La Terrasse n°281 novembre 2019
La Terrasse n°281 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 18,1 Mo

  • Dans ce numéro : jazz en oppositions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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danse 42 la terrasse 281 novembre 2019 Territoire(s) de la Danse Un accompagnement d’artistes en création et sur le territoire... Filipe Lourenço Sandrine Lescourant Résidence de création Gouâl Résidence de création Acoustique 8 novembre 7 décembre Homo Furens Acoustique nocturne danse #33 nocturne danse #34 13 mars Pulse(s) nocturne danse #35 Sylvère Lamotte Résidence de création Tout ce fracas 3 décembre Ruines saison 19-20 Dominique Brun Sylvain Prunenec Résidence de création e 48 parallèle Sylvain Prunenec Voilà la femme Dominique Brun 21 mars Les Perles ne font pas le collier er 1, 2 et 3 avril Le poids des choses & Pierre et le Loup... jusqu’à Avignon ! Rendez-vous en juillet 2020 pour La belle scène saint-denis Tremblay-en-France Scène conventionnée d’intérêt national Art et création > danse 24, bd de l’Hôtel-de-Ville 93 290 Tremblay-en-France www.theatrelouisaragon.fr - 01 49 63 70 58 duofluo - design graphique — crédits photos  : Fous de danse Rennes - Musée de la danse/Valérie Frossard/Jules Leguay/Mélanie Pottier danse critique Merce Cunningham par le Ballet de l’Opéra de Lyon Théâtre du Châtelet/Chor. Merce Cunningham À l’occasion de l’hommage rendu pour le centenaire de sa naissance à Merce Cunningham, le Ballet de l’Opéra de Lyon présente un fabuleux programme. Exchange de Merce Cunningham par le Ballet de l’Opéra de Lyon. Malicieusement sous-titrée « Danse lyrique » en 1958, les danseurs de Summerspace évoluent comme en suspension, « comme les oiseaux se posent parfois puis reprennent leur vol ». Et effectivement, on devine dans les bras qui s’arrondissent au-dessus d’une jambe en équilibre le geste de quelque échassier, ou dans ces trajectoires qui survolent le plateau quelque battement d’aile oublié. Quant au lyrisme, bien sûr, la musique (Ixion) pour deux pianos de Morton Feldman donne un tour très atmosphérique à la composition de Cunningham, d’une difficulté hallucinante pour les danseurs. Ce qui donne à ceux du Ballet de l’Opéra de Lyon l’occasion de montrer leur maîtrise technique et leur hypervirtuosité. En voyant cette pièce solaire, dont la toile de fond et les costumes pointillistes et fauves de Robert Rauschenberg floutent les danseurs, on réalise soudain à quel point la danse Cunningham a inventé une danse plus légère que l’air. L’ensemble est miraculeux, merveilleux comme une tapisserie finement entrelacée. Une danse plus légère que l’air Exchange, créée vingt ans plus tard, est une pièce d’une complexité inouïe, découpée en trois parties, mais « qui n’a pas de fin ». Jasper Johns crée un fond de scène et des costumes aux couleurs « polluées » pour rappeler l’ambiance urbaine de New York, comme la critique Cunningham et Gutierrez par le CCN – Ballet de Lorraine MC93/Chor. Merce Cunningham/Miguel Gutierrez Un programme « révolutionnaire » célébrant les cinquante ans qui mènent de la création du BTC, tout premier Centre chorégraphique national créé en 1968, au CCN Ballet de Lorraine d’aujourd’hui. 1968  : RainForest. Une œuvre qui porte en elle quelque chose d’incontrôlable et de libératoire, comme les révoltes soixantehuitardes, comme les oreillers en nylar (un métal hyper léger) d’Andy Warhol gonflés à l’hélium, comme la chorégraphie qui se moque de toutes les conventions possibles, y compris vestimentaires (Warhol voulait que les danseurs soient nus, Cunningham les fera danser en académiques chair tailladés au rasoir signés Jasper Johns). Avec aussi la présence de la nature et de l’animalité, thèmes de l’époque que l’on retrouve dans la partition de David Tudor et dans la danse. Conçu comme musique de Tudor évoque les bruits d’une ville industrieuse. Si la chorégraphie d’Exchange est certainement moins difficile pour les danseurs que Summerspace, elle est beaucoup plus complexe dans ses principes de composition. C’est peut-être l’une des pièces où le principe d’Einstein revu par Cunningham (il n’y a pas de point fixe dans l’espace !) est le plus perceptible et le plus jouissif. La musique de David Tudor (Weatherings) évoque toutes sortes d’éléments dans une rythmique pressée implacable ; le décor, les lumières et les costumes de Jasper Johns, qui font de la suie une symphonie de gris et d’une toile presque uniforme un ciel plombé à heure changeante, sont tout à fait passionnants. On aura le plaisir de découvrir Scénario à Paris. Agnès Izrine Théâtre du Châtelet, 1 place du Châtelet, 75001 Paris. Du 14 au 20 novembre. Du mardu au samedi 20h, dimanche 15h, relâche lundi. Tél. 01 53 45 17 17. Durée  : 2h20 avec entractes. Avec le Théâtre de la Ville, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Vu le 26 juin 2019 au Festival Montpellier Danse. Également aux Points Communs, Nouvelle scène nationale Cergy-Pontoise/Val d’Oise, les 13 et 14 décembre dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Michel Cavalca
Laurent Philippe Cela nous concerne tous (This concerns all of us) de Miguel Gutierrez un point culminant de l’avant-garde en 1968, il demeure une sorte de ballet atmosphérique et merveilleux, dans son croisement entre Pop art et retour à la nature. Surtout, le ballet développe une structure unique, où chacun des six danseurs déploie sa propre chorégraphie dans une sorte d’animalité personnelle, tandis qu’ils se succèdent sur le plateau sans jamais y revenir, sauf un qui revient à la fin. À l’époque de la création, c’était Cunningham lui-même. L’Anarchie vaincra 2017  : Cela nous concerne tous (This concerns all of us) de Miguel Gutierrez reprend, d’une certaine façon, l’anarchie apparente de Rain- Forest. Tout commence avec des costumes aberrants que les vingt-et-un danseurs du Ballet de Lorraine enfilent dans un décor minimal rose pétant. Se déshabillant, se rhabillant, dénudant à chaque fois un peu plus leurs corps, l’ensemble fait penser à une parade grotesque et volontairement provocante qui donne à la pièce une allure subversive, revendiquée par le chorégraphe. Mais pour qui veut regarder, les principes mêmes de RainForest sont remis à l’œuvre par Gutierrez  : chaque À la lisière du concert, du catwalk ou du ring de boxe, Soulèvement s’empare du théâtre comme d’une tribune. Tatiana Julien Soulèvement 22 – 27 novembre 2019 danseur a sa partition, et plutôt qu’une sorte de ronde où l’un remplace l’autre, le chorégraphe met peu à peu en place une sorte de grand serpent de mer ondulant de tissus colorés, formant une sorte de vague continue à l’assaut du plateau. Tout finit avec des ballons de fête foraine représentant toutes sortes d’animaux réels ou imaginaires, gonflés à l’hélium, bel hommage à Warhol, qui se répandent dans la salle enfumée, dans un chahut et une communion impressionnante. Du jamais vu dans la salle à l’italienne de l’Opéra de Nancy ! Agnès Izrine MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint- Denis, 1 bd Lénine, 93000 Bobigny. Du 28 au 30 novembre, jeudi et venderdi 20h, samedi 16h. Tél. 01 41 60 72 72. Durée  : 1h05. Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Spectacle vu le 19 novembre 2017 à l’Opéra national de Nancy. Également au Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale les 3 et 4 décembre ; à la Maison de la Musique de Nanterre, Scène conventionnée, le 15 décembre. 1 place du Trocadéro, Paris www.theatre-chaillot.fr Agathe Poupeney Entre théâtre et danse, Faustin Linyekula dans les chemins de l’histoire du Congo. Congo Théâtre des Abbesses/Chor. Faustin Linyekula C’est le pays de Faustin Linyekula. Pourtant, il lui fallait les mots d’un autre pour exprimer ses maux. C’est chose faite avec l’auteur éric Vuillard, pour une création mêlant danse, théâtre et chant. Faustin Linyekula n’a jamais minimisé son engagement pour son pays. Même invité sur les plus grandes scènes internationales pour ses créations, des commandes ou en tant que pédagogue, il est revenu habiter au Congo pour fonder les Studios Kabako. De Kinshasa à Kinsagani, il œuvre pour apporter un soutien aux artistes de son pays, dans une proximité avec les communautés. Son ancrage dans le paysage politique et culturel de son pays va de pair avec la recherche et la réhabilitation d’une histoire méconnue puisque selon lui et d’après le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, « 25% des enfants qui finissent leur enseignement secondaire en Belgique ne savent même pas que le Congo a été une colonie belge ». Comment en parler aujourd’hui ? Le colonialisme passé au crible Le fait est d’autant plus douloureux que l’on parle, pendant la période léopoldienne, de millions de morts, d’exploitation des ressources du pays, de violences, de mutilations… Linyekula reprend par exemple à son compte la description faite par éric Vuillard dans Congo des atrocités des « mains coupées », qui résonnent aussi dans les chants du peuple Mongo portés par la comédienne Pasco Losanganya. Plus encore, le processus de création l’a mené à s’immerger dans la forêt d’hévéas, celle-là même qui a justifié l’exploitation et la traite des Noirs. Il y a ramené des états de corps, des sons, et une base pour faire s’entremêler les partitions chorégraphiques, textuelles et chantées du spectacle. Au cœur des secrets enfouis de l’histoire coloniale, il sonde les profondeurs de son corps, des souvenirs d’enfance, et l’infamie, tout en conservant les marques d’humour du texte de Vuillard. Nathalie Yokel Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. Du 20 au 23 novembre à 20h. Tél. 01 42 74 22 77. Photo  : Hervé Goluza danse 43 la terrasse 281 novembre 2019



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