La Terrasse n°282 décembre 2019
La Terrasse n°282 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Chute de la maison, mis en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 26 la terrasse 282 décembre 2019 entretien/Jean-Christophe Maillot La Coppel-I.A de Jean-Christophe Maillot Grimaldi Forum/Chor. Jean-Christophe Maillot/Ballets de Monte-Carlo Voilà longtemps que Jean-Christophe Maillot, directeur et chorégraphe des Ballets de Monte-Carlo, envisageait de recréer l’histoire de cette poupée aussi fascinante que mécanique. Voilà qui est chose faite ! Qu’est-ce qui vous a poussé à recréer cette Coppélia 2.0, qui fait appel à l’intelligence artificielle ? Jean-Christophe Maillot  : Il y a quatre ans, j’ai découvert L’Eve Future, roman formidable de Villiers de L’Isle Adam, sans doute l’une des premières œuvres de science-fiction avant l’heure, avec une problématique faustienne à la française. Il s’agit d’une femme très belle mais très sotte que l’on reproduit en lui greffant l’intelligence. C’est monstrueux ! Une sorte de Frankenstein totalement misogyne, et complètement décalé. Je me suis alors demandé ce que serait un automate aujourd’hui. Je me suis rendu compte que dans une époque où la technologie nous permet d’imaginer très prochainement la création d’un être artificiel, toute cette problématique liée à notre fascination pour un physique parfait, pour une machine qui peut faire ce qu’on ne peut pas faire avec notre propre corps, devient très actuelle. Et bien entendu, on peut également soupçonner dans ce thème une forme d’accointance avec l’exigence de la danse. Le conte, initialement d’Hoffman, ne traite-til pas aussi de l’amour impossible ? J.-C. M.  : Coppélia a toujours été traité de façon un peu simpliste, alors que c’est une problématique éternelle de l’homme  : créer un DIMANCHE 15 DÉCEMBRE 16H30 MAISON DE LA MUSIQUE Portrait de Merce Cunningham BALLET DE LORRAINE être idéal, à son image, avec le secret espoir, un jour, d’en profiter. Quelle est la problématique de ce petit couple de Franz et Swanilda, jeunes amoureux, a priori anodins ? Qu’est-ce qui motive cette brutale fascination de Franz pour un être aussi parfait qu’inanimé ? La peur ? La sublimation amoureuse ? Aujourd’hui, Coppélia, au lieu d’être exposée sur son balcon, est réellement présente, comme les avancées technologiques permettent de l’imaginer. Ce qui peut évoquer les poupées sexuelles, un rapport effrayant et insupportable de l’homme à la femme. Coppélia nous raconte une histoire d’émancipation, et évidemment, c’est aussi une métaphore de la relation amoureuse. Gardez-vous la musique du ballet de Léo Delibes ? J.-C. M.  : Je l’ai toujours détestée ! Finalement, je me suis rendu compte que ce qui me rendait cette musique insupportable était le souvenir de toutes les Coppélia que j’avais pu voir. Je me suis donc tourné vers Bertrand, mon frère et compositeur, et nous avons trouvé quelque chose que je pense être fascinant, extrêmement original, qui consiste à utiliser le principe du DJ mais pour la musique classique. C’est-à-dire que nous prenons la musique de Delibes et l’altérons dans sa temporalité et dans ses harmoniques. Cela donne quelque 19-20 Maison de la MUSIQUE de nanterre www.maisondelamusique.eu RER A Nanterre-Ville MAIRIE DE NANTERRE www.nanterre.fr « Coppélia a toujours été traité de façon un peu simpliste, alors que c’est une problématique éternelle de l’homme  : créer un être idéal, à son image… » chose de très surprenant qui se rapproche de la musique de film. Voilà longtemps que vous n’aviez pas créé un long ballet pour Les Ballets de Monte- Carlo, pourquoi ? Preljocaj à l’Opéra Opéra National de Paris/Opéra Royal de Versailles/Chor. Angelin Preljocaj C’est sous les ors de deux joyaux architecturaux qu’Angelin Preljocaj va déployer l’étendue d’une écriture qui berce le paysage chorégraphique depuis plus de 30 ans. Direction l’Opéra Royal de Versailles et le Palais Garnier à Paris… Un Boléro extrait de Gravité d’Angelin Preljocaj. Un siècle sépare ces deux salles, et c’est toujours une expérience émouvante que de se pencher à leurs balcons et de faire craquer leurs parquets. Un poids de l’histoire dont on ne peut faire fi à la découverte des œuvres dont elles se font l’écrin. Il faut une écriture subtile et forte à la fois pour s’imposer et faire vibrer de tels espaces, pour y prendre place sans succomber à l’atmosphère éblouissante des lieux. Angelin Preljocaj peut sans conteste relever ce défi, réunissant l’esprit « ballet » dans une création toujours poussée vers la virtuosité, dans la modernité d’une ligne de corps aussi délicate que tranchée. Au Palais Garnier, on joue Le Parc, pièce créée pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 1994, qui déroule une science du pas de deux jamais égalée autour de la thématique de l’amour. Le fameux « baiser » qui a fait le tour de la toile et nourri la publicité en est issu. Entre légèreté de l’amour et gravité du corps À Versailles, place à une pièce toute récente du chorégraphe  : Gravité réunit treize danseurs autour de cette notion fondamentale Coppel-IA par les Ballets de Monte-Carlo. J.-C. M.  : C’est la première fois que je refais une grande soirée, depuis le départ de mes danseurs que j’aimais tant et qui étaient la clef de mon écriture. J’ai trouvé dans cette nouvelle génération comme une renaissance, qui me ramène à ce désir, à ce plaisir profond de travailler ensemble. Propos recueillis par Agnès Izrine Grimaldi Forum–Monaco, Salle des Princes, 10 av. Princesse-Grace, Monaco. Du 27 décembre 2019 au 5 janvier 2020. Les 27, 28, 30, 31 décembre à 20h00, le 29 décembre à 16h00, les 2, 3, 4 janvier à 20h00, le 5 janvier à 16h00. Tél. 00377 99 99 30 00. qui compose le mouvement, dans différentes expérimentations qui contraignent le corps à jouer plus encore avec la pesanteur. Angelin Preljocaj en profite pour élargir sa palette de mouvements sans se départir de son écriture, de ses suspensions, de sa vélocité. La musique, justement, lui permet d’aller chercher dans différents états de corps, quand Bach croise Chostakovitch, la musique répétitive, l’électro… Ou Ravel, qui donne lieu à un Boléro tout en rondeurs et en déséquilibres. Gravité est également une pièce où s’expriment la puissance du groupe et ses multiples combinaisons possibles dans l’espace, faisant de la masse une matière en évolution constante. À ne pas manquer ! Nathalie Yokel Le Parc, Palais Garnier, place de l’Opéra, 75008 Paris. Du 6 au 31 décembre 2019. Tél. 08 92 89 90 90. Gravité, Opéra Royal de Versailles, place d’Armes, 78000 Versailles. Les 27, 30 et 31 décembre 2019 à 20h, le 28 à 19h, le 29 à 15h. Tél. 01 30 83 78 89. Jean-Claude Carbonne Alice Blangero
KarlBiscuit Philippe Escalier/Cie Julien Lestel Salle Pleyel/Chor. Julien Lestel Dream de Julien Lestel. Théâtre National de Chaillot/Conception Système Castafiore Anthologie du cauchemar Déjà porteur d’un univers très onirique, le Système Castafiore explore le côté obscur des rêves en feuilletant les pages de leurs nuits les plus agitées. Il y a souvent beaucoup d’images, de mystères, de créatures et d’atmosphères étranges chez Marcia Barcellos et KarlBiscuit. Entre la chorégraphe et le compositeur-vidéaste, l’entente est toujours parfaite pour créer des œuvres hybrides où l’imaginaire galope et divague. Le critique Dream La chorégraphie forte, très physique de Julien Lestel nous emmène dans le monde d’un rêve qui n’a rien d’ensommeillé ! Fidèle à un style néo-classique, Julien Lestel, formé entre autres à l’Opéra de Paris, est un chorégraphe qui forge à partir du vocabulaire classique une danse impétueuse et très personnelle. Dream est une chorégraphie puissante et viscérale, très organique, qui réunit sur le plateau onze danseurs de très haut niveau. Plutôt qu’une longue rêverie, Dream s’attache à évoquer ce qui nous traverse et nous émeut dans une physicalité très affirmée, pour ne pas dire exacerbée. Nous sommes très loin des créatures immatérielles que laisserait supposer un tel titre, sauf dans un pas de deux néoclassique d’un lyrisme haletant, très sensuel, auquel répond le duo de la fin, sorte de corps à corps plus tendre, original et contemporain. Entre ces deux pôles, des ensembles complexes, très structurés, se déploient dans une suite de séquences apparemment sans lien entre elles, le rêve étant prétexte à chorégraphier les pulsions et les passions, les peurs et les désirs. Ruptures désirées Mais c’est l’amour qui demeure le fil conducteur de Dream, comme le laisse entendre la chanson de Nina Simone, I get along without you very well, dansé par une superbe soliste. Des créatures issues des rêves de Marcia Barcellos et KarlBiscuit. La musique, partie prenante de ce rêve éveillé, a été écrite majoritairement par le compositeur islandais JóhannJóhannsson. Sa disparition prématurée en 2018 a sans doute poussé Julien Lestel à demander à Ivan Julliard, qui est également danseur dans sa compagnie, de créer des musiques additionnelles qui donnent un tour plus mélodique à la partition très percussive de Jóhannsson. Mais ce mélange étonnant correspond bien à la démarche du chorégraphe, dans la mesure où sa « recherche est centrée sur la création d’une gestuelle fluide sans retenue, mais aussi de mouvements brisés avec rupture de rythme afin que le spectateur puisse être emmené vers une émotion et en même temps entraîné dans une dynamique où se côtoient puissance, sensualité et poésie mises en valeur par les interprètes. ». Traversée par l’irruption d’Alexandra Cardinale, telle une apparition hiératique, baignée par les éclairages contrastés de Lo-Ammy Vaimatapako, la pièce de Lestel nous fait parcourir un monde inconnu. Agnès Izrine Salle Pleyel, 252 rue du Faubourg-Saint- Honoré, 75008 Paris. Le 16 janvier 2020 à 20h00. Tél. 08 92 97 60 63. Durée 1h20. rêve est pour ainsi dire un matériau de base pour leur travail, et il n’y avait qu’un petit pas de danse à faire pour basculer dans l’univers encore plus énigmatique du cauchemar. Attention, rien d’effrayant à cette démarche, qui veut davantage laisser place à nos fantasmagories qu’à nos angoisses. La scène devient le lieu privilégié de l’expression la plus paradoxale, la plus absurde, la plus fascinante. Le spectacle, comme une succession de saynètes, mêle lumières, vidéos, corps, autour d’apparitions promptes à sublimer même l’irréel. Nathalie Yokel Chaillot-Théâtre National de la Danse, place du Trocadéro, 75016 Paris. Les 5 et 10 décembre 2019 à 10h et 14h30, le 6 à 10h et 19h45, le 7 à 15h30 et 20h30, et le 8 à 15h30. Tél. 01 53 65 30 00. ç w 7-J p LES SOUS LA PRÉSIDENCE DE S.A.R. U PRINCESSE DE HANOVRE BALLETS DE MONTE CARLO JEAN-CHRISTOPHE MAILLOT.- ce..e. PRINCIPAUTÉ DEllre MONACO'gr- Chorégraphie Jean-Christophe MAILLOT COPPEL IA 27 dec 2019 >5 jan 2020 GR I MAL D I FORUM CFM INDOSUEZ WEALTH MANAGEMENT 0 fa eyseezi PO ON CUOMO TERRASSE 380x121.indd 1 18/10/2019 10:22 danse 27 la terrasse 282 décembre 2019



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