La Terrasse n°279 septembre 2019
La Terrasse n°279 septembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de septembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : opéra à 4 mains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 48 la terrasse 279 septembre 2019 Centre Pompidou/chor. Jerôme Bel Jérôme Bel. « J’ai décidé, pour des raisons écologiques, que ma compagnie ne prendrait plus l’avion. » Entretien/Jerôme Bel Isadora Duncan Après avoir été captivé par l’autobiographie de la fameuse danseuse et chorégraphe Isadora Duncan, Jérôme Bel décide de rouvrir sa série de portraits dansés et lui consacre son nouvel opus. Le Centre Pompidou en accueille la première française. Après ceux de Véronique Doisneau, Pichet Klunchun et Cédric Andrieux, vous dressez le portrait d’Isadora Duncan. Qu’est-ce qui a motivé ce nouveau volet ? Jérôme Bel  : J’ai lu un peu par hasard l’autobiographie d’Isadora Duncan, intitulée Ma vie, et je me suis dit qu’avec ce texte je pourrais faire un portrait de la fameuse danseuse et chorégraphe, similaire à ceux que j’avais fait des danseuses et danseurs que vous mentionnez. Jasper Kettner Pourquoi avez-vous choisi Elisabeth Schwartz pour l’incarner sur scène ? J. B.  : J’ai effectué des recherches auprès d’historiens de la danse afin d’identifier la danseuse duncanienne française la plus sérieuse, qui s’est avérée être Elisabeth Schwartz. Elle a 69 ans et travaille sur Duncan depuis 40 ans environ. Autant dire qu’elle connaît son sujet ! De plus, ayant décidé que ma compagnie ne prendrait plus l’avion pour des raisons écologiques, j’ai eu l’idée de proposer une autre version de cette pièce mais cette fois-ci avec la danseuse états-unienne Catherine Gallant. J’ai répété simultanément les deux versions de cet Isadora Duncan à Paris et à New York, via Skype. La version européenne avec Elisabeth Schwartz, qui pourra être jouée en trois langues (français, anglais et italien), tournera en Europe en train. La version new-yorkaise, elle, tournera dans le Nord-Est des Etats-Unis et au Canada. Si l’expérience est concluante, il est prévu de produire d’autres versions à travers le monde dans les villes où se trouveraient d’autres danseuses et danseurs duncaniens. Pour l’élaboration des précédents volets, vous posiez des questions aux interprètes dont vous faisiez le portrait. Comment avezvous procédé pour ce nouvel opus ? J. B.  : J’ai simplement cherché à mettre en relation certains événements relatés par Isadora Duncan dans ses mémoires et les danses du répertoire que je trouvais les plus pertinentes. La parole sera-t-elle aussi présente que dans vos précédents portraits ? J. B.  : Oui absolument, ces portraits, quelle que soit la forme qu’ils prennent, sont basés sur l’alternance du discursif et du performatif. Propos recueillis par Delphine Baffour Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, 75004 Paris. Les 3 et 4 octobre à 20h30, le 5 octobre à 17h. Tél. 01 44 78 12 33. Durée  : 1h. Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. également du 28 au 30 novembre à La Commune, Aubervilliers. Soirée Sugimoto/Forsythe Palais Garnier/Chor. Hiroshi Sugimoto/William Forsythe Une nouvelle création d’Hiroshi Sugimoto et Blake Works I de William Forsythe ouvrent la saison du Ballet de l’Opéra de Paris. Photographe, plasticien, architecte, metteur en scène de pièces de Nô, le japonais Hiroshi Sugimoto a récemment œuvré pour la 3è Scène, plateforme audiovisuelle de l’Opéra de Paris, en réalisant un film qui dévoile Aurélie Dupont dansant une version revisitée d’Ekstasis de Martha Graham, à l’aube, entre ciel et mer, sur le toit de sa fondation d’art Odawara. Il ouvre en ce mois de septembre la saison du Ballet de l’Opéra et règle la mise en scène, la scénographie, les lumières et la vidéo d’une nouvelle création  : At The Hawk’s Well. Ecrit d’après la pièce éponyme en un acte du dramaturge et poète irlandais William Butler Yeats, fasciné par le théâtre Nô, cet opus conte l’histoire de Cuchulain, un jeune prince celte qui arrive sur une île isolée au-delà des mers à la recherche d’un puits, d’où jaillit l’eau d’immortalité. « Près du puits asséché il rencontre un être surnaturel, la femme épervier, qui en est la gardienne, et un vieillard qui attend depuis cinquante ans que la source jaillisse de nouveau. » Reprise du plébiscité Blake Works I Pour cette nouvelle aventure, Hiroshi Sugimoto s’associe à Alessio Silvestrin pour la chorégraphie, Ryoji Ikeda pour la musique originale et Rick Owens pour les costumes. De Ryoji Ikeda à William Forsythe il n’y a qu’un danse Claudia Catarzi, en duo aux Plateaux. La Terrasse, premier média arts vivants en France Les Plateaux, plus que jamais internationaux La Briqueterie/temps fort Au fil des années, Les Plateaux de la Briqueterie sont devenus le rendez-vous professionnel et public incontournable de la rentrée. Et pour cause, ils programment des artistes venus d’ailleurs, synonymes de découvertes. Ils viennent de tous les horizons, font fi des frontières physiques comme de celles de leur art. De fructueux croisements apparaissent notamment chez l’Espagnole Núria Guiu Sagarra dans sa relation à la culture numérique, qu’elle interroge avec un regard anthropologique. Son solo Likes dissèque les vidéos que diffuse YouTube, en forme de tutoriels de danse ou de cours de yoga, et analyse les regards que les réseaux sociaux posent sur ces pratiques corporelles. La performeuse brésilienne Ana Pi revient quant à elle aux Plateaux pour sa nouvelle création spécifiquement pensée pour l’espace muséal. O Banquete est une variation autour du Banquet de Platon, que la chorégraphe revisite avec sa tante, en intégrant la préparation d’une recette de son pays. Il y est question d’amour, toujours, mais surtout de transmission et d’héritage, en dialogue avec le Brésil d’aujourd’hui. Croisements et rencontres Le projet de Choy Ka Fai, artiste singapourien basé à Berlin, traduit également à quel point Ludmila Pagliero et Germain Louvet dans Blake Works I de William Forsythe. AnnRay - OnP le monde peut être un terrain de jeu pour la création. Celui-ci a imaginé le projet Softmachine pour mieux aller à la rencontre de celles et ceux qui font la danse en Asie. Parcourant 13 villes de 5 pays, il a rassemblé un impressionnant corpus d’entretiens, et donné naissance à 4 performances « documentaires » portées par 4 interprètes différents. Deux sont montrées ici, avec Surjit Nongmeikapam et Rianto. La tchèque Tereza Hradilková, déjà repérée dans le réseau Aerowaves, a reçu pour Don’t stop la mention spéciale de la Czech Dance Platform  : elle s’empare de la figure du chef d’orchestre pour mieux parler de passion, de raison et de contrôle. Autre chorégraphe reconnue par le réseau et désormais soutenue en France par la Manufacture à Bordeaux  : Claudia Catarzi, dans un duo qui se joue de la gravité. Nathalie Yokel La Briqueterie, 17 rue Robert-Degert, 94407 Vitry-sur-Seine. Du 19 au 21 septembre 2019. Tél. 01 46 86 17 61. pas, si l’on se souvient de la fascinante et monumentale installation Nowhere and Everywhere at the Same Time Nº2, qu’ils réglèrent ensemble dans la Grande Halle de La Villette en 2017. C’est le chorégraphe américain que l’on retrouve en seconde partie de soirée avec le fort acclamé Blake Works I, œuvre imaginée à l’été 2016 alors qu’il retrouvait les danseurs de l’Opéra de Paris pour une création après vingt ans d’absence. De solos en duos, de quatuors en septuors, vingt et un interprètes y déconstruisent le vocabulaire de l’école française avec fougue, brio et un plaisir évident, se déhanchant sur sept chansons solaires de l’album The Colour in Anything du londonien James Blake. Delphine Baffour Palais Garnier, place de l’Opéra, 75009 Paris. Les 22, 29 septembre et le 13 octobre à 14h30, les 23, 25, 27 septembre et les 2, 3, 5, 7, 8, 10, 11, 14, 15 octobre à 19h30, le 13 octobre à 20h. Avant-première jeunes le 19 septembre à 19h30. Soirée moins de 40 ans le 30 septembre à 19h30. Tél. 08 92 89 90 90. Durée  : 1h30. Luca Hosseini
Merce Cunningham, visionnaire et révolutionnaire Festival d’Automne à Paris/portrait Pour célébrer les cent ans de la naissance de Merce Cunningham, le 16 avril 1919, le Festival d’Automne lui consacre un portrait et pose quelques jalons d’une histoire de plus d’un demi-siècle. Avant Cunningham, la danse, même moderne, s’inscrivait dans un cadre traditionnel. Après lui, toutes ces notions auront explosé, voire seront devenues totalement obsolètes. C’est la rencontre avec John Cage en 1937 qui va infléchir son destin. Ce dernier a déjà mis au point une théorie qui fait de la musique une matière sonore, soumise quant à la composition à des variantes aléatoires calquées sur le Yi-Ching chinois. Merce Cunningham voit immédiatement la transposition chorégraphique qu’il peut en faire, échafaudant une pensée imprévue dans la danse. Son préalable fondamental est pourtant d’une simplicité élémentaire  : la danse doit se suffire à elle-même. En contraignant la danse à faire sa révolution copernicienne, Cunningham lui impose une rupture radicale avec tout ce qui précédait. Rupture radicale Finis les livrets et la narrativité, finies les épousailles de la danse et de la musique, finie la frontalité obligée des théâtres à l’Italienne et les règles de perspective antique, finis l’expressivité de l’interprète et les pas codifiés, finis les ensembles gravitant autour d’un seul soliste. La danse est devenue une démocratie « où les individus et leurs environnements sont à la fois indépendants et reliés les uns aux autres ». Avec lui, chaque danseur 75 danseurs, acrobates, musiciens, comédiens… Compagnie DCA Philippe Decouflé Compagnie et artiste associés 27 septembre – 6 octobre 2019 est un centre, chacun a sa danse et chaque spectateur voit un spectacle différent. Il est aussi le premier à comprendre que l’image, par le cinéma et la vidéo, est en train d’établir sa supériorité dans la saisie visuelle du mouvement. Il saura les utiliser à ses fins chorégraphiques, tout comme l’informatique pour laquelle il a créé Lifeforms, puis DanceForms, des logiciels de chorégraphie assistée par ordinateur. Une danse démocratique Allant toujours plus loin dans la rencontre avec les nouvelles technologies, il commence à travailler en 1997 sur la « motion capture » qui aboutit à la création de Biped, en 1999, première pièce à mêler danseurs réels et virtuels sur scène. Il invente ensuite l’une des premières web séries avec ses Mondays with Merce où on le voyait enseigner et répéter avec sa compagnie. Cage et Cunningham inventent aussi la matrice des hapennings, au cours d’une performance effectuée en 1944 au Black Mountain College et, en 1964, l’Event, un spectacle unique créé pour un lieu de spectacle fortuit, sorte de spectacle « portatif » composé d’extraits qui peut s’étendre à tout lieu inadapté à la danse. L’exploitation de ces principes sera à l’origine de la postmodern dance comme des performances. Au cours de de sa longue carrière, Merce 1 place du Trocadéro, Paris www.theatre-chaillot.fr Peter Hujar Merce Cunningham. Cunningham a créé une œuvre originale de 180 pièces et 700 events, jusqu’à sa dernière pièce, Nearly 90, finalisée quelques mois avant son décès en juillet 2009. Agnès Izrine – Théâtre de la Ville-Espace Cardin, les 5 et 6 octobre. – fabrique John Cage & Merce Cunningham CND, 28 et 29 sept. – Week-end Merce Cunningham Théâtre de la Ville – Espace Cardin, 5 et 6 oct. – Merce Cunningham/Petter Jacobsson/Thomas Caley/Ballet de Lorraine Sounddance/Fabrications/For Four Walls, Chaillot -Théâtre national de la Danse avec le Théâtre de la Ville, 12 au 16 oct. Théâtre du Beauvaisis, 3 et 4 déc. Théâtre Paul éluard, Bezons, 12 déc. – Merce Cunningham/The Royal Ballet/Opera Ballet Vlaanderen/Ballet de l’Opéra national de Paris Cross Currents/Pond Way/Walkaround Time, Chaillot -Théâtre national de la Danse avec le Théâtre de la Ville, 22 au 26 oct. – Merce Cunningham/Ballet de l’Opéra de Lyon Summerspace/Exchange/Scenario, Théâtre du Châtelet avec le Théâtre de la Ville, 14 au 20 nov. – POINTS COMMUNS (Cergy-Pontoise), 13 et 14 déc. – Merce Cunningham/Miguel Gutierrez/Ballet de Lorraine RainForest/Cela nous concerne tous (This concerns all of us), MC93 avec le CND, 28 au 30 nov. Théâtre du Beauvaisis, 3 et 4 déc. Théâtre Paul éluard, Bezons, 12 déc. Maison de la musique de Nanterre, 15 déc. – Merce Cunningham/CNSMDP Cunningham x 100, La Villette – Grande Halle, 30 nov. Merce Cunningham/Ballet Rambert Rambert Event, La Villette – Grande Halle avec le Théâtre de la Ville, 4 au 7 déc. – Merce Cunningham/AlessandroSciarroni/Ballet de l’Opéra de Lyon Winterbranch/TURNING_motion sickness version, Le CentQuatre-Paris avec le Théâtre de la Ville, 18 au 21 déc. – WarmUp Session avec Lafayette Anticipations Théâtre Paul éluard, Bezons, 7 déc. Lafayette Anticipations, 15 déc. Illustration  : Joost Swart danse 49 la terrasse 279 septembre 2019



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