La Terrasse n°283 janvier 2020
La Terrasse n°283 janvier 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de janvier 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 16,8 Mo

  • Dans ce numéro : le Banquet de Mathilda May.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 10 la terrasse 283 janvier 2020 Théâtre du Radin DES FLEURS POUR ALGERNON D’APRÈS L’ŒUVRE DE DANIEL KEYES CAROLINE SILHOL-LIVI ET LE THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN PRÉSENTENT GRÉGORY GADEBOIS ADAPTATION GÉRALD SIBLEYRAS DÉCORS GUY ZILBERSTEIN LUMIÈRES ARNAUD JUNG - SON MICHEL WINOGRADOFF LOCATION  : 01 42 08 00 32 p etitstmartin.com MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L'APPLI TICK&LIVE Fl ALAC Théâtre du PETIT Radin [Mg IE SOMOIOV D'APRÈS LE CONTE DE SERGE GAINSBOURG INTERPRÉTÉ PAR JEAN-OUENTIN CHÂTELAIN ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE CHARLOTTE LÉVY-MARKOVITCH CRÉATION LUMIÈRES ERIC SOYER LOCATION  : 01 42 08 00 32 p etitstmartin.com MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L'APPLI TICK&LIVE MISE EN SCÈNE ANNE KESSLER SOCIÉTAIRE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE "ON EST HAPPÉ, SUBJUGUÉ, BOULEVERSÉ" FIGAROSCOPE "SENSIBLE, ÉMOUVANT, PRODIGIEUX" TELERAMA TTT "TERRIBLEMENT HUMAIN… ET TRÈS DRÔLE" PARIS MATCH "GRÉGORY GADEBOIS  : LE NOUVEAU RAIMU" L'OBS 1=3 la terrasse t'érafla twocks.com la terrasse Télérama 1.111C1M1011 entretien/Brigitte Jaques-Wajeman Phèdre Théâtre de la Ville/de Jean Racine/mes Brigitte Jaques-Wajeman Considérée comme une spécialiste de Corneille, Brigitte Jaques- Wajeman explore cette fois le chef-d’œuvre de Racine  : Phèdre. Après avoir mis en scène une dizaine de pièces de Corneille, vous vous emparez de Racine dont vous aviez déjà monté, en 2004, Britannicus au Vieux-Colombier. Est-ce une suite logique pour quelqu’un qui comme vous s’intéresse à la dimension charnelle de la langue ? Brigitte Jaques-Wajeman  : Dans un sens, oui. J’avais l’impression d’être allée au bout d’un chemin avec Corneille, mais l’idée d’abandonner l’alexandrin me faisait de la peine. J’avais également envie de continuer avec Racine dans la mesure où une actrice que j’aime beaucoup et avec qui j’avais déjà travaillé, Raphaèle Bouchard, allait jouer le rôle de Phèdre. Nous en avions très envie toutes les deux. critique Qu’est-ce qui vous appelle dans Phèdre ? B. J.-W.  : C’est une pièce que j’adorais quand j’étais très jeune. On n’a jamais été aussi loin dans la description de la folie érotique des femmes. Il y a quelque chose d’extraordinairement violent, un emportement du désir qui est hallucinant. L’inverse de Corneille  : même si toutes ses héroïnes vont mourir, elles témoignent une résistance, un assentiment à la vie. Tandis que Racine va au plus profond des pulsions les pires, des pulsions où se mêlent l’effroi et la jouissance. Quand une pièce est aussi célèbre, est-il difficile de s’affranchir de tout ce qu’on a pu voir ou lire sur elle ? Nous, dans le désordre Région/Tandem Arras-Douai/tournée/écriture et mes Estelle Savasta A l’instar du scribe Bartleby, le jeune Ismaël choisit la désobéissance passive  : il s’allonge et se tait. Un geste radical qui suscite toutes sortes de réactions, et questionne ce qui fonde notre être au monde. Un spectacle porté par le regard aigu d’Estelle Savasta. Nous, dans le désordre. Drôle d’histoire ! Ce conte contemporain à la fois familial et politique ouvre vers l’inconnu, vers des sentiers obscurs, là où la raison n’est d’aucun secours, où le sens s’est perdu. Dans le sillage de la pièce Le Préambule des étourdis (2013), pour laquelle elle avait travaillé en collaboration avec des écoliers de l’agglomération dieppoise, Nous, dans le désordre a été conçu par Estelle Savasta et les siens avec des élèves de seconde, autour du thème initial de la désobéissance. C’est au cours d’une improvisation en classe qu’est née la figure d’Ismaël, personnage central de la pièce, adolescent sans histoires et aimé par sa famille qui un jour décide d’aller s’allonger au bord d’un chemin près de chez lui. « I would prefer not to »  : un peu à la manière de Bartleby dans le roman d’Herman Melville, son renoncement définitif évoque une résistance passive qui ne peut se résumer par une interprétation hâtive fustigeant tel ou tel aspect de notre modernité. « Ismaël est le miroir de tous nos désirs de désobéissance. Ismaël est un grain de sable dans un système très bien huilé. Ismaël est un gouffre » suggère ainsi Estelle Savasta qui, plutôt qu’expliquer, s’attache à faire émerger toutes sortes de questions et à éclairer une multiplicité de manières de réagir au geste radical d’Ismaël. Une surface de projection qui exacerbe Il a laissé un mot. « Je vais bien. Je ne dirai rien de plus. Je ne me relèverai pas. » Contraints à une effarante plongée dans l’absurde, ses parents Anna et Pierre, son frère Nils, sa sœur Maya, ses amis traversent diverses étapes, et la partition théâtrale révèle les frottements entre les champs intime et social. Peur, incompréhension, bouleversement, tendresse, colère, révolte, mesquinerie…  : la machine s’emballe et transforme les relations. La mise en scène fluide et rythmée par de courtes séquences orchestre des relais dans le jeu, ne psychologise pas les rôles pour que le théâtre se fasse révélateur au sens photographique du terme, agisse comme un miroir grossissant, une surface de projection où se jouent des affrontements saillants et où affleurent de fortes contradictions face au « trou noir » Ismaël, qui semble sur le point d’engloutir son entourage. Flore Babled, Olivier Constant, Zoé Fauconnet, Damien Vigouroux et Valérie Puech interprètent parfaitement la fable. Au-delà des mots, la mise en scène visuelle, sans superflu, interroge chacune et chacun sur ce qui nous rassemble – ou pas. Agnès Santi Le Tandem Aras Douai – Scène nationale, le 13 janvier à 20h, le 14 à 20h, le 15 à 19h. Tél. 09 71 00 56 78. Théâtre du Pays de Morlaix, les 13 et 14 février ; Théâtre Am Stram Gram, Genève, les 24 et 26 mars ; Le Grand Bleu, Lille, le 9 avril ; Maison de la Culture de Bourges – Scène nationale, les 12 et 13 mai. Durée  : 1h. Spectacle vu au Théâtre 71 à Malakoff. Danica Bijeljac
D. R. Pidz La metteuse en scène monte une pièce de Racine pour la deuxième fois. « On n’a jamais été aussi loin dans la description de la folie érotique des femmes. » critique Discours de la servitude volontaire théâtre studio/d‘Étienne de la Boétie, d’après la traduction en français moderne de Séverine Auffret/mes Stéphane Verrue Entre Printemps arabe et élections présidentielles à venir, Stéphane Verrue fait joliment entendre avec François Clavier le Discours de la servitude volontaire. À travers le Discours de la servitude volontaire (1550), un texte prémonitoire qui analyse le rapport du peuple au pouvoir, le jeune La Boétie remonte à l’Histoire antique, à la tyrannie grecque comme à la dictature romaine, pour stigmatiser toutes les formes de gouvernement absolu et oppressif - injuste, arbitraire et cruel. Deux siècles plus tard, Jean-Jacques Rousseau balaie pareillement l’Histoire dans De l’Inégalité parmi les hommes (1755)  : « Le peuple, déjà accoutumé à la dépendance (…) et déjà hors d’état de briser ses fers, consentit à laisser augmenter sa servitude pour affermir sa tranquillité ». Pour enfoncer le clou, Marat note dans Les Chaînes de l’esclavage (1774)  : « Jaloux de leur empire, les despotes sentent que pour tyranniser les peuples plus à leur aise, il faut les abrutir ; aussi tout discours écrit qui élève l’âme, qui tend à rappeler l’homme à ses droits, à lui-même, est-il funeste à son auteur ». Le Révolutionnaire n’en sera pas moins soupçonné peu après d’être à l’origine des Massacres de septembre 1792, frayant avec la terreur et la tyrannie. Pourquoi, loin de tout éveil à la conscience politique, les peuples s’en laissent-ils conter pour s’abandonner à la passivité, cette forme perverse d’endormissement ? B. J.-W.  : Je n’en ai pas vu tant que cela  : celle d’Antoine Vitez dont j’étais l’élève, celle de Patrice Chéreau qui était très tendue. J’avais le sentiment que m’encombrait un peu tout un discours sur Phèdre, par exemple qu’au fond, Hyppolite serait séduit par elle, ce que je ne crois pas du tout. J’ai eu besoin de quelques mois pour retrouver un champ de travail qui était le mien. Être une femme metteuse en scène changet-il quelque chose à la vision du personnage de Phèdre ? B. J.-W.  : Probablement. Nous avons toutes une sorte d’intimité avec elle. Toutes les femmes que je connais adorent Phèdre, je pense que d’une certaine façon elles rencontrent quelque chose d’elles-mêmes dans ce personnage – ce rapport à la sexualité peut-être. Racine va au-delà de tout. La façon dont il raconte la rencontre entre Phèdre et Hyppolite, par exemple  : un seul regard et tout à coup le corps se met dans un état insensé. Phèdre a froid et brûle en même temps  : il y a comme la description d’une petite mort. Et ce qui est extraordinaire, c’est que Racine touche à la sexualité, à ce qu’elle a de plus étrange, angoissant, effrayant, bouleversant et jouissif, dans une langue inouïe. Entretien réalisé par Isabelle Stibbe Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. Du 8 au 25 janvier 2020. Durée estimée  : 2 heures. Tél. 01 42 74 22 77. L’acteur François Clavier à l’heure des questionnements politiques. Questionnement précieux La pertinence de ces questions politiques et citoyennes fait écho à notre stricte contemporanéité, depuis nos modestes échéances électorales présidentielles jusqu’au plus ample Printemps arabe dernier dans les pays du Maghreb et du Machrek. L’Histoire et ses brûlures ont rattrapé tout récemment la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la Libye, le Yémen… Il semblerait que les citoyens de ces contrées aient réagi à ce Discours du xvi e siècle  : « Soyez résolus de ne servir plus et vous voilà libres ». Les mécanismes de la tyrannie reposent sur une organisation verticale du pouvoir et de ses hiérarchies. Le philosophe Locke, précurseur des Lumières, préconise que le gouvernement par la majorité est celui qui convient le mieux à la société civile. Aussi ne pouvons-nous pas nous lasser d’interroger le pouvoir et son fonctionnement, une posture individuelle active qui regarde la collectivité. François Clavier porte sur ses épaules ce questionnement précieux du monde, sac au dos ou bien livres à la main, en quête d’une existence satisfaisante, d’un avenir prometteur, d’une vie meilleure enfin, une bataille symbolique pour la victoire de la pensée humaniste. C’est un plaisir que de se laisser bercer par la parole claire et timbrée de l’acteur, une voix qui travaille à ce que l’homme se libère sciemment. Véronique Hotte Le Théâtre-Studio, 16 rue Marcelin-Berthelot, 94140 Alfortville. Du 15 janvier au 1er février 2020 à 20h30. Tél. 01 43 76 86 56 et www.theatre-studion.com Spectacle vu à sa création en 2011. Écrit & mis en scène par Musique originale Pierre Richard est Assistante mise en scène Anne Poirier-Busson//Scénographie Tim Northam//Vidéo Mathias Delfau//Son Guillaume Duguet//Lumières Laurent Béal//Effets spéciaux Arthur Chavaudret et Allan Sartori//Costumes Valérie Adda//Accessoires Amina Rezig, Jean Teske et Antoine Milian//Avec la participation de Niseema Production déléguée Théâtre de l’Atelier//Production Arts Live Entertainment, Horatio Productions, Yoannde Birague et associés, Temal Productions//Coproduction Théâtre de Carouge, Romans Scène, Anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes, Célestins-Théâtre de Lyon, Le Radiant-Bellevue/Caluire, Compagnie 2M//Avec le soutien de l’Espace Carpeaux - Courbevoie place Charles Dullin 75018 Paris Photo Maria Letizia Piantoni - Création graphique L'œil carré - Licence 2-1122889 Mathilda May Ibrahim Maalouf Théâtre de Atelier Scénographie Edouard Laug Costumes Régine Marangé Assistante à la mise en scène Sylvie Paupardin Production Théâtre de l’Atelier/François Volard, Acte 2/Serge Paumier Productions Coproduction Le Radiant Bellevue Caluire - Lyon a V PLACE\e'CHARLES DULLIN 75018 PARIS + <, A PARTIR DU 10 DEC 019H. [DIMANCHE 15H.] 01 46 06 49 24 THEATRE-ATELIER.COM 8 ABBESSES/ANVERS Philippe MAGNAN Cyrille ELDIN LOBS A Licence 2-1122889 - Affiche : 103.9'L’OPPOSITION Mitterrand rocard Théâtre de l'Atelier Direction Marc Lesage place Charles Dullin 75018 Paris À partir du 14 jANV. 21h. [Dimanche 17h.] [DU Mardi au Samedi] 01 46 06 49 24 theatre-atelier.com ABBESSES/Anvers 01 46 06 49 24 theatre-atelier.com ABBESSES/Anvers de Georges Naudy mise en scène Éric Civanyan 40x60_TA_MITT_VS_ROC_DEF2.indd 1 20/11/2019 11:00 théâtre 11 la terrasse 283 janvier 2020



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