La Terrasse n°279 septembre 2019
La Terrasse n°279 septembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de septembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : opéra à 4 mains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 26 la terrasse 279 septembre 2019 CRÉATION L’Affaire de la rue de Lourcine Eugène Labiche Les guêpes de l’été nous piquent encore en novembre Ivan Viripaev mise en scène Frédéric Bélier-Garcia avec Camille Chamoux, Jean-Charles Clichet, Sébastien Eveno, Stéphane Roger, collaboration artistique à la mise en scène Caroline Gonce, scénographie Jacques Gabel, son et musique Sébastien Trouvé, production Le Quai CDN Angers Pays de la Loire, traduction française Les guêpes de l’été nous piquent encore en novembre Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, pièce traduite avec le soutien de Maison Antoine Vitez Centre International de la traduction théâtrale - Paris ; les traductions des textes d’Ivan Viripaev sont publiées aux Éditions Les Solitaires Intempestifs - Besançon 1 ER AU 9 OCTOBRE 19 À 20:00 SAUF SAMEDI 5 OCTOBRE 18:00/RELÂCHE DIMANCHE 6 OCTOBRE RÉSERVATIONS LE QUAI, CALE DE LA SAVATTE, ANGERS 02 41 22 20 20, LEQUAI-ANGERS.EU #Lourcine #LesGuepes photo extraite du film Syndicat du meurtre, de John Guillermin,1968, Universal Picture, USA Critique Retour à Reims Reprise/Théâtre National de Strasbourg/d’après Didier Eribon/mes Thomas Ostermeier Conjuguant film documentaire et théâtre, Thomas Ostermeier adapte pour la scène l’essai de Didier Eribon*, qui se fonde sur l’analyse de son parcours de « transfuge de classe ». Adepte d’un théâtre politique qui implique fortement le spectateur, le metteur en scène convoque le réel et le vécu, et ébauche un débat urgent… Critique Fidèle à sa volonté d’éclairer et d’interroger le réel à travers son travail théâtral, Thomas Ostermeier s’empare du remarquable texte de Didier Eribon en actualisant son propos. Une actualisation qui souhaite accorder une grande place à la dimension intime de cet « essai d’auto-analyse » ou « introspection sociologique » – selon les mots de l’auteur –, et à son envergure politique. C’est après la mort de son père que Didier Eribon est parvenu à retourner à Reims, dans son milieu d’origine avec lequel il avait consommé une rupture. Homosexuel, étudiant en philosophie puis universitaire, il n’a pas revu sa famille pendant environ trente ans. Avec une honnêteté minutieuse et une précision d’orfèvre, il livre dans son ouvrage les nuances d’une quête et enquête percutante, qui analyse le processus de son retour autant que celui de son éloignement. Il décortique les impitoyables mécanismes de domination sociale et d’oppression nue qui violentent les corps et les âmes. En Allemagne, Thomas Ostermeier a créé une version avec la grande comédienne Nina Hoss, fille d’un ouvrier devenu cofondateur d’un parti écologiste. Il a également créé une version adaptée au contexte français, avec notamment Irène Jacob et sa belle voix posée. Ne se contentant pas d’une illustration ou d’une restitution scénique, le metteur en scène – qui confesse avoir comme l’auteur eu honte de son milieu social – souhaite engager un dialogue avec le spectateur, inscrire les trajectoires de Didier Eribon et d’autres comme repères pour comprendre davantage la société dans laquelle nous vivons, ouvrir le débat sur les évolutions politiques de notre époque, et notamment sur l’échec de la gauche à incarner un espoir pour les classes populaires, qui se tournent vers l’extrême droite. Un théâtre à l’écoute du monde Pour ce faire, il instaure diverses formes de dialogues sur la scène même transformée en studio d’enregistrement, où une actrice enregistre un texte extrait de Retour à Reims, qui accompagne un documentaire sur Didier Eribon projeté sur grand écran. L’auteur a accepté d’être filmé sur les lieux de son Qui a peur du loup ? et Macbeth En tournée/D’après Christophe Pellet ET William Shakespeare/MES Matthieu Roy À la Maison Maria Casarès qu’ils dirigent depuis 2017, Johanna Silberstein et Matthieu Roy de la Cie du Veilleur ont créé des opéras sous casques  : Qui a peur du loup ? d’après Christophe Pellet, et Macbeth d’après Shakespeare. L’arrivée de Johanna Silberstein et Matthieu Roy à la tête de la Maison Maria Casarès à Alloue en Charente Limousine a fait évoluer leurs pratiques. Leur manière de partager le geste artistique, surtout. Celui des jeunes compagnies ou « jeunes pousses » qu’ils accueillent en résidence et à qui ils consacrent un temps fort au mois de septembre. Et le leur, qui fut au cœur de leur saison estivale 2019 intitulée « C’est l’été, la Maison est ouverte ! ». Pendant cinq semaines, la Cie du Veilleur y a présenté deux opéras sous casques créés pour l’occasion ainsi qu’une lecture de Gros de Sylvain Levey, tout en invitant à la découverte du superbe Domaine de la Vergne où a vécu la célèbre comédienne depuis la mort d’Albert Camus en 1961 jusqu’à son propre décès en 1996. Suivis d’un goûter et d’un dîner préparés par l’équipe du lieu avec des produits locaux, les deux opéras étaient l’occasion d’échanges, de rencontres entre artistes et habitants d’un territoire peu doté en lieux et en événements culturels. Hors de ce beau contexte d’origine, ils devront trouver une manière de renouer avec leur public. Opéras de poche Dans Qui a peur du loup ? d’après Christophe Pellet, comme dans Macbeth d’après Shakespeare, on retrouve le dispositif utilisé dans la précédente création de la Cie du Veilleur, Europe Connexion d’Alexandra Badea. Soit un système de casques reliés à des gradins alors disposés en quadrifrontal, aujourd’hui placés en bifrontal autour d’un plateau entièrement mobile qui ne varie pas d’un spectacle à l’autre. De même que ne change ni la distribution – les chanteuses Juliette Allen, Iris Parizot et Léna Rondé, les comédiens Johanna Silberstein et Philippe La Terrasse, premier média arts vivants en France
Mathilda Olmi Christophe Raynaud de Lage Retour à Reims, adapté par Thomas Ostermeier. Canales ainsi que le régisseur Grégoire Leymarie, en alternance avec Manon Amor – ni sa manière de lier théâtre et musique. Laquelle a été composée par Aurélien Dumont, et interprétée par un septuor préenregistré de musiciens de l’ensemble Ars Nova. Bien que joués ensemble, les deux opéras de poche ne forment pas pour autant tout à fait un diptyque. Car si leurs formes sont très proches, leurs sujets, eux, n’ont rien de commun. Mis à part une forme de violence, explicite dans Macbeth et plus métaphorique dans Qui a peur du loup ? Un conte pour jeune public où deux enfants s’inventent leur monde pour échapper à la tristesse, à la solitude de leur terre abîmée par une guerre récente. Sans rapport avec les deux récits qu’il sert, le dispositif peut alors sembler artificiel. D’autant plus que enfance, notamment avec sa mère, ce qui est un geste fort de confiance envers le metteur en scène. Paul, le réalisateur du film (Cédric Eeckhout), et Tony, ingénieur du son et propriétaire du studio situé en grande banlieue (Blade Alimbaye), sont aux manettes, à l’écoute de la comédienne, qui signifie à plusieurs reprises son désaccord sur les choix du réalisateur. Si la première partie est centrée sur Didier Eribon, la seconde traverse à gros traits certaines étapes marquantes de l’histoire politique du vingtième siècle, à partir de mai 1968 et jusqu’à l’actualité récente, dont les gilets jaunes. Ce glissement très voire trop rapide vers notre actualité donne envie de davantage analyser la complexité du monde. On pense aux gilets jaunes dignes et solidaires (beaucoup de femmes seules avec enfants), que le désespoir a poussés à l’action, on pense aussi aux dérives complotistes, violentes, antisémites, homophobes ou racistes de certains dont des désignés meneurs souvent considérés avec une étonnante complaisance. Comme si un nazillon pouvait être confondu avec Rosa Luxemburg. Pour finir, place à la parole de Blade Alimbaye et à l’histoire de son grand-père, tirailleur sénégalais qui combattit pour la France, comme beaucoup d’autres soldats africains, qui furent méprisés, et pour certains assassinés par l’armée française pour avoir réclamé leur solde. Quoique surajoutée, cette fin précise souligne la nécessité d’une mémoire partagée. Thomas Ostermeier complètera-t-il le puzzle ébauché par un nouvel opus ? Ce serait bien ! Agnès Santi * Publié en 2009, aux Editions Fayard. Théâtre National de Strasbourg, 1 av. de la Marseillaise, 67000 Strasbourg. Du 21 septembre au 1er octobre à 20h, le 22 à 16h, relâche les 23 et 29 septembre. Tél. 03 88 24 88 24. Spectacle vu au Théâtre de la Ville en janvier 2019. Durée  : 1h50. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr Macbeth. le décalage entre l’expérience vécue sous casque et la vie du plateau a tendance à affaiblir la dimension immersive recherchée par la compagnie. Anaïs Heluin Opéra National de Bordeaux, place de la Comédie, 33000 Bordeaux. En partenariat avec le Festival des Arts de Bordeaux (FAB), du 3 au 8 octobre 2019. www.fab.festivalbordeaux.com Également les 17 et 18 octobre à la Scène Nationale d’Aubusson, du 4 au 15 novembre au Poitiers Centre Dramatique Poitou-Charentes, les 22 et 23 novembre 2019 à Rouillé dans la Commune du Grand Poitiers, du 3 au 5 décembre 2019 au Théâtre de Saint- Quentin en Yvelines… écouter pour voir  : malte martin/vassilis kalokyris Théâtre Olympia centre dramatique national de Tours cdntours.fr L’ÎLE DES ESCLAVES Marivaux Jacques Vincey 25 sept > 5 oct 23 > 31 jan théâtre 27 la terrasse 279 septembre 2019



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