La Terrasse n°282 décembre 2019
La Terrasse n°282 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Chute de la maison, mis en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 4 la terrasse 282 décembre 2019 D THÉÂTRE B MAANtià DE LA PORTE RUTIN Sb «, CHRISTOPHE PAIR 01 42 08 00 32 PORTEUMARTIN.COM B R LÉA I "IL L YL FIIIC, FIALÉOM ET SUI LIPPU TICULIIIE Télérama'la terrasse Procics.com THÉÂTRE DE LA PORTE MARTING EORG ES FEYDEAU 5freo HISL&IN ECLÉFY 1-AL FORTE CATHERINE FROT 01 42 08 00 32 PORTE MARTIN.COM MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L’APPLI TICK&LIVE 511asigas de et ekee REINHARDT IBM 5free CONSTANCE GUIOUILLIER PIERRE-ANTOINE LENFANT DERNIÈRES -r I la terrasse hrockuptIbles ÉRIC Nef A 3*- NNE Am'eitme DAMIEN SOBIERAFF PIER-NICCOLÔ SASSETTI DEDIENNE 1 CA PE UN CADAVRE EXQUIS DE CATHERINEFROT VINCENTEÙEDIENNE À PARTIR DU 14 FEVRIER 2020 critique Élémentaire Théâtre de La Tempête/DE Sébastien Bravard/MES Clément Poirée Un spectacle alerte, drôle et tendre sur l’enfance à travers l’expérience réelle du comédien Sébastien Bravard qui s’est présenté au concours de professeur des écoles en 2016. Il a joué avec Bernard Sobel, Anne-Laure Liégeois ou Philippe Adrien. Il, c’est Sébastien Bravard, comédien qui depuis sa sortie de l’école du Théâtre national de Strasbourg, en 1999, affiche un agenda bien rempli. Pourtant, après les attentats de 2015, il ressent le besoin de « se rendre utile » autrement que par les planches. Il se présente alors au concours de professeur des écoles et, en 2017, le voilà dans une école de Villejuif, pour sa première rentrée d’enseignant stagiaire en classe de CM1 – tout en continuant de jouer pendant les vacances scolaires ou le soir. C’est cette année particulière que le comédien/instituteur décrit dans le seul-en-scène qu’il a écrit et interprète  : Élémentaire. Dans un style alerte et drôle, il y raconte son expérience de Candide dans le monde de l’éducation nationale peuplé de codes qu’il doit s’approprier  : les sigles (REP, APC, CRPE…), la pratique des inférences (pas d’inquiétude, il explique tout pendant le spectacle !) , les complaintes et plaisanteries des collègues dans la salle des maîtres, les sorties à la piscine, et surtout, les réactions souvent surprenantes des enfants… Au-delà des anecdotes, qu’il prend d’ailleurs soin de ne pas surdoser, au-delà de la simple restitution du quotidien d’un apprentienseignant, la force du spectacle réside dans le lien que Sébastien Bravard tisse entre le monde de l’école et celui du théâtre. Hommage à l’enfance et au théâtre Deux mondes qui communiquent, où s’exerce l’apprentissage de la citoyenneté, où le silence soudain d’une classe à l’écoute d’un livre ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qui surgit dans le public quand un spectacle est réussi, où la magie du verbe s’incarne parfois, où l’imaginaire et le sens sont pareillement convoqués. Dans la forme volontairement simple qu’a choisie Clément Poirée, le directeur du Théâtre de la Tempête qui signe la critique Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge La Colline/texte et mes Wajdi Mouawad/chansons Arthur H/musique Pascal Humbert Né de la rencontre entre Wajdi Mouawad et Arthur Higelin, le spectacle dévoile la crise existentielle du chanteur Alice et ses remèdes en forme de mystification ratée. Un périple contrasté. Face A, Face B  : Wajdi et Alice, Alice et Wajdi, deux mêmes voyelles, mais aussi bien des différences… Si théâtre et musique se rejoignent ici, c’est pour brosser quelques portraits hauts en couleur, pour s’aventurer de l’autre côté du miroir (ou du rideau de scène), au-delà de la surface des choses, quelque part entre drame et comédie, avec un penchant net pour le… branquignolesque. Structurée par la scénographie d’Emmanuel Clolus, la belle scène inaugurale nous transporte comme par effraction dans les coulisses, à l’issue d’un concert, lorsque deviennent visibles la fatigue et autres maux, qu’on se laisse enfin aller sans tricher et sans crainte du regard des autres. Bien qu’un journaliste, un photographe ou d’autres visiteurs peuvent toujours surgir… C’est la rencontre entre Arthur Higelin et Wajdi Mouawad, la curiosité de l’un pour l’autre, qui sont à l’origine de ce spectacle. Après avoir envisagé la mise en scène d’un concert, l’idée d’un récit fictif s’est imposée, avec comme personnage central Alice (interprété par Arthur H), chanteur au seuil de la cinquantaine, qui connaît un certain succès, mais ressent de plus en plus insatisfaction et lassitude. Il a beau être dans la force de l’âge, il est bien fragile, déclinant, souffrant même d’une gastro chronique somatique voire métaphysique (« fait chier ! »). Comment remonter la pente ? En faisant croire à sa mort. L’idée vient de son ancien manager Faustin, sorte de clown un peu raide (Patrick Le Mauff), qui entend raviver ainsi l’esprit punk de leur jeunesse. Par ailleurs, rien de tel pour booster les ventes et mettre tout le monde d’accord sur le talent du mort. Las, la supercherie sera révélée en public à un moment évidemment inopportun. à partir de ce jeu avec la mort, la partition Sébastien Bravard. 4.4 w mise en scène, le spectacle de Sébastien Bravard constitue autant un hommage à l’enfance qu’un hommage au théâtre. Le comédien est si charismatique et délicat, son univers si riche et son regard si tendre qu’on l’imagine aisément en enseignant, face aux 27 gamins qu’il apprivoise peu à peu et à qui, sans doute, il a beaucoup apporté. Il cite cette phrase de Louis Jouvet  : « Tant vaut l’homme, tant vaut l’acteur », espérant qu’elle s’applique à luimême. En sortant de la représentation, on n’a aucun doute là-dessus. Et on est à la fois triste pour nos enfants qu’il arrête le métier de professeur, et à la fois heureux pour le théâtre qu’il s’y consacre de nouveau exclusivement. Isabelle Stibbe Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 14 au 18 décembre 2019, samedi, mardi et mercredi à 20h30, le dimanche à 16h30. Tél. 01 43 28 36 36. Durée  : 1h. Spectacle vu au Théâtre Firmin-Gémier La Piscine en novembre 2019. également le 16 janvier 2020 à La Scène Watteau de Nogent-sur-Marne. Pascal Sautelet
Simon Gosselin Marion Duhamel L’équipe de Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge. théâtrale oscille entre divers registres, parfois avec l’emphase qu’affectionne Wajdi Mouawad. Trahisons et impostures Du comique de situation au drame existentiel, jusqu’à un rituel chamanique avec oiseaux nécrophages ! En filigrane ou de façon manifeste, l’écriture évoque l’époque et quelques-uns de ses travers. Elle évoque aussi plusieurs épisodes tragiques de notre temps, qui s’immiscent parfois dans l’intrigue de manière artificielle, comme surajoutés. L’ensemble fluctue entre veine comique et introspection sans illusion. Parmi les personnages, le journaliste Anthime, faussement empathique et plein de morgue (Gilles David) ; l’attachée de presse Diesel, qui se démène sans relâche alors qu’elle a perdu son bébé (Isabelle Lafon) ; la photographe et compagne d’Alice Majda (Sara Llorca) dont les parents furent tués au Liban ; and last but critique L’Anaphabète Artistic Théâtre/d’Agota Kristof/adaptation et jeu Catherine Salviat Catherine Salviat interprète les mots d’Agota Kristof avec un remarquable talent, tout en justesse et en finesse  : pudeur et rigueur font advenir un magnifique moment de théâtre, rare et lumineux. Seule en scène, tour à tour enfant prodige, adolescente à l’étude, réfugiée passant la frontière dans la neige et la boue, écrivaine attentive à fortifier son talent naissant et dramaturge couronnée par le succès, Catherine Salviat se saisit de l’autobiographie d’Agota Kristof, Suisse d’origine hongroise qui écrivit son œuvre en français, cette langue « ennemie » dont la maîtrise la força à ce qu’elle considérait Catherine Salviat dans L’Anaphabète.comme un mensonge identitaire. Loin d’être ce « butin de guerre » que Kateb Yacine s’enorgueillît d’avoir fait sien, le français demeura une souffrance pour Agota Kristof  : il est la langue qui la laissa toujours « analphabète », celle qui la rendit étrangère à sa petite fille, élevée à la crèche sans comprendre que le parler de sa mère n’était pas celui de ses nourrices. Mais cette langue d’adoption est aussi celle qui, paradoxalement, permit la reconnaissance de l’artiste. Langue de souffrance et langue d’épanouissement tout à la fois  : Catherine Salviat avance comme une danseuse de corde not least, tout droit venue du Québec avec son accent délicieux, une merveilleuse et hilarante fan d’Alice (Marie-Josée Bastien ou Linda Laplante). Pascal Humbert et Jocelyn Lagarrigue complètent la distribution. Tous sont excellents. Au programme, trahisons, impostures, mais aussi amour et abnégation. Quant au héros à la voix rauque, comment traverse-t-il cette drôle d’épreuve ? à vous de le découvrir… Toujours dans ses œuvres Wajdi Mouawad vise à embrasser la complexité et les paradoxes de la vie. Agnès Santi La Colline – Théâtre national, 15 rue Malte- Brun, 75020 Paris. Du 13 novembre au 29 décembre 2019. Du mardi au samedi à 19h30 ; le dimanche à 15h30 ; relâche les 24 et 25 décembre. Tél. 01 44 62 52 52. Durée  : 3h30 avec entracte. en brodequins d’argent, le balancier au poing entre ces deux modalités de l’expression. Droit au cœur La langue est secours et péril et Catherine Salviat interprète les péripéties de cette traversée où s’affirme la singularité de l’écrivaine. Mieux qu’une autobiographie incarnée, ce spectacle est une aventure langagière à laquelle la comédienne offre un talent d’interprétation qui se passe de tous les artifices et de tous les accessoires du théâtre pour ne conserver que l’art du jeu comme véhicule du sens et de l’émotion. Catherine Salviat ne s’essaie jamais au vain exercice de l’imitation. Rien dans le costume, à peine quelques éléments suggestifs grâce aux lumières, mais tout dans les yeux, dans la bouche, dans les mains. Un geste, une moue, un sourire, un regard qui se glace ou s’attendrit  : il faut être une immense comédienne pour réussir à ainsi concentrer la puissance de son art et atteindre l’élégance de l’épure. Comme les grands onnagata japonais ou comme ces « acteurs pneumatiques » dont parle Valère Novarina, Catherine Salviat atteint la perfection du geste qui lui permet de réécrire le texte. L’essentiel est la langue ; le reste est littérature ! Catherine Robert Artistic Théâtre, 45 rue Richard-Lenoir, 75011 Paris. à partir du 25 novembre 2019. Mardi et vendredi à 19h ; mercredi et jeudi à 20h30 ; samedi à 16h ; dimanche à 15h. Tél. 01 43 56 38 32. Durée  : 1h. à suivre et à découvrir (avant ou après) à partir du 3 décembre, La Légende du saint buveur, de Joseph Roth, par Arnaud Simon. Mardi et vendredi à 20h30 ; mercredi et jeudi à 19h ; samedi à 18h et 20h30 et dimanche à 17h. 9 janvier - 1er février 2020 CRÉATION AVIGNON 2019 MARTIN CRIMP DANIEL JEANNETEAU LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA réservation sur www.theatre2gennevilliers.com ou au 01 41 32 26 26 T2G – THÉÂTRE DE GENNEVILLIERS CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL 41, avenue des Grésillons - 92230 Gennevilliers M 13 station Gabriel Péri - sortie 1 Photo  : Mammar Benranou — Graphisme  : théâtre 5 la terrasse 282 décembre 2019



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