La Terrasse n°283 janvier 2020
La Terrasse n°283 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 16,8 Mo

  • Dans ce numéro : le Banquet de Mathilda May.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 26 la terrasse 283 janvier 2020 play mobile #5 PARTIE 2 9-10 JANVIER £¥ € $ ONTROEREND GOED 17 JANVIER mire JASMINE MORAND 25-26-27 FÉVRIER virginia à la bibliothèque EDITH AMSELLEM [SPECTACLES ÉVÈNEMENTS] désirer tant CHARLOTTE LAGRANGE 24 JANVIER Sélectionné au Festival Impatience 2019 3 RUE SADI CARNOT 92 CHÂTILLON BILLETTERIE 01 55 48 06 90 EN LIGNE THEATREACHATILLON.COM critique Variété THéâTRE DE L’AQUARIUM/écriture et jeu Anne-Lise Heimburger, Florent Hubert, Sarah Le Picard Une création de Sarah Le Picard inspirée par Discorama, la fameuse émission de télévision consacrée à la chanson du temps de l’ORTF. Au-delà des projecteurs, une plongée dans l’intime qui révèle avec acuité l’envers du décor. Il y a quelque chose d’affreusement trivial dans le terme « variété », aujourd’hui plus ou moins disparu, qui désignait la chanson populaire telle qu’on la concevait dans les années 1950 à 1980, c’est-à-dire dans un très grand écart artistique qui allait de Sylvie Vartan à Léo Ferré ! Un temps qui était en partie aussi celui de l’ORTF, la télé de papa souvent en noir et blanc, celui notamment d’une émission célèbre, Discorama (1959-1974) et de son animatrice Denise Glaser, qui ont inspiré ce spectacle. Un temps où la télévision osait, et Denise Glaser plus que les autres, des cadrages serrés, des plans longs, des silences prolongés, une langue raffinée, des questions profondes, qui n’ont plus cours sur nos écrans. On pourrait s’étonner qu’une jeune auteure et comédienne telle que Sarah Le Picard ait ressenti l’envie de redonner vie sur scène à ce monde cathodique critique englouti. « Nous avons à cœur de parler de la variété, de nous plonger dans l’univers des tubes et de la chanson française » assure le dossier de présentation du spectacle. Pourtant, on a le sentiment d’assister, à la découverte de Variété, où la musique ne joue pas le rôle central et où l’on n’entendra aucun tube de l’époque, à tout autre chose. Humour et cruauté A un moment de théâtre remarquablement réalisé – écriture au cordeau, interprétation, direction d’acteur, prestations musicales de la chanteuse et du pianiste-compositeur très abouties –, où dans le décor minimaliste d’un plateau de télévision se joue une série de mises à nu, entre tendresse et ironie, des trois personnages qui se croisent et dialoguent, pris dans leur solitude  : une chanteuse cueillie à La Loi des Prodiges Reprise/La Scala Paris/écriture et interprétation François de Brauer François de Brauer réalise une époustouflante et hilarante performance autour de la Réforme Goutard, portée par Rémi Goutard et visant à faire disparaître les artistes. C’est à une extraordinaire épopée que nous convie François de Brauer. La saga retrace le périple d’une vie, celle de Rémi Goutard, à partir du moment même de sa naissance, entre une mère frustrée et un père artiste raté, « scénariste médiocre et schizophrène de génie » selon son psychanalyste. Comme en écho à la sonnerie calamiteuse que répète Peter Sellers dans The Party de Blake Edwards, un fameux jingle qui déraille annonce et déclenche la comédie. Une comédie irrésistible dans laquelle François de Brauer déploie un talent digne des plus grands, interprétant une vingtaine de personnages avec une précision, une virtuosité et une vivacité millimétrées, sans aucun accessoire, uniquement grâce à son jeu et à sa voix qui instantanément se transforment. Avec cette apparence de facilité ou plutôt cette évidence du geste qui signifient un très patient travail. Mis à part une chaise, le plateau est nu, mais la tumultueuse aventure nous transporte d’un appartement familial à un musée, d’un plateau de télévision à une manifestation devant l’Assemblée Nationale, jusqu’à un vaste bureau de chef d’Etat tendance Ubu. Les artistes, secte improductive Rémi traverse diverses étapes marquantes. Son enfance d’abord puis sa jeunesse, où étudiant en histoire, il visite le musée d’art contemporain avec sa petite amie qui s’extasie devant les œuvres, alors que lui constate qu’elles sont « plus difficiles à regarder qu’à peindre ». Sa carrière comme député, engagé dans un projet de réforme visant à faire disparaître les artistes, une secte improductive, avec face à lui son adversaire de toujours, Régis Duflou, peintre et plasticien très coté sur le marché. Ses rencontres aussi avec un clown mendiant fan de Picasso qui s’essaie maladroitement à la magie. En apothéose cauchemardesque mais toujours aussi drôle, le scénario nous plonge dans un monde de pouvoir fantasmé. François de Bauer signe aussi le texte, structuré par la question centrale de l’utilité François de Brauer, remarquable interprète. de l’art et des artistes. Là encore, c’est une réussite. L’affrontement tout en piques et saillies entre Rémi et Régis – pas si dissemblables que ça – n’a rien d’un combat entre l’obscurité et les lumières. Fin et percutant, le scénario fait émerger diverses questions comme les dérives de l’art contemporain dont les cotes parfois s’affolent démesurément et les œuvres laissent perplexes (n’est pas Marc Rothko qui veut), la condition des artistes, la fabrication de l’opinion, la disparition de la pensée, la surenchère médiatique vouée à l’audimat. Ainsi, pour éviter l’ennui, le débat télévisé entre Goutard et Duflou est agrémenté d’un hilarant numéro de jongleur à l’incroyable talent et à l’agrès plus incroyable encore. Le rire que ce spectacle provoque naît de mille causes. Du décalage, de l’inattendu, de l’audace de son auteur, qui fait l’éloge du doute contre les certitudes. Bravo à François de Brauer, tout simplement prodigieux ! Agnès Santi La Scala Paris, 13 bd de Strasbourg, 75010 Paris. Du 10 janvier au 2 février 2020 à 19h, sauf dimanche à 18h, relâche lundi. Tél. 01 40 03 44 30. Durée  : 1h45. Spectacle vu au Théâtre de La tempête. D. R.
Jérémie Gaston-Raoul Marikel Lahana Variété. trois moments de sa carrière (où l’on devine la France Gall naïve des tout débuts), un pianiste-assistant débordant d’envies et coincé dans le carcan de son éducation catholique, et bien sûr Denise Glaser elle-même, personnage magnifique, digne, pudique, sensible et élégante, à la écoute des artistes, courtisée et souffrant au fond d’un terrible manque d’amour… L’émission Discorama, restée à l’antenne de 1959 à 1974, a fait les frais de l’arrivée au pouvoir de Valery Giscard d’Estaing et n’a pas bénéficié non plus, malgré les espoirs de son animatrice, de l’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981. Sarah Le Picard et ses épatants complices de scène, souvent désopilants – le brillant pianiste, compositeur et comédien Florent Hubert (que l’on avait vu associé à Judith Chemla et Benjamin Lazar Et c’est un sentiment… un problème en France. Les événements de 1981 des Minguettes à Vénissieux ne sont pas encore passés par là, ni le fameux « racaille » de Sarkozy, ni les morts de Zyed et Bouna à Clichy, ni les émeutes qui leur succéderont ou encore les fameux cafés interdits aux femmes de Sevran. Entre réel et fiction C’est sur ces sujets et leur traitement médiatique que revient le spectacle, naviguant entre décryptage de la fabrique de l’information et des représentations qu’elle fait naître et dénonciation de la confiscation de la parole, qui s’opère au détriment des habitants de critique pour le spectacle Traviata/Vous méritez un avenir meilleur en 2016) et l’ébouriffante chanteuse et comédienne Anne-Lise Heimburger – redonnent vie à Denise Glaser, pour mieux éclairer le drame intime et la solitude de celle qui « fit briller la gloire des autres mais finit oubliée de tous ». Une plongée brillante, glaçante et drôle dans l’envers du décor de ceux qui, pris dans la lumière des plateaux, résistent moins que les autres à la cruauté du temps qui passe. Jean-Luc Caradec Théâtre de l’Aquarium, Festival bruiT, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Les 14, 15 et 16 janvier à 21h. Tél. 01 43 74 99 61. Et c’est un sentiment… Théâtre de Vanves/écriture collective dirigée et mes par David Farjon Comment se sont bâties les représentations médiatiques de la banlieue ? Et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions je crois nous en apprend sans pour autant nous surprendre. Après Ce que je reproche le plus à l’architecture française, c’est son manque de tendresse, la compagnie Légendes urbaines poursuit son chemin à travers les beaux titres à rallonge et la banlieue comme champ d’étude. Suite à son approche urbanistique remarquée, les six artistes de la compagnie déplacent la focale sur le terrain des médias, Et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions je crois reprend une phrase prononcée dans un JT de 1976 présenté par Roger Gicquel, à l’époque où la banlieue n’apparaît qu’à peine comme ces quartiers qu’on qualifie maintenant dans une ambivalence bien involontaire de « sensibles ». Traversant allègrement les frontières entre le comédien et le personnage, le réel et la fiction, la narration, le commentaire et l’action, le spectacle tournoie au rythme des tables et des écrans qui dessinent des lieux en perpétuelle reconfiguration  : plateau télé, bureau de rédaction et autres théâtres des événements. L’ensemble est fluide mais paraît hésiter entre plusieurs registres. Le spectacle débute comme une enquête avec des tentatives de reconstitution du processus qui aboutit à ce fameux reportage sur les cafés de Sevran et Vénissieux. On nous y rappelle à l’occasion le passé de la reporter de France 2, Caroline Sinz, sexuellement violentée place Tahir en égypte, et l’on reconstitue avec vraisemblance les probables rapports de force au sein de la rédaction qui ont conduit à la confection de ce reportage. On interroge au passage les modes de production du théâtre, avec ses questions de genres et de représentations des minorités. On revient sur 1981 et la manière dont les médias achetaient du spectaculaire, demandaient aux habitants de jouer les casseurs. Dans un monde dorénavant habitué au décryptage des images, qui a beaucoup appris sur la confection de l’information, le spectacle reste éclairant mais se fait parfois redondant. Si bien qu’on se demande ce que le média théâtral peut apporter dans ce registre, en plus de ce que font déjà ceux de l’image. La réponse se fait attendre mais surgit à la fin, éloquente, incontestable avec le masque de Zyed qui danse sur Douce France. éric Demey Théâtre de Vanves, 12 rue Sadi-Carnot, 92170 Vanves. Du 13 au 15 janvier, le 13 à 20h30, les 14 et 15 à 19h. Tél. 01 41 33 93 70. Puis en mars à Fontenay, Saint-Quentin-en- Yvelines et Mantes-la-Jolie. En mai au théâtre Paris Villette. Durée  : 1h45. Spectacle vu au Théâtre Romain Rolland de Villejuif. 11 an hm km ta id ne ma Bo mn 111 au alla iiim mi lm an mi am lm 17 ai ai 1111rt lenges ! 111 L 10 mie il il bi in mieim in « 111 a ai t ir% II g mf Ir, t lm lb in Ir kï ha Pits#) 11 111 RPSifiraL% ER PISCINE III à l'espace cirque antony A 919 asb na -gr Le I du 7 janvier au 5 février 2020 spectacle co-accueilli avec le théâtre de châtillon l’absolu boris gibé theatrefirmingemier-lapiscine.fr ii TÉléramal zaoum – Jérôme Vila – Licences  : 1-1063253, 1-1063254, 1-1079463, 2-1063255, 3-1063256 théâtre 27 la terrasse 283 janvier 2020



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