La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 18 la terrasse 284 février 2020 MISE EN SCÈNE & SCéNographIE Hubert Jappelle avec adrien bernard-brunel - Cécile Dubois - bérengère Gilberton Geoffroy Guerrier - Christophe Hardy - Jade Jonot Création lumière Nicolas Jappelle - Costumes & accessoires Nadia léon - Construction adrien alessandrini DU 28 FÉVRIER AU 15 MARS 2020 33 Chemin d’Andrésy - Éragny-sur-Oise www.t h e a t r e de l u s i ne. net billetterie@theatredelusine.net billetterie en ligne  : theatredelusine.mapado.com Dessin  : Hubert Jappelle - Conception  : Théâtre de l’Usine - Licences d’entrepreneur de spectacles 3-1086855 r DIRECTION : OMAR PORRAS CHEMIN DE L'USINE À GAZ 9 1020 RENENS-MALLEY BILLETTERIE : +41 (0)21625 84 29 HOMME PLEIN VENT 8175ild te. THEATRE RUER MELEAU TRM.CH RENENS SUISSE CRÉATION PIERRE MEUNIER ET HERVÉ PIERRE MA, ME, JE, SA  : 19H/VE  : 20H/DI  : 17H30 04–14.02.20 01 30 37 01 11 PRÉFET DE LA RÉGION D’ILE-DE-FRANCE critique Trop de jaune Studio Hébertot/d’Emmanuel Fandre/MES Orianne Moretti Orianne Moretti, fondatrice de la Compagnie Correspondances - Les Arts en partage, présente Trop de de Jaune d’Emmanuel Fandre au Studio Hébertot. Neuf comédiennes et comédiens donnent corps à ce voyage en clair-obscur dans la vie de Vincent Van Gogh. Une belle surprise. critique Evguénie Sokolov Théâtre du Petit Saint-Martin/d’après Serge Gainsbourg/mes Charlotte Lévy-Markovitch Provocateur, burlesque, exubérant  : le « conte parabolique » de Serge Gainsbourg est adapté au théâtre par la metteuse en scène Charlotte Lévy-Markovitch. Sous sa direction, le toujours singulier Jean-Quentin Châtelain porte avec le talent qu’on lui connaît le destin loufoque d’un peintre soumis aux déflagrations incessantes de ses gaz intestinaux. Il fut le magistral interprète d’Ode maritime* de Fernando Pessoa, spectacle créé par Claude Régy en juillet 2009 qui reste en mémoire comme un inoubliable moment de grâce. Trois semaines après la disparition du grand metteur en scène, à l’âge de 96 ans, Jean-Quentin Châtelain présente sur la scène du Petit Saint- Martin un monologue adapté d’un court roman de Serge Gainsbourg (publié en 1980, aux Editions Gallimard). Des fulgurances existentielles et poétiques de l’écrivain portugais aux outrances intestinales du chanteur auteur-compositeur des années-lumière se dessinent… Un grand écart stylistique que le comédien suisse effectue avec un esprit de découverte qui en impose. On connaît les inflexions de voix si personnelles à travers lesquelles Jean-Quentin Châtelain donne vie aux mots dont il s’empare. On connaît la profondeur surprenante qu’il fait surgir sur scène, comme revenu d’un endroit clandestin que lui seul aurait pu arpenter. Dans Evguénie Sokolov, cette façon de dire et d’être, une fois de plus, saisit. Pourtant, on aurait pu rester en dehors de ce texte outrancier qui retrace le destin d’un peintre français d’origine slave devenu riche et célèbre grâce aux flatulences qui ponctuent, depuis sa naissance, son existence. Un « pamphlet à propos de la peinture moderne » Mais peu à peu, une façon de surréalisme surgit, laissant percer derrière les dérèglements aérophagiques de ce personnage la précision d’une écriture qui, pour s’ébrouer dans les obscénités, ne tombe jamais dans la complaisance. « Pamphlet à propos de la peinture moderne », comme l’a dit son auteur, Evguénie Sokolov est une véritable curiosité littéraire. Une curiosité littéraire que Charlotte Lévy-Markovitch transforme en curiosité théâtrale, signant une mise en scène au dépouillement radical. Sans l’appui d’aucun accessoire Jean-Quentin Châtelain, formidable interprète d’Evguénie Sokolov. ou élément de décor, Jean-Quentin Châtelain s’avance vers nous, évoluant dans l’espace totalement nu du plateau. « De ma vie, sur ce lit d’hôpital que survolent les mouches à merde, la mienne, m’arrivent des images parfois précises souvent confuses, out of focus disent les photographes, certaines surexposées, d’autres au contraire obscures, qui mises bout à bout donneraient un film à la fois grotesque et atroce… », commence-t-il. Le personnage de Sokolov naît à nous. Au sein d’une atmosphère de clair-obscur dont les variations marquent les différentes parties du spectacle (les lumières sont d’Eric Soyer), un homme se confie à nous sans la moindre pudeur. Il nous entraîne dans les excès d’une charge immodérée et extravagante contre le monde de l’art contemporain. Manuel Piolat Soleymat * Critique dans La Terrasse n°176, mars 2010. Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René-Boulanger, 75010 Paris. À partir du 17 janvier 2020. Du mardi au samedi à 19h. Tél. 01 42 08 00 32. Durée  : 1h05. Le 27 juillet 1890, après être sorti se promener avec son matériel de peinture, Vincent Van Gogh revient d’un pas mal assuré à l’Auberge Ravoux, où il loge à Auvers-sur-Oise. Il s’écroule sur son lit, blessé à la poitrine par une arme à feu. Le peintre décède deux jours plus tard, à l’âge de 37 ans. Officiellement due à un acte suicidaire, cette mort brutale a donné lieu à diverses théories. L’une d’entre elles affirme que Van Gogh aurait été victime d’une balle perdue tirée par deux adolescents. Mais la pièce qu’Orianne Moretti met actuellement en scène ne cherche pas à résoudre cette controverse. C’est l’existence de l’artiste (interprété par Thomas Coumans) que Trop de jaune s’attache à mettre en lumière et non sa disparition. Une existence convoquée par le biais de nombreux personnages qui rendent visite au créateur des Tournesols durant son agonie, éclairant au passage de multiples aspects de sa vie. Sa mère (Brigitte Aubry), son défunt père (Laurent Richard), son médecin (Malik Faraoun), son ami Paul Gauguin (Xavier Fabre), sa logeuse (Carole Massana), sa maîtresse Sien (Anne-Lise Maulin), les figures burlesques d’un assureur et d’un huissier (Francisco Gil et Edouard Michelon). Ainsi qu’une prostituée, son frère Théo, des infirmiers, la mort, un journaliste interviewant le peintre à l’occasion d’un show télévisuel… Loin d’un banal biopic, le texte d’Emmanuel Fandre ne rend pas compte du destin de Vincent Van Gogh de façon exhaustive et linéaire, mais se James Weston
Kurt Van Der Elst Stéphane Audran Trop de jaune, mis en scène par Orianne Moretti au Studio Hébertot. penche sur ses gouffres et ses tumultes, sur les enjeux humains et les questionnements artistiques qui s’expriment à travers lui. Les gouffres et les tumultes d’une vie qui s’achève Servi par la judicieuse mise en scène d’Orianne Moretti, qui investit la dimension universelle du texte en nous transportant au sein d’un espace déréalisé et atemporel (la scénographie est de Laëtitia Franceschi), Trop de jaune ouvre toutes sortes de réflexions sur l’acte de création, les empêchements intimes, le poids des relations familiales, l’incapacité au bonheur, la marchandisation des œuvres d’art, la condition de créateur et d’artiste d’avant-garde. Tout ceci se révèle de remarquable manière critique La petite fille de Monsieur Linh Reprise/Théâtre des gémeaux/DE Philippe Claudel/MES Guy Cassiers Guy Cassiers à la mise en scène, Jérôme Kircher à l’interprétation, Philippe Claudel à l’écriture, l’attelage de grands noms donne ici naissance à une très belle réussite. Le récit de Philippe Claudel que Guy Cassiers a entrepris de mettre en scène, La petite fille de Monsieur Linh, s’adresse avant tout aux bons sentiments qui devraient conduire chacun à voir dans la figure de l’autre une part de soi-même, de son humanité. C’est là sa seule limite, sa seule faiblesse pourrait-on dire, dans le cadre d’un sujet aussi politiquement sensible que celui des migrations. Car, pour le La petite fille de Monsieur Linh. reste, ce monologue superbement interprété par Jérôme Kircher est d’une grande beauté, qui emporte toute réticence sur son passage. Une narration simple et astucieuse parsemée d’énigmes et de surprises mais aussi d’images éloquentes, la première qualité de La petite fille de Monsieur Linh réside avant tout dans le texte de Philippe Claudel. Fuyant son pays en guerre, de l’autre côté de la mer, Monsieur Linh rencontre sur un banc, dans un parc, un autre homme, Monsieur Bark, un humain comme lui égaré. Bien qu’ils ne parlent pas la même langue, les deux hommes se lient d’amitié, aidés en cela par la petite-fille de Monsieur Linh, dont il ne se sépare jamais. Une interprétation puissante Sur scène, c’est Jérôme Kircher qui incarne les deux personnages solitaires. Derrière lui, un vaste écran où s’inscrivent parfois quelques dialogues, et, quand ils se retrouvent, l’image vidéo des deux hommes assis côte à côte. L’interprétation de Jérôme Kircher est si puissante qu’on ne pourrait que l’appauvrir en tentant d’en rendre compte. En narrateur, Kircher est un brin rigolard, aussi léger que touchant. En Monsieur Bark, il campe un gaillard bourru mais pas trop, au bord du précipice et des larmes. En Monsieur Linh, il est tout à la fois perdu, émouvant et déterminé. L’histoire se mène d’un point de vue intérieur, à travers les yeux de Monsieur Linh, elle est conduite d’une voix sensible, presque naïve. Et l’acteur crée lui-même, habilement et simplement, l’univers sonore délicat et envoûtant de cette aventure humaine où ce qui relie les hommes dépasse de loin les différences culturelles, les règlements et les frontières. Bouleversant. éric Demey Théâtre Les Gémeaux, Scène Nationale, 49 av. Georges-Clemenceau, 92330 Sceaux. Du 4 au 8 mars 2020, du mardi au samedi à 20h45, le dimanche à 17h. Tél. 01 46 61 36 67. Durée  : 1h20. sur le plateau du Studio Hébertot. Centrés sur la vérité intérieure de personnages qui, souvent sans s’en apercevoir, se malmènent les uns les autres, les comédiennes et comédiens donnent ici corps à des moments de jeu d’une belle intensité. Des moments qui laissent de côté artifices et fioritures pour s’en tenir à l’essentiel  : la profondeur de l’être et du dire. Manuel Piolat Soleymat Studio hébertot, 78 bis bd des Batignolles, 75017 Paris. Du 8 janvier au 16 février 2020. Du mercredi au samedi à 21h, le dimanche à 14h30. Durée  : 1h35. Tél. 01 42 93 13 04. www.studiohebertot.com CANDIDE Voltaire Arnaud Meunier en tournée du 5 février au 7 mai 2020 production créée à La Comédie Théâtre national de Nice – CDN Nice Côte d’Azur 5 au 8 février 2020 Théâtre d’Angoulême – Scène nationale 12 au 14 février 2020 Théâtre de l’Union – CDN du Limousin 18 au 20 février 2020 Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine 6 mars 2020 Les Scènes du Jura – Scène nationale 11 et 12 mars 2020 Comédie de Colmar – CDN d’Alsace 18 au 20 mars 2020 Théâtre du Gymnase, Marseille 24 au 26 mars 2020 Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale 1er et 2 avril 2020 Théâtre de Villefranche – Scène conventionnée 8 et 9 avril 2020 Théâtre de Montbéliard 16 avril 2020 Théâtre de la Ville, Paris 21 avril au 7 mai 2020 DIRECTION ARNAUD MEUNIER CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL I ÉCOLE SUPÉRIEURE D'ART DRAMATIQUE www.lacomedie.fr 04 77 25 14 14 Sonia Barcet théâtre 19 la terrasse 284 février 2020



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