La Terrasse n°283 janvier 2020
La Terrasse n°283 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 16,8 Mo

  • Dans ce numéro : le Banquet de Mathilda May.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
II la terrasse 283 janvier 2020 focus – Odyssées en Yvelines Après Elle pas Princesse, Lui pas héros, Frissons est le deuxième spectacle que vous concevez ensemble. Sur quoi se fonde votre complicité artistique ? Johanny Bert  : Il y a tout d’abord l’intérêt que je porte à l’écriture de Magali. C’est une écriture qui déploie une langue à la fois très concrète, accessible à tous types de publics, et très travaillée, une écriture qui met en jeu des recherches extrêmement profondes sur les sujets qu’elle investit. Et puis, j’aime beaucoup la manière dont Magali et moi dialoguons ensemble. Il y a une forme de confiance entre nous qui nous permet de nous lancer dans des aventures nouvelles  : comme Frissons, par exemple, qui mêle danse et théâtre. Magali est à l’écoute des équipes pour lesquelles elle s’engage, sans pour cela jamais Magali Mougel. « La modification de la cellule familiale est sans doute la chose la plus effrayante qui puisse frapper un enfant de 4 ans. » Magali Mougel D. R. renier quoi que ce soit de son univers d’autrice. Magali Mougel  : Il est vrai que Johanny et moi recherchons à peu près la même chose dans les expériences que nous souhaitons faire vivre aux spectateurs. Nous sommes tous les deux guidés par une réflexion éthique liée à la création scénique et à l’écriture. Par ailleurs, ce qui me plaît également beaucoup chez Johanny, c’est que non seulement il sait pourquoi il commande un texte à un auteur, mais il manifeste, en plus, un véritable plaisir à accompagner cette écriture en train de naître. Quelles contraintes et quelles opportunités le fait de travailler pour de jeunes spectateurs à partir de 4 ans implique-t-il ? M. M.  : Quand le Théâtre de Sartrouville m’a fait cette proposition, j’ai tout d’abord été un peu effrayée. Car lorsqu’on écrit pour le théâtre, même quand on s’adresse aux jeunes publics, on écrit a priori pour des spectateurs qui savent eux-mêmes lire et écrire. Mais ce défi m’a paru intéressant, notamment parce qu’il me donnait l’occasion de prouver que l’on peut concevoir pour de très jeunes spectateurs un texte tout aussi exigeant que les textes que l’on imagine pour les autres publics  : c’est-à-dire un texte qui s’appuie sur une histoire à part entière, avec une langue et des intentions dramaturgiques extrêmement solides. J. B.  : Magali et moi avons pensé Frissons à l’endroit du lien adultes/enfants. Nous avons travaillé ensemble autour de l’idée que l’enfant allait de toute façon venir voir le spectacle avec un adulte, que ce soit un membre de sa famille ou un enseignant. Nous nous adressons donc plutôt à un public familial qu’aux seuls enfants à partir de 4 ans. Pour autant, créer un spectacle accessible à d’aussi jeunes spectateurs est une grande responsabilité. Car ce que l’on va donner à voir et à entendre à ces enfants plantera peut-être des petites graines de pensée en eux. Il nous incombe de les initier au plaisir de l’art, au plaisir de découvrir des choses et des sensations qu’ils ne connaissent pas encore, au plaisir de se poser ne serait-ce qu’une seule question à partir du spectacle auquel ils auront assisté… De quoi traite Frissons ? entretien/Constance Larrieu Un flocon dans ma gorge, road-trip dans le Grand Nord Texte et mes Constance Larrieu/à partir de 6 ans Comédienne, metteuse en scène et musicienne, Constance Larrieu crée son premier spectacle jeune public. Un voyage dans le grand Nord qui questionne la voix, l’identité et la culture inuit à travers les chants de gorge. Qui est Marie-Pascale Dubé, qui a inspiré votre spectacle, et comment avez-vous découvert son histoire liée aux chants de gorge inuit ? Constance Larrieu  : J’ai découvert Marie-Pascale Dubé parce que je voulais concevoir un projet sur la voix, ayant moi-même une formation musicale, avec un parcours théâtral et musical. Je faisais des recherches sur Internet pour trouver une comédienne-chanteuse qui n’ait pas une voix typique que les enfants pourraient déjà avoir entendue, surtout les enfants français. J’ai découvert des vidéos où elle chantait avec la gorge, et j’ai trouvé incroyables les sons qu’elle produisait. Nous nous sommes rencontrées, nous avons beaucoup parlé, elle m’a raconté son histoire, et j’ai pensé  : « Le sujet de cette pièce doit partir d’elle » ! Quelle est son histoire ? C.L.  : Quand elle était petite, cette Québécoise émettait des sons très graves et très étranges avec sa gorge, sans savoir de quoi il s’agissait. Un jour, ses parents lui ont fait écouter un disque de chants de gorge inuit, et elle s’est reconnue dans cette musique autochtone. À partir de là, elle a fait des recherches, puis, à l’âge adulte, elle est partie dans le grand Nord pour rencontrer une chanteuse de gorge et la culture inuit. À travers mon projet qui retrace son histoire, se dessine aussi l’histoire de la colonisation au Québec et de la communauté autochtone qui a été niée pendant des années. Fort heureusement, aujourd’hui, on redécouvre cette culture. entretien/Magali Mougel et Johanny Bert Frissons, à l’écoute des voix intérieures de la peur De Magali Mougel/MES Johanny Bert/à partir de 4 ans Au sein d’un espace tri-frontal, les danseurs Yan Raballand et Adrien Spone interrogent les peurs d’un petit garçon dont les parents décident d’adopter un enfant de son âge. C’est Frissons, une expérience épique et sensorielle, pour tous publics à partir de 4 ans, imaginée par l’autrice Magali Mougel et le metteur en scène Johanny Bert. Constance Larrieu. « Les chants de gorge sont à la fois le sujet et l’objet du spectacle. » Pierre-Emmanuel Peotta M. M.  : Avant même que je me mette à écrire, Johanny et moi avions pour projet de concevoir un spectacle pour deux danseurs, un spectacle qui fasse entendre les pensées intérieures des personnages. Ce point de départ étant donné, j’avais très envie de questionner le thème de la peur. Et je me suis dit qu’audelà de la peur du loup, la peur du noir, la peur des fantômes sous le lit, la modification de la cellule familiale, avec l’arrivée d’un nouvel enfant, est sans doute la chose la plus effrayante qui puisse frapper un enfant de 4 ans. D’autant plus lorsque le nouveau venu est un enfant adopté. Sur quelles lignes s’est fondé votre travail de mise en scène ? J. B.  : J’ai imaginé un espace tri-frontal au sein duquel évoluent des danseurs équipés d’un dispositif sonore. C’est ce dispositif qui permet d’entendre les voix intérieures des personnages, qui sont des voix enregistrées, comme si elles étaient collées aux danseurs et à leurs mouvements. Frissons a été élaboré pour pouvoir être joué, en itinérance, dans des salles qui ne sont pas des théâtres. La scénographie est une forme d’installation plastique pouvant accueillir, dans toutes sortes de lieux, des danseurs qui dialoguent entre eux à la fois par le corps et par la pensée. Ceci, sans que la danse illustre ce que disent les mots, sans que les mots commentent ce qu’exprime la danse. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Au Théâtre de Sartrouville les 25 et 29 janvier 2020. Dans les Yvelines du 13 janvier au 14 mars 2020. Durée  : 45 minutes. Johanny Bert. « Créer un spectacle accessible à d’aussi jeunes spectateurs est une grande responsabilité. » Johanny Bert Comment avez-vous conçu l’écriture du texte et votre spectacle ? Dans la mesure où votre spectacle est une commande d’Odyssées-en-Yvelines, aviez-vous des contraintes ? C.L.  : Non, Sylvain Maurice m’a donné carte blanche pour concevoir un projet destiné à un public d’enfants de 6-8 ans à partir de mon envie d’un spectacle de théâtre et de musique. La seule contrainte est la durée  : 45 minutes. J’ai écrit en collaboration avec Marie-Pascal Dubé à partir d’échanges sur son histoire que j’ai refictionnalisée en raison de la question d’appropriation culturelle. Je ne suis absolument pas Inuit, je ne veux pas m’approprier cette culture qui ne m’appartient pas – même si tout artiste s’approprie toujours un sujet qui ne lui appartient pas au départ. J’ai lu beaucoup de contes inuit, visionné de nombreux documentaires, et à partir de cette matière, j’ai écrit le texte et inventé des péripéties pour que le spectacle ressemble à une sorte de road-trip dans le grand Nord. Pendant les répétitions, je fais aussi beaucoup de modifications en fonction de ce qui se chante et de la musique composée par David Bichindariz. C’est vraiment une écriture collaborative. Comment les sons de gorge s’articulent-ils avec la musique de David Bichindariz ? C.L.  : Les chants de gorge sont à la fois le sujet et l’objet du spectacle qui parle de la voix, de la découverte de l’identité à travers la voix. Pour que cette histoire puisse parler aussi à des enfants français, il y a ces sons de gorge, à quoi s’ajoute la musique de David Bichindariz, qui relève du road-trip avec une influence américaine, country, électro. Le texte et la musique dialoguent tout le temps, que ce soit en bande-son ou en musique live. L’idée est que les enfants soient immergés dans cet univers sonore puisqu’il n’y a pas de lumière et quasiment pas de scénographie. La forme est légère mais les paysages se déploient à travers les sons et la voix. Vous qui avez mis en scène plusieurs opéras, que représente la voix pour vous ? C.L.  : Dans ma démarche, même en tant que comédienne, j’ai un rapport à la voix très présent. Je cherche toujours à musicaliser le texte, à le travailler de manière rythmique, j’appréhende les textes comme une partition. Je suis très attentive au texte, à ce qui est dit, et je mêle beaucoup la théâtralité et la musicalité. D. R.
La voix parlée est pour moi tout aussi importante que la voix chantée et je considère les acteurs comme des chanteurs et les chanteurs comme des acteurs. Comment avez-vous choisi le titre du spectacle  : Un flocon dans ma gorge ? entretien/Joachim Latarjet Le Joueur de flûte, face à la méchanceté des hommes D’après le conte des frères Grimm/texte, musique et mes Latarjet Joachim Latarjet allie la noirceur inquiétante du conte des frères Grimm au souffle ensorcelant du trombone en un spectacle qui interroge les conditions et l’origine de la méchanceté humaine. Pourquoi avoir choisi de partir du Joueur de flûte de Hamelin ? Joachim Latarjet  : Pour ce spectacle, je suis musicien, metteur en scène et auteur, mais ce qui me guide, c’est avant tout la musique et sa puissance. Ce qui me plaisait dans le conte des frères Grimm, c’est que le joueur de flûte parvient à faire des prodiges avec son instrument et ses mélodies  : il attire les rats dans la montagne et, ensuite, il y conduit les enfants, pour, semble-t-il, se venger de la bêtise et de la méchanceté des adultes. Qui est donc cet homme qui a ce curieux pouvoir ? J’ai voulu m’intéresser à l’enfance de ce joueur de flûte, dont le conte ne dit évidemment rien, ce qui permet de tout imaginer ! Comment en est-il arrivé là, à vendre sa musique pour dératiser la ville ? Il faut reconnaître que ce personnage n’est pas très sympathique. Il n’agit pas gratuitement, par bonté ou philanthropie. C’est son métier. Il dératise. Quelle a pu être l’enfance d’un tel homme ? J’ai imaginé un enfant secret, un peu à part et qui subit la méchanceté des autres enfants. Et qui les tuent pour se venger ? J.L.  : Non ! Le conte ne le précise pas. Sa cruauté et sa noirceur viennent de l’analogie entre les rats et les enfants. Mais le conte – très court – dit que la ville, peuplée d’habitants égoïstes et administrée par une mairesse malhonnête, est envahie par les rats. Le joueur de flûte se présente, débarrasse la ville des rats et présente sa note à ceux dont il a réglé le problème. Mais les notables n’acceptent de payer que la moitié de la somme convenue au départ. Le joueur de flûte enlève alors les enfants et part avec eux dans la montagne. J’imagine qu’il ne tue pas les enfants mais qu’il refuse de les laisser entre les mains de gens aussi malfaisants, Olivier Ouadah entretien/Thomas Quillardet Joachim Latarjet. « La musique représente une forme de liberté, et avec elle, on peut prendre le pouvoir. » bêtes et sournois. J’aimerais jouer avec cette complexité et la faire toucher aux enfants qui assistent au spectacle. L’encyclopédie des super-héros, recette de fabrication Texte et mes Thomas Quillardet/à partir de 9 ans Dans une petite forme portative, L’encyclopédie des super-héros déploie tout l’imaginaire des super-héros de bandes dessinées, aux super-pouvoirs insérés dans le quotidien d’aujourd’hui. Avec Benoît Carré et Bénédicte Mbemba. Quelle est la genèse de ce spectacle ? Thomas Quillardet  : Au début, il y a une commande du Théâtre de Sartrouville qui est tombée au moment où je discutais avec le comédien Benoît Carré des super-héros, issus des marvels. On se demandait comment faire le portrait d’un acteur au prisme de ces super-héros. C’est ainsi qu’est née L’encyclopédie des super-héros, en joignant les deux envies. Les super héros, c’est surtout une histoire de garçons, non ? T. Q.  : La pièce raconte l’histoire de deux acteurs, Benoît et Bénédicte. Benoît dédie un spectacle à Bénédicte sur les super-héros. Et petit à petit, cette dernière prend le pouvoir de l’imaginaire et rectifie l’histoire des comics. Parce que c’est vrai qu’il n’y a longtemps eu que des super-héros masculins. La première femme super-héros, c’est la femme invisible ! Dans ces histoires, on la cantonne souvent à un rôle de secrétaire transie d’amour ou de femme à protéger. La bascule du spectacle, c’est vraiment cette prise de pouvoir qu’effectue Bénédicte. Le titre laisse penser que vous passez tous les super-héros en revue… T. Q.  : En fait, on cherche plutôt la recette pour devenir un super-héros. Pour cela, il faut avoir vécu un drame familial et être porteur d’une mutation génétique, et il faut aussi avoir un talon d’Achille. Ce qui est frappant, c’est que les super-héros des marvels ont une vie quotidienne semblable à la nôtre  : un boulot, un copain, une copine. Ils habitent dans notre rue. C’est pourquoi on va à chaque fois insérer l’endroit où l’on joue dans Thomas QuillardetC.L.  : Je voulais que le titre fasse référence au chant de gorge et à quelque chose de coincé, une identité qui n’est pas encore révélée, qui faisait que Marie-Pascale Dubé se trouvait différente quand elle était petite et parlait de cette difficulté à s’accepter soi-même. Le titre comprend donc cette relation avec le chant de gorge tout en Thomas Quillardet. « Le super-héros reste toujours porteur du fantasme de superpuissance qu’on a quand on est enfant. » notre spectacle. On verra ainsi comment s’exercent les superpouvoirs dans le RER, au collège ou à la médiathèque… évoquant le froid, la neige, ces paysages magnifiques du grand Nord. Entretien réalisé par Isabelle Stibbe Au Théâtre de Sartrouville les 25, 29 et 31 janvier 2020. Dans les Yvelines du 13 janvier au 14 mars 2020. Durée  : 45 minutes. Quelle installation scénique avez-vous choisie ? J.L.  : Le décor est assez simple, ce qu’imposent les conditions d’Odyssées. Mais j’ai quand même voulu recréer une sorte de petit théâtre, même en le faisant le plus léger possible, pour que les enfants aient vraiment l’impression d’un changement entre le lieu tel qu’il le fréquentent habituellement et ce que devient ce lieu quand un spectacle s’y installe. Il y a donc une petite scène, un peu comme quand le théâtre s’installait dans les villages, et des écrans qui permettent de changer de décor comme le permettaient les toiles du théâtre forain. Une narratrice – Alexandra Fleischer – raconte et chante l’histoire. Elle interprète la mairesse de la ville, un dératiseur et d’autres personnages pendant que j’interprète seul le joueur, non pas de flûte mais de trombone ! Quelle musique avez-vous composée ? J.L.  : La musique est évidemment omniprésente et je l’ai composée avec l’idée que quand les enfants (ceux du conte autant que ceux de la salle !) sont attirés par une musique, c’est parce qu’ils sentent qu’elle leur est adressée. Souvent les adultes ne comprennent pas la musique qu’écoutent les enfants. Ainsi quand l’électro a débarqué – mais ce fut aussi le cas, bien avant, avec le jazz – ceux qui l’écoutaient, souvent les plus jeunes, considéraient que cette musique n’appartenait qu’à eux… C’est cette liberté-là que découvrent les enfants avec la musique. C’est pour cela que j’ai fait en sorte que la musique et le texte de ce spectacle ne soient que pour eux, afin qu’ils comprennent aussi que la musique représente une forme de liberté, et qu’avec elle, on peut prendre le pouvoir. J’utilise le trombone comme le joueur se sert de son instrument  : comme un outil. Je porte une ceinture spéciale qui me permet d’y ranger les sourdines et l’instrument change ainsi de son. L’effet est à la fois sonore et visuel. J’ai aussi un petit clavier sur pied pour faire des boucles. La musique que j’ai composée, électrique et assez moderne d’inspiration, est une musique assez imagée, mais aussi un peu mélancolique… Le son du trombone est assez triste et permet de raconter des histoires aux enfants auxquels ce spectacle est vraiment adressé. Propos recueillis par Catherine Robert Au Théâtre de Sartrouville les 25, 29 et 31 janvier 2020. Dans les Yvelines du 13 janvier au 14 mars 2020. Durée  : 45 minutes. Les super-héros renvoient-ils uniquement aux marvels ? T. Q.  : On voyage du western à Zeus en passant par Thor. Les 4 fantastiques par exemple rencontrent Athéna. Il y a des références à la mythologie, mais aussi à Tarzan, à Zorro, aux Indiens. Pour qu’il y ait un super-héros, ce qu’il faut surtout, c’est un méchant. Alors on cherchera aussi le méchant dans tous les recoins de notre vie, on inventera un compteur à méchants pour dénombrer combien il y en a parmi les spectateurs… Les scénaristes des marvels font feu de tout bois. Ce qui nous intéresse aussi, c’est de transposer la bande dessinée au plateau, de voir ce qu’allaient devenir les onomatopées, les bulles des dialogues ou encore les pensées intérieures représentées par de petits nuages. Les super-héros sont vraiment dans le concret, et pour les super-pouvoirs, on essaye de les transposer avec trois bouts de ficelle. Quelle est la place des super-héros dans notre imaginaire ? T. Q.  : La génération des quarantenaires comme moi a grandi avec les premiers films de super-héros. Les comics ont fait un bide en France au début puis ils sont rentrés dans la culture de masse dans les années 1980-1990. Alors forcément, ils habitent une partie de mon imaginaire, c’est la force du soft power américain. Benoît Carré quant à lui était un vrai fan des super-héros. Et il continue aujourd’hui, avec la distance critique de l’adulte. Avec sa dextérité fabuleuse, ses vaisseaux spatiaux sans défaut, le super-héros reste toujours porteur du fantasme de superpuissance qu’on a quand on est enfant. Faire un spectacle jeune public, qu’est-ce que cela implique de spécial pour vous ? T. Q.  : C’est la troisième mise en scène que je fais à destination d’un public jeune. Mais à chaque fois, cela ne change absolument rien pour moi. Je fais seulement attention à ne pas y inscrire de violence gratuite. La seule contrainte ici vient de la forme qui m’a été demandée  : un spectacle de 45 minutes qui soit montable et démontable rapidement. C’est un spectacle qui va aller dans des lieux peu habitués à recevoir du théâtre. C’est ça qui est important. Propos recueillis par éric demey Au Théâtre de Sartrouville les 25, 28, 29 et 30 janvier 2020. Dans les Yvelines du 13 janvier au 14 mars 2020. Durée  : 45 minutes. III la terrasse 283 janvier 2020 focus – Odyssées en Yvelines



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 1La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 2-3La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 4-5La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 6-7La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 8-9La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 10-11La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 12-13La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 14-15La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 16-17La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 18-19La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 20-21La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 22-23La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 24-25La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 26-27La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 28-29La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 30-31La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 32-33La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 34-35La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 36-37La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 38-39La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 40-41La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 42-43La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 44-45La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 46-47La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 48-49La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 50-51La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 52-53La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 54-55La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 56-57La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 58-59La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 60-61La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 62-63La Terrasse numéro 283 janvier 2020 Page 64