La Terrasse n°283 janvier 2020
La Terrasse n°283 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 16,8 Mo

  • Dans ce numéro : le Banquet de Mathilda May.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 12 la terrasse 283 janvier 2020 DIRECTION CHRISTIAN [NE Si SON 2019 020 RÉSERVATIONS 01 43 76 86 56 LA MERISE D (MOCRATI U E Rokepierre Sophie Vichniih Anne Modorl LE DISCOURS DE LA SERVITUDE ide La Boétie 1 RUE.1/4URCE UN Bi R AISGR rein 13 lennier VOLONTAIRE 24-29 février UNE FEMME LIBRE DrESPRCT Viekiedcz Teleruk F AGES floru Cirera/Si(eb N YR] P811:1=010 dÉ1.7.17rbliire10 ; re François Clavier mise en sdite Stéphane Verrue entretien/Aurélia Guillet Le Train Zéro Théâtre Gérard Philipe/DE Iouri Bouïda/MES Aurélia Guillet Avec Le Train Zéro, Aurélia Guillet convie le spectateur à la découverte d’un auteur russe contemporain, Iouri Bouïda, autour de l’histoire d’un train qui ne mène nulle part. Comment avez-vous découvert ce texte ? Aurélia Guillet  : Miglen Mirtchev, qui sera l’interprète de ce seul en scène, m’a un jour apporté ce texte alors que nous travaillions ensemble autour de Dostoïevski. Et cela a été une vraie rencontre, inespérée, avec un texte écrit à la fin des années 1990, d’une grande actualité. Le Train Zéro évoque Le Désert des Tartares ou encore les univers de Kafka. C’est une nouvelle qui marque tous ceux qui la lisent, qui véhicule une pensée très vivante et lucide. Iouri Bouïda vit actuellement à Moscou. Il est très reconnu en Russie, et j’avais envie de le faire découvrir en France. Est-ce un récit documentaire ? A. G.  : Non. Le texte est plutôt du registre fantastique. Il met en place un univers totacritique Que raconte ce Train Zéro ? A. G.  : A la fin de sa vie, un homme déroule son passé. Il a consacré son existence au passage du Train Zéro, dont on ne sait pas d’où il vient, ni où il va. Il est seul, dans une gare ferroviaire abandonnée. Ce récit a été écrit au moment de l’écroulement du bloc soviétique et renvoie à ce monde qui s’est effondré sans transition, un événement dont l’héritage nous touche encore. Nous l’Europe, banquet des peuples En tournée/de Laurent Gaudé/conception et mes Roland Auzet Laurent Gaudé et Roland Auzet unissent leurs talents pour créer une traversée épique autour du désir d’Europe, malgré les tragédies et les inquiétudes. Un poème spectaculaire, musical et politique. Contre la lamentation, la menace de désintégration, Laurent Gaudé, écrivain, et Roland Auzet, compositeur et metteur en scène, convoquent le désir d’un récit commun d’une entité commune, réactivent le sentiment d’appartenance, l’idée d’un « nous » européen. Quelle Europe ? Et quelle forme théâtrale pour ce « banquet des peuples » ? Pas question évidemment d’une célébration béate, les paroles de Laurent Gaudé ne sont guère enclines à la simplification, mais embrassent plutôt à hauteur d’homme les troubles, les obstacles, les conflits, l’héritage pluriel et souvent tragique du passé… Elles traversent le temps de belle façon dans un style vif en choisissant quelques haltes révélatrices  : le 12 janvier 1848 à Palerme, moment d’insurrection contre les empires, mais aussi la Révolution industrielle – et voilà que le monde devient « un fruit juteux fait pour être exploité » –, la colonisation – etc. Et plus près de nous les attentats de 2015 à Paris, des interrogatoires de migrants… Le choix de l’espoir Que d’émotion contenue dans ce texte nourri d’Histoire et de vie… Sommes-nous alors condamnés à être des « héritiers de l’angoisse » ? La mise en scène le dément par sa vitalité créatrice, par son adresse frontale et forte aux spectateurs, par sa manière d’orchestrer les paroles qui fusent, rebondissent, et se répondent. Est-ce trop éruptif, trop éclaté, trop véhément ? Non, car l’ensemble emporte et convainc par sa diversité bigarrée, par l’alliage de compositions musicales contrastées, par sa volonté de partage et sa dimension collective qui rassemble sur scène des artistes de diverses nationalités et un nombreux chœur d’amateurs de tous âges. Les comédiens sont excellents. Karoline Rose, guitare basse et chant volcanique, Emmanuel Schwartz, Mounir Margoum, Olwen Fouéré, Robert Bouvier, le contre-ténor Rodrigo Ferreira, Vincent Kreyder, Dagmara Mrowiec-Matuszak, Grace Seri, la danseuse Artemis Stavridi et Thibault Vinçon forment un ensemble pêchu de différences parfaitement accordées. La pièce pleinement réussie se fait entendre dans ce paradoxe qui conjugue d’hier à aujourd’hui lucidité et Nous l’Europe, banquet des peuples. espoir  : malgré les tragédies qui ponctuent le poème, demeurent le désir de liberté, la capacité d’inventer. Comme le dit la chanson des Beatles Hey Jude  : « Take a sad song and make it better. » Why not ? Agnès Santi P.S.  : Il n’est guère réjouissant de constater qu’à l’heure où l’on écrit ces lignes l’Angleterre a dû choisir entre Boris Johnson et Jeremy Corbyn, entre un Conservateur pro-Brexit et un Travailliste pas très clair sur le sujet de l’Europe mais très clair et complaisant sur un fait récurrent au sein de son parti  : les mots « sionistes » et « juifs » crachés comme des insultes au visage de militants, entre autres et nombreuses dérives. L’Archipel, Scène Nationale de Perpignan, les 9 et 10 janvier 2020. Tél. 04 68 62 62 32. MC2 : Grenoble, du 14 au 16 janvier 2020. Tél. 04 76 00 79 79. Théâtre du Passage Neufchâtel (Suisse), les 23 et 24 janvier 2020. Odyssud Blagnac, les 28 et 29 janvier 2020. MA scène nationale de Montbéliard, le 3 février 2020. Théâtre cinéma de Choisy-le-Roi, le 6 février 2020. Théâtre Olympia, CDN de Tours, du 11 au 14 février 2020. Dates de tournée sur rolandauzet.com Spectacle vu lors du Festival d’Avignon juillet 2019. Durée  : 2h40. Christophe Raynaud de Lage
Charlotte Fabre D. R. Aurélia Guillet, metteuse en scène du Train zéro. « Le texte raconte comment l’humanité peut persister au milieu d’un ordre absurde. » litaire comme dans Le Procès de Kafka et fait entendre la parole de celui qui résiste à un ordre écrasant. C’est un texte très accessible et très profond à la fois. Énigmatique et Hélas sera au théâtre de la Tempête. critique Hélas Théâtre de la Tempête/DE Nicole Genovese/MES Claude Vanessa très concret. Il raconte comment l’humanité peut persister au milieu d’un ordre absurde. Il mélange le poids du réel et une grande alacrité de pensée. Comment avez-vous travaillé son adaptation ? A. G.  : Le romanesque est évoqué, plus suggéré que raconté. On a privilégié le processus de remémoration. Le théâtre devient l’espace d’un homme qui se souvient. Nous serons dans la salle Le Terrier, en sous-sol, une salle basse avec des piliers, sorte de salle labyrinthique qui conviendra parfaitement à cet univers. Miglen est d’origine bulgare et ce texte lui rappelle l’existence de son père qui dirigeait l’Opéra de Sofia sous un régime écrasant. Il s’agit aussi de savoir comment survivre après. Comment on fait pour revivre autrement. Propos recueillis par Eric Demey Théâtre Gérard Philipe, CDN de Saint-Denis, 59 bd Jules-Guesde, 93200 Saint-Denis. Du 8 au 26 janvier, du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30. Relâche le mardi. Tél. 01 48 13 70 00. Dans son art inclassable brassant culture populaire et ironie intello, Nicole Genovese propose avec Hélas une pièce en forme de repas déjanté, où s’accumulent des boucles aux multiples strates. On avait découvert l’énergumène dans un vaudeville revisité au lance-flammes, Ciel ! Mon placard. Nicole Genovese, alias Claude Vanessa, est de retour avec un objet théâtral qui tire encore plus vers l’absurde et ne cesse de questionner ce qu’on fait du théâtre. Dans cet Hélas – interjection qui nous évoque irrésistiblement Racine, tellement récurrente chez l’auteur classique que Gwénaël Morin s’était plu un jour à les souligner à la cymbale –, tous les soirs on remet le couvert, comme tous les soirs, au théâtre, on se répète. Ainsi, deux, trois, quatre fois, c’est la même scène qui se rejoue à l’identique, ou presque, pour commencer ce spectacle. Dans un intérieur en mode Deschiens, décor cheap et kitsch où trône une télé alternativement branchée sur Des chiffres et des lettres ou Plus belle la vie, on sert et on ressert les mêmes plats à la table familiale, deux parents et leurs grands enfants qui se chamaillent, à peine perturbée par l’intervention un rien décalée du britannique Oncle Michel. Nicole, elle-même, viendra une première fois rompre le cycle infernal en adjointe à la culture intarissable, qui, sur le côté, égrène ses remerciements à tous ceux qui ont soutenu le spectacle. Feu nourri de désirs contradictoires et d’esthétiques entrecroisées Impossible de raconter davantage sans affecter le plaisir du spectateur qui tient quand même grandement à vouloir découvrir où va bien pouvoir le conduire le fil apparemment sans issue de cette répétition du même. Que s’installe en filigrane le thème des réfugiés via un épisode de la célèbre soap française de France 3. Mais aussi que la vie continue, les vies, familiale et théâtrale, comme aveugles et sourdes à tout ce bruit qui les entoure. Mélangeant humour noir aux limites de l’incorrect – « Avec tous ces immigrés qui volent notre boulot/Il faut leur faire une petite place/Avec le sourire en plus » –, critique de la vie théâtrale, notamment en son versant administratif, amour du jeu, de la langue et des comédiens, à travers une écriture en forme de partition, où à chaque tour de manège, d’un simple décalage d’intention ou de rythme, peuvent jaillir de nouvelles étincelles, Beckett, Minyana, Monty Python, théâtre performance ou théâtre carton-pâte, Nicole Genovese crée un spectacle aux couches innombrables, qui s’empilent comme les assiettes sur la table, aussi indescriptible qu’indécryptable. A la fin émane une profonde nostalgie, comme l’expression conjuguée d’un amour et du regret de cet amour. Feu nourri de désirs contradictoires et d’esthétiques entrecroisées qui alimentent un repas comico-tragique, Hélas est littéralement hors-pair. éric Demey Théâtre de la Tempête, route du Champde-Manœuvre, 75012 Paris. Du 10 janvier au 9 février, du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30. Tél. 01 43 28 36 36. Durée  : 1h40 environ. Spectacle vu au Théâtre de Vanves. A Love Suprême De Xavier Durringer Mise en scène & scénographie Dominique Pitoiset Première en Ile de France Du mercredi 15 au mardi 21 janvier Avec  : Nadia Fabrizio « A Love Suprême » a fait l’objet d’une commande à l’écriture passée par La Compagnie Pitoiset – Dijon à l’auteur Xavier Durringer qui a rédigé ce monologue pour l’actrice Nadia Fabrizio. « A Love Suprême » est publié aux Éditions Théâtrales. Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie DR théâtre 13 la terrasse 283 janvier 2020



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