La Terrasse n°284 février 2020
La Terrasse n°284 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le théâtre de Suresnes qui rouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 10 la terrasse 284 février 2020 DIRECTION RICHARD CAILLAT ET STÉPHANE HILLEL « UN RÉGAL » Le Parisien RÉCOMPENSÉ AUX MOLIÈRES RÉCOMPENSÉ AUX MOLIÈRES MATHILDA MAY MATHILDA MAY « METTEUR EN SCÈNE - THÉÂTRE PUBLIC » « METTEUR EN SCÈNE - THÉÂTRE PUBLIC » ARIANE MOURIER ARIANE MOURIER « RÉVÉLATION FÉMININE » « RÉVÉLATION FÉMININE » DÉCORS  : JACQUES VOIZOT - LUMIÈRES  : LAURENT I]iaL BÉAL COSTUMES i niï  : VALÉRIE Al A ADDA - CONCEPTION VIDÉO  : NATHALIE CABROL - SON  : GUILLAUME DUGUET -— ASSISTANTE MISE EN SCÈNE 14E  : ANNE POIRIER-BUSSON À PARTIR DU 14 JANVIER 2020 Location 01 48 74 25 37 www.theatredeparis.com 15 rue Blanche, 75009 francetv la terrasse Mye 103.9 Fm critique Angels in America Comédie-Française/DE Tony Kushner/MES Arnaud Desplechin La pièce culte de Tony Kushner sur le sida et l’Amérique de Reagan fait son entrée au répertoire de la Comédie-Française dans une version concentrée mise en scène par Arnaud Desplechin. Pour sa deuxième incursion à la Comédie- Française, après Père de Strindberg, le cinéaste Arnaud Desplechin a choisi Angels in America. La pièce de Tony Kushner, créée en 1990 et connue en France par la mise en scène de Brigitte Jaques au Festival d’Avignon en 1994 avant celle de Warlikowski en 2007, est rapidement devenue un classique, accumulant les honneurs (prix Pulitzer et Tony Awards) et allant jusqu’à susciter une mini-série sur HBO voire un opéra signé Peter Eötvös. Il n’est pourtant pas facile de monter cette grande fresque de sept heures sur le sida dans l’Amérique de Reagan où le dramaturge mêle l’intime et l’épique, le réalisme et le merveilleux, les lieux, la tradition juive et la religion mormone, sans compter les références de Shakespeare et Brecht à Cats ou la Cage aux folles ! Le premier geste d’Arnaud Desplechin a été de couper le texte pour en livrer une version de 2 h50 avec entracte. La pièce ainsi resserrée se concentre sur le quintet amoureux  : Louis quitte Prior quand celui-ci est atteint du sida et vit quelque temps avec Joe, un mormon marié à Harper à qui il tente de cacher son homosexualité tandis que Belize, ancien amant de Prior, s’occupe de lui. La deuxième préoccupation d’Arnaud Desplechin a été de trouver un dispositif théâtral à même de régler, par exemple, la quarantaine de changements de décors, en recourant aussi bien aux outils traditionnels du théâtre (notamment de nombreux jeux de pendrillons ou l’utilisation de câbles pour faire voler les anges) qu’aux moyens cinématographiques comme la projection d’images vidéo. Cohérence et fluidité Par ses choix, Arnaud Desplechin déroule les situations et le cheminement des personnages de manière cohérente et fluide, tout en faisant ressortir le sel et l’humour des dialogues. D’où vient alors l’impression que la puissance corrosive du texte s’est émoussée ? Même la fameuse scène de rapport non protégé dans Central Park laisse de marbre. On repère bien, avec un certain effroi, les éléments tendant à penser que l’Histoire se répète  : aux Tchernobyl et trou de la couche d’ozone des années 80 ont critique Angels in America. succédé Fukushima et le dérèglement climatique, mais Arnaud Desplechin se serait-il trop concentré sur la résolution des enjeux techniques au détriment du fil rouge de l’œuvre ? Ou celui qu’il dit avoir choisi, à savoir « arracher les amours hétérosexuelles à leurs privilèges », est-il vraiment le plus convaincant dans cette pièce pourtant si forte, où s’entremêlent la culpabilité et le pardon, le poids de la religion et de la famille, la difficulté d’être homosexuel et d’être soi-même, le désir et la mort ? Faute d’un axe plus fort, même la direction d’acteurs paraît trop sage, quand bien même le metteur en scène peut s’appuyer sur un Jérémy Lopez (Louis) très solide, un Clément Hervieu-Léger (Prior) bouleversant, une Jennifer Decker (Harper) fantasque et attachante ou un Michel Vuillermoz (Roy Cohn) glaçant en avocat véreux. Isabelle Stibbe Comédie-Française, place Colette, 75001 Paris. Du 18 janvier au 27 mars 2020. En alternance. Soirées à 20h30, matinées à 14h. Tél. 01 44 58 15 15. Durée  : 2h50 avec entracte. www.comedie-francaise.fr Métamorphoses Théâtre de la Tempête/D’après Ovide/MES Luca Giacomoni Dans un dispositif mêlant comédiennes amatrices et professionnelles, Métamorphoses évoque les violences faites aux femmes à travers l’œuvre d’Ovide, dans un spectacle dont la beauté s’épanouit crescendo. L’Iliade mise en scène par Luca Giacomoni avait frappé les esprits. Réunissant des comédiens professionnels, des détenus et d’anciens détenus récemment libérés autour du texte d’Homère, le spectacle bousculait l’idée d’un théâtre de la simple représentation. Métamorphoses réédite l’effet. Sur scène, Diariatou Basse, Hadassah Njengue et Sylvie Tojba – toutes trois rencontrées via la Maison des femmes de Saint-Denis, établissement social qui accueille des « femmes vulnérables ou victimes de violence » – traversent quelques morceaux choisis des Métamorphoses d’Ovide, en compagnie de trois comédiennes et d’une chanteuse lyrique. Des morceaux choisis parmi l’abondance de récits évoquant dans l’œuvre du poète latin la violence masculine, divine ou humaine, qui s’exerce aux dépens du sexe dit faible. C’est pêle-mêle, entre autres, l’histoire de Daphné transformée par son père en laurier pour qu’elle échappe au harcèlement sexuel d’Apollon, celle des sœurs Philomèle et Procné qui se vengent du viol de la première par Térée en servant à celui-ci son fils à manger, celle d’Arachné changée en araignée par Junon pour avoir tissé mieux qu’elle, ou encore celle de Ios, que Jupiter métamorphose en génisse pour la faire échapper à la jalousie de son épouse. La question du traitement esthétique de la violence Des histoires qui, au-delà de leur beauté mythologique, disent combien les femmes Christophe Raynaud de Lage
Laurencine Lot Cha Gonzalez critique Des fleurs pour Algernon Théâtre du Petit Saint-Martin/DE Daniel Keyes/MES Anne Kessler Grégory Gadebois reprend la pièce avec laquelle il a obtenu un Molière en 2014. Avec toujours le même sidérant talent, il incarne Charlie Gordon et son QI en courbe de Gauss… Exceptionnel et jouissif ! Grégory Gadebois dans Des fleurs pour Algernon. La courbe en cloche est la représentation la plus connue de la loi qui porte le nom du célèbre Gauss, dont les travaux exigent un esprit affuté pour être compris. Appliquée à la répartition des capacités intellectuelles, cette courbe a la médiocrité pour sommet  : peu de génies et peu d’idiots de part et d’autre. Charlie Gordon commence sa vie parmi les rares représentants de la grande lenteur. Il est choisi pour servir de cobaye à deux chercheurs, Nemur et Strauss, qui l’opèrent pour vérifier la possibilité d’augmenter ses possibilités intellectuelles. à titre de comparaison, on opère également Algernon, la souris témoin. Catapultés brutalement à l’autre extrémité de la courbe, Charlie (devenu grand lecteur des travaux de Gauss) et Algernon (devenue experte en labyrinthe) ne s’en remettront évidemment pas. Rien, puis tout, soudain, puis plus rien… Ainsi va Charlie qui découvre, en même temps que son cerveau gagne en efficacité, que son cœur peut en souffrir… Leçon d’interprétation ! Après avoir connu un considérable succès public et critique lors de sa création, le spectacle mis en scène par Anne Kessler offre à Grégory Gadebois l’occasion de déployer à nouveau son époustouflante virtuosité. Le texte de Daniel Keyes, adapté en français par Gérald Sibleyras, est émouvant, mais ce n’est Métamorphoses. sont soumises à la violence du désir masculin et à l’ordre qu’il a su imposer. L’expression de cette violence monte crescendo dans le spectacle. Contenue, ravalée, au début, elle s’exprime de manière absolument superbe pas tant l’histoire racontée qui bouleverse que le brio avec lequel Grégory Gadebois l’interprète. On s’attend évidemment à ce que cette fiction sur l’intelligence augmentée finisse mal, et il est inutile de gloser sur les leçons philosophiques et éthiques de la parabole, tant elles sont simples à comprendre. Mais le suspense tient en haleine le spectateur qui se demande comment le comédien va relever le défi de jouer Charlie en génie après avoir incarné si justement sa version en simplet. Grégory Gadebois interprète cette transformation avec une extraordinaire aisance, bluffant le public qui assiste, médusé, à l’apparition d’un nouveau Charlie à l’intérieur du personnage d’abord campé. Pour parvenir à tenir cette mise en abyme (Gadebois devenu Charlie, devenu Charles – car le diminutif ne sied pas à l’augmenté ! – et redevenu Charlie) sans crispation ni hiatus, il faut avoir un très solide talent. L’évidence est là  : Grégory Gadebois se tient à l’extrémité de la courbe de Gauss qui mesure le talent des comédiens, parmi les très rares absolument excellents ! Catherine Robert Théâtre du Petit Saint-Martin, 17 rue René- Boulanger, 75010 Paris. Du 14 janvier au 15 février 2020. Du mardi au samedi à 21h. Tél. 01 42 08 00 32. Durée  : 1h20. dans une scène finale, qui à elle seule vaut le détour, quand s’exprime la souffrance féminine dans une succession de tableaux construits autour de la renversante Clémence Josseau. Le spectacle avait démarré plus laborieusement, un peu figé, peinant à faire naître des situations et des images. C’était une première pour le spectacle, et pour ces trois comédiennes issues de la Maison des Femmes, visiblement impressionnées, au salut aussi émues qu’émouvantes. Petit à petit, la machine théâtrale s’est mise en route, plaçant en son centre la question du traitement esthétique de la violence. Le choix de faire figurer sur scène des femmes qui l’ont réellement éprouvée créant un effet de réel qui petit à petit devait se mêler à la fable. Et peu à peu, à coups de pilons sur une planche, de poulpe découpé, ou de métamorphoses animales, dont celle formidable de l’arachnéide Laetitia Eïdo, à force de mélange des langues, des langages – visuel, musical, narratif –, l’univers dessiné par Luca Giacomoni s’est développé, a laissé s’exhaler une beauté qu’on aurait aimé voir se développer plus longtemps encore. éric Demey Théâtre de la Tempête, route du Champ-de- Manœuvres, 75012 Paris. Du 16 janvier au 14 février à 20h, le dimanche à 16h, relâche le lundi. Tél. 01 43 28 36 36. Durée  : 1h20. sous d’autres cieux zaoum – Jean-Louis Fernandez – Licences  : 1-1063253, 1-1063254, 1-1079463, 2-1063255, 3-1063256 virgile kevin keiss maëlle poésy 25 février/1er mars 2020 F 0Enigt v Sud At. Leh au théâtre la piscine châtenay-malabry theatrefirmingemier-lapiscine.fr Ilederance Télérna'théâtre 11 la terrasse 284 février 2020



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