La Terrasse n°281 novembre 2019
La Terrasse n°281 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 18,1 Mo

  • Dans ce numéro : jazz en oppositions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 34 la terrasse 281 novembre 2019 CRÉATION La Vie de Galilée De Bertolt Brecht Mise en scène Claudia Stavisky 15 nov.– 1er déc. 2019 EN TOURNÉE anthea, Théâtre d’Antibes 17–18 déc. 2019 La Comédie de Saint-Étienne, Centre dramatique national 8–10 janv. 2020 Maison de la Culture de Nevers-Agglomération 17 janv. 2020 Le Quai, Centre dramatique national Angers-Pays de la Loire 23–24 janv. 2020 THEATREDESCELESTINS.COM CORRIDA - Illustration  : Hélène Builly - Licences  : 1119751/1119752/1119753 critique Le roi se meurt suisse/TKM- Théâtre Kléber-Méleau, Lausanne/d’Eugène Ionesco/MES Cédric Dorier Cédric Dorier livre une mise en scène tonique et ludique de la pièce de Ionesco, en restituant sa portée métaphysique, métaphorique et même prophétique. On dit qu’avec le soleil, seule la mort ne se regarde pas en face. C’est pourtant ce que fait Ionesco en 1962 au sortir d’une grave maladie, exorcisant son angoisse – en deux semaines d’écriture seulement – dans une pièce qui tient autant de farce que de la métaphysique. Dès le début, les cartes sont abattues  : le roi va mourir. Et après tout n’a-t-il pas assez vécu ce vieux monarque égoïste et égocentré, tyrannique et jouisseur, qui pendant quatre cents ans de règne, a davantage pensé à lui et au courtterme plutôt qu’à son royaume, désormais dans un état de délabrement avancé ? Mais est-on jamais prêt à envisager concrètement l’idée de sa propre mort ? « Il n’avait qu’à y penser plus tôt », assène cruellement la reine Marguerite, plutôt que de remettre chaque jour au lendemain son apprivoisement de la mort. Car le lendemain finit par être l’aujourd’hui, contraignant le roi à passer en moins de deux heures par tous les états d’esprit  : déni, révolte, découragement, régression, nostalgie, résignation. Si la pièce de Ionesco paraît atemporelle, c’est bien sûr qu’elle nous renvoie à notre propre et universelle finitude. Une éphéméréité de la condition humaine que Cédric Dorier symbolise par un ingénieux décor circulaire pouvant représenter à la fois le royaume, la couronne, une planète, la roue du temps ou pourquoi pas une machine infernale. Mais en mêlant dans le même temps, comme le fait le texte, concrétude des situations et portée métaphysique, comique et tragique, le metteur en scène réussit à souligner particulièrement deux autres aspects de la pièce  : celle de la métaphore de la représentation théâtrale, avec une fin qui envoie ostensiblement valser le quatrième mur ; et surtout celle, quasi prophétique chez Le Jour où Siméon sortira Théâtre-Studio/DE Kani Kabwé Ogney/MES Jean Felhyt Kimbirima Georgette Kouatila, Adolphine Milandou, Alphonsine Moundélé et Raissa Nzitoukoulou mettent leur charisme et leur talent au service de l’ode à l’espoir et à la résistance écrite par Kani Kabwé Ogney et mise en scène par Jean Felhyt Kimbirima. Comme Winnie réclamant Mandela, comme les mères de la place de Mai, comme Lucie exigeant la libération de Raymond Aubrac, les quatre femmes qui attendent la sortie de Siméon ont un courage, un bagout et un toupet extraordinaires. Loin des figures du stabat mater dolorosa, elles ne sont ni dolentes ni exténuées par le désespoir, mais sont droites et debout face à l’adversité et à l’injustice. Siméon est la figure emblématique de l’opposition au régime. Un décret d’amnistie vient d’être publié et on se retrouve devant la prison pour accueillir les prisonniers enfin libérés. La mère et l’épouse de Siméon sont là, bientôt rejointes par sa tante et une voisine. La presse est dépêchée sur place, le monde entier retient son souffle, mais Siméon tarde… Quatre Antigone pour un absent Siméon est comme l’astre absent autour duquel gravitent ces quatre planètes. Il est celui dont on parle, que l’on évoque avec émotion et tendresse et dont le souvenir alimente le brasier de la résistance. La pièce G. Kouatila, A. Milandou, A. Moundélé et R. Nzitoukoulou dans Le Jour où Siméon sortira. « est également un hommage, aussi et avant tout, à la force des femmes africaines face aux violences politiques et leurs conséquences sur les familles, la communauté et le pays ». Son auteur, fin connaisseur de l’histoire de la violence politique en Afrique, réussit à mêler le particulier et l’universel. Les quatre femmes dont il imagine le dialogue sont comme Antigone  : l’âge et la culture importent peu lorsqu’il s’agit de se dresser contre l’iniquité du pouvoir qui croit que pour tuer la liberté, il suffit de supprimer ceux qui la revendiquent… Les femmes qui l’attendent attestent par leur présence, leur patience et leur force, que Siméon, libre ou enfermé, mort ou vif, retrouvé ou perdu, est un cri inextinguible que rien ni personne ne peut faire taire, d’autant que le théâtre le répète à son tour au monde… Catherine Robert Théâtre-Studio, 16 rue Marcelin-Berthelot, 94140 Alfortville. Du 8 au 23 novembre 2019. Du mercredi au samedi à 20h30. Tél. 01 43 76 86 56. Kinzénguelé
Philippe Lebruman Alan Humerose Le roi se meurt. Ionesco, de notre possible disparition collective, par faute de notre désinvolture à l’égard des ressources de notre planète. Un univers ludique et pop qui stimule le jeu des comédiens Même si le sujet est âpre, le metteur en scène s’appuie sur un univers particulièrement ludique et pop  : les maquillages sont outrés, les costumes colorés, les perruques extravagantes, accentuant le mélange de solennel et de dérisoire de la pièce. Cédric Dorier va jusqu’à insérer une scène parodiant une émilie Rousset et Maya Boquet enquêtent sur le procès de Bobigny. critique comédie musicale (clin d’œil à Jacques Demy) ou à pousser la musique vers le cinéma (clin d’œil à Michael Nyman), ce qui a pour effet de tonifier le rythme et de stimuler le jeu des comédiens, tous très bons. Denis Lavalou compose un roi odieux d’abord, puis terriblement touchant et humain, comme dans la scène où il prend soudain conscience de la valeur de la vie, au point de trouver magnifiques les plus humbles actions de la Bonne – incarnée avec drôlerie par Agathe Hauser. Implacables, la Reine Marguerite (Anne-Catherine Savoy) et le Médecin (Raphaël Vachoux) semblent échappés de l’Orphée de Cocteau, guidant le roi vers la mort tandis que la fraîche Nathalie Goussaud (la Reine Marie) lui espère encore une vie aussi rose bonbon que ses habits, et que le garde (Florian Sappey) multiplie les pitreries. À la fin de la pièce, Cédric Dorier exploite au maximum la pirouette proposée par Ionesco en faisant disparaître le roi. Meurtil ou se dissout-il dans un univers parallèle ? Bien sûr, on n’aura pas la réponse… du moins de notre vivant ! Isabelle Stibbe Théâtre Kléber-Méleau, chemin de l’Usine à Gaz 9. 1020 Renens-Malley (Suisse). Du 29 octobre au 17 novembre 2019. Le mardi, mercredi, jeudi et samedi à 19h, le vendredi à 20h, le dimanche à 17h30. Tél. +41 21 625 84 29. Durée  : 1h45. Reconstitution  : le procès de Bobigny POC d’Alfortville ET Théâtre de Rungis, puis tournée/conception et écriture émilie Rousset ET Maya Boquet/mes et dispositif émilie Rousset Grâce à un dispositif scénique ingénieux, émilie Rousset et Maya Boquet invitent le public à recomposer la mémoire du procès de Bobigny et à réfléchir à ses enjeux toujours actuels. Une proposition intéressante. Contrairement à ce que laisse supposer son titre, ce spectacle n’est pas une reconstitution réaliste du procès de Bobigny, tenu le 8 novembre 1972 et qui fit avancer la cause des femmes. Il questionne plutôt la résonnance de ses enjeux politiques et éthiques que les débats sur la procréation assistée par la médecine ou par un tiers font ressurgir aujourd’hui. La scène et la salle ne font plus qu’une. Douze cercles de chaises accueillent les spectateurs et les comédiens qui interprètent, à tour de rôle, les témoins ou les commentateurs de ce procès. Véronique Alain, Antonia Buresi, Rodolphe Congé, Suzanne Dubois, Emmanuelle Lafon, Thomas Gonzalez, Anne Lenglet, Aurélia Petit, Gianfranco Poddighe, Lamya Régragui, Anne Steffens, Nanténé Traoré, Manuel Vallade, Margot Viala et Jean- Luc Vincent parlent pendant quinze minutes. Casques d’écoute sur les oreilles, les spectateurs s’approprient les témoignages. Chacun peut choisir l’ordre des différents moments qui composeront son propre spectacle, et personne n’a le temps de tout entendre, même s’il reste pendant toute la durée de la représentation. Le dispositif imaginé par émilie Rousset et Maya Boquet a le mérite de l’originalité. Continuons le combat ! La navigation entre les îlots de paroles est amusante, on devise en allant de l’un à l’autre, au hasard des rencontres que l’assise aléatoire a permises. Des entretiens préalables ont été menés avec douze témoins. En temps réel et grâce à une oreillette, les comédiens écoutent la bande-son de ces entretiens et les restituent au soupir, à l’hésitation et au silence près. Il arrive parfois que ce dispositif dépasse un peu les interprètes et tous ne font pas preuve de la même force de conviction. Un peu décevante aussi est la sortie autorisée en cours de spectacle, qui dépeuple la salle au fur et à mesure de la soirée. Mais on peut parier que ces défauts seront corrigés au fur et à mesure des représentations  : le projet est ambitieux et il est évident que son organisation supposera quelques ajustements progressifs. Reste que le thème est passionnant, que le combat des femmes pour la libre disposition de leur corps n’est pas terminé et que les débats à ce propos sont loin d’être apaisés. Pour toutes ces raisons, ce spectacle mérite d’être vu, ne serait-ce que pour s’armer en pensée contre l’hydre patriarcale toujours menaçante. Catherine Robert En novembre  : le 16 à 20h30 au POC d’Alfortville, 82 rue Marcel-Bourdarias, Parvis des Arts, 94140 Alfortville. Tél. 01 58 73 29 18. Le 30 à 16h au Théâtre de Rungis, 1 place du Général-de-Gaulle, 94150 Rungis. Tél. 01 45 60 79 00. Tournée jusqu’en juin 2020. Durée  : 3h maximum. Spectacle vu au T2G à Gennevilliers. Jean-Louis Fernandez NOVEMBRE − DÉCEMBRE Architecture Pascal Rambert 15 24 nov Vents contraires Jean-René Lemoine 28 nov 7 déc Un ennemi du peuple Henrik Ibsen Jean-François Sivadier 11 20 déc 03 88 24 88 24 tns.fr #tns1920 théâtre 35 la terrasse 281 novembre 2019



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