La Terrasse n°281 novembre 2019
La Terrasse n°281 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 18,1 Mo

  • Dans ce numéro : jazz en oppositions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 44 la terrasse 281 novembre 2019 Angels in America D’après l’oeuvre de Tony Kushner Chorégraphie et mise en scène Philippe Saire 26 NOV — 1 DEC 2019 — PREMIÈRE Arsenic - Centre d’art scénique contemporain Lausanne, CH 6 — 14 DEC 2019 Théâtre des Martyrs Bruxelles, BE 13 — 18 JAN 2020 Comédie de Genève, CH philippesaire.ch propos recueillis/Olivier Dubois Olivier Dubois crée Come out Région/Opéra national de Lorraine/Chor. Olivier Dubois Le chorégraphe de Tragédie se confronte pour la première fois à une partition de SteveReich en créant pour le Ballet de Lorraine. « J’avais depuis longtemps envie de chorégraphier sur du SteveReich. Mon écriture se marie de façon évidente à sa musique. Pour cela j’ai choisi Come out qui est probablement, dans sa sonorité, l’une de ses œuvres les plus modernes. Cette partition ressemble à une épreuve, à un essai, c’est comme si elle n’était pas achevée, et je trouvais intéressant de pousser l’exercice. La pièce dure une heure alors que l’œuvre dure 12 minutes, nous répétons donc des séquences. Lorsque l’on écoute la musique de Reich, faite de déphasages, le sens des mots s’éloigne peu à peu et la sensation prend le relai. Il en est de même pour le geste, le mouvement répété prend une ampleur insoupçonnée, propre à celui qui le perçoit. Come out a été écrite à la suite d’émeutes à Harlem. SteveReich y répète Come out to show them. Ma pièce reste très abstraite mais elle est la description d’un combat. Un combat qui peut être avec soi, avec l’autre, mais sans violence. D’ailleurs les costumes, les décors, tout y est rose, ce qui donne beaucoup de douceur. Cela me permet aussi de faire un clin d’œil à Gertrude Stein  : « Rose is a rose is a rose is a rose ». Une partition redoutable Les vingt-trois danseurs du Ballet de Lorraine seront sur scène. Ils sont confrontés avec cette pièce à d’importantes turbulences physiques, mentales, la partition est redoutable. Ils n’ont pas critique Put your heart under your feet… and walk ! MC93/Chor. Steven Cohen Une cérémonie sublime qui rend hommage à son âme sœur et amour de sa vie, Elu, son compagnon disparu en 2017. « Quand j’ai dit à Nomsa, ma nounou mère adoptive de 96 ans qu’Elu était mort, et lui ai demandé comme je pourrais continuer sans lui, elle a dit « mets ton cœur sous tes pieds… et marche ! » » Steven Cohen, artiste plasticien, chorégraphe et performeur, « juif pédé et Africain blanc » né en Afrique du Sud, a consacré sa vie avec le danseur Elu à interroger avec insolence la question raciale ainsi que le regard porté sur l’homosexualité. À eux deux, leurs œuvres percutantes ont suscité un nouveau regard sur leur pays et mis en avant les contradictions de la société post-apartheid. Cette création de Steven Cohen témoigne du destin du survivant, et de l’obligation de garder en vie son cœur brisé, comme une vibration de l’âme prête à se rompre. Ainsi, Elu ne sera pas poussière retournant à la poussière, mais incorporé dans le corps de Steven Cohen. Rituels funèbres Travail de la passion, put your heart under your feet… and walk ! est une œuvre à la croisée des arts, comme l’a été leur vie en commun, mélangeant les arts visuels, la performance, la vidéo, le son, la danse et le ballet, leitmotiv de la vie d’Elu. Steven Cohen déploie une sorte de marche funèbre dans une scénographie stupéfiante de beauté et de terreur. Perché sur ses talons hallucinants, ses échasses, ses chaussures délirantes, tandis que des chaussons de pointes gisent au sol, il laisse entrevoir une réflexion profonde sur la mort, bien sûr, mais plus encore – via la métaphore animale – sur la Shoah. Sur l’apartheid. Sur les massacres commis par l’homme. Cette création laisse surgir des formes Put your heart under your feet… and walk ! de Steven Cohen. sans nom, à la lisière du sacré et de l’inconnu, elle est la revanche du latent sur l’implacable de la perte. Elle est aussi célébration de leur vie partagée « tantôt avec le vent en poupe, tantôt en rampant sur le « boulevard des rêves brisés », notre chanson fétiche. » Elle suspend, pour un temps, l’irrévocable de la disparition. Agnès Izrine MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint- Denis, 1 bd Lénine, 93000 Bobigny. Jeudi 28 novembre 19h30, vendredi 29 novembre 20h30. Tél. 01 41 60 72 72. Durée  : 50 minutes. Spectacle vu le 24 juin 2017 au Festival Montpellier Danse. Olivier Dubois. une seconde de libre, ne bougent pas du plateau, personne ne fait exactement la même chose. Ils sont donc très ensemble mais très seuls. Je suis extrêmement content du travail que l’on a fait ensemble, j’y ai pris un plaisir immense. Cela a été très fluide, très agréable, c’est vraiment une belle équipe. Avec un engagement partagé, beaucoup d’écoute, de rires, on peut aller très loin. » Propos recueillis par Delphine Baffour Opéra national de Lorraine, place Stanislas, 54000 Nancy. Du 13 au 15 novembre à 20h, le 17 novembre à 15h. Tél. 03 83 85 69 08. Durée  : 1h. Pierre Planchenault Frédéric Iovino
Diego Andrès Moscoso Joëlle Bacchetta Le concours (Re)connaissance devient PODIUM Pour sa 10 e édition, le concours (Re)connaissance fait peau neuve. Organisé main dans la main par Le Pacifique, CDCN de Grenoble, et La Rampe, Scène conventionnée danse et musiques d’Echirolles, avec le soutien du CCN2 - Grenoble, il vise aujourd’hui à promouvoir les œuvres lauréates grâce à une meilleure diffusion, devient biennal et se pare d’un nouveau nom  : PODIUM. 12 extraits des spectacles sélectionnés par 17 partenaires sont à découvrir lors de deux soirées festives. entretien/Marie Roche et Joséfa Gallardo Un rendez-vous pour les professionnels et les publics Marie Roche, directrice du Pacifique, et Joséfa Gallardo, directrice de La Rampe, œuvrent avec PODIUM pour la diffusion de la danse. Quels sont les constats qui vous ont amenées à faire évoluer le concours (Re)connaissance dix ans après sa création ? Marie Roche  : Lorsque je suis arrivée en 2016 à la direction du Pacifique et que je me suis attelée à la question de ce concours, les discussions que j’ai eues avec les différents partenaires ainsi que ce que nous savons tous du secteur chorégraphique et de sa difficulté à être présent dans les scènes pluridisciplinaires, m’ont conduite une nouvelle priorité  : nous recentrons son objectif sur les problématiques de diffusion. Cela a été notre point de départ, notre leitmotiv. Quels changements avez-vous alors opérés ? M. R.  : Après avoir posé ce premier jalon d’objectifs, nous avons reconstruit notre Lost in Ballets Russes/Lara Barsacq Lara Barsacq n’est autre que l’arrière-petite nièce de l’un des plus proches collaborateurs des Ballets Russes, le peintre Léon Bakst. Puisant dans son héritage familial, elle signe Lost in Ballets Russes, une pièce autobiographique qui, entre sensibilité et dérision, revisite l’histoire de la danse. Delphine Baffour Le 29 novembre à 19h. Initial Anomaly/Louise Baduel et Leslie Mannès Un algorithme capable de créer leurs futurs spectacles posthumes ! C’est ce qu’inventent dans Initial Anomaly Louise Baduel et Leslie Mannès. Les deux chorégraphes belges achèvent ainsi, avec un humour et une inventivité qui font mouche, leur trilogie consacrée aux nouvelles technologies. Delphine Baffour Le 29 novembre à 19h. Bohumil Kostohryz Mark Maborough The Ephemeral life of an Octopus/Léa Tirabasso Avoir un corps, quelle chose étrange. Tirée de l’expérience de Léa Tirabasso, qui a surmonté un cancer, cette pièce nous confronte à l’absurdité de notre enveloppe corporelle. Sur le plateau, les interprètes s’adonnent à des gestes grotesques, tentative vaine de s’exorciser d’une matérialité encombrante. Belinda Mathieu Le 29 novembre à 19h. Cellule/Nach Vous avez peut-être rencontré le krump dans le film Rise de David LaChapelle ou dans Les Indes Galantes de Clément Cogitore. Nach fait partie des danseuses et danseurs qui défendent en France ce style cousin du hip-hop aux allures violentes, né dans un ghetto de Los Angeles. Elle fait vivre cet héritage sur un plateau, à travers un solo intime, introspectif et sensible. Belinda Mathieu Le 29 novembre à 19h. réseau de partenaires dans l’optique d’aller vers des scènes pluridisciplinaires, réparties sur tout le territoire national et même les pays limitrophes puisque nous avons inclus la Belgique et la Suisse. Pour offrir aux œuvres lauréates des tournées conséquentes, nous avons invité ces 17 partenaires à trouver des voisins s’engageant à les diffuser. Il était également important que tous soient d’accord sur ce que nous voulions défendre, à savoir des œuvres « Nous recentrons l’objectif du concours sur les problématiques de diffusion. » Marie Roche Rémy Héritier Edu Perez Percée Persée/Rémy Héritier En deux ans de création, Percée Persée s’est nourri de la mémoire de plusieurs lieux – hangars, jardins, déserts – pour aboutir à une version jouée sur un plateau. Deux partitions s’y superposent, l’une, musicale et envoûtante, dévoilée par éric Yvelin, et l’autre chorégraphique, simple et touchante, imaginée par Rémy Héritier. Belinda Mathieu Le 29 novembre à 19h. iU an Mi/Lali Ayguadé Comment gérer des émotions intenses en société ? En situant sa pièce dans un huis clos lors d’un enterrement, la chorégraphe catalane Lali Ayguadé explore un point de frottement entre privé et public. Dans cette création, quatre interprètes déploient une intensité émotionnelle qui fait trembler les corps du rire à l’angoisse ou la sidération. Belinda Mathieu Le 29 novembre à 19h. Pascale Cholette Alessia Bombaci Thomas Sillard Marie Roche. Joséfa Gallardo. qui avaient un très fort potentiel mais n’avaient pas suffisamment été vues par des professionnels ou rencontré leur public. Nous avons ainsi sélectionné ensemble 12 pièces, dont 6 sont des solos ou duos et 6 autres des pièces de groupe de trois à six interprètes. À l’issue des représentations d’extraits de ces œuvres à La Rampe, 3 prix seront décernés  : un prix soloduo et un prix pièce de groupe remis par un jury professionnel mais aussi un prix public. Joséfa Gallardo  : Le fait que les œuvres lauréates soient sélectionnées par des professionnels mais aussi par le public rassure certains partenaires, notamment ceux qui ne diffusent habituellement pas de danse. Une autre nouveauté est que les lauréats tourneront avec l’intégralité de leur pièce, se par- Délices/Aina Alegre Qui n’a jamais souhaité fusionner avec son amante ou son amant ? Dans un spectacle qui relève autant de l’érotisme que de la physique, l’Espagnole Aina Alegre nous parle du désir ardent de deux corps de ne faire qu’un. Sur scène, deux êtres se heurtent à une impossible fusion, dure confrontation à l’altérité. Belinda Mathieu Le 30 novembre à 17h30. Suite/Julie Coutant et éric Fessenmeyer Proximité et gémellité sont les maîtres-mots du duo signé par le tandem Coutant- Fessenmeyer. C’est presque la même vibration, la même respiration qui les unit en face-à-face. Le mouvement se transmet de l’un à l’autre comme une vague, caresse l’espace et ploie les corps dans des élans d’une intense beauté. Nathalie Yokel Le 30 novembre à 17h30. Konstantin Lipatov Thomas DunnD. R. Fin et suite/Simon Tanguy La nouvelle pièce de Simon Tanguy est à l’image du bonhomme  : décomplexée, libre. Son goût pour la palabre se retrouve dans ce quatuor, dont les mots s’échappent en un flux qui fait s’enchaîner les sujets. La danse est à l’avenant, généreuse et engagée, sous couvert d’une fin du monde qui prend possession des corps. Nathalie Yokel Le 30 novembre à 17h30. Danza Permanente/DD Dorvillier et Zeena Parkins L’association entre DD Dorvillier et Zeena Parkins est sans conteste un doublé gagnant tant il réunit tous les ingrédients pour un dialogue danse-musique exceptionnel. Entre les deux américaines, le courant passe pour oser une transcription littérale de Beethoven en une partition dansée, dans une écoute remarquable entre les corps. Nathalie Yokel Le 30 novembre à 17h30. PODIUM. La Rampe - La Ponatière, 15 av. du 8 mai 1945, 38130 échirolles. Tél. 04 76 400 505. www.larampe-echirolles.fr tageant les représentations prévues chez les partenaires. Auparavant étaient organisées des soirées où étaient présentées des extraits des trois œuvres gagnantes. En quoi est-ce important d’ouvrir ce concours au public ? J. G.  : Nous avons constaté lors des précédentes éditions un réel engouement. Il est important de conserver cette dynamique de fête de la danse. J’ajouterais que vient à cet événement un public qui ne fréquente pas habituellement les spectacles chorégraphiques. Cela permet de lui faire découvrir diverses esthétiques et le rapport de la danse au monde, à différentes thématiques essentielles sur les questions humaines. M. R.  : Si nous souhaitons que PODIUM soit un rendez-vous important pour la profession, nous le voyons aussi comme un moment festif et populaire, bien à l’inverse d’un entre-soi. Propos recueillis par Delphine Baffour « PODIUM est un moment festif et populaire, bien à l’inverse d’un entre-soi. » Joséfa Gallardo Aris Alexandre Castaing Eldfell/Benjamin Coyle Voici un solo profondément ancré dans l’expérience intime de son créateur. C’est son ascension du volcan islandais Eldfell que Benjamin Coyle a voulu partager, non seulement en récoltant les sons de son voyage, mais aussi en se remémorant les sensations physiques de cette terre en vibration. Comme une hypnotique traversée. Nathalie Yokel Le 30 novembre à 17h30. NaKaMa/Saief Remmide Issu des danses urbaines, Saief Remmide est un explorateur qui dépasse ses propres cadres. Avec ce quatuor, il part à la recherche du sens de la communauté, quand les individus se rassemblent pour mieux s’entraider. NaKaMa s’entend comme un espace de partage et compose un monde où les différences s’avèrent fondatrices. Nathalie Yokel Le 30 novembre à 17h30. danse 45 la terrasse 281 novembre 2019



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