La Terrasse n°283 janvier 2020
La Terrasse n°283 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 16,8 Mo

  • Dans ce numéro : le Banquet de Mathilda May.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 24 la terrasse 283 janvier 2020 Ueeliffi DIRECTION RICHARD CAILLAT ET STÉPHANE HILLEL « UN RÉGAL » Le Parisien RÉCOMPENSÉ AUX MOLIÈRES RÉCOMPENSÉ AUX MOLIÈRES MATHILDA MAY MATHILDA MAY « METTEUR EN SCÈNE - THÉÂTRE PUBLIC" « METTEUR EN SCÈNE - THÉÂTRE PUBLIC » ARIANE MOURIER ARIANE MOURIER « RÉVÉLATION FÉMININE » « RÉVÉLATION FÉMININE » DÉCORS  : JACQUES VOIZOT - LUMIÈRES  : LAURENT BÉAL iAL - COSTUMES  : VALÉRIE A ADDA A - CONCEPTION DD VIDÉO  : lAI[IALEA111111[1 NATHALIE CABROL - SON  : GUILLAUME LALI DUGUET - ASSISTANTE iE MISE n EN SCÈNE  : ANNE POIRIER-BUSSON [1 0-mulÀ PARTIR DU 14 JANVIER 2020 Location 01 48 74 25 37 www.theatredeparis.com 15 rue Blanche, 75009 francetv la terrasse IRIS* 103.9Fm 16 JAN. > 14 FÉV. Cartoucherie 75012 Paris T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr critique Cannes Trente-neuf/quatre-vingt-dix Reprise/Théâtre 71/texte et mes étienne Gaudillère étienne Gaudillère et la jeune compagnie Y créent un récit théâtral captivant qui explore les conditions de la naissance du Festival de Cannes et son évolution. Une réussite. Après Pale Blue Dot, une histoire de Wikileaks, créé en 2018 au Festival d’Avignon (intéressant, mais touffu et fragmentaire), étienne Gaudillère et les siens réussissent avec cet opus créé à Sète le jour même de l’ouverture du Festival de Cannes 2019 un pari difficile. Celui de faire théâtre en éclairant la genèse du Festival de Cannes et son évolution, et par là même les multiples interférences entre les champs artistique et politique qui jalonnent son histoire tumultueuse. Depuis ce jour d’automne 1938 où Jean Zay et Philippe Erlanger décident de créer un festival des nations libres en France, pour contrer la Mostra de Venise qui couronne Les Dieux du Stade de Leni Riefenstahl. En passant par l’année 1960 où Simenon a convaincu un jury réticent d’octroyer la Palme d’Or au film « crypto-cochon » La Dolce Vita. Face au mythe écrasant et au phénoménal foisonnement d’événements, Etienne Gaudillère a su dompter le monstre. Il a choisi une chronologie subjective permettant de structurer la partition et de mettre en forme un spectacle lisible, quoiqu’ouvert à une multiplicité de points de vue et de contrastes dans la narration même. Une traversée captivante Les comédiens sont formidables  : Marion Aeschlimann, Clémentine Allain, Anne de Boissy, Étienne Gaudillère, Fabien Grenon, Pier Lamandé, Nicolas Hardy, Loïc Rescanière, Jean-Philippe Salério et Arthur Vandepoel interprètent divers personnages avec un talent sûr. Au fil des tableaux et des atmosphères, de la veine burlesque aux moments de gravité, l’auteur et metteur en scène évite les écueils du didactisme et de la reconstitution, et crée un puzzle captivant où s’imbriquent situations imaginées et faits avérés. Avec Maison de la musique de Nanterre/Festival Nouveaux Mondes En association avec Nanterre Digital, rendez-vous numérique citoyen, la Maison de la musique de Nanterre propose en ce début d’année une programmation pluridisciplinaire au plus près des nouvelles technologies. Feu le genre humain ? Pour sa nouvelle édition, le festival « Nouveaux Mondes » reprend à son compte la question que pose cette année la biennale francilienne des arts numériques NEMO, son partenaire. À la Maison de la musique de Nanterre, quatre œuvres nourrissent la réflexion. À commencer par Hypersoleils (le 17 janvier à 20h30) du musicien Cannes Trente-neuf/quatre-vingt-dix. humour et inventivité, la partition opère des compressions, des raccourcis, des accélérations, en jouant de tous les artifices du théâtre. Si quelques épisodes pourraient être resserrés dans les dernières parties, la réussite du spectacle se mesure à travers les tensions qui fragilisent l’utopie initiale, mais aussi à travers son rapport au temps, et son attention au-delà du langage à l’humanité des personnages. La scène finale est poignante. Agnès Santi Théâtre 71, Scène nationale de Malakoff, 3 place du 11 Novembre, 92240 Malakoff. du 8 au 16 janvier 2020 à 19h30 sauf mardi et vendredi à 20h30, dimanche à 16h, relâche lundi. Tél. 01 55 48 91 00. Théâtre Firmin Gémier, Châtenay-Malabry, le 18 janvier à 20h et le 19 à 16h. Tél. 01 41 87 20 84. Durée  : 2h15. Spectacle vu au Théâtre Molière-Sète, scène nationale archipel de Thau. Jean-Benoît Dunckel et du cinéaste Jacques Perconte, où les paysages normands se font psychédéliques. L’artiste visuelle Justine Emard est aussi au rendez-vous avec son film Co(AI) xistence (jeudi 23 janvier à 12h45) où évolue une créature cybernétique. Avec VR_I (du 22 au 25 janvier), le chorégraphe Gilles Jobin nous invite à une expérience immersive dans un « espace-temps poétique et rêveur ». Avant l’ultime étape du voyage, L’au-delà des étoiles (le 25 janvier) par Romain De La Haye-Sérafini alias Molécule. Une performance inédite, où la technologie des lampes PandoraStar se mêle à une création sonore en direct. Pour la surprise de tous les sens. Anaïs Heluin Maison de la musique de Nanterre, 8 rue des Anciennes-Mairies, 92000 Nanterre. Du 17 au 25 janvier 2020. Tél. 01 41 37 94 20. www.maisondelamusique.eu d’après Ovide adaptation Sarah di Bella mise en scène Luca Giacomoni MÉTAMORPHOSES Joran Juvin
Thierry Laporte focus Dom Juan ou Le Festin de pierre par les compagnons de l’Union  : jubilatoire et flamboyant ! Le Théâtre de l’Union met en œuvre une nouvelle coopérative de création autour du mythe de Dom Juan, que le clown de Jean Lambert-wild, Gramblanc, incarne en prédateur iconoclaste. Un mois au Théâtre de la Cité internationale à Paris et une tournée nationale à suivre pour découvrir la scénographie chatoyante imaginée par Jean Lambert-wild et Stéphane Blanquet et admirer le brio de compagnons talentueux. Les éléments décoratifs en porcelaine réalisés par Christian Couty et les artisans des Porcelaines de la Fabrique, les tapisseries en point numérique d’Aubusson de l’entreprise Néolice, les costumes d’Annick Serret-Amirat concourent à réaliser une œuvre totale. Jean Lambert-wild est un Dom Juan survolté et inquiétant, Yaya Mbilé Bitang une Sganarelle tendre et drôlement bourrue. Romaine, Pascal Rinaldi et Denis Alber s’en donnent à cœur joie sur leur estrade musicienne pendant que les élèves de l’Académie de l’Union alternent les autres rôles. Un spectacle jubilatoire et flamboyant ! Comment travaillez-vous ensemble ? Lorenzo Malaguerra  : Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans, à Avignon, pour boire un café qui a duré tout l’après-midi. Depuis, nous travaillons quasi toujours ensemble. Jean prétend que je suis le seul qui peut le diriger… De fait, nous avons des qualités complémentaires. J’aime diriger le jeu, lui s’attache plus à la conception des projets, à la scénographie et à tout ce qui concerne le plateau. Nous travaillons toujours avec la même équipe. Jean- Luc Therminarias à la musique, Renaud Lagier aux lumières  : autant de grandes fidélités. Le travail est très harmonieux  : pas besoin de Pourquoi toujours cosigner vos spectacles à plusieurs ? Jean Lambert-wild  : Car c’est le principe de base de la coopération ! En coopérant, en préférant la polyphonie des regards plutôt que la cécité de la verticalité, on enrichit la dialectique, le questionnement et les compétences. Une œuvre doit se nourrir d’échanges et je « Nous sommes tous au service de quelque chose qui nous dépasse. » trouve difficile et ennuyeux de travailler seul. La grande entente que nous avons Lorenzo et moi est une application exponentielle des possibles. Que Catherine Lefeuvre écrive, que Jean-Luc Therminarias compose, que Stéphane Blanquet dessine les tapisseries  : tout cela réunit un geste commun qui nous est entretien/Lorenzo Malaguerra La tragédie de Dom Juan Théâtre de la Cité internationale/d’après le mythe de Don Juan et le Dom Juan DE Molière/spectacle de Jean Lambert-wild & Lorenzo Malaguerra « Il est pour moi un alter ego, «mon conseil des conseils» comme dit Shakespeare dans Richard III », dit Jean Lambert-wild de Lorenzo Malaguerra. Animés par la même volonté coopérative de création, les deux partageux cosignent ce Dom Juan. entretien/Jean Lambert-wild Un compagnonnage harmonieux Difficile de définir Jean Lambert-wild en trois mots tant il les aime et sait en user ! Disons seulement que son Dom Juan – ou plutôt celui de son clown – est assez fidèle à sa personne  : un perfectionniste survolté aux chaussons de porcelaine raffinés et à la tête rougeoyante ! Jean Lambert-wild. s’apprivoiser à chaque fois. Avec ce spectacle nous intégrons de nouveaux compagnons  : les trois musiciens Romaine, Pascal Rinaldi et Denis Alber, avec lesquels je travaille depuis longtemps en Suisse. Avec Jean, il y a toujours un côté « ma petite entreprise » qui associe savoirs artisanaux et univers esthétiques différents et un côté fédérateur que j’aime beaucoup. Pourquoi avoir choisi cette pièce ? L. M.  : Ça vient de loin… Il y a eu En attendant Godot, où Gramblanc, le clown de Jean, s’est mis à parler, puis Richard III. Ce clown a une devenu naturel. Mais surtout, cela nous permet d’échapper à toute chapelle esthétique. Tout le monde parle de transition écologique et sociétale, mais c’est peut-être d’abord nos manières de faire et de penser qu’il faudrait changer ! En partageant, on questionne beaucoup de choses  : la relation au pouvoir, à la direction, à l’héritage d’une idée, mais aussi, en l’espèce, au public et à l’acteur. Pourquoi faire jouer en alternance tous les élèves de la dernière promotion sortante de l’Académie de l’Union ? J.L.-w.  : Nous sommes héritiers d’une tradition italienne, où la transmission transitaient par les troupes, par les familles, jamais totalement écrite ou même formulée, lacunaire par nature. L’adossement de l’Académie de L’Union au Théâtre de l’Union conserve cet héritage, en confrontant les académiciens au métier tel qu’il est. Ils en font l’expérience comme acteurs et comme témoins. Elle conduit naturellement à cette expérience déterminante qu’est la rencontre avec le public, dont la portée pédagogique est irremplaçable. Il est nécessaire de reformuler la question de ce qu’est l’apprentissage pour un artiste. L’une de ses dimensions importantes est, il me semble, une formation par capillarité, qui rejoint la forme de transmission et d’insertion professionnelle la plus riche à mes yeux, à savoir le compagnonnage. C’est cette logique de compagnonnage qui fut le conducteur de cette création. Ce fut une expérience salvatrice pour tout le monde  : elle nous rappelle à Thierry Laporte dimension plutôt monstrueuse  : il est étrange, cruel, inquiétant. Il nous a donc paru intéressant de le confronter à Dom Juan. Plutôt qu’un libertin, séducteur, élégant et léger, nous avions envie de montrer sa noirceur et la tragédie personnelle d’un Dom Juan qui sait qu’il va mourir, prédateur plutôt que séducteur, comme un vaisseau qui aurait largué toutes les amarres du lien social. S’est ensuite imposée l’inscription dans l’histoire du clown, Sganarelle et Dom Juan composant un couple de clowns inventé avant l’heure. Nous avions en tête Foottit et Chocolat. SteveTientcheu est arrivé d’abord, puis Yaya Mbilé Bitang, qui jouait le rôle en alternance avant de le reprendre désormais entièrement. Dom Juan. Pourquoi les musiciens ? L. M.  : Dès le début, nous trouvions intéressant que Dom Juan soit accompagné par un orchestre à l’image de celui du Titanic. Dom Juan est en train de sombrer et les musiciens sont les otages qu’il oblige à jouer jusqu’à la fin. Ceux que nous avons choisis sont des punks déjantés extrêmement libres à la force comique à la fois volontaire et involontaire. Ils offrent un contrepoint comique dans un specchaque représentation que nous ne sommes que les gardiens d’une histoire commune et jamais d’un rôle. Pourquoi Yaya Mbilé Bitang en Sganarelle ? J.L.-w.  : Yaya enrichit le propos et accélère l’énergie du duo avec Dom Juan. La relation maître/serviteur gagne en profondeur et en paradoxe. C’est plus tendu. Yaya apporte aussi une tendresse absolue, une énergie débordante, un rire et une écoute qui sonnent juste à chaque fois. Pourquoi des porcelainiers et des tapissiers ? J.L.-w.  : Tout a commencé lorsque j’ai rencontré Daniel Betoule, le directeur des Porcelaines de la Fabrique, qui avait accueilli Christian Couty et Stéphane Blanquet au sein de son entreprise pour réaliser l’armure en porcelaine de Richard III. Avec le Dom Juan, nous avions envie de donner encore plus de sens à notre rencontre et à notre coopération, avec cette idée folle d’un escalier en porcelaine de Limoges. Grâce à lui, j’ai ensuite rencontré Monsieur et Madame Creissen, de l’entreprise Néolice, qui ont réalisé ce magnifique décor en tapisserie en point numérique d’Aubusson. Tristan Jeanne-Valès Lorenzo Malaguerra. « Un Dom Juan qui sait qu’il va mourir, prédateur plutôt que séducteur. » tacle où on insiste sur la tragédie du personnage. Ils permettent aussi de faire le lien entre les scènes, dans une continuité parfois douce, parfois violente. Enfin, ils offrent un regard complice au spectateur  : on peut les prendre en pitié et ils rendent le plateau sympathique, à côté de ce repoussoir de Dom Juan. Je suis très fier de ces coopérations qui fait du Théâtre de l’Union l’ambassadeur des métiers d’art de sa région. La tournée de ce spectacle se poursuivra en Suisse, en Belgique, au Japon, en Corée, en Chine… Elle valorisera ces savoir-faire. Je trouve passionnant de voir comment les artisans travaillent la matière. Nos rencontres sont toujours fondées sur des valeurs communes et nous sommes tous au service de quelque chose qui nous dépasse  : une chose cachée justement dans la matière que nous travaillons. Focus réalisé par Catherine Robert Théâtre du Crochetan, 9 av. du Théâtre, 1870 Monthey (Suisse). Du 6 au 9 janvier 2020 à 20h. Tél. 024 475 79 09. Théâtre de la Cité internationale, 17 bd Jourdan, 75014 Paris. Du 13 janvier au 15 février. Lundi, mardi et vendredi à 20h30 ; jeudi et samedi à 19h. Tél. 01 43 13 50 50. Comédie de Caen, CDN. Les 5 et 6 mai à 20h au Théâtre d’Hérouville. Durée  : 1h40. Site  : www.theatre-union.fr théâtre 25 la terrasse 283 janvier 2020



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