La Terrasse n°282 décembre 2019
La Terrasse n°282 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Chute de la maison, mis en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 18 la terrasse 282 décembre 2019 La Légende du saint buveur Agota Kristof L'Analphabète G) o ci o G) D 171 REPRISE 03/12 - 21/12 men AL SAMEDI 21H LES COUTEAUX DANS LE DOS PIERRE NOTTE Ê VIVANT C'EST DIEFÉREN11- avec MURIEL GAUDIN I CAROLINE MARCHETTI I KIM SCHWARCK I AMANDINE SROUSSI I PAOLA VALENTIN À savourer ! miumANrrÉ Géniale épopée, magistralement interprétée LE PARISIEN Tragique, drôle, désespéré, enchanté PARIS-MATCH là têrràuaé critique L’Enfant Océan En tournée/d’après Jean-Claude Mourlevat/MES Frédéric Sonntag Pour son premier spectacle jeune public, Frédéric Sonntag adapte et met en scène le roman à succès de Jean-Claude Mourlevat aux allures de Petit Poucet moderne. Un road movie dans une forme polyphonique très inventive. Le Petit Poucet a beau être minuscule, il a fait des petits. Dans l’imaginaire de Jean-Claude Mourlevat, auteur jeunesse bien connu des enfants et adolescents, le héros du conte de Perrault est devenu Yann, le dernier d’une fratrie de sept enfants dans la France d’aujourd’hui, une France pauvre où les parents sont durs et l’assistante sociale en alerte. Comme dans Le Petit Poucet, les gamins de l’Enfant Océan s’arrachent du foyer familial après avoir surpris une conversation de leurs parents parlant de les tuer. Commence alors une sorte de road movie pour rejoindre l’Océan sous la conduite du plus petit qui, malgré ses dix ans et sa taille d’un enfant de deux ans, est pourvu d’une intelligence vive à la limite de la prescience. Il n’est pas étonnant que Frédéric Sonntag ait décidé d’adapter le roman de Jean-Claude Mourlevat tant il a trouvé dans ce texte les ingrédients qui constituent sa propre grammaire artistique, comme le voyage initiatique, la fuite ou la polyphonie. S’il n’est pas toujours facile de porter un roman à la scène, il réussit très bien l’exercice précisément grâce à la multiplicité des points de vue opérant dans le roman. Un Petit Poucet représenté par une marionnette Bunraku Parce que l’œuvre est porteuse de théâtralité, Frédéric Sonntag s’en empare avec brio, se jouant de l’abondance des lieux traversés et des personnages rencontrés par la folle équipée enfantine (la boulangère, le routier, l’écrivain, L’Enfant Océan. critique L’Amant l’industriel aux allures d’ogre…). Le metteur en scène déploie pour cela une ingénieuse palette de moyens, dont trois grands panneaux modulables qui servent à figurer des décors aussi différents qu’une maison délabrée ou qu’une appétissante pâtisserie. La vidéo, habilement convoquée, permet également de pousser les murs et de varier les formes, pouvant tout à la fois montrer le chemin suivi par un camion qui recueille les enfants ou donner lieu à l’interview d’un adjudant-chef faisant état de l’avancée de l’enquête. Les cinq comédiens, eux aussi, ne cessent de se transformer pour incarner la vingtaine de personnages qui s’invitent dans l’histoire. Enfin, Frédéric Sonntag a choisi d’incarner Yannpar une marionnette manipulée à vue, de type Bunraku, une jolie façon de traduire la différence et la poésie de ce Petit Poucet singulier, attiré par l’Océan comme un fleuve se jette dans la mer. Pour son premier spectacle jeune public, Frédéric Sonntag réussit haut la main son passage dans la cour des petits ! Isabelle Stibbe Théâtre Paris Villette, 211 av Jean-Jaurès, 75019 Paris. Du 13 décembre 2019 au 05 janvier 2020. Tél. 01 40 03 72 23. À partir de 8 ans. Durée  : 1h. également le 14 janvier 2020 à Le Manège - Scène nationale de Maubeuge (59) ; les 21 et 22 janvier 2020, Le Grand R - Scène nationale, La roche-sur-Yon (85) ; du 28 janvier au 1er février 2020, Le Grand Bleu - Scène conventionné d’Intérêt national Art, Enfance et Jeunesse, Lille (59) ; les 13 et 14 février 2020, Le Tangram - Scène nationale, Évreux (27) ; du 25 au 28 février 2020, Points Communs - Nouvelle Scène nationale de Cergy-Pontois et du Val d’Oise (95) ; du 12 au 15 mars 2020 au Théâtre Am Stram Gram - Centre international de création pour l’enfance et la jeunesse, Genève (Suisse) ; les 19 et 20 mars 2020 au Théâtre de l’Agora - Scène nationale de l’Essonne, Évry (91) ; les 27 et 28 mars 2020, MA Scène nationale - Pays de Montbéliard (25) ; les 06 et 07 avril 2020 au Théâtre Théo Argence, Saint-Priest (69) ; les 05 et 06 mai 2020 à La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68). Spectacle vu au Théâtre- Sénart, Scène nationale, en novembre 2019. Le Guichet Montparnasse/DE Harold Pinter/MES Margaret Clarac ET Alexandre Cattez Margaret Clarac et Alexandre Cattez interprètent et mettent en scène, au Guichet Montparnasse, L’Amant de Harold Pinter. Une création qui, quoiqu’inégale, rend compte de la virtuosité de la comédie écrite, en 1962, par l’auteur britannique lauréat du Prix Nobel de littérature 2005. On imagine aisément la charge subversive qui devait surgir de L’Amant lorsque le metteur en scène britannique Michael Codron créa la pièce de Harold Pinter (1930-2008), à L’Arts Theatre de Londres, en 1963. Deux ans plus tard, au Théâtre Hébertot, Claude Régy fit découvrir au public parisien cette œuvre sur l’intimité d’un couple qui cherche à déjouer les pièges de la quotidienneté en s’inventant une vie d’époux infidèles (œuvre alors présentée aux côtés d’un autre texte bref du dramaturge, La Collection). La distribution réunie pour cette première version française laisse rêveur  : Jean Margaret Clarac et Alexandre Cattez dans L’Amant. Rochefort dans le rôle de Richard, Delphine Seyrig dans celui de Sarah et Bernard Fresson dans celui de John. Aujourd’hui, c’est au Guichet Montparnasse que l’existence de ce ménage fantasque se dévoile, à la faveur d’un spectacle conçu par ses deux principaux protagonistes  : Margaret Clarac et Alexandre Cattez (Sébastien Bourbon et Jean Hautepierre incarnent, en alternance, le personnage secondaire de John). Ménage à quatre Au sein de la petite salle du quatorzième arrondissement, au plus près des spectatrices D. R. éric Miranda
Mirco Magliocca critique Linda Vista en tournée/DE Tracy Letts/MES Dominique Pitoiset Dominique Pitoiset signe une remarquable mise en scène de la comédie hilarante de Tracy Letts que les comédiens, autour du flamboyant Jan Hammenecker, interprètent avec un talent éblouissant. Chapeau bas ! La mode étant au politiquement correct d’un humanisme bon teint, mâtiné de souci écologique et de jeunisme souvent niais, le ton et l’humour de Tracy Letts risquent de faire grincer quelques dents, et surtout celles des cinquantenaires fringants qui se ridiculisent en rechignant à admettre les ravages du temps… Remarquablement traduite par Daniel Loayza, qui prouve encore une fois son talent d’écrivain en trouvant en français mots et expressions qui font mouche, la comédie douce-amère du dramaturge américain est une véritable bombe à fragmentation comique. Elle commence à l’instar du Misanthrope  : Jan Hammenecker en Alceste et Jean-Luc Couchard en Philinte, le premier en récent divorcé atrabilaire et désabusé, le second en sympathique optimiste, dévot non pas tant du genre humain que et spectateurs, les deux comédiens évoluent sur un plateau quasi vide, signant une mise en scène centrée sur le jeu et l’incarnation. Deux fauteuils, deux tables basses, deux verres, une bouteille de whisky…  : c’est donc dans un espace rejetant tout point d’appui naturaliste superflu qu’apparaissent Richard et son épouse Sarah. S’invite dans cette vie de couple bourgeois un troisième personnage – Max, l’amant de Sarah – qui n’est autre que Richard lui-même. Certains après-midis, ce dernier change en effet d’identité pour rejoindre celle qui est censée être sa maîtresse. Cette fiction amoureuse ne joue d’aucune cachotterie  : Richard étant au courant que Sarah a un amant, Sarah que Richard voit de son côté une prostituée. Mais le jour où Richard demande à son épouse de rompre avec Max, cette vie matrimoniale en apparence parfaitement réglée vole en éclats… Plus de cinquante ans après sa création, cette réflexion sur les états possibles du couple et sur les sentiers de traverse pouvant contribuer à sa stabilité, voire à sa survie, n’a rien perdu de sa force. On est saisi par la richesse des diverses mises en abyme auxquelles donnent ici corps Alexandre Cattez et Margaret Clarac. Et si l’interprétation de la comédienne gagnerait parfois à davantage de sobriété, la performance du comédien, d’une profonde justesse, assoit la réussite du projet. Car l’acuité de l’écriture de Pinter est bien là. Toutes les strates de son audace se déploient, élaborant une matrice théâtrale captivante  : entre réalité et imaginaire. Manuel Piolat Soleymat Le Guichet Montparnasse, 15 rue du Maine, 75014 Paris. Du 8 novembre 2019 au 5 janvier 2020. Les vendredis et samedis à 20h30, les dimanches à 16h30. Durée de la représentation  : 1h05. Tél. 01 43 27 88 61. www.guichetmontparnasse.com Jan Hammenecker, brillantissime dans Linda Vista. des accommodements à inventer pour pouvoir le supporter… Les répliques fusent et l’on rit à gorge déployée aux saillies assassines de Wheeler, moderne pourfendeur de la condition humaine, que Jan Hammenecker interprète avec un spleen pince-sans-rire jubilatoire. Castigat ridendo mores Wheeler est seul, il a renoncé à l’artiste qu’il aurait pu être, il nourrit sa carcasse neurasthénique à la bière et à la junk food et il est affublé d’amis bienveillants qui tâchent de l’aider à retrouver l’âme sœur, le sourire, et l’espoir que la cinquantaine n’est pas l’antichambre de la mort. Reste que Wheeler est mauvais élève et que les cours de développement personnel ne lui sont pas d’un très grand secours ! Il serait cruel de dévoiler ses déboires aux spectateurs qui vont les découvrir et auront le plaisir d’assister à ce jeu de massacre désopilant, mais il faut, sans en dévoiler les détails, vanter les qualités de ce spectacle rythmé et haletant, où l’on assiste au calvaire existentiel et amoureux de Wheeler avec un plaisir considérable ! La mise en scène de Dominique Pitoiset s’appuie sur une scénographie aussi inventive qu’astucieuse, dont chaque détail sert très habilement le propos. Lumières, vidéos, bande-son, costumes  : tous les éléments techniques concourent à composer un spectacle sans défaut, qui offre un magnifique écrin aux comédiens qui font montre d’un impeccable sens du jeu. Sandrine Blancke, Nadia Fabrizio, Jean-Michel Balthazar, Selma Alaoui et Daphné Huynh sont les protagonistes de cette comédie moderne qui raille avec un esprit, un mordant et une causticité vivifiants les travers d’une époque et d’une humanité en pleine crise de nerfs et en complète crise de sens. Mieux que les pontifiantes leçons des actuels professeurs de bonheur, cette pièce est un salutaire viatique pour affronter la catastrophe avec humour, seul anxiolytique efficace et seul rempart aux adeptes de la plainte. Catherine Robert Théâtre de Liège du 4 au 8 décembre ; à la MC2, du 11 au 14 décembre ; à l’Espace des Arts, scène nationale de Chalon-sur-Saône, les 19 et 20 décembre ; au Théâtre Dijon Bourgogne, du 8 au 11 janvier ; à la MAC Créteil, les 4 et 5 février et à Anthéa Antipolis Théâtre d’Antibes, les 13 et 14 février 2020. Spectacle vu à Bonlieu, Scène nationale Annecy. Grimez'ilatirales » bu « Jeuércie 6 13.01 -w 14.03 le ÉE FESTIVAL EN YVELINES DANSE/THÉÂTRE/dès 4 ans FRISSONS Magali Mougel/Johanny Bert MUSIQUE/THÉÂTRE/dès 6 ans UN FLOCON DANS MA GORGE Constance Larrieu MUSIQUE/THÉÂTRE/dès 8 ans LE JOUEUR DE FLÛTE Joachim Latarjet CIRQUE/dès 9 ans PORTRAIT CHINOIS Karim Messaoudi THÉÂTRE/dès 9 ans L’ENCYCLOPÉDIE DES SUPER-HÉROS Thomas Quillardet DANSE/THÉÂTRE/dès 13 ans LE PROCÈS DE GOKU Anne Nguyen é Y 28/29/30 JANVIER 2020 JOURNÉES PROFESSIONNELLES AU CDN DE SARTROUVILLE Festival conçu par le Théâtre de Sartrouville et des Yvelines-CDN, en partenariat avec le Conseil départemental des Yvelines, avec l’aide du ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Ile-de-France www.odyssees-yvelines.com 5 IMIRM end théâtre 19 la terrasse 282 décembre 2019



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