La Terrasse n°281 novembre 2019
La Terrasse n°281 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 18,1 Mo

  • Dans ce numéro : jazz en oppositions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 10 la terrasse 281 novembre 2019 19 › 22 NOV CRÉATION THÉÂTRE ESTELLE SAVASTA/CIE HIPPOLYTE A MAL AU CŒUR À MON BEL AMOUR 28 & 29 NOV CRÉATION DANSE ANNE NGUYEN/CIE PAR TERRE THEATRE71.COM SCÈNE NATIONALE MALAKOFF M MALAKOFF-PLATEAU DE VANVES 01 55 48 91 00 PÉRIPHÉRIQUE PORTE BRANCION – PARKING INDIGO RUE GABRIEL CRIÉ critique Points de non-retour [Quais de Seine] La Colline – Théâtre national/texte et mes Alexandra Badea Un an après Thiaroye*, Alexandra Badea présente Quais de Seine, deuxième volet de sa trilogie Points de non-retour. Une nouvelle occasion d’éclairer les récits manquants de l’histoire de notre pays, en explorant les notions d’origines, d’oubli, d’effacement. Le 17 octobre 1961, à Paris, la police française, sur ordre du préfet de police Maurice Papon, réprime dans le sang une manifestation d’Algériens organisée par le FLN. C’est cet événement meurtrier (les chiffres, quoiqu’incertains, laissent entrevoir plusieurs dizaines de morts et une centaine de disparus) qu’Alexandra Badera a placé au cœur de Points de non-retour [Quais de Seine]**, spectacle créé l’été dernier lors du Festival d’Avignon et aujourd’hui présenté au Théâtre de la Colline. Nous retrouvons Nora (Sophie Verbeeck), journaliste qui enquêtait sur le massacre de Thiaroye dans le précédent opus de la trilogie imaginée par l’autrice et metteuse en scène d’origine roumaine. Aux côtés de ce personnage, au sein d’une scénographie de Velica Panduru qui scinde le plateau en deux parties (à l’avant de la scène, se jouent les circonstances du présent ; à l’arrière Comme souvent, les spectacles de Rimini Protokoll ressemblent à un voyage. Un voyage qui n’a rien d’un itinéraire balisé à l’avance, mais qui construit au contraire un chemin buissonnier entre un passé qui se réinvente et un futur incertain. Entre souvenirs, chagrins, désirs et espoirs se dessine ainsi une cartographie subjective, fragmentée, assumée, qui invite justement à penser l’inconnu de l’avenir. Si l’Histoire de Cuba se résume en Europe à quelques faits marquants, à l’avènement d’une Révolution souvent réduite à une image fantasmée, le théâtre la rend ici infiniment proche, palpable. Beaucoup plus complexe aussi, car dépeinte au creux de la vie même, et au cœur de plusieurs familles. Comme le souligne l’un des procritique Granma. Les Trombones de La Havane La Commune/conception et mes Stefan Kaegi de la scène, derrière un tulle, surgissent celles du passé), nous faisons la connaissance d’un thérapeute (Kader Lassina Touré), ainsi que d’un couple (Irène/Madalina Constantin et Younes/Amine Adjina) qui tente de vivre son amour malgré les bouleversements qu’entraîne la Guerre d’Algérie. Le massacre parisien du 17 octobre 1961 Comme c’était le cas la saison dernière dans Thiaroye, la nouvelle création d’Alexandra Badea nous plonge dans un croisement de récits mêlant grande et petites histoires pour éclairer les implications des désordres politiques sur les existences intimes. Une fois encore, ce théâtre réparateur, qui vient mettre en lumière des événements maintenus dans l’obscurité, nous touche. Même s’il Stefan Kaegi et quatre formidables protagonistes cubains nous emmènent dans un périple passionnant. En évoquant leur relation à leurs grands-parents, ils interrogent la réalité et l’héritage pluriels de la Révolution. tagonistes, « l’Histoire est faite par ceux qui la vivent. » Et par ceux qui la racontent… La Révolution cubaine, qui a représenté en Occident une idéale surface de projections, est ici habilement mise en perspective  : des petits-enfants de la Révolution évoquent leurs grands-parents qui ont connu la prise de pouvoir par Castro et les siens. Le travail est né à La Havane en collaboration avec le Laboratorio Escénico de Experimentación Social (LEES) et les dramaturges Aljoscha Begrich et Yohayna Hernandez. Après avoir écouté les récits d’une soixantaine de jeunes, quatre ont été choisis. Ils ont entre 20 et 35 ans. Daniel, mathématicien et traducteur, petit-fils d’un proche camarade de Fidel Castro, Faustino Perez, qui organisa le transport Vents contraires MC93 et TNS - Théâtre National de Strasbourg/texte et mes Jean-René Lemoine Jean-René Lemoine met en scène les chassés-croisés amoureux de six représentants d’une époque entre perte de repères et quête de sens, dans une pièce qui oscille du mélodrame à la comédie. Cent euros pour une fellation et cent mille pour un mari… Boiseries, moulures et miroirs, terrasse en plein ciel et voyages transatlantiques  : l’argent ne fait pas le bonheur. Dans la société contemporaine où tout se négocie, l’amour résiste et ne peut s’acheter. Telle est la triste conclusion à laquelle Marthe, Marie et Rodolphe, d’une part, Camille, Leïla et Salomé, d’autre part, sont irrémédiablement conduits, condamnés par leur égoïsme et leur veulerie. Se vendre ou s’appartenir ? Alors que Marie propose à Marthe de lui vendre Rodolphe, Salomé à la beauté fatale précipite les déboires amoureux de Leïla et Camille. Les deux drames s’entrecroisent diaboliquement,
Christophe Raynaud de Lage Bill Bachmann/Alamy Stock Photo Marco Samson Points de non-retour [Quais de Seine], d’Alexandra Badea. apparait moins ample, ici, que dans le premier volet de Points de non-retour (la trilogie s’achèvera par un spectacle sur l’histoire de l’Ile de la Réunion et l’affaire des « Enfants de la Creuse »). La faute à quelques concessions faites au mélodramatique, à certaines perspectives de jeu et d’écriture qui auraient gagné à davantage de complexité. Bien sûr, c’est dommage. Mais ces faiblesses finissent peu à peu par s’estomper pour laisser rayonner la lucidité d’un projet de théâtre authentique et valeureux. Un projet qui nous place face à d’utiles considérations sur la construction des êtres et des vies, sur la violence du silence et l’oppression de l’oubli. Manuel Piolat Soleymat * Critique dans La Terrasse n°269, octobre 2018. ** Texte publié chez L’Arche éditeur. Granma. Les Trombones de La Havane. de révolutionnaires, dont Fidel Castro et Che Guevara, du Mexique jusqu’à Cuba en 1956 sur le célèbre navire Granma ; Milagro, historienne fraîchement diplômée de l’université et petitefille d’une ouvrière communiste ; Christián, informaticien et petit-fils d’un militaire qui s’est battu pendant l’invasion de la baie des Cochons puis en Angola ; Diana, musicienne tromboniste et petite-fille d’un chanteur célèbre. Que reste-t-il des idéaux de la Révolution ? La création de la pièce lui a donné l’occasion d’enseigner le trombone à ses trois camarades de jeu en suivant le modèle cubain des « micro-brigades »  : une personne possédant Jean-René Lemoine.comme dans un vaudeville. Les personnages sont constamment ramenés à leur rapport pathétique à l’argent, mais aussi à leur fragilité, car s’ils sont bourreaux, ils n’en demeurent pas moins victimes et chacun d’eux se débat à sa façon dans un monde qu’il juge impitoyable. La Colline – Théâtre national, 15 rue Malte- Brun, 75020 Paris. Petit Théâtre. Du 7 novembre au 1er décembre 2019. Du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h, le dimanche à 16h. Durée de la représentation  : 1h45. Spectacle vu lors de sa création au Festival d’Avignon, au Théâtre Benoît XII, le 12 juillet 2019. Tél. 01 44 62 52 52. www.colline.fr également du 4 au 7 décembre 2019 à la Comédie de Béthune ; les 22 et 23 janvier 2020 au Lieu Unique à Nantes ; le 3 février au Gallia Théâtre à Saintes ; le 6 février à la Scène nationale d’Aubusson ; du 12 au 14 mai à la Comédie de Saint-Étienne ; le 1er juin au Sibiu International Theatre Festival en Roumanie. un savoir-faire le transmet aux autres. D’une génération à l’autre, d’une famille à l’autre, se révèlent des perspectives contradictoires, entre construction et déconstruction. Avec de multiples interactions, entre passé et présent, entre des regards contrastés sur la Révolution, de la fierté patriotique à une certaine amertume en passant par mille nuances. C’est aussi la construction théâtrale même qui laisse voir avec un talent sûr les frictions et frottements, en confrontant dans une scénographie épurée et efficace la parole actuelle à de multiples images d’archives. Alors que les gauches françaises et européennes traversent une grave crise, alors que l’utopie révolutionnaire est parfois brandie de manière stérile, la pièce propose l’écoute de la complexité de la vie, et en filigrane invite à la solidarité. Les événements passés rejoignent les interrogations du présent, révèlent les manques et les deuils. Ainsi se dessine un théâtre documentaire profondément humain qui ne se conforme pas à un schéma préétabli, mais qui au contraire ouvre le sens, pose question. D’une manière lucide, belle et touchante. Agnès Santi La Commune, Centre dramatique national, 2 rue édouard-Poisson, 93300 Aubervilliers. Du 4 au 8 décembre 2019, mercredi et jeudi à 19h30, vendredi à 20h30, samedi à 18h, dimanche à 16h. Durée  : 2h. Spectacle vu au Festival d’Avignon 2019. Dans une langue précise, élégante et ciselée, Jean-René Lemoine peint leur dérive et leurs atermoiements et révèle le tragique d’un monde où le fétichisme de la marchandise obnubile les esprits. Anne Alvaro, Océane Cairaty, Marie-Laure Crochant, Alex Descas, Norah Krief et Nathalie Richard campent ces urbains, fragiles, féroces et désenchantés, pris dans la tourmente des passions et des ruptures. Catherine Robert MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint- Denis, 9 bd Lénine, 93000 Bobigny. Du 13 au 24 novembre 2019. Du mardi au jeudi à 19h30 sauf le 21 à 14h30 ; vendredi à 20h30 ; samedi à 18h30 ; dimanche à 15h30. Tél. 01 41 60 72 72. TNS - Théâtre National de Strasbourg, 1 av. de la Marseillaise, 67000 Strasbourg. Du 29 novembre au 7 décembre 2019. Tél. 03 88 24 88 24. Tournée jusqu’en février 2020. Linda Vista De Tracy Letts Texte français Daniel Loayza Mise en scène et scénographie Dominique Pitoiset Première en Île-de-France Coproduction Du jeudi 14 novembre au dimanche 1er décembre Avec  : Jan Hammenecker, Sandrine Blancke, Jean-Luc Couchard, Nadia Fabrizio, Jean-Michel Balthazar, Selma Alaoui, Daphné Huynh Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie Larry Sultan, Empty Pool théâtre 11 la terrasse 281 novembre 2019



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