La Terrasse n°282 décembre 2019
La Terrasse n°282 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Chute de la maison, mis en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 6 la terrasse 282 décembre 2019 Licence 2-1122889 - Affiche : Pierre Richard est Écrit & mis en scène par Mathilda May Musique originale Ibrahim Maalouf Assistante mise en scène Anne Poirier-Busson//Scénographie Tim Northam//Vidéo Mathias Delfau//Son Guillaume Duguet//Lumières Laurent Béal//Production déléguée Théâtre de l’Atelier//Production Arts Live Entertainment, Horatio Productions, Yoannde Birague et associés, Temal Productions//Coproduction Théâtre de Carouge, Romans Scène, Anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes, Célestins-Théâtre de Lyon, Le Radiant-Bellevue/Caluire, Compagnie 2M//Avec le soutien de l’Espace Carpeaux - Courbevoie PLACE es. LNULLIN 75018 PARIS e À PARTIR DU Licence 2-1122889 - Affiche : 10 DEC. [DIMANCHE 15H.] 1 9H 01 46 06 49 24 THEATRE-ATELIER.COM 8 ABBESSES/ANVERS Effets spéciaux Arthur Chavaudret et Allan Sartori//Costumes Valérie Adda//Accessoires Amina Rezig, Jean Teske et Antoine Milian//Avec la participation de Niseema bhéâtresm.cm. 103.9 FM annoncelaterrasse121_380.indd 1 12/11/2019 16:12 critique Le reste vous le connaissez par le cinéma T2G – Théâtre de Gennevilliers/DE Martin Crimp, d’après Euripide/mes et scénographie Daniel Jeanneteau En juillet dernier, au Festival d’Avignon, le metteur en scène Daniel Jeanneteau a créé Le reste vous le connaissez par le cinéma, une version contemporaine des Phéniciennes d’Euripide imaginée par l’auteur britannique Martin Crimp. Un spectacle d’une puissance rare, repris au Théâtre de Gennevilliers. Œdipe, Jocaste, Créon, Antigone, Etéocle, Polynice… Ils paraissent sortir d’une torpeur obscure et immémorielle. Ces grands personnages viennent ici rejouer, devant les spectateurs contemporains que nous sommes, les luttes de pouvoir, les déchirements, les déchainements de violence à travers lesquels ils ont marqué l’histoire du théâtre et se sont inscrits dans la mémoire collective. Au sein de la mise en scène de Le reste vous le connaissez par le cinéma conçue par Daniel Jeanneteau, ces figures mythiques sont extirpées du néant, telles d’augustes marionnettes, par un groupe de lycéennes d’aujourd’hui. Des jeunes filles au charisme déconcertant (Delphine Antenor, Marie-Fleur Behlow, Diane Boucaï, Juliette critique Carnat, Imane El Herdmi, Chaïma El Mounadi, Clothilde Laporte, Zohra Omri) qui forment le chœur de cette pièce en imposant, à l’intérieur d’une salle de classe délabrée, la dimension éminemment concrète, vivante, spontanée de leur présence théâtrale. Ce sont elles, les Phéniciennes. Elles qui, placées au centre du texte de Martin Crimp, sont à l’origine de la proposition passionnante que révèle cette réécriture de la tragédie d’Euripide. Effets de contraste et de saisissement Une proposition qui joue sur les effets de contraste et de saisissement résultant de la rencontre de mondes qui n’ont pas coutume de se côtoyer. Le monde de personnages Mémoire de fille Reprise/Comédie de Béthune/d’Annie Ernaux/adaptation et mes Cécile Backès Annie Ernaux interroge la jeune fille qu’elle était en 1958, lors de l’été où elle découvrit le corps et le sexe des hommes. Cécile Backès en propose une adaptation scénique subtile et fascinante qu’interprètent cinq excellents comédiens. La force de l’écriture d’Annie Ernaux tient à sa capacité à excéder les limites du récit de soi, ajoutant à la finesse de l’analyse psychologique une remarquable acuité sociologique. « La fille de 58 », dont les aventures sentimentales alimentent Mémoire de fille, ressemble à bien des femmes de sa génération, découvrant la jouissance sexuelle dix ans avant que mai 68 la réclame sans entraves. Annie, alors Duchesne (puisque la littérature ne l’a pas encore faite Ernaux), est soumise aux exigences de sa classe et de son époque. La France gaullienne et les petits commerçants provinciaux peuvent supporter que les filles s’abandonnent aux plaisirs de la littérature et aux joies de l’étude mais considèrent d’un fort mauvais œil qu’elles se jettent dans les bras des garçons. Les corps sont, à l’instar des esprits, corsetés et contraints. Les représentantes du deuxième sexe (dont Beauvoir a décrit l’inféodation au désir masculin dix ans avant) ne sont pas encore parvenues à exiger qu’on les considère comme des sujets autonomes. Porter le texte d’Annie Ernaux au plateau présentait un défi que Cécile Backès (qui l’a adapté avec Margaux Eskenazi) relève de main de maître  : parvenir à suggérer les affres de la découverte de la sexualité sans sombrer dans la pornographie, et montrer dans et par les corps la manière dont on se les représente. Le théâtre, accomplissement de la littérature Le choix très judicieux de confier la narration à deux comédiennes fait merveille. Judith Henry est Annie E. ; Pauline Belle est Annie D. La première, nonchalante et délicate, a la sveltesse et l’élégance intemporelle de celle qui a incorporé les habitudes acétiques de la classe qu’elle a choisie. La seconde porte les dessous pudiques et les habits sages que l’époque impose alors aux filles. Son allure et sa coiffure, ses gestes et sa démarche d’adolescente encore pataude sont sidérants de justesse ethnographique. Judith Henry est la romancière, la femme Judith Henry et Pauline Belle dans Mémoire de fille. d’après, celle que la littérature a façonnée. Pauline Belle est la femme d’avant, encore en devenir et déjà en projet  : le récit la façonne en même temps que celle qui l’interprète lui donne chair. Autre tour de force  : l’interprétation et la très subtile direction scénique rendent patents les effets de l’écriture et la manière dont le récit ordonne la mémoire et fait advenir le réel. Les deux comédiennes (entourées par Jules Churin, Simon Pineau et Adeline Vesse, excellents dans les seconds rôles) font preuve d’un grand talent. Remarquable réussite, ce spectacle prouve que le théâtre peut magnifier la littérature quand il la traduit au lieu de seulement la commenter. Catherine Robert Comédie de Béthune, Le Palace, 138 rue du 11 novembre, 62400 Béthune. Les 18 et 19 décembre à 20h. Tél. 03 21 63 29 19. Durée  : 2h10. également du 9 au 15 janvier, sauf les 12 et 13, au Théâtre de Namur et les 5 et 6 février à la Comédie de Valence. Thomas Faverjon
Mammar Benranou iFou pour RBD Productions Le reste vous le connaissez par le cinéma, mis en scène par Daniel Jeanneteau. contemporains pleins d’ironie, de liberté, face au monde solennel de figures antiques. Le monde brut et instinctif d’interprètes amateures face au monde recherché de comédiennes et comédiens de théâtre émérites (Dominique Reymond, Axel Bogousslavsky, YannBoudaud, Philippe Smith, Solène Arbel, Quentin Bouissou, Jonathan Genet, Elsa Guedj, Stéphanie Béghain…). Tous ces rapprochements créent de véritables moments de grâce, d’exaltation, au cours desquels les lignes de force du mythe se voient réactivées par les élans de notre temps. Traversé par des questionnements sur les rapports de pouvoir, la barbarie, la légitimité politique, le devoir individuel, le poids de l’histoire, le vivre ensemble, le spectacle de Daniel Jeanneteau entrelace savant et populaire, antique et modernité. Il fait ainsi se rejoindre lyrisme et quotidienneté. critique Une façon magistrale de repenser le théâtre et de réinterroger les désordres du monde. Manuel Piolat Soleymat T2G – Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national de création contemporaine, 41 av. des Grésillons, 92230 Gennevilliers. Du 9 janvier au 1er février 2020. Le lundi, le jeudi et le vendredi à 20h, le samedi à 18h, le dimanche à 16h. Durée de la représentation  : 2h15. Spectacle vu lors de sa création au Festival d’Avignon, le 16 juillet 2019. Tél. 01 41 32 26 26. www.theatre2gennevilliers.com. également du 7 au 15 février 2020 au Théâtre national de Strasbourg ; du 10 au 14 mars au Théâtre du Nord ; les 20 et 21 mars au Théâtre de Lorient. Les Couteaux dans le dos Reprise/Les Déchargeurs/écriture et mes Pierre Notte Pierre Notte, tout en acidité et en tendresse, met en scène cinq comédiennes délurées et explore les affres de la vie familiale et les chemins qui permettent d’y échapper. Il y a un côté « pauvre petite fille riche » dans l’écriture de Pierre Notte, et comme une forme de décalage élégant entre le dandysme métaphysique et la tendresse cynique. Des références de bon élève ou de fervent lecteur et des coups de pied de sale gosse cassant ses jouets. Du sérieux face à l’angoisse et des pirouettes de farfadet. Un art agaçant de la distanciation continuelle mâtiné de fulgurances en des aphorismes époustouflants de justesse. Des yeux embués de larmes et le rictus goguenard de celui qui a trop souffert pour se laisser aller aux sanglots… Une posture un peu dilettante, que l’élégance retient sur la pente du ridicule. Un peu champagne et un peu gueule de bois, un Musset à la sauce Cloclo, trop léger peut-être pour qu’on ne soupçonne pas derrière le masque fringant et l’ironie constante, la profondeur désespérée d’un malheureux enfant du siècle. Sa dernière pièce, Les Couteaux dans le dos, emprunte à cette esthétique de l’oxymore déjà à l’œuvre dans ses précédents textes. Cinq comédiennes pour une farce attendrie Marie a horreur qu’on la touche. Pas étonnant  : ses parents, ses enseignants et tous les balourds d’adultes qui l’entourent ne mesurent pas vraiment la différence entre la caresse et la gifle. Ils s’inquiètent mal, aiment de travers et seul le fantôme de Clémence sait poser le baume consolateur de mots intelligents sur les vilaines plaies que Marie dessine au couteau sur ses mains. Marie se lance dans un parcours initiatique qu’éclaire la lumière de l’amour d’un petit gardien de phare, égratigné lui aussi, lui aussi enfant trop pur de parents trop épais. La mise en scène de l’auteur est vive et alerte ; le jeu distancé permet à l’humour de s’accommoder du drame ; et ce joli conte pour enfants pas sages est ficelé avec une énergie virevoltante et gracieuse. De nouvelles comédiennes remplacent l’équipe initiale  : Muriel Gaudin, Caroline Marchetti (la seule déjà présente lors de la création en 2011), Kim Schwarck, Amandine Sroussi et Paola Valentin. L’ensemble compose une tragédie en forme de pochade, un drame aux allures de blague, un spectacle pas sérieux et pourtant lumineux, qui a le goût des bocks et de la limonade rimbaldienne… Catherine Robert Théâtre des Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, 75001 Paris. Du 3 au 21 décembre, du mardi au samedi à 21h00. Tél. 08 92 70 12 28. Durée  : 1h30. ORCHESTRE EN RÉPÉTITION le 3 décembre Pastorale de Marc-Antoine Charpentier Ensemble Correspondances - Sébastien Daucé Artistes associés THÉÂTRE MUSIQUE du 3 au 7 décembre La Chute de la maison Samuel Achache, Jeanne Candel, Florent Hubert avec le Festival d’Automne à Paris THÉÂTRE du 10 au 21 et le 31 décembre Les Dimanches de Monsieur Dézert Lionel Dray avec le Festival d’Automne à Paris THÉÂTRE MUSIQUE du 10 au 21 décembre Demi-Véronique Jeanne Candel, Caroline Darchen, Lionel Dray BAL - SWING le 15 * et le 31 décembre Umlaut Big Band * avec Mesure pour mesure – Nouveau Théâtre de Montreuil Artistes associés THÉÂTRE MUSIQUE le 21 et le 22 décembre le 10 et le 11 janvier Chewing-gum Silence Samuel Achache, Antonin Tri Hoang, Thibaut Perriard, Jeanne Susin avec le Festival d’Automne à Paris PERFORMANCE le 22 décembre Lettres non-écrites David Geselson - Cie Lieux-Dits Artistes associés SOIRÉE DU 31 DÉCEMBRE Les Dimanches de Monsieur Dézert + Repas + Umlaut Big Band THÉÂTRE MUSIQUE du 4 au 7 janvier Éclipse Katja Hunsinger THÉÂTRE MUSIQUE du 4 au 6 janvier A Concert called landscape LOD - Josse De Pauw & Kris Defoort THÉÂTRE MUSIQUE les 8 et 9 janvier Les Héros LOD & KVS - Josse De Pauw & Dominique Pauwels INSTALLATION MUSICALE dès 8 ans du 9 au 15 janvier La Maison LOD & hetpaleis - Inne Goris du mardi 3 décembre 2019 au samedi 25 janvier 2020 wwww.theatredelaquarium.net - 01 43 74 99 61 THÉÂTRE MUSIQUE du 14 au 16 janvier Variété Sarah Le Picard CONCERT le 15 et le 16 janvier Une Schubertiade Trio A.Storni ORCHESTRE EN RÉPÉTITION le 17 janvier Psyché de Matthew Locke Ensemble Correspondances - Sébastien Daucé Artistes associés PERFORMANCE le 17 janvier Idées musicales Maxime Kurvers THÉÂTRE MUSIQUE du 20 au 22 janvier Voyage Voyage Anne-Lise Heimburger CONCERT PERFORMANCE le 24 et le 25 janvier Grand Bazar Antonin Tri Hoang, Ève Risser CONCERT le 25 janvier Katchakine théâtre 7 la terrasse 282 décembre 2019



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