La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 33,2 Mo

  • Dans ce numéro : grands entretiens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 62 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s) Entretien/Marion Bierry Les Romanesques Théâtre du Girasole/d’Edmond Rostand/mes Marion Bierry Marion Bierry adapte et met en scène le premier succès d’Edmond Rostand dans lequel Percinet et Sylvette jouent à s’aimer sous la houlette ingénieuse de leurs deux pères. Un savoureux éloge du théâtre. Que raconte cette pièce ? Marion Bierry  : Rostand reste l’auteur de Cyrano. On oublie le reste. Pourtant quel poète ! En plein règne du naturalisme, il prend une autre voie. Dans Les Romanesques, le pivot de l’action est un mur. Il sépare les parcs de deux ennemis. Leur fille et leur fils sont tombés amoureux. Le mur sera démoli – c’est encore le début de la pièce – puis tout va dérailler. Rostand mène Roméo et Juliette, puis Hernani, vers la comédie. Et Corneille Marie-Christine Letort et Xavier Gallais dans Providence de Neil LaBute. Providence l’accompagne. Le personnage de l’acteur, engagé par les deux pères pour soutenir la passion de leurs enfants, brouille les cartes. Rostand nous parle de réalité et d’illusion, ce couple indissociable ; il questionne l’imaginaire. Que reste-t-il à imaginer quand tout devient prévisible ? Cette pièce est un éloge des pouvoirs du théâtre… M. B.  : Les personnages des Romanesques Théâtre des Gémeaux/de Neil LaBute/adaptation et mes Pierre Laville Après Bash, créé il y a quinze ans, Pierre Laville s’empare d’une autre pièce de l’Américain Neil LaBute. Une histoire d’amour extraconjugale interprétée par Marie-Christine Letort et Xavier Gallais. En 2003, les trois tableaux de Bash étaient coupants comme des lames de couteaux. D’une noirceur absolue. Ils donnaient la parole à des femmes et des hommes venant témoigner du pire  : des actes fatals ayant fait basculer leurs vies ordinaires dans l’irréparable. Si les circonstances qui servent de cadre à Providence (The Mercy Seat*) sont elles aussi d’une violence inouïe, l’histoire que nous raconte Neil LaBute dans cette pièce (le dramaturge est également réalisateur et scénariste de cinéma) est plus banale. Elle reprend en effet le dilemme auquel doit inévitablement faire face, un jour ou l’autre, l’homme adultère  : choisir entre son épouse et sa maîtresse. Nous iFou pour le Pôle media voilà ici ramenés en septembre 2001, à New York, au lendemain des attaques contre les tours jumelles du World Trade Center. La ville est plongée dans le chaos d’une catastrophe qui fera plus de 2 700 morts, parmi lesquels près d’un millier de disparus dont les corps n’ont pas été retrouvés, ou n’ont pas pu être identifiés. C’est autour de ce point aveugle que prend forme l’intrigue de Providence. Choisir et mentir Car au moment de l’attentat, l’homme dont il est question, Ben, n’était pas à son bureau, en train de travailler dans l’une des deux tours jumelles, mais chez sa maîtresse Abby, également sa supérieure hiérarchique. Il devrait être mort  : il est vivant. Sa femme l’ignore. Elle tente désespérément de le joindre. Ben laisse son téléphone sonner et fait une offre à Abby  : il lui propose de disparaître. De se laisser passer pour mort. De s’enfuir et de continuer sa vie avec elle, ailleurs, sous une autre identité. Abby, bien sûr, est soufflée par cette idée folle, partagée entre des sentiments contradictoires. Marie-Christine Letort et Xavier Gallais se saisissent de leur rôle avec exigence et intensité. Manuel Piolat Soleymat * Pièce créée dans sa version originale en novembre 2002, à New York, dans une mise en scène de l’auteur réunissant Sigourney Weaver et Liev Schreiber. Avignon Off. Théâtre des Gémeaux, 10 rue du Vieux-Sextier. Du 5 au 28 juillet 2019 à 22h30. Relâche les 12 et 19 juillet. Tél. 09 87 78 05 58. Compétences et métiers techniques Formez-vous ! www.cfpts.com www.cfa-sva.com 01 48 97 25 16 Marion Bierry. « Le théâtre, en tant qu’art, se doit de résister aux impératifs de la culture. » jouent à jouer. Je le faisais, petite, dans les décors du Théâtre de Poche, de Gennevilliers, etc. Je ne choisis jamais rien, tout geste artistique est une nécessité. Les œuvres cheminent à mes côtés et, soudain, me deviennent indispensables. Ici, leur joie, là, leur tragique, Les Imposteurs. D. R. viennent panser une plaie. Cette comédie cache une nostalgie. Elle est un manifeste de notre art. Le théâtre reste le lieu du courage. Il ne dénonce pas, il se bat. Le théâtre, en tant qu’art, se doit de résister aux impératifs de la culture. Il demeure révolutionnaire  : il n’instruit pas, il émancipe. J’aime cette phrase de Lacan  : « Il y a plus de vérité dans le dire de l’art que dans n’importe quel bla-bla. » Quelle idée guide votre mise en scène ? M. B.  : Je mets en scène lorsqu’enfin le spectacle danse en moi. L’œuvre s’impose telle un tableau en mouvement. Je cherche à reconstituer ce rêve qui s’est effacé dans la journée. Je fouille l’infiniment petit du texte pour trouver l’étendue de sa pensée. Je m’attache à éclairer la partition invisible  : la parole de l’auteur qui, elle, n’est pas écrite. Sans elle, le théâtre ne serait que littérature. J’aime rester cachée. Le danseur ne rend pas visible la barre au sol, ni l’architecte les fondations. Réduire la mise en scène à une « idée », c’est du marketing. Rien n’est plus éloigné d’une pensée que « l’idée ». Propos recueillis par Catherine Robert Avignon Off. Théâtre du Girasole, 24 bis, rue Guillaume-Puy. Du 5 au 28 juillet 2019 à 12h50. Relâches les 8, 15 et 22 juillet. Tél. 04 90 82 74 42. Les Imposteurs 11 Gilgamesh Belleville Hors les murs. Cité scolaire F. Raspail/D’Alexandre Koutchevsky/mes Jean Boillot Fruit d’une rencontre entre l’auteur Alexandre Koutchevsky et les comédiens Isabelle Ronayette et Régis Laroche, Les Imposteurs est une subtile enquête intimiste sur le métier d’acteur. « S’il vous plaît, est-ce que vous pourriez laisser une place vide ? ». Lancée à la ronde par Isabelle Ronayette, qui vient bientôt occuper le siège laissé vacant, la question établit d’emblée un rapport intime entre comédiens et spectateurs. Lesquels ne sont d’ailleurs pas séparés par un 4 e mur, mais rassemblés en un cercle sur des chaises d’écoliers. Une fois tout le monde bien installé, une photo de classe apparaît sur un écran. Isabelle Ronayette entame alors le récit de quelques souvenirs. Elle évoque un certain Bernard Touiller, son amour d’enfance. Elle se rappelle d’une certaine Alice Molina, disparue dans des circonstances mystérieuses, avant de raconter sa découverte du théâtre. C’est ensuite au tour de Régis Laroche de se replonger dans un passé que l’on devine au moins autant fictif que réel. Pour ramener la jeunesse à la surface. Créé en 2018 pendant la Semaine EXTRA au NEST, CDN transfrontalier de Thionville Grand Est, Les Imposteurs a été repris cette année lors du même festival. Un temps fort imaginé pour et avec les adolescents, co-dirigé par la comédienne citée plus tôt et par Régis Laroche. À Avignon, c’est dans une salle de classe que le spectacle poursuit sa route. L’art du mensonge Lorsqu’un dialogue s’instaure entre les deux comédiens, le mystère d’Alice Molina se mêle à une réflexion sur l’art théâtral. Chacun avec ses mots, avec ses anecdotes, développe l’idée selon laquelle « les grands imposteurs, ce sont, quelque part, les acteurs. Et ces trompés volontaires, quelque part, les spectateurs », formulée par l’auteur Alexandre Koutchevsky. Lequel a imaginé Les Imposteurs à partir de ses échanges avec Isabelle Ronayette et Régis Laroche, comédiens permanents du NEST. Le directeur du lieu, Jean Boillot, qui est à l’origine de la commande d’écriture et signe la mise en scène, laisse au duo une liberté, une marge d’interprétation qui se prêtent au dispositif circulaire et intimiste où ils évoluent. Fruit d’une rencontre, Les Imposteurs en suscite ainsi de nouvelles. Sans imposer de participation, la pièce réunit toutes les conditions nécessaires au partage des imaginaires. Car au-delà du théâtre, ce spectacle parle « de la vie et de notre identité fragile ». Il touche ainsi non seulement les adolescents auquel il est d’abord destiné, mais aussi les plus grands. Car, selon Jean Boillot, il n’y a au théâtre pas de séparation, pas de catégorie qui vaille. Anaïs Heluin Avignon Off. 11 Gilgamesh Belleville, 11 bd Raspail. Hors les murs. Cité scolaire F. Raspail. Du 5 au 26 juillet 2019 à 10h45. Relâches les 10, 17 et 24. Tél. 04 90 89 82 63. éric Chenal
OSCAR BRENIFIER PRÉSENTE LA CONSULTATION PHILOSOPHIQUE Socrate le taon, Socrate le chien de chasse, Socrate la torpille. Comme son maitre, Oscar Brenifier questionne sans relâche son interlocuteur. Il pose des questions courtes et précises. Il exige des réponses courtes et précises. Pas question de se réfugier dans le vague, l’alambiqué, l’évasif ou l’érudition. Le sujet interpellé doit faire face à lui-même, à ses points aveugles, à ses contradictions. Des enjeux existentiels, métaphysiques et psychologiques émergent, auxquels les spectateurs s’identifient, car ils traitent de la condition humaine, de ses errements et de ses aspirations, ils révèlent les failles et non-dits de tout un chacun. Émotions et raison. Un dialogue s’établit, plusieurs dialogues, diverses personnes se prennent au jeu, à tour de rôle, acteurs et témoins. Un moment philosophique s’instaure, dont l’intensité accélère la temporalité. On ne ressort pas indemne d’avoir assisté à tel exercice. De quoi méditer pendant longtemps. 5 — 28 JUILLET 2019 à 18H35 La consultation philosophique est une pratique de la pensée et de l’être. Se voir réfléchir, au travers d’un dialogue, d’un questionnement, accéder à soi-même, si l’on veut bien. Irritante, étonnante, déstabilisante, la consultation dévoile ce que l’on cherche souvent à protéger. Elle donne à voir. Elle relève du « Souci de soi », du « Connais-toi toi-même », d’une recherche de « la vie bonne », d’une quête de sagesse, d’une prise de conscience de soi et du monde. Pour assister ou participer à une consultation philosophique ? Rendez-vous en juillet à Avignon, au théâtre Laurette. Vous pouvez également nous contacter à tout moment pour un entretien privé avec l’un de nos praticiens, en face à face ou via Internet, pour un échange oral ou écrit. En français, anglais, russe, chinois, italien, espagnol… Site Internet  : www.pratiques-philosophiques.fr/Contact  : leila.millonbierre@hotmail.com, +33 7 68 42 82 08



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