La Terrasse n°282 décembre 2019
La Terrasse n°282 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Chute de la maison, mis en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 22 la terrasse 282 décembre 2019 On s’effondre ou pas ? Maison des Métallos/texte et mes Frédéric Ferrer La Maison des Métallos compagnonne tout le mois de décembre avec Frédéric Ferrer, conférencier pataphysicien, arpenteur précoce et infatigable de nos dérèglements climatiques. Après une période de transition, la Maison des Métallos reprend sa vitesse de croisière sous la forme d’un compagnonnage qu’elle propose chaque mois de mener avec un artiste. En novembre, c’était Johannle Guillerm. En janvier, ce seront Pierre Meunier et Marguerite Bordat. En décembre, Frédéric Ferrer. Place donc aux artistes qui tracent des trajectoires singulières, en marge des modes, et se sont imposés dans la durée. Depuis plus de dix ans, Frédéric Ferrer traite des dérèglements climatiques dans des conférences loufoques aux bases tout ce qu’il y a de plus scientifiques. On le retrouvera donc avec ses Cartographies à étudier la dérive de canards en plastique, le sort des morues en voie de disparition et autre moyen de se protéger des moustiques tigre. La science des solutions imaginaires Au cœur de son compagnonnage, on pourra également découvrir Borderline(s) investigation #1, premier volet d’une nouvelle série, désormais consacrée – inaction climatique oblige – aux limites du monde et à son effondrement annoncé. Non plus seul au plateau, mais avec trois acolytes – Karina Beuthe Orr, Guarani Feitosa et Hélène Schwartz – Frédéric Ferrer y détourne la collapsologie en recherche de solutions pataphysiques, cette dernière étant bien entendu, selon le fameux mot d’Alfred Jarry, « la science des solutions imaginaires ». Un spectacle aussi sérieux que délirant donc, qu’accompagnent tout le mois des rendez-vous multiformes autour de cette SONIA BELSKAYA C IE ZLATA Borderline(s) investigation #1, la dernière création de Frédéric Ferrer. question qui nous préoccupe le plus gravement du monde. éric Demey Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre- Timbaud, 75011 Paris. « On s’effondre ou pas ? » pendant tout le mois de décembre. Borderline(s) investigation #1 les 7 et 14 décembre à 19h, les 11 et 13 à 20h, le 8 à 16h, le 12 à 14h. Tél. 01 47 00 25 20. j’ai rêvé d’un cafard... DU 13 AU 18 DÉCEMBRE COPRODUCTION théâtre national de nice cdn nice côte d’azur directrice muriel mayette-holtz promenade des arts 06300 nice 04 93 13 19 00 R. Metaireau tnn.fr #tnn06 VILLE DE NICE PALI EMEN Ț Mathilde Delahaye critique Martien martienne Théâtre de Châtillon/d’après Ray Bradbury/composition musicale Moritz Eggert/adaptation et mes Laurent Fréchuret Sous couvert d’une fable onirique sur l’ennui marital de deux Martiens, Laurent Fréchuret imagine une parabole aux chatoyants effets sur les exigences morales de l’hospitalité. Un très beau spectacle ! Lorsqu’il vient d’au-delà des mers, qu’il a traversé des déserts hostiles et qu’il grelotte dans l’hiver de notre déchéance, on prend l’étranger pour un ennemi, on lui refuse la dignité de l’accueil, on le renvoie parfois… Imaginons alors que nous soyons sur Mars, que l’étranger arrive sur un vaisseau spatial et que sa peau trop blanche paraisse bien fade en comparaison de notre teint doré… Comment l’accueillerions-nous ? Et comment voudrions-nous être accueillis, si le désir aventurier nous conduisait à traverser la galaxie pour aller découvrir d’autres mondes ? Tout a déjà été dit de l’ethnocentrisme, cette tare universelle, de la xénophobie et de l’égoïsme qui caractérisent notre espèce. Laurent Fréchuret ne se pose pas en donneur de leçons de morale. Modeste, infiniment plus humble et remarquablement plus critique subtil, il adapte une des Chroniques martiennes de Ray Bradbury, dans laquelle Monsieur et Madame K voient arriver un curieux étranger, qui annonce sa venue en entrant d’abord dans l’esprit de la languide Ylla, qui s’ennuie fort dans sa maison du bord de mer et se met à rêver et à chanter dans une langue extramartienne… Rêver peut-être… La voix de François Chattot enveloppe le spectateur comme une couverture douillette à l’abri de laquelle il écoute l’histoire de la douce Madame K et de son méchant mari. Quiconque connaît cette voix-là sait la puissance aurifère de ses modulations ! Laurent Fréchuret lui trouve de magnifiques interlocuteurs en confiant la partition musicale composée par Moritz Eggert aux Percussions des Claviers de L’Entrée en résistance Théâtre de la Reine Blanche/Conception et interprétation Jean-Pierre Bodin, Alexandrine Brisson ET Christophe Dejours Dans L’Entrée en résistance, l’auteur et comédien Jean-Pierre Bodin, la musicienne et réalisatrice Alexandrine Brisson et le chercheur Christophe Dejours unissent leurs savoirs pour aborder la question de l’émancipation au sein de l’entreprise. Une démarche ambitieuse, qui s’essouffle vite faute d’un langage théâtral solide. En 2012, l’auteur et acteur Jean-Pierre Bodin mettait pour la première fois son théâtre basé sur la collecte de paroles au service d’une réflexion sur le travail. Dans Très nombreux, chacun seul, il abordait le problème de la souffrance dans le milieu de l’entreprise. Avec la musicienne et réalisatrice Alexandrine Brisson, il partait du suicide de Philippe Widdershoven, directeur informatique et délégué syndical de l’usine de porcelaine Deshoulières pour mettre en avant les mécanismes des nouveaux managements. Et leur impact sur les hommes et les femmes contraints de s’y soumettre. Créé au Théâtre de la Reine Blanche, dont la directrice élisabeth Bouchaud partage avec Jean-Pierre Bodin la conviction que la science est une partie de la culture au sens large, L’Entrée en résistance s’inscrit à la suite de ce premier travail. La rencontre d’univers, de langages divers y est plus sensible encore. Le fondateur de la compagnie La Mouline n’est plus seul en scène pour porter la parole des personnes qu’il a rencontrées et interviewées  : avec lui, le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours, spécialiste de la souffrance au travail, et Alexandrine Brisson interrogent la notion de « résistance » au travail. L’Entrée en résistance. Le théâtre contre le management Plutôt que le témoignage d’un employé d’entreprise, c’est celui d’un forestier que les trois co-auteurs de L’Entrée en résistance ont décidé de porter sur scène. Pris en charge par Jean-Pierre Bodin, c’est lui qui ouvre la pièce. Sans incarner tout à fait le travailleur, mais sans non plus réussir à être le simple « passeur de paroles et de pensées » de ce personnage qu’on devine fabriqué à partir de nombreux entretiens. Il se présente, dit le bonheur de travailler parmi les arbres. Et lorsqu’il prononce « liberté », Christophe Dejours surgit de sa cachette pour donner sa définition du mot. Tout au long de la pièce, le chercheur ne cessera d’interrompre le vrai-faux travailleur pour compléter, pour éclairer sa pensée. En plus d’être trop systématique pour créer une véritable rencontre entre les deux mondes représentés sur le plateau, cette construction hiérarchise les paroles de manière problématique. Le comédien-forestier ne commentant jamais les mots du scientifique, ce dernier se retrouve dans une position dominante contraire à la « communauté de sensibilité » dont il exprime le désir dans sa note d’intention. Peu incarnée, sa parole débouche alors sur une leçon de psychologie du travail qui laisse peu de place au théâtre, de même qu’au violon d’Alexandrine Brisson. Sur scène, entrer en résistance ne peut être qu’une affaire de déclaration. Anaïs Heluin Théâtre de la Reine Blanche, 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris. Du 27 novembre 2019 au 5 janvier 2020, du mercredi au samedi à 20h45, dimanche à 16h. Relâches les 25 décembre et 1er janvier. Dates supplémentaires le 29 novembre et le 13 décembre à 14h30. Tél. 01 40 05 06 96. www.reineblanche.com D. R.
Karine Letellier D. R. Poétique adaptation de Ray Bradbury par Laurent Fréchuret. Cyrille Cauvet Lyon. Sylvie Aubelle, Renaud Cholewa, Jérémy Daillet, Gilles Dumoulin et Lara Oyedepo font merveille pour créer un univers quasi magique sur fond duquel se déploie le talent chorégraphique, vocal et interprétatif de Claudine Charreyre (éblouissante) et de Mychel Lecoq, les deux interprètes de cette fable émouvante et poignante. La création numérique interactive de Scenocosme (Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt) offre un imaginatif cadre de jeu aux deux comédiens. Les artistes ainsi réunis offrent un spectacle qui sollicite tous les sens et nourrit l’imagination au cœur d’une sorte de fabrique à rêves. L’adaptation et la mise en scène de Laurent Fréchuret servent avec un impeccable talent le texte original de Ray Julien Cottereau dans aaAHH Bibi. critique aaAHH Bibi Le Lucernaire/Conception et interprétation Julien Cottereau/MES Erwan Daouphars Treize ans après la création du seul en scène Imagine-toi, qui a fait le tour du monde, le clown-comédien Julien Cottereau et le metteur en scène Erwan Daouphars se retrouvent. Résultat  : aaAHH Bibi, un hommage mimé au cirque traditionnel à la technique et au rythme étourdissants. Qu’il soit blanc ou auguste, le clown est une créature qui semble venue de nulle part. Un être en décalage avec son temps, et dont le peu de goût et de talent pour la psycholo- gie rend la généalogie obscure. Impossible à imaginer. Dans Imagine-toi (2007) mis en scène par Erwan Daouphars, qui lui valut de nombreux prix et une longue tournée internationale, Julien Cottereau était de ces clowns sans attaches terrestres connues. Montant sur scène après la chute d’une goutte d’eau et d’étranges bruits de pas, plus quelques sifflements, l’artiste issu du Cirque du Soleil donnait l’impression d’avoir été propulsé là par une force inconnue. Coiffé d’un drôle de chapeau de feutre, il déployait un langage loin des codes habituels de la communication. Un vocabulaire fait de mimes, de bruitages, de mimiques qui dessinaient les contours d’un monde intérieur foisonnant et singulier, peuplé de monstres, de princesses et autres personnages de contes. Treize ans après la création de ce seul en scène qu’il a joué pas moins de 1 300 fois en France et à l’international, Julien Bradbury ; l’ensemble offre un très savoureux moment d’émotion intense dont la portée philosophique, politique et morale relève d’un humanisme bouleversant. Catherine Robert Théâtre de Châtillon, 3 rue Sadi-Carnot, 92320 Châtillon. Le 17 décembre 2019 à 14h30 et 20h30. Tél. 01 55 48 06 90. Durée  : 1h05. À partir de 12 ans. Tournée en 2020-2021 dont  : Le Cratère, scène nationale d’Alès, du 8 au 10 janvier ; Opéra et Comédie de Saint-étienne, du 18 au 22 février ; Théâtre de Villefrance-sur-Saône, les 27 et 28 mars. Cottereau continue dans aaAHH Bibi de développer son univers pétri d’enfance. Mais en imaginant cette fois un pont avec le passé. Retour vers le cirque du passé L’entrée de l’artiste sur le plateau est de nouveau fracassante. Comme rescapé d’une tempête ou de quelque autre catastrophe, le clown de Julien Cottereau n’est plus tout à fait le même que celui du spectacle précédent. Toujours mis en scène par son complice Erwan Daouphars, l’artiste n’a plus ni couvre-chef ni tenue décalée. Mais très vite, il découvre sur le sol un gilet rouge qui ressemble à ceux des dompteurs. « Papi ? », prononce-t-il en enfilant le vêtement plein de poussière. Ce sera là l’un de ses rares mots, qui nous permet de comprendre ce qui se joue dans aaAHH Bibi  : l’arrivée d’« un homme dans un vieux cirque abandonné à la recherche de son grand-père, qui fut à l’époque le clown de cet endroit », lit-on sur la feuille de salle. C’est donc à un voyage dans le passé, celui du cirque traditionnel, que nous invite Bibi, ainsi surnommé par le papi recherché. Usant de ses outils d’expression habituels, Julien Cottereau se lance dans une traversée échevelée de ce cirque fictif d’une époque révolue. Tantôt avec son gros nez rouge à lui, tantôt avec le petit du défunt, l’artiste incarne tour à tour tous les fantômes du cirque, humains et animaux confondus. Il convoque toutes les disciplines de la piste d’hier avec autant de tendresse que de technique, dans un mouvement et des bruitages qui gagneraient toutefois à être un peu moins incessants. Afin de laisser un peu plus de place à l’imaginaire, à la sensibilité. Anaïs Heluin Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des- Champs, 75006 Paris. Du 6 novembre 2019 au 12 janvier 2020. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 17h. Le 11 janvier à 16h30. Tél. 01 45 44 57 34. CÉ NtNE DleoodiAtiane MeriONAL meeRs Pes DE lu& Loqke okriErneirierte ilrLiggr-ICAleffi CRÉATION DÉTAILS DE LARS NORÉN MISE EN SCÈNE FRÉDÉRIC BÉLIER-CAR IA AVEC ISABELLE CARRÉ OPHÉLIA KOLB LAURENT CAFELLUTO ANTONIN MEYER-ESCRIERRÉ ADÈLE BORDE 11111AMJITIari-ILiKi.:roniço.muLoarpeutilz.flyr. l'4rrrIr T44t I_I >1:1 CR IL V/441 PW remri gumevem w 4.10.141 11'764 ; 41 E41 F..13srl VrAÉ 1 ; liffl rekotere imise.Fr'IlrelprÉ CCM T Vien lifflE iill ; FCCA't'UMM Œ lidtrahtF erELICAL el e12 12,15FE 4401.1 4ELL.11 ger'EDE or_OCL1 ÉMERRÉ91511 ! imiL701:11>LECIelilitLtizigleine !. n'Ac. ett-brer2,-.t't'y ut mi » Ét le et nerukitimui Mni GIIi..4 L'- 14111- Talegrgli MA 17AU VE20 DEC RÉSA LE QUA] i CALE DE LA SAVATTE ANGERS 02 41 22 20 20 (tequal-artgers-eu ci) 10.7i cinamiroge.i.au.c.-ebuddiegr.i.e.r..,inIL- mi me fa rai théâtre 23 la terrasse 282 décembre 2019



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