La Terrasse n°282 décembre 2019
La Terrasse n°282 décembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de décembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : la Chute de la maison, mis en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 10 la terrasse 282 décembre 2019 17 > 21 DÉC. Cartoucherie 75012 Paris T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr critique Et le cœur fume encore Théâtre Gérard Philipe/DE Alice Carré ET Margaux Eskenazi/MES Margaux Eskenazi Spectacle remarquable sur la Guerre d’Algérie, tentative d’en délivrer enfin des récits, Et le cœur fume encore déploie un théâtre aussi intelligent que joyeux. Que la France ait un problème avec la mémoire de la Guerre d’Algérie ne fait pas débat. On dit souvent qu’une part du racisme anti-maghrébin qui traverse le pays et que certaines difficultés d’intégration des populations d’origine nord-africaine plongent leurs racines dans ce passé mal digéré. Le théâtre explore régulièrement ce terrain avec des bonheurs différents. Des ratés parfois sur ce thème délicat. Et le sentiment ailleurs que le théâtre déploie de manière remarquable la complexité du sujet. Ici, c’est le cas. Et le cœur fume encore, spectacle phare du Off d’Avignon l’été dernier, est maintenant propulsé sur les planches d’un CDN. Il le mérite grandement. Chapeau aux instances programmatrices du TGP d’avoir donné sa chance à 19-20 Maison de la MUSIQUE de nanterre www.maisondelamusique.eu RER A Nanterre-Ville VENDREDI 20 DÉCEMBRE 20H30 SAMEDI 21 DÉCEMBRE 18H MAISON DE LA MUSIQUE 5 ES HURLANTS RAPHAËLLE BOITEL EN COLLABORATION AVEC LA SAISON JEUNE PUBLIC DE NANTERRE ET LE FESTIVAL PARADE(S) MAIRIE DE NANTERRE www.nanterre.fr une « compagnie émergente », comme on dit dans le métier  : à Margaux Eskenazi et Alice Carré de la Compagnie Nova, autrices et conceptrices de ce spectacle, et à la troupe de jeunes comédiens – Armelle Abibou, Loup Balthazar, Malek Lamraoui, Yannick Morzelle, Raphael Naasz, Christophe Ntakabanyura et Eva Rami – dont la diversité se mélange joyeusement au plateau, sans distinction de sexe ni d’origine, pour incarner femmes et hommes d’hier et d’aujourd’hui, d’une rive et de l’autre de la Méditerranée. Au croisement des arts et de la politique Et le cœur fume encore tient son titre d’une phrase de Kateb Yacine, célèbre écrivain LES ENIVRÉS de Ivan Viripaev texte français Tania Moguilevskaia et Gilles Morel mise en scène Clément Poirée e mutedeselne MMN-AP-5E-HURLANTS-187*121.indd 1 07/11/2019 15:18 Et le cœur fume encore. algérien convoqué à plusieurs reprises dans le spectacle. Car ce retour sur la Guerre d’Algérie s’opère à travers le croisement des arts et de la politique. De la représentation d’une pièce de Yacine en 1958 à Bruxelles, on suit les premiers pas d’un membre du FLN. Du procès en 1961 de Jérôme Lindon, non moins célèbre fondateur des Éditions de Minuit, on revisite le débat sur la torture et la désobéissance soulevé par la publication du Déserteur. De La bataille d’Alger, film de l’Italien Pontecorvo, sorti en 1965 et quasiment interdit en France jusqu’en 2004, on retraverse la trahison des espoirs nés de l’indépendance. Ces détours par les arts ne constituent pas des coquetteries. Ils disent le rôle que peuvent jouer les artistes dans l’histoire de nos sociétés, celui que veut jouer cette pièce aujourd’hui. Et ils n’empêchent pas de passer par le football, Zidane et Thuram, la Marseillaise sifflée au Stade de France, pour critique Vents contraires en tournée/texte et mes Jean-René Lemoine Jean-René Lemoine met en scène les déboires amoureux de six représentants d’une époque égarée entre égoïsme et consumérisme. Un spectacle intéressant, servi par des comédiens remarquables. Norah Krief et Anne Alvaro dans Vents contraires. On n’entre pas forcément de plain-pied dans la pièce de Jean-René Lemoine tant les personnages qui l’habitent paraissent de prime abord tristement matérialistes et superficiels. Liste des couturiers chez lesquels on va acheter de quoi se vêtir, litanie des créateurs dont les meubles décorent les appartements, hiatus presque comique entre un capital économique établi et un capital culturel qui emprunte à la variété populaire souvent peu légitime aux yeux des arbitres de l’élégance intellectuelle  : on peine à éprouver une immédiate empathie pour les mésaventures existentielles de ces pauvres petites filles riches dont Claude François susurrait les déboires… Mais il faut penser toutes ces tensions qui agitent la France. En leur cœur, qui fume encore  : le silence, les souffrances qui ne se disent pas, les points de vue qui ne dialoguent pas. Ce couvercle posé sur des paroles multiples, contradictoires, complémentaires, que toute la troupe est allée chercher dans un processus documentaire, qu’elle relaie sur le plateau en une succession de scènes de plus en plus jubilatoires, subtilement disposées, magnifiquement interprétées, qui réveillent l’espoir d’un avenir enfin réconcilié avec le passé. éric Demey Théâtre Gérard Philipe, CDN de Saint-Denis, 59 bd Jules-Guesde, 93200 Saint-Denis. Du 7 au 20 décembre, du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30, relâche le mardi. Tél. 01 48 13 70 00. Durée  : 2h. Spectacle vu au 11 Gilgamesh Belleville à Avignon.compter avec la finesse psychologique de Jean-René Lemoine et surtout le talent et le brio des cinq comédiennes qui incarnent les femmes de cette histoire où deux drames s’entrecroisent diaboliquement, comme dans un vaudeville qui tournerait à la tragédie. L’argent ne fait pas le bonheur, même lorsque le cadre de vie est fait de boiseries élégantes, de moulures et de miroirs, de terrasse en plein ciel et de voyages transatlantiques, mais force est d’admettre que le confort ne sert pas d’airbag au malheur et que son spectacle est toujours poignant. Cent euros pour une fellation et cent mille pour un mari… Dans la société contemporaine où tout se négocie, l’amour résiste et ne La Terrasse, premier média arts vivants en France Loïc Nys Jean-Louis Fernandez
Jean-Pierre Estournet peut s’acheter. Telle est la triste conclusion à laquelle Marthe, Marie et Rodolphe, d’une part, Camille, Leïla et Salomé, d’autre part, sont irrémédiablement conduits, condamnés par leur égoïsme et leur veulerie. La richesse ne dispense ni du malheur ni de la pitié Alors que Marie propose à Marthe de lui vendre Rodolphe, Salomé à la beauté fatale précipite les déboires amoureux de Leïla et Camille et remplace le mariage par un contrat d’affaires où la raison gagne sur les sentiments. Les personnages sont constamment ramenés à leur rapport pathétique à l’argent, mais aussi à leur fragilité, car s’ils sont bourreaux, ils n’en demeurent pas moins victimes et chacun d’eux se débat à sa façon dans un monde impitoyable. Dans une langue précise et ciselée, Jean-René Lemoine peint leur dérive et leurs atermoiements et révèle les ténèbres d’un monde où le fétichisme de la marchandise obnubile les esprits. Anne Alvaro (extraordinairement savoureuse dans les répliques comiques de son rôle), Océane Cairaty, Marie-Laure Crochant, Alex Descas, Norah Krief et Nathalie Richard campent ces urbains, fragiles, féroces et désenchantés (la chanson de Mylène Farmer est en fond musical), pris dans la tourmente des passions et des ruptures  : humains, terriblement, pitoyablement, formidablement humains… Catherine Robert Théâtre National de Strasbourg, du 28 novembre au 7 décembre ; Le Grand T, du 11 au 13 décembre ; Maison de la Culture d’Amiens, les 8 et 9 janvier 2020 ; CDN de Tours — Théâtre Olympia, du 14 au 18 janvier ; MCB° de Bourges, les 22 et 23 janvier ; Théâtre de Nîmes, les 29 et 30 janvier ; Théâtre du Gymnase, du 6 au 8 février 2020. Spectacle vu à la MC93. critique Item T2G – Théâtre de Gennevilliers/mes et scénographie François Tanguy Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, le Théâtre du Radeau présente Item, sa dix-huitième création, au T2G – Théâtre de Gennevilliers. Une succession de mouvements, de mots, d’images, de musiques, de figures, de sons… Une plongée vertigineuse dans la densité de l’instant. Item, dernière création du Théâtre du Radeau. Si l’on considère notre époque comme une ère de l’efficacité et du consensuel, de l’uniformisation, pour ne pas dire de la simplification, les œuvres scéniques que conçoit François Tanguy depuis le début des années 1980, avec sa compagnie Le Théâtre du Radeau, ont quelque chose de profondément anachronique. Quelque chose qui laisse en tête une impression de liberté, de résistance, d’extravagance poétique. Après Soubresaut il y a trois ans, le metteur en scène et scénographe (installé au Mans, dans les locaux d’une ancienne succursale automobile, La Fonderie, devenue lieu de création et de résidences artistiques) poursuit son chemin de singularité avec Item, une suite de tableaux mouvants à travers lesquels nous parviennent des éclats d’intensité et d’inattendu. Des éclats de drôlerie, aussi. Car, peut-être encore davantage que lors des anciennes propositions du Théâtre du Radeau, les panoramas entre musique et littérature de ce nouveau spectacle ne se situent jamais très loin d’une forme de loufoquerie. Trajectoires loufoques et poétiques On est en effet, ici, bien loin de tout esprit de sérieux. Une forme d’absurde, même, affleure tout au long de la représentation. Fidèle à l’univers esthétique qui a fait son succès, François Tanguy installe ses cinq interprètes (Frode Bjørnstad, Laurence Chable, Martine Dupé, Erik Gerken et Vincent Joly) au sein d’un bric-àbrac de tables, de chaises, de banquettes, de meubles, de châssis, de planches et de panneaux de toutes tailles, de tous styles. Cet ensemble d’objets disparates participe aux mouvements perpétuels de composition, décomposition et recomposition qu’impulsent les personnages convoqués devant nous. Sur des airs de Wagner, Dvorak, Ligeti, Bartok, Sibelius, Chostakovitch…, ils disent (en français, en italien et en allemand) des extraits de textes de Walser, Plutarque, Ovide, Dostoïevski, L’Arioste, Goethe, Brecht. Ces êtres baroques sont assis sur des tables, debout sur des meubles, vont d’un point à un autre du plateau en déplaçant et franchissant toutes sortes d’objets. Au plus vivant de ce qu’ils sont, ils dessinent des trajectoires de théâtre instables qui offrent en partage la densité du présent. Manuel Piolat Soleymat T2G – Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national de création contemporaine, 41 av. des Grésillons, 92230 Gennevilliers. Du 6 au 16 décembre 2019. Le lundi, le jeudi et le vendredi à 20h, le samedi à 18h, le dimanche à 16h. Durée de la représentation  : 1h35. Spectacle vu le 19 novembre 2019 à la Fonderie, au Mans. Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Tél. 01 41 32 26 26. www.theatre2gennevilliers.com également du 8 au 16 janvier 2020 au Théâtre national de Strasbourg ; du 11 au 15 février à la MC2 à Grenoble ; les 11 et 12 mars au Centre dramatique national de Besançon ; du 10 au 13 juin au Théâtre Garonne à Toulouse. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr ! Mi A Love Suprême De Xavier Durringer Mise en scène & scénographie Dominique Pitoiset Première en Ile de France Du mercredi 15 au mardi 21 janvier Avec  : Nadia Fabrizio « A Love Suprême » a fait l’objet d’une commande à l’écriture passée par La Compagnie Pitoiset – Dijon à l’auteur Xavier Durringer qui a rédigé ce monologue pour l’actrice Nadia Fabrizio. « A Love Suprême » est publié aux Éditions Théâtrales. le.eQ` L tiebe.'- I « ei.ii_fe 4ie ee Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie DR théâtre 11 la terrasse 282 décembre 2019



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