La Terrasse n°281 novembre 2019
La Terrasse n°281 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 18,1 Mo

  • Dans ce numéro : jazz en oppositions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 24 la terrasse 281 novembre 2019 Critique Une chambre en Inde reprise/15 dernières/la cartoucherie/Création collective du Théâtre du Soleil dirigée par Ariane Mnouchkine Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil reviennent avec leur voyage épique hors normes. Le Théâtre du Soleil conjugue dans cette vaste fresque une exigence artistique minutieuse, une plongée dans la violence actuelle, et une verve comique railleuse. Le périple se déploie dans une chambre, en Inde, alors que Cornélia, affolée, doit assumer la direction d’une troupe de théâtre depuis que son directeur, terrassé par l’horreur des attentats de Paris, a fui. Mais que peut donc le théâtre lorsque le monde va si mal ? Miroir d’une impuissance ? Cri de colère ? Exhortation à lutter ? La metteure en scène (formidable Hélène Cinque !) se désole de n’avoir aucune vision pour le spectacle, mais lorsqu’elle s’endort, ses cauchemars entretien/Benoît Lambert How deep is your usage de l’art ? (nature morte) Théâtre Dijon Bourgogne/conception Antoine Franchet, Benoît Lambert, Jean-Charles Massera Quelque dix ans après We are l’Europe et Que faire ? (Le Retour), Benoît Lambert, Jean-Charles Massera et Antoine Franchet font à nouveau théâtre ensemble en explorant les usages de l’art. Une approche poétique nourrie d’idées, récits et télescopages passionnants. Comment cette nouvelle collaboration s’estelle mise en place ? Benoît Lambert  : Il nous a fallu du temps avant de refaire quelque chose ensemble ! Après le succès de We are la France, We are l’Europe et Que faire ? (Le Retour), qui posaient un diagnostic sur l’état des imaginaires politiques, nous avons voulu reprendre un travail en commun et aborder la question de l’art. Nous ne nous intéressons pas au travail de l’art mais à ses usages, de façon très ouverte, non préméditée. L’art, ça fait quoi ? Qu’est-ce qui subsiste suite à telle ou telle expérience esthétique ? On émet toujours des hypothèses, sans savoir vraiment si elles se vérifient. À l’écoute de l’imaginaire, la question s’oppose d’emblée à l’idée d’un « bon usage » de l’art. Nous nous sommes notamment inspirés des travaux de Michel de Certeau (1925-1986), qui a étudié les pratiques et usages culturels et, contrairement à Michel Foucault, développe l’idée d’une possibilité de « braconnage culturel » contre les normes inculquées et les chemins balisés. Qu’est-ce qui structure le spectacle ? B.L.  : C’est la proposition scénographique d’Antoine Franchet, avec lequel je travaille depuis 25 ans et que j’admire beaucoup, qui a constitué la première pierre de l’édifice. Avec l’écrivain Jean-Charles Massera, nous fabriquons le spectacle à partir de l’exploration des matériaux, éléments et objets divers qui composent l’espace et évoluent. Anne Cuisenier, Guillaume Hincky et Elisabeth Hölzle, comédiens complices de longue date, sont accompagnés par quatre jeunes acteurs issus de l’école de Bordeaux Aquitaine et en contrat de professionnalisation au Théâtre Dijon Bourgogne – Marion Cadeau, Léopold Faurisson, Shanee Krön et Alexandre Liberati. La confrontation générationnelle révèle divers rapports à l’art  : aujourd’hui des modes de narration toujours plus marqués par l’immédiateté, etc. Ensemble, nous construisons un puzzle aux multiples pièces. De quelle manière avez-vous procédé ? B.L.  : Nous avons voulu éviter la piste documentaire, si répandue dans le théâtre d’aujourd’hui, How deep is your usage de l’art ? (nature morte). « Nous tentons un pari poétique à l’inverse d’une logique documentaire. » et que nous avons, à notre manière singulière, déjà pratiquée. Le parti pris théâtral fondé sur divers descriptifs d’expériences a ici rapidement rencontré ses limites. Nous n’avons donc pas pris appui sur la certification du réel afin de privilégier une autre hypothèse  : nous tentons un pari poétique à l’inverse d’une logique documentaire. Notre spectacle, facétieux plutôt que solennel, s’élève contre la mélancolie, souhaite faire naître un rire qui ne soit pas un ricanement. Je crois beaucoup à la puissance du rire. Parvenons-nous à faire rire sans être dans la parodie et le ricanement ? À faire émerger la sensation d’une transcendance dans un monde définitivement matérialiste ? À créer un accueil de la fragilité qui ne soit pas une façon de dire que nous sommes tous des nuls, ce qui constitue l’un des gimmicks de l’art contemporain ? Ces questions définissent les enjeux du spectacle. Propos recueillis par Agnès Santi Théâtre Dijon Bourgogne, parvis Saint- Jean, rue Danton, 21000 Dijon. Du 6 au 20 novembre à 20h sauf le vendredi à 18h30 et le samedi à 17h. Relâche le dimanche et lundi 11 novembre. Tél. 03 80 68 47 47. entrent par les fenêtres. à travers ces songes, le théâtre convoque le monde, interroge et vilipende des figures actuelles. « Mock the villains ! »  : c’est Shakespeare lui-même qui le recommande. Au premier rang desquels les terroristes islamistes de Daesh, les talibans kamikazes, les dignitaires saoudiens, les adeptes du mariage forcé… Beauté du geste et rire accusateur à travers des thèmes écologiques comme le réchauffement climatique, le spectacle dénonce aussi la cupidité humaine sans limites. Parallèlement au combat contre l’asservisse- Vincent Arbelet
STEREOPTIK Michèle Laurent ment, l’art affirme au fil des scènes la beauté de ses formes ancestrales. Le Théâtre du Soleil a initié la conception de ce spectacle lors d’un voyage en Inde, qui lui a permis de travailler le Theru Koothu, théâtre traditionnel tamoul. L’incursion splendide et l’élan énergique de ce théâtre sont un émerveillement. Ariane Mnouchkine et les siens font théâtre de cette quête de spectacle éperdue avec une époustouflante maestria, qui nous emporte dans un voyage attentif à notre commune humanité. Agnès Santi critique Stellaire Théâtre de la Ville – Espace Cardin/DE Romain Bermond ET Jean-Baptiste Maillet Compagnie associée au Théâtre de la Ville, STEREOPTIK crée une nouvelle fantasmagorie visuelle et musicale à l’Espace Cardin. Une invitation à la rêverie, pour tous publics à partir de 9 ans, sur les chemins de l’astrophysique et de l’amour. Il y a onze ans, Romain Bermond et Jean- Baptiste Maillet concevaient leur première création à quatre mains. C’était en 2008. Le plasticien et le musicien signaient Stereoptik, spectacle ayant donné son nom à la compagnie fondée dans la foulée de cette proposition qui élaborait – à vue et en direct – un film (projeté sur écran géant) fait de compositions graphiques et de panoramas musicaux. Ont suivi, travaillant sur les mêmes procédés, Congés payés en 2010, Les Costumes trop grands en 2013 et Dark Circus en 2015. Aujourd’hui, les deux artistes nous entrainent dans un nouveau voyage imaginaire. Un voyage nourri de réel et de fantaisie qui nous immerge dans une très belle atmosphère de rêverie poétique. à la croisée de questionnements sur l’histoire de l’univers et de créations visuelles retraçant la rencontre amoureuse entre une astrophysicienne et un dessinateur, Stellaire nous transporte, avec peu de mots, dans un ailleurs aux images envoûtantes. Stellaire, de la Compagnie STEREOPTIK. De l’infiniment grand à l’infiniment humain Installés de chaque côté de l’écran sur lequel apparaissent ces images, Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet font merveille. Jouant d’instruments de musique, manipulant de nombreux accessoires, exécutant des séries de dessins, les deux complices œuvrent sans une minute de répit. Stellaire naît sous nos yeux à travers deux dimensions  : l’une concrète, l’autre onirique. On peut ainsi voir des étoiles, des planètes, des galaxies, toutes sortes de perspectives liées à ce que l’on sait (ou croit savoir) du cosmos… On peut entendre des interrogations sur l’origine de l’univers, sur la réalité de mondes parallèles, sur le destin de notre système solaire et de l’humanité… On peut suivre les différentes étapes d’une relation amoureuse dont les lignes narratives tiennent davantage de l’évocation que de l’explication. Allant de l’infiniment grand à l’infiniment humain, le spectacle de la Compagnie STEREOPTIK fait se rencontrer les lois du « grand tout » et les conjonctures de l’existence. Il met en évidence les perspectives troublantes, voire remuantes, du hasard et de la nécessité. Manuel Piolat Soleymat Théâtre de la Ville – Espace Cardin, 1 av. Gabriel, 75008 Paris. Du 29 octobre au 9 novembre 2019. Du mardi au dimanche à 14h30, 15h ou 19h30, relâche les lundis et le vendredi 1er novembre. Durée de la représentation  : 1h. Tél. 01 42 74 22 77. www.theatredelaville-paris.com également du 29 novembre au 1er décembre 2019 au Festival AmStramGram à Genève ; du 12 au 20 décembre au CDN de Tours ; le 14 janvier 2020 à la Scène nationale d’Aubusson ; du 23 au 25 janvier à la Scène nationale de Cherbourg ; du 7 au 11 février à la Maison de la Culture de Bourges ; le 16 février au Théâtre des 4 Saisons à Gradignan ; le 18 février à L’Agora à Boulazac ; du 12 au 14 mars au Quai à Angers ; les 23 et 24 mars au Tandem - Scène nationale de Douai ; du 31 mars au 5 avril à La Criée à Marseille ; le 21 avril à L’Agora - Scène nationale d’Evry et de l’Essonne ; du 18 au 20 mai au Parvis - Scène nationale de Tarbes Pyrénées. Une chambre en Inde. Théâtre du Soleil, la Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Reprise exceptionnelle 15 dernières représentations. En alternance avec Notre Petit Mahabharata, du 27 novembre au 31 décembre 2019. Une chambre en Inde  : du 27 novembre au 8 décembre, puis du 18 au 22 décembre. Notre Petit Mahabharata  : du 13 au 15 décembre puis du 27 au 31décembre. Durée du spectacle, 3h30 + entracte de 15 minutes. Jean-François Auguste Cie For Happy People & Co 10 – 11 décembre 20h30 Théâtre 95 Cergy 01 34 20 14 14 points-communs.com Théâtre Création 2019 théâtre 25 la terrasse 281 novembre 2019



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