULINE SALES/À L’ENVI THÉÂTRE/DÈS 9 ANS Du 17 février au 3 mars Théâtre Am Stram Gram – Genève Du 11 au 17 mars Théâtre de la Ville, Les plateaux sauvages – Paris Les 19 et 20 mars Le Quai des rêves – Lamballe Les 26 et 27 mars La Maison du Théâtre – Brest Les 30 et 31 mars Les Scènes du Jura, La Fabrique – Dole Le 3 avril Théâtre du Champs au Roy – Guingamp Du 3 au 26 juillet 11 Gilgamesh Belleville – Festival d’Avignon Mi critique Entreprise région et tournée/Théâtre Dijon Bourgogne/DE Jacques Jouet, Rémi De Vos ET Georges Perec/MES Anne-Laure Liégeois Le Marché de Jacques Jouet, Débrayage et L’Intérimaire de Rémi De Vos, L’Augmentation de Georges Perec  : Anne-Laure Liégeois crée Entreprise, un triptyque satirique sur le monde du travail. Quand le rire, salvateur, met en lumière les encombres du réel entrepreneurial. Un demi-siècle sépare Le Marché* de Jacques Jouet (fruit d’une commande de la metteuse en scène Anne-Laure Liégeois pour son nouveau spectacle créé le 7 janvier dernier au Volcan, au Havre, avant d’être présenté en tournée) et L’Augmentation, écrit de Georges Perec datant de 1968. L’un et l’autre membres de l’OuLiPo, groupe de recherche et d’expérimentation littéraire fondé en 1960, ces deux auteurs se voient donc aujourd’hui réunis au sein d’un réjouissant projet théâtral. Un projet qui comprend également des textes de Rémi De Vos (L’Intérimaire** et des extraits de Débrayage**) pour nous plonger dans les champs absurdes et drolatiques du monde de l’emploi. Il y a, tout d’abord, les suites de néologismes et d’anglicismes, les jeux de mots et l’inventivité langagière de Jacques critique Elephant Man Le Lucernaire/texte et mes Antoine Chalard Jouet. Dans Le Marché, l’auteur fait ressortir les hyperboles de l’idéologie ultralibérale, s’amusant de la novlangue qui lui sert de couverture. Il y a, ensuite, l’esprit tranchant et burlesque de Rémi De Vos. Il s’exprime ici par le biais de diverses saynètes établissant des situations de recrutement, de pression hiérarchique, de conflits, d’affrontements dans l’entreprise… Les affres et les incertitudes de l’emploi Et pour finir, il y a ce petit bijou dialectique qu’est L’Augmentation, œuvre d’une vivacité jubilatoire qui déploie, à travers une étonnante succession de propositions binaires, « l’art de la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation ». Sous la direction toujours précise et imaginative C’est grâce à cette histoire, celle d’un homme difforme surnommé Elephant Man, que David Lynch est devenu le cinéaste mythique que l’on connaît. Une histoire dont s’empare aujourd’hui le metteur en scène et comédien Antoine Chalard, qui signe au Lucernaire un spectacle sur la monstruosité enfermé dans ses bons sentiments. Son véritable nom était Joseph Carey Merrick. Né en Angleterre en 1862, mort en 1890 à l’âge de vingt-sept ans, le destin de cet homme atteint d’une maladie génétique affectant la croissance et provoquant des difformités physiques est bien loin d’un chemin paisible. Soumis dès la petite enfance aux symptômes de ce que l’on sait aujourd’hui être le syndrome de Protée, celui qu’on affubla du sobriquet d’Elephant Man se mit à boiter à cinq ans et perdit sa mère à onze. Rejeté par la nouvelle épouse de son père, il fut expulsé du domicile familial, admis dans un hospice pour pauvres, avant de s’en échapper pour parcourir les routes comme phénomène de foire. Exhibé tel un monstre, une anomalie de la nature, Joseph Merrick vit défiler devant lui toutes sortes de curieux, parmi lesquels de nombreux étudiants en médecine qui souhaitaient approfondir leur science en améliorant leur connaissance du corps humain. L’un d’entre eux parla de cet « homme éléphant » au professeur Frederick Treves. Le chirurgien fit sa connaissance, étudia sa pathologie et finit par raconter sa vie dans L’Homme Eléphant et autres souvenirs. Le droit à la différence et à l’indifférence C’est cette rencontre qui occupe le cœur du spectacle que présente, depuis le 15 janvier, le comédien, metteur en scène et auteur Antoine Chalard au Lucernaire. Créé en avril 2018 au Théâtre Lucet-Langenier sur l’île de la Réunion, repris la même année dans le Off d’Avignon, cet Elephant Man pour trois interprètes et six personnages (Florent Malburet et Clémentine Yelnik accompagnent, sur scène, Antoine Chalard) traverse la vie de Joseph Merrick sur des airs de lamento. Inserts en voix off témoignant des malheurs de l’enfance, regards compatissants portés par la haute société londonienne sur un être qui, jusqu’alors, n’avait jamais vraiment été considéré comme humain… Le panorama de Antoine Chalard et Florent Malburet dans Elephant Man. vie qui s’offre ici à nous a du mal à convaincre. Sans provoquer d’inattendus, ce spectacle de genre va son petit bonhomme de chemin en oubliant d’éclairer les angles morts des évidences, en négligeant d’explorer les arrièreplans de situations que l’on aurait aimé voir traitées avec davantage de distance. Dans son texte, Antoine Chalard a voulu défendre le droit à la différence et à l’indifférence. L’intention est louable. Dommage que cet « hymne à l’amour et à l’amitié », en s’enferrant comme il le fait dans les lieux communs, se change en simple mélo. Manuel Piolat Soleymat Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des- Champs, 75006 Paris. Du 15 janvier au 1er mars 2020. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 17h. Durée de la représentation  : 1h15. Tél. 01 45 44 57 34. www.lucernaire.fr également le 10 avril 2020 au Jeu de Paume à Vizille. Gilbert Vanbiervliet
Christophe Raynaud de Lage Bellamy Olivier Dutilloy, Anne Girouard et Jérôme Bidaux dans Entreprise. d’Anne-Laure Liégeois, Jérôme Bidaux, Olivier Dutilloy et Anne Girouard s’emparent de ces trois écritures avec une fantaisie qui en impose. Remontant le temps de notre époque jusqu’à la fin des années 1960, les trois interprètes prouvent par le loufoque que les violences faites aux employés comme aux chômeurs, quoiqu’exacerbées par le triomphe du capitalisme financier, ne sont pas nées avec le xxi e siècle. Fidèle au théâtre auquel elle travaille depuis ses débuts de metteuse en scène, en 1992, Anne-Laure Liégeois signe un spectacle profond, humain, politique. Un spectacle qui dit les souffrances du monde de l’entreprise avec l’élégance et la force du rire. Manuel Piolat Soleymat * à paraître aux éditions  : esse que. ** Publiés chez Actes Sud – Papiers. Le quatuor des Bacchantes. critique Théâtre Dijon Bourgogne – Centre dramatique national, parvis Saint-Jean, rue Danton, 21000 Dijon. Du 28 janvier au 1er février 2020. Pièces jouées en alternance  : le mardi et le jeudi à 20h (Débrayage/L’Intérimaire et L’Augmentation), le mercredi à 20h et le vendredi à 18h30 (Le Marché et L’Augmentation), intégrale le samedi à 17h. Spectacle vu le 14 janvier 2020, dans sa version intégrale, au Théâtre de L’Union à Limoges. Durée de la représentation  : 3h10 avec entracte. Tél. 03 80 30 12 12. www.tdb-cdn.com. également du 4 au 6 février 2020 à la Maison de la Culture d’Amiens ; les 11 et 12 février à la Scène nationale de Saint Nazaire ; le 29 février au Théâtre de l’Agora à évry ; du 4 au 7 mars au Cratère à Alès ; du 18 au 26 mars au Théâtre 71 à Malakoff ; le 31 mars au Manège à Maubeuge. Les Bacchantes Reprise/Théâtre de l’Epée de Bois/d’Euripide/MES Bernard Sobel Bernard Sobel recourt à cette pièce paradoxale d’Euripide pour dire la complexité de notre monde. Une mise en scène sans artifice qui invite à s’interroger sur la dualité de l’être humain, tendu entre raison et barbarie. roi que suscite ce passage d’un monde à un autre, que faire ? L’ouverture du spectacle donne un indice. Une vidéo projetée en fond de scène montre des hommes en train de construire un décor. Belle entrée en matière pour cette pièce sur l’illusion théâtrale – le dieu du théâtre étant Dyonisos. Un personnage ambigu et paradoxal, qui pour mieux démontrer sa divinité aux Thébains incrédules (Penthée en tête), prend l’apparence d’un homme. Un personnage à l’image de la pièce  : Les Bacchantes brouille sans cesse les cartes au point que l’on ne sait plus reconnaître le fou du sage, le sage du tyran. Bernard Sobel C’est n’est sans doute pas un hasard si à plus de 80 ans, Bernard Sobel a choisi de monter Les Bacchantes, considéré comme le dernier texte du poète grec (408 avant J.-C.). Un poète qui assistait au changement du destin de la Grèce, marquée par les deux guerres du Péloponnèse. Une situation qui fait écho à la « rupture anthropologique » face à laquelle beaucoup, dont Bernard Sobel, considèrent que nous sommes placés. Devant le désarne cherche pas à évacuer cette complexité. C’est dans l’épure du décor, la clarté des lumières, le brut des costumes, le naturel du jeu, qu’il fait apparaître des lignes de force. Altérité et monstruosité Par la disposition de ses personnages en face-à-face, en particulier Penthée – incarné par l’excellent et nuancé Matthieu Marie – et Dionysos – incarné avec talent par Vincent Minne –, il nous montre bien que deux thèses s’affrontent  : d’un côté, un monde établi, où règnent l’ordre et la raison. De l’autre, l’altérité portée par un nouveau monde dominé par la confusion ou la sauvagerie. Tout cela sans manichéisme, car comme le dit Michèle Raoul-Davis, fidèle collaboratrice de Bernard Sobel, « si l’on refuse, individu ou société, d’admettre en soi les éléments d’altérité que tout groupe, tout être humain porte en lui sans toujours le savoir, alors le stable, le régulier, l’identique bascule et s’effondre, comme si c’était ce groupe, cet individu qui devenait monstrueux. » C’est cette dualité de l’homme, cette barbarie que chacun porte en soi, qu’il faut reconnaître et accepter. L’image vidéo finale, qui donne à voir un grappin détruisant le décor du début, est à cet égard doublement signifiante. On peut y voir précisément cela  : à savoir que l’homme comporte en lui la création comme la destruction. On peut y lire également une métaphore de ce que nous vivons  : nous savons quel monde nous quittons, lequel allons-nous trouver ? Bernard Sobel, humblement, nous indique qu’il n’y a pas de réponse. Si ce n’est, peut-être, l’immuable illusion théâtrale. Isabelle Stibbe Théâtre de l’épée de Bois, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 19 au 23 février 2020, du mercredi au samedi à 20h30, samedi et dimanche à 17h. Tél. 01 48 08 39 74. Durée  : 1h30. saison 19 20 L’empreinte soutient la création ! De quoi hier sera fait ? Barbara Métais-Chastanier Marie Lamachère JEUDI 20 ET VENDREDI 21 FEVRIER Des territoires (…et tout sera pardonné ?) Baptiste AmannJEUDI 12 MARS Le silence et la peur David Geselson LUNDI 23 MARS www.sn-lempreinte.fr 05 55 22 15 22 Arthur Crestani Sonia Barcet Dorothea Lange théâtre 23 la terrasse 284 février 2020



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